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Généalogie
Villages de LorraineEntraidePour me contacter | source : Les seigneurs, le chateau, la chatellenie et le village de Turquestein - H. Lepage
le villageActuellement dans le département de la Moselle, faisait partie de l'ancien département de la Meurthe. HistoireL'histoire de Turquestein, en tant que village, est fort obscure, et on ne sait à quelle époque la faire remonter : les chartes de 1344 et de 1350, mentionnent bien, avec d'autres localités du voisinage, désignées sous la même qualification, une « ville » de ce nom, qui se trouvait détruite, comme plusieurs autres, en 1433 ; était-elle moins importante que ces dernières ou sa destruction fut-elle plus complète? Toujours est-il que, tandis que la plupart de celles-ci continuent à subsister, Turquestein disparaît entièrement, et il n'en est plus question dans les documents postérieurs. On ne le retrouve, mais réduit à la condition de simple cense, que vers le milieu du XVIII° siècle
PopulationSa population était peu importante si l'on en juge par les actes de l'état civil : les tables décennales n'accusent, en effet, qu'une naissance en 1802, pas de mariages ni de décès ; en 1803, huit naissances, un mariage, un décès. Cette population fut lente à s'accroître, puisqu'en 1822 il n'y eut que deux naissances, point de mariage et trois décès. Vers 1830, on compte 157 individus, 15 électeurs communaux, 10 conseillers municipaux, 26 feux et 21 habitations. TerritoireDe même qu'un certain nombre de villages des Vosges, celui de Turquestein ne forme point d'agglomération ; on n'y trouve même pas groupés l'église, le presbytère, la maison commune et la maison d'école. Il n'y a pas de maison communale ; il n'y a pas d'église, et les fidèles doivent aller à celle de Saint-Quirin, éloignée de plus d'une lieue. Les habitations, presque toutes isolées les unes des autres, sont disséminées dans les forêts et sur les versants de la vallée de la Sarre-Blanche, ou plutôt du Blanc-Rupt, nom sous lequel elle est généralement désignée. Cette vallée, que dominent les ruines du château, est d'un aspect assez sauvage; resserrée dans presque tout son parcours, elle est bordée de bois des deux côtés. La rivière de Sarre, ombragée par des arbres d'un effet pittoresque, serpente capricieusement dans l'étroit espace où Dieu lui a permis de couler. Cette rivière n'est pas dépourvue d'originalité : les pierres grosses et petites y fourmillent toujours, tandis que, souvent, l'eau y manque totalement, si bien que, si elle n'avait pas ses saules et ses aulnes qui la bordent, on serait presque tenté de se demander si c'est la route qui est la rivière ou si c'est la rivière qui est la route-.. Toutefois, à certains moments, la Sarre, qui semblait n'être pas même tout à l'heure un ruisseau, devient un torrent : son lit, un instant auparavant à sec, s'emplit d'une eau qui s'étend d'abord comme une nappe, puis précipite son cours, faisant jaillir à une assez grande hauteur l'écume qui déferle sur les rives, se précipitant avec une sorte de furie contre les ponts, les racines des arbres, les rochers et tout ce qui s'oppose à son passage. Ce phénomène dure dix minutes environ, puis ce torrent n'est plus qu'un mince filet d'eau. Ce fait s'explique d'une manière bien simple. Comme les chemins sont impraticables dans ces contrées, on a dû chercher à se servir de l'eau pour enlever les produits des forêts. La Sarre ne pouvant, d'après son petit volume, se charger de cette rude besogne, on a imaginé de construire, à des distances à peu près égales, des barrages qui retiennent les eaux et forment des bassins d'une assez grande étendue. Lorsqu'ils sont remplis, au bout de six ou huit heures à peu près,on lève l'écluse, et la masse des eaux, se précipitant dans le lit de la rivière, entraîne avec elle les flottes qu'elle rencontre et qui vont ainsi, de station en station, c'est-à-dire d'étang en étang, jusqu'à l'endroit où la rivière devient navigable et flottable... Les vastes forêts qui règnent le long du Blanc-Rupt attirent, pour leur exploitation, les ouvriers, non seulement de la vallée, mais surtout des villages voisins- Ces derniers quittent leur ménage le lundi matin et n'y retournent que le samedi soir- Pendant tout ce temps ils vivent au milieu des bois. Comme les maisons de la vallée sont trop peu nombreuses pour leur donner, avec un gîte, place à la table et au feu, ils sont obligés de construire eux-mêmes leurs demeures. Ce soit des huttes d'environ deux mètres de hauteur, à peu près autant de largeur, sur trois de longueur, où trois ou quatre personnes habitent. toute l'année sauf les samedis, les dimanches et les jours fériés. Leur construction est d'une simplicité primitive : quelques débris de rochers habilement cassés, trois pièces de bois, des planches, des pierres, des écorces et de la mousse ; c'est tout ce qu'il faut. Le régime est en rapport avec le logement : des pommes de terre, et toujours des pommes de terre, tel est le menu de tous les repas. Le lundi matin, l'ouvrier monté à son atelier, ayant sur le dos une besace dans laquelle se trouve la nourriture de la semaine ; le samedi, il descendra la besace vide. Une cuillère, une marmite, un petit baril d'où le vin n'a jamais coulé, voilà les pièces de ménage. L'ouvrier, le matin, met les pommes de terre dans la marmite, après les avoir dégarnies de leur enveloppe ; une fois cuites, il les écrase, en fait une espèce de pâte et mange ; à deux heures, même repas, plus une soupe ; le soir, même repas, moins la soupe - tel est l'ordinaire frugal et à peu près invariable de ceux qui travaillent dans les forêts le château"Les événements qui survinrent dans le cours des années suivantes amenèrent une nouvelle occupation Charles IV fut encore une fois dépossédé de ses Etats, et la Lorraine cessa d'exister de fait sous le règne de son successeur. A la suite d'une requête des évêques de Metz, de Toul et de Verdun, Louis XIV établit une Chambre royale , composée de membres du Parlement de Metz, pour rechercher les usurpations ou les soi-disant usurpations commises par nos ducs sur le temporel des Trois-Evèchés. Du 15 avril 1680 au 2 juin 1683, les ministres (le l'ambition du monarque rendirent une foule d'arrêts qui réunissaient au domaine royal ou au temporel (les Evêchés quantité de villes, bourgs, villages, terres et seigneuries (1). L'arrêt qui prononçait la réunion de celle de Turquestein à la couronne de France fut rendu le 30 avril 1680 : les sujets et M. Maljan, prévôt et juge, durent prêter foi et hommage à Louis XIV et le reconnaître pour leur seigneur. Mais les décisions de cette Chambre furent annulées par le traité de Ryswick (30 octobre 1697) qui rendit la Lorraine à Léopold." "Les baronnies de Turquestein et de Saint-Georges lui furent restituées en même temps, mais il ne les conserva pas jusqu'à la fin de son règne : en 1720, il en fit don à Marc de Beauvau, prince de Craon, son grand écuyer, en récompense d'importants services, ou pour des raisons dont on trouverait peut-être le secret dans les chroniques scandaleuses du temps Afin de tirer parti des grandes forêts de ces deux baronnies, de celle de Lorquin et d'autres terres qui lui appartenaient dans l'Evêché de Metz, situées à portée des rivières de Meurthe et Vezouse et des ruisseaux y attenants, le prince sollicita et obtint du duc, par lettres patentes du 6 février 1727, la permission de faire flotter sur ces rivières et ruisseaux tous les bois provenant de ses forêts, à condition que la moitié serait livrée au fermier général des gabelles pour les mêmes prix auxquels il achèterait dans les lieus les plus prochains les bois de même qualité pour l'usage de la saline de Rosières ; l'autre moitié des bois qui seraient flottés sur lesdites rivures, ne pourraient être vendus qu'à charge de les débiter au prix courant dans la ville de Lunéville seulement, etc. Quelques mois après la mort de Léopold, son successeur François III promulgua (le 14 juillet 1729) un édit portant révocation de toutes les aliénations faites, depuis 1697 , des terres, seigneuries, biens et droits dépendant du domaine, auquel il déclara les incorporer. Le prince de Craon, se croyant atteint par cet édit, signa "involontairement", c'est-à-dire sans réflexion, le 11 février 1730, un acte de « déport » en vertu duquel il renonçait aux donations que le feu duc lui avait faites. En conséquence, François III reprit les baronnies et les fit administrer par un régisseur, dont on a le compte pour l'année 1732. On y voit qu'elles étaient d'un bien faible revenu.
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