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Généalogie
Villages de LorraineEntraidePour me contacter | Les autres pages sur FrouardLe fort de FrouardCe texte d'Alain Mariotte est le résumé d'un ouvrage qu'il a écrit sur le fort de Frouard et la batterie de l'Eperon. N'hésitez pas à le contacter pour en savoir plus ou vous procurer son ouvrage.
CONTEXTE HISTORIQUE :Après la guerre de 1870 et suite à la défaite, l’Alsace et une partie de la Lorraine sont annexées, de ce fait la frontière est ramenée sur la Seille. Après le traité de FRANKFORT, (10 mai 1871) qui mis fin à la guerre franco-allemande, la frontière est ouverte ; la guerre a appris la fragilité des grandes places fortes isolées (Metz, Paris). La France décide de fortifier, pour cela il est fait appel à SÉRÉ DE RIVIÈRES.
L’armée nationale remplaçant l’armée de métier, il faut protéger la mobilisation et la concentration, interdire les voies ferrées, couvrir PARIS. Pour cela, deux rideaux défensifs de forts de liaison s’appuient, à leurs extrémités, sur les grandes places des Hauts de Meuse (Toul et Verdun) et les Côtes de Moselle (Épinal et Belfort). Une seconde ligne est prévue à REIMS, LAON, LA FERE. En outre, des forts d’arrêt sont placés sur les voies ferrées, et une ceinture fortifiée entoure PARIS. Le système SÉRÉ DE RIVIÈRES voit la création de 4 camps retranchés (Verdun, Toul, Épinal et Belfort) d’après les places fortes existantes, reliées 2 à 2 par des forts de liaison s’appuyant entre eux pour constituer des rideaux défensifs. Une ligne de fortifications modernes croisant leurs feux pour bloquer l’offensive ennemie. Des forts doivent être construits en complément du système défensif de la place forte de TOUL car elle présente quelques points faibles en direction de l’est. Les noeuds ferroviaires et routiers de PONT-SAINT-VINCENT et de FROUARD ne sont pas protégés, la forêt de Haye, écran de verdure important, peut permettre à l’ennemi de s’infiltrer sans être vu. Dès 1878 les études de construction d’un fort sont en cours. Déjà par un décret du 8 février 1868, signé de NAPOLÉON III, la décision fut prise d’occuper temporairement un terrain à FROUARD afin d’entreposer armes et matériel, et la construction d’un fort. SITUATION GÉOGRAPHIQUE :Dans un premier temps le Génie militaire a d’abord songé à construire un fort sur la pelouse de BOUXIÈRES-AUX-DAMES, mais devant les protestations des édiles et propriétaires de la mine, le parc LATTIER de FROUARD est choisi, car, la position est plus avantageuse puisqu’elle domine bien le carrefour des vallées et confluents Amezule/Meurthe et Meurthe/Moselle, le canal de la Marne au Rhin, la voie ferrée de PARIS ainsi que la route de METZ.
En 1878/1879, le Génie militaire fit exproprier le terrain pour la construction d’un fort et d’une batterie d’artillerie. A partir de cette époque, le mur de clôture disparut peu à peu. On n’en trouve plus aujourd’hui que quelques traces dans les taillis. Après les études préliminaires qui débutent en juin 1878, les travaux commencent sous la direction du Génie militaire en mai 1879. FORT DE FROUARDLe fort de FROUARD, appelé fort DROUOT (Général de Napoléon né à Nancy), se trouve placé à la limite de CHAMPIGNEULLES et de FROUARD, comprend deux parties : l’ouvrage principal sur CHAMPIGNEULLES et la batterie de l’Éperon sur FROUARD. Le fort, renforcé par la batterie de l’Éperon, interdit la vallée de la Moselle vers le nord et contrôle l’importante voie ferrée conduisant à PARIS, tout en mettant la capitale lorraine à l’abri d’une attaque venue de METZ. L’altitude pour le fort est de 350 m, alors que la batterie s’élève elle à 320 m. De forme rectangulaire, le fort de FROUARD, construit de 1879 à 1883, sur un terrain de 12 ha 50 appartenant au marquis de PANGE, est particulièrement intéressant par la variété des cuirassements qu’il conserve car il a été partiellement bétonné et modernisé. L’ouvrage principal, d’abord construit en maçonnerie de pierre est renforcé en béton armé après l’apparition vers 1887 des obus brisants, a été modernisé en 1894 , 1901-1907. Il fait parti du réseau des forts d’arrêt et de rideaux. Il possède toujours sa tourelle MOUGIN dont les canons ont été enlevés, une tourelle de 75, trois tourelles de mitrailleuses, une tourelle à éclipse pour projecteur, exemplaire unique mais en mauvais état, une casemate bétonnée pour projecteur auxquelles s’ajoutent plusieurs observatoires et guérites cuirassés. Ses casernements à étages en maçonnerie ressemblent à ceux de PONT-SAINT-VINCENT. Le fossé conserve deux caponnières simples alors que la caponnière double a été remplacée par un coffre de contrescarpe. Enfin le réseau de barbelés entourant le fort est encore en assez bon état. Pour l’approvisionnement des chantiers, il est créé un plan incliné qui part du canal, passe sous la route, monte au flan de la colline. Il sert a monter le matériel, une machine à traction est mise en place à la batterie. Une route est créée depuis CHAMPIGNEULLES.Un réseau de routes stratégiques est construit dans la forêt de HAYE afin d’éviter l’isolement du fort, tout le long des routes se trouvent de nombreux abreuvoirs à chevaux. Deux stations de pompage sont construites pour fournir l’eau, l’une côté FROUARD , l’autre côté CHAMPIGNEULLES. En 1883, une ligne télégraphique relie l’ensemble à la place forte de TOUL. Des batteries extérieures pour pièces d’artillerie à l’air libre sont mises en place, dont une dite “de Bellevue” près de l’Éperon,une à l’entrée du plateau venant de CHAMPIGNEULLES, trois autour du fort. La liaison entre ces éléments est réalisée par voie ferrée pour le transport du matériel et des munitions (rail de 0,60 m).Les trains sont tirés par des petites locomotives à vapeur Péchot. Un important réseau de fil de fer barbelé est mis en place ainsi qu’un nombre important d’ ardillons et de queues de cochons. En 1900, le Génie fait abattre quelques 12 000 arbres, car l’autorité militaire se rend compte que le fort et la batterie sont totalement cernés de bois. Les travaux prennent fin en mars 1901. L’éclairage du fort et de la batterie suit l’évolution d’abord : bougies, lampes à acétylène, pétrole ou huile, électricité. Le système de ventilation à l’intérieur du fort et de la batterie est très efficace, grâce notamment aux nombreux conduits d’aération.
OCCUPATION :En 1889, le 14 ème de ligne y tient garnison. Le fort est occupé, lorsque la guerre de 1914 éclate, par le 6ème régiment d’artillerie à pied. Il n’a aucun rôle actif à jouer car le front est stabilisé par la bataille du Grand Couronné. Il est utilisé, à partir de 1918, comme dépôt de munitions. Cantonnement pour
Entre les deux guerres, des casernes sont bâties à Bellevue pour loger des gardes républicains, ceux-ci évacueront les lieux précipitamment à la déclaration de la seconde guerre. L’armée Allemande utilise le fort, entre 1940 et 1944, comme dépôt et y entasse des fournitures. De nombreuses tentatives réussies ou non de pillages par les Frouardais, enfants et adultes ont lieu : il y aura des fusillades. Il faut noter que les cuirassements du fort et de la batterie restent en place, fait rare à l’époque. Les Allemands partis, les soldats Américains se servent également du fort comme dépôt de matériel. Dans les années 50, le fort devient centre d’instruction du 26 ème R.I. ÉQUIPEMENT DU FORTLe fort de FROUARD est équipé de :
L’ENTRÉE :Installée sur la façade de gorge, l’entrée est évidement la partie la plus vulnérable. Le chemin qui y conduit, est placé sous le feu d’un petit "blockhaus " et d’un ravelin dans lequel s’ouvre une première porte protégée par des créneaux de défense rapprochée. Le corps de garde situé avant le fossé défend le chemin-tranchée d’accès au fort. L’ENTRÉE DE GUERRE:L’entrée de guerre ouvre de plain pied sur le fossé qui est accessible par une rampe aménagée le long de la contrescarpe. Elle conduit à de nouveaux casernements de guerre en béton. LES FOSSÉS :Les fossés entourent la totalité du fort. Ils sont constitués de murs dits d’escarpe (intérieur) et de contre escarpe (extérieur). La largeur des fossés varie entre 8 et 20 m, alors que la profondeur, varie elle, entre 7 m et 10 m. A l’origine, une grille surmontait le mur de contre-escarpe, tout du moins au niveau des caponnières. LES CAPONNIERES :Chargées de défendre l’intérieur du fossé, les casemates basses dites caponnières apparaissent comme l’un des éléments les plus caractéristiques du fort. Ces casemates sont entourées d’un petit fossé destiné à empêcher d’éventuels assaillants ayant réussi à descendre dans le fossé, d’atteindre les embrasures des caponnières. Le fossé sert aussi a recueillir les débris de maçonnerie projetés par les explosions, et ainsi les empêcher de venir obstruer les embrasures. Elles sont surmontées de banquettes de tir accessibles depuis l’intérieur, et sont reliées aux casernement du fort par une galerie en plan incliné. Les casemates comportent :
Elles étaient armées :
LES CASERNEMENTS :Dans les forts d’arrêt, les casernements ouvrent sur des cours intérieures assez étroites, dites "puits de lumière ". LA TOURELLE MOUGIN :La tourelle tournante MOUGIN, modèle 1876, abritait deux canons de 155 longs de Bange, non saillants. Elle est constituée de cinq voussoirs de soixante centimètres d’épaisseur et d’une calotte de vingt centimètres, le tout en fonte dure. Son diamètre est de cinq mètres et son puits est renforcé par une avant-cuirasse en quatre éléments, également en fonte dure, prise dans le béton laquelle empêche le blocage de la tourelle en cas de dislocation des maçonneries par les bombardements. Elle repose sur une charpente cylindrique qui peut tourner sur un train de galets, le mouvement étant obtenu par une chaîne sans fin actionnée soit à bras (4 hommes), soit avec une machine à vapeur. La jonction entre le corps de tourelle mobile et la maçonnerie est réalisée par une avant-cuirasse en fonte, sorte de couronne circulaire qui affleure le niveau du sol. Ce cuirassement a été construit en 25 exemplaires par la firme Schneider. Lorsqu’elle tourne, la tourelle est soulevée par un système hydraulique, ce qui facilite les manoeuvres. Une telle masse de cent cinquante tonnes n’est pas facile à arrêter quand il faut ouvrir le feu sur l’objectif. Une astuce technique fait intervenir l’électricité la tourelle possède une règle circulaire graduée munie d’un curseur qui est positionné sur l’azimut choisi alors que la partie tournante est munie d’un ergot qui ferme un circuit électrique à chaque passage et déclenche tour à tour le tir de chacun des canons. La rotation complète dure environ deux minutes. Ce type de tourelle d’un prix de revient très élevé est habituellement installé au sommet des forts d’arrêt qui doivent se défendre dans toutes les directions. De nos jours, seule celle de VILLEY-LE-SEC subsiste quasi intacte alors que celle de FROUARD a perdu ses canons. TOURELLES DE MITRAILLEUSES :Au nombre de trois les tourelles de mitrailleuses, qui étaient armées de deux mitrailleuses Hotchkiss placées l’une au-dessus de l’autre et tirant alternativement, avaient pour but de briser les assauts de l’infanterie La mitrailleuse Hotchkiss à tube unique fonctionne par emprunt de gaz; le calibre est de 8 mm, l’arme peut tirer jusqu’a 2400 m avec une cadence pouvant atteindre 600 coups/minute. La tourelle se présente sous l’aspect d’une virole en tôle d’acier chromé d’une épaisseur de 2 cm. Son diamètre est de 1 m30. La toiture est en fer laminé de 12 cm. La toiture est doublée d’une tôle épaisse et reliée à la muraille par des équerres. Un dispositif original assure l’étanchéité du cuirassement éclipsé: en plus de la classique gouttière fixée sur le pourtour, la calotte comporte un anneau de cuivre sur le bord en contact avec l’avant-cuirasse. L’avant-cuirasse est fabriquée en fonte dure; son épaisseur maximale atteint 25 cm; elle reçoit un doublage en tôle de 10 mm. Une collerette de béton armé, d’une épaisseur de 2 m50 offre une protection suffisante contre l'affouillement. La tourelle ne comporte pas de tôlerie, mais un châssis interne: le croisillon. Le poids total n’est que de 25 tonnes. Les mitrailleuses sont sorties pour le tir: cette manoeuvre s’effectue en actionnant un cordon; un second cordon commande la manoeuvre inverse. Pour éviter l’échauffement des tubes, les armes tirent par alternance. La rotation de l’engin est obtenue par le mouvement du tireur sur la plate-forme: ses hanches, appuyées sur deux branches du croisillon, lui laisse les mains libres et lui permettent de faire tourner le cuirassement à volonté. Le chargeur se tient à gauche, entre le support de la glissière et la branche d’appui.Un dispositif de verrou permet le tir bloqué et une glissière sert au pointage d’après les repères. Chaque arme dispose d’un créneau en fente verticale; pour des impératifs de chargement, la mitrailleuse de droite se trouve légèrement surélevée; son créneau se raccorde à une fente de visée horizontale et se présente comme un “L” renversé. D’autres fentes sont réparties sur toute la circonférence et permettent au tireur et à son chargeur d’observer les alentours. TOURELLE A ECLIPSE POUR PROJECTEUR :Les militaires doivent se préoccuper de l’éclairage des abords de la fortification, ainsi que des points de passage obligés sur lesquels on pouvait être amené à ouvrir le feu. En 1907, les recherches aboutirent; un cuirassement extrapolé de la tourelle de mitrailleuse fut présenté.. Le rendement lumineux fut jugé satisfaisant. Mais on s’aperçut que ces engins présentaient deux gros inconvénients: l’ennemi pouvait utiliser ce point lumineux pour guider une attaque contre le fort et des problèmes très ardus se faisaient pour le site d’installation de la tourelle; le site devait répondre aux impératifs suivant: position dominante, zones d’ombre aussi réduite que possible autour du fort, mais invisibilité totale des autres organes du fort pour les observateurs ennemis. Pour ces raisons, la tourelle de projecteur ne fut construite qu’à cinq exemplaires;
TOURELLE GALOPIN DE 75 mm :
Vers 1890, le commandant GALOPIN réussit à mettre au point des types de tourelles à éclipse vraiment modernes et fiables, fabriquées à partir d’aciers spéciaux. La tourelle à éclipse pour deux canons de 75 a été adoptée en 1905. Le fort de FROUARD en reçue une. Ce cuirassement, soigneusement élaboré, s’est révélé particulièrement efficace puisque ses pièces peuvent aussi bien tirer des obus explosifs que des "boites à mitraille>> très meurtrières pour l’infanterie. La portée des canons était d’environ cinq mille cinq cents mètres. Une tourelle de 75 comporte trois étages : à l’étage inférieur se trouve le balancier à l’extrémité duquel est fixé un contrepoids qui descend dans un puits. L’étage intermédiaire sert d’étage de commande et les tireurs sont installés au niveau supérieur, dans un chambre de tir étroite, sous la calotte. Les obus leur sont envoyés par deux norias, et un système de ventilateur manuel évacue les fumées produites par les tirs. Les projectiles sont stockés dans des magasins aménagés à proximité immédiate du puits de tourelle, mais il existe aussi des casiers à munitions à l’étage de commande. BATTERIE DE L’ÉPERON :DESCRIPTION DES LIEUX :Les militaires ont usé de diverses dénominations pour désigner ce que la plupart d’entre nous nomment " fort" et il faut reconnaître que ce terme est bien commode. En réalité, il ne devrait s’appliquer qu’à une fortification possédant un fossé maçonné, défendu dans un premier temps par des caponnières puis, plus tard, par des coffres de contrescarpes. Or i existe des constructions qui correspondent à ce schéma mais elles portent le nom de "batteries>> : batterie de l’Éperon, batterie de la Voivre. Construite avant 1885, elles ont été le plus souvent implantées dans le voisinage d’un fort dont elles sont des "satellites>>. Annexe du fort de FROUARD, la batterie de l’Éperon, de forme originale triangulaire avec façade de gorge pseudo-bastionnée, possède son fossé maçonné et ses caponnières, mais l’intérieur a été bétonné après 1900. A l’entrée se trouvent les coffres flanquants d’entrée (flanc-bas Est et Ouest) ; corps de garde extérieur avec créneaux de pied construit devant l’entrée, permettant le tir vers l’intérieur du fossé. La batterie est entourée par un fossé assez étroit (en moyenne, profondeur de 7 à 10 m. largeur de 8 à 20 m.) comprenant l’escarpe (paroi intérieure) et la contrescarpe (paroi extérieure), qui sont maçonnées. Le fossé est défendu :
Avec l’obus-torpille, les caponnières sont devenues très vulnérables, aussi elles sont remplacées par un coffre double de contrescarpe. Intégré au mur de con trescarpe, le coffre est une sorte de blockhaus qu’une galerie souterraine passant sous le fossé relie avec l’intérieur de la batterie, mais il est aussi accessible depuis le fossé par une "poterne>> servant aussi d’issue de secours. Les coffres sont toujours armés du canon-revolver Hotchkiss dont l’obus à balles ménage les parois du fossé. La batterie possède deux exceptionnelles casemates Mougin dites : Amezule et Moselle. Ces casemates, en fonte dure, dont l’épaisseur du plafond varie de 15 à 25 cm, abritent chacune un canon de 155 mm de Bange. Placé sur un affût permettant un débattement latéral, le canon tire 1 coup à la minute, un sabord extérieur obturable protège l’ouverture. Chaque casemate possède sa propre cheminée de ventilation. Il existe de 10 casemates Mougin sur tout le système fortifié. En surface sont positionnés quatre abris à canons ils sont orientés au Nord, à l’Ouest, au Sud-Est et Sud-Ouest. La pièce la plus imposante de la batterie est sans aucun doute la tourelle GALOPIN à éclipse de 155 double. L’approvisionnement en eau de la batterie se fait à partir de 2 citernes d’une capacité de 200 m3, l’eau provient de la station de pompage du Fond St Jean. Sur le site se trouvent 3 observatoires cuirassés placés : au Nord, à l’Est et à l’Ouest, il s’agit de cloches blindées (25 cm) émergeant d’un bloc de béton armé, où l’observateur gagne son poste par une échelle et se tient sur un plancher coulissant le tout placé dans un puits de différente hauteur. Placées à l’extérieur au-dessus du mur d’escarpe se trouvent des guérites individuelles blindées. Protégeant le guetteur juste des balles et des éclats d’obus, elles sont fermées par une épaisse porte blindée. Le magasin au matériel d’artillerie se trouve en sous-sol, l’accès se fait par un grand escalier qui descend profondément dans le sol, de chaque côté de l’escalier il y a un plan incliné pour la montée et la descente des munitions. Un monte-charge complète l’ensemble ainsi que 2 grandes échelles. Les abris à munitions sont répartis à divers endroits dans la batterie. Les casernements sont faits de casemates avec voûtes d’environ 6 m. Les lits sont superposés dans les chambres. Les ouvertures sont blindées (sas). TOURELLE GALOPIN - (dernier exemplaire de ce type en France)La tourelle GALOPIN de la batterie de l’Éperon abrite deux pièces de 155 mm modèle 1877 type BOURGES 1885, sur l’intérieur des culasses figure: CREUSOT 1886 : MONTLUÇON SJ 1886 N° 48 pour le canon de gauche et MONTLUÇON SJ 1886 N° 57 pour celui de droite.
Le cuirassement, possède une muraille de 400 mm d’épaisseur en acier homogène Creusot. Le diamètre est de 5 m50. L’avant-cuirasse est en acier moulé. Cinq tourelles sont installées de 1891 à 1897 dans les forts d’arrêt particulièrement isolés et exposés, en doublure des tourelles MOUGIN d’origine considérées comme périmées : MANONVILLER ( deux pièces ), Éperon Frouard, Pont-Saint-Vincent,et Arches. PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DES TOURELLES GALOPIN.La masse imposante de la partie en mouvement et les importantes résistances passives réclament un mécanisme particulièrement sophistiqué. Les deux contrepoids, imaginés par le commandant GALOPIN, se caractérisent par un dispositif récupérateur d’inertie, sous la forme de bras de levier à longueur variable; en début de course, les contrepoids exercent une poussée maximale et la tourelle s’élève; au cours du mouvement le raccourcissement des bras de levier engendre une diminution proportionnelle de la poussée, qui devient négative en fin de course. Pour empêcher les mouvements pendulaires, l’engin est muni de deux verrous à fermeture automatique: lorsque la tourelle arrive en position haute, le verrou de batterie la maintient; son ouverture est combinée avec le recul de la pièce, mais peut s’effectuer aussi au moyen du levier d’éclipse. Le verrou d’éclipse maintient la tourelle en position basse; l’ouverture est commandée par le levier de lancement qui déclenche, en même temps, l’appareil moteur. L’appareil moteur est un accumulateur de travail. Son rôle consiste à vaincre les résistances passives à la montée, augmentées d’un poids supplémentaire de 32 ou 40 tonnes; pour vaincre les résistances passives à la descente, l’inventeur a donné une prépondérance à la tourelle. De cette façon, le retour en éclipse est possible en cas d’avarie à l’appareil moteur et ce dernier est d’autant plus simple, qu’il ne fonctionne que dans un sens. Concrètement, il s’agit d’un contrepoids supplémentaire relié à un treuil, fortement démultiplié, par l’intermédiaire du cadre de relevage. L’opération de montage dure une à deux minutes et l’énergie est restituée en deux seconde, après manoeuvre du levier de lancement; dès que la tourelle est montée en batterie, les servants du treuil recommencent l’opération pour le tir suivant. LE FORT ET LA BATTERIE DE NOS JOURS.Le fort et la batterie demeurent dans l’ensemble en assez bon état et offrent aux amateurs de fortifications une exceptionnelle série de cuirassements. En plus de ses deux rares casemates MOUGIN bien conservées, la batterie possède toujours sa tourelle à éclipse double de 155 mm qui est le dernier exemplaire subsistant de celles installées. Le fort lui-même présente un intérêt architectural incontestable, qu’il s’agisse des parties maçonnées ou bétonnées. Par ailleurs, tous les cuirassements sont toujours en place mais la tourelle MOUGIN a perdu ses canons. La tourelle de 75 et celles de mitrailleuses sont toujours en place, ainsi que plusieurs observatoires cuirassés et guérites blindées. Enfin, on y trouve le dernier exemplaire de tourelle à éclipse pour projecteur, hélas en mauvais état. LA POSITION “FORT DE FROUARD - BATTERIE DE L’ÉPERON” APPARAIT DONC AUJOURD’HUI COMME L’UN DES ÉLÉMENTS LES PLUS REMARQUABLES DE LA FORTIFICATION FRANÇAISE D’AVANT 1914 ET MÉRITERAIT D’ETRE RÉHABILITÉE ET OUVERTE AU PUBLIC. Pour tous renseignements complémentaires, n'hésitez pas à contacter Alain Mariotte.
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