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source : les maisons-types de la plaine des Vosges ; note communiquée par Ch. Guyot, directeur de l'école forestière

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Voir aussi la description de la Ferme du Vinot à Gérardmer.

En plaine

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Ce texte qui m'a servi de source principale, écrit en réponse à une enquête du ministère de l'instruction publique, décrivait la plaine des Vosges. Mais il peut également s'appliquer à toute le sud de la Lorraine et notamment la Meurthe.

Les villages sont installés habituellement dans les vallées ou à flanc de coteau ; plus rarement sur les crêtes et les plateaux. Presque toujours, l'emplacement du village a été déterminé par la proximité des eaux. Ce n'est pas cependant que les sources y soient fréquentes ; la constitution géologique du sol s'y oppose ; mais les villages sont construits sur les ruisseaux ou dans les plis de terrain qui rendent plus facile le creusement des puits.

Puits, lavoirs, abreuvoirs

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C'est en effet au moyen de puits que presque toutes les maisons s'alimentent en eau potable ; il n'est point rare que chaque famille ait le sien sans compter ceux qui appartiennent à la commune et sont laissé à l'usage de tous. Puits et fontaines fournissent d'ordinaire largement à la consommation locale, sans qu'il soit obligé de recourir à des citernes dont l'emploi est inconnu.

Les lavoirs où les abreuvoirs sont presque toujours disposés à proximité des fontaines ou puits communaux, lorsqu'il n'y a pas d'eau courante traversant les habitations. Les premiers sont généralement couverts et aménagés en plusieurs bassins construits avec des pierres de taille. Assez souvent on rencontre de plus, au centre même du village, la mare (gué, gayoir, égayoir), destinée aux ébats de la gente volatile et aux animaux de culture qui s'y baignent en revenant du travail. Cette mare, presque toujours infecte et croupissante, à cause des fumiers qui s'y égouttent est un foyer d'insalubrité.

Pour l'utilisation des puits, un moyen était autrefois très répandu. Sur un fort poteau de 3 mètres environ de hauteur est placé en équilibre au moyen d'un étrier en fer, une grosse perche formant balancier, d'une longueur de 4 à 5 mètres ; à une extrémité se trouve le seau au bout de sa chaîne, à l'autre un contrepoids formé d'une pierre ou d'un morceau de bois. Pour se procurer l'eau, il suffit de tirer la chaîne jusqu'à ce que le seau se soit empli au fond du puits ; on le relève alors et l'on répand son contenu dans l'auge adjacente. Ce mécanisme ne manquait pas de pittoresque, lorsque l'homme ou l'enfant, debout sur la margelle, faisait mouvoir les grands bras du fléau et lançait l'eau sous le museau des boeufs patiemments rangés tout autour. Ce système a été peu à peu remplacé par des pompes à manivelle.

 

Le village-rue et les constructions

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Le village suit la route ou le chemin, et les maisons se touchent en bordure, sans ordre particulier.

L'église se trouve parmi ces constructions, s'en distinguant de loin, avec son clocher presque toujours surmonté d'une flèche pyramidale. L'église était entourée par le cimetière, qui peu à peu, pour des raisons de salubrité, a été éloigné du village.

La mairie était habituellement logée dans la même maison que l'école et l'édifice municipal n'avait rien qui le distinguât des autres habitations ; pas vraiment d'emplacement spécial, de préférence au centre, quelquefois en face de l'église. Puis la mairie et la maison d'école ont été séparées. Toutes sont construites sur le même type (modèle administratif), avec de grandes fenêtres et des étages élevés, les faisant ressembler à des  maisons des villes, quelques peu dépaysées dans les villages.

La plus frappante particularité du village, c'est l'étonnante largeur de la rue. En effet, l'axe de circulation est bordé de bandes de terre qui courent devant les façades, sans arbre ni jardin. Cet espace libre appartient généralement au territoire communal mais, il est réservé à l'usage des riverains. Au droit de chaque maison, il constitue l' "usoir" qui servait de dégagement, de place à tout faire, pour chaque exploitant. On y entreposait le bois, les outils et le fumier. Les rues ne sont pas pavée.

 

L'espace des loisirs

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Le paysan qui a peiné au grand air toute la semaine n'éprouve guère le besoin de se promener ; il passe une partie de son dimanche assis devant sa porte, a causer avec ses voisins ; d'autres s'enferment au cabaret. On ne danse guère que le jour de la fête patronale ; les danses de la ville (valse, polka) remplacent les vieilles danses de jadis. Le seul passe temps en honneur dans tous les villages, le jeu de boules (jeu de quilles, suivant le terme local) commence à être délaissé : on l'installe le long d'un chemin ou mieux dans le jardin de l'auberge.

 

L'habitation rurale

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Le moellon est utilisé pour les gros murs, la pierre de taille pour les entourages des portes et fenêtres. Les murs sont recouverts de mortier grossièrement appliqué avec parfois des bardeaux sur le mur exposé à la pluie.

Les toits sont en tuiles (tuiles creuse, puis plate avec le développement de la mécanisation), relativement peu inclinés. Les maisons très anciennes étaient recouvertes de pierres plates

La maison du cultivateur

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La maison du cultivateur est le siège d'une exploitation complète. Elle n'est généralement utilisé que par le cultivateur qu'il soit le propriétaire de l'exploitation ou non. Il n'y a ps en lorraine, contrairement à d'autres région de partage de la maison entre l'exploitant et le propriétaire.

Le croquis représente une maison qui n'a de voisin que d'un coté, ce qui n'est pas le cas général. Cela lui permet d'être plus longue, puisqu'elle a la possibilité de prendre le jour sur le jardin de coté.

C'est une maison à 4 rains, (=4 travées) particulièrement grande, ayant appartenu à un cultivateur aisé.

 

Il n'y a pas de séparation entre le logement proprement dit et les locaux servant aux animaux et aux récoltes : l'ensemble est abrité sous le même toit ; les communications entre les diverses parties de l'édifice et s'il en résulte des facilités très appréciables pour vaquer aux soins divers du ménage, cette promiscuité rend, en cas d'incendie, les désastres beaucoup plus complets : tout brûle, sans qu'il soit le plus souvent possible de rien garantir.

Habituellement, les pièces habitables sont toutes situées au rez-de-chaussée ; loger au premier étage est tout  à fait exceptionnel. dans les anciennes constructions, ce rez-de-chaussée est bien, comme son nom l'indique, de plain-pied avec la rue, jamais plus élevé, quelquefois en contrebas. Cette disposition qui s'accentue avec le temps est considérée comme avantageuse en ce que le chauffage intérieur est plus facile et que la chaleur se conserve plus longtemps. Pour la même raison, les ouvertures sont médiocres et assez peu nombreuses. 

C'est la cuisine qu'on rencontre tout d'abord. Elle a son entrée sur la rue, directement ou par un corridor. De la cuisine, on pénètre dans la chambre principale qu'on nomme le poële, et qui est chauffée par le feu de la cuisine, au moyen d'une disposition particulière de l'âtre. C'est la chambre à coucher de parents et parfois aussi des enfants, mais c'est aussi la pièce où l'on veille le soir, où on introduit l'étranger à qui on veut faire honneur . on trouve enfin une ou deux chambres occupées par les membres de la famille ou destinées aux hôtes.

Les domestiques sont logés d'une manière très sommaire. Les femmes, telles que la fille de basse-cour ont leur lit à la cuisine, dans une sorte d'armoire qui reste fermée pendant le jour. Les hommes couchent à l'écurie, à peine séparés des animaux par une cloison en planche.

Parmi les dépendances, il faut signaler les écuries et les engrangements qui se complètent mutuellement. C'est au dessus-de l'écurie qu'on entasse les fourrages et aussi les gerbes avant le battage car on n'a pas l'habitude dans le pays de battre sur le champ même. Dans les exploitations importantes, l'écurie se compose de deux lignes de râteliers, séparées par un large espace la grange où peuvent circuler les voitures et permettent de charger les greniers qui se trouvent au dessus des écuries. La hauteur sous plafond, des écuries comme des greniers, est relativement faible. Les écuries ne dépassent pas les 2 mètres de haut, les greniers sont généralement plus bas. Ces greniers servent pour la paille et le fourrage. Les graines et semences sont généralement conservées dans les greniers situés au dessus de la partie d'habitation. On ne sépare les chevaux des bêtes à corne et des moutons que dans les exploitations importantes. les porcs ont en général leur étable séparée, un réduit situé dans une dépendance de la maison, un appentis à l'extérieur. Les volailles sont en général dans un endroit clos près de l'écurie, mais il arrive qu'on les laisse se percher à leur guise dans l'écurie.

Enfin le four complète les dépendances de la l'habitation lorraine. Toutes les maisons en possèdent un. assez souvent son ouverture se trouve dans la cuisine même, près du foyer et son aire déborde parfois sur l'alignement au dehors affectant la forme d'un appentis demi-sphérique facilement reconnaissable. En Meurthe, c'est souvent le poële qui donne sur la rue et la cuisine est dans la pièce du milieu, avec pas ou peu de lumière. Le four est alors situé dans la chambre de derrière avec le même type d'appentis. cette pièce est généralement appelé chambre au four. dans les très grandes habitations, le four peut être dans un bâtiment séparé. Il a été utilisé pour cuire le au pain, les pâtisseries et pour procéder au  séchage des fruits.

La maison du manouvrier

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wpeD.gif (20141 octets) Plus modeste, la maison du manouvrier, petit propriétaire louant ses services, garde les mêmes dispositions essentielles. Cette maison n'a le plus souvent qu'une ouverture sur la rue (maison à 1 rain) , la porte de la grange, qui sert aussi de vestibule à la cuisine et à l'écurie.. Le poële est la pièce unique où couche tout le monde. Les greniers s'étendent sut tout l'étage supérieur, au dessus de l'écurie et des chambres

L'usoir

Dans les villages lorrains, jusqu'au début des années 70 (1970), les maisons sont précédées de leurs fumiers, qui forment bordure sur la voie publique. La rue est large, bien plus large que n'exige la circulation : de chaque coté de la chaussée se trouve une zone , l'ancien "usuaire de ville" dont les habitants usent comme si le fonds leur appartenait, bien que cette question de propriété ait été très discutable. Cette zone tient donc de cour d'entrée et sert surtout d'emplacement au fumier, au matériel agricole et au bois. Le fumier de dimension variable suivant la quantité de bétail qui peuple les écuries (et qui est donc de ce fait un signe extérieur de richesse) s'élève sur le sol naturel, sans que l'on prenne aucune précaution pour retenir le purin. Chaque fois qu'on nettoie l'étable, une couche nouvelle s'ajoute au tas existant mais la forme est peu correcte et d'ailleurs les animaux, qui s'y vautrent en passant, viennent encore en détruire la symétrie. grande différence avec la montagne, où le paysan s'efforce de donner à l'édifice un aspect bien réglé, en mettant la paille sur le pourtour. A coté du fumier, s'il reste de la place, on empile les bois d'affouage, on laisse séjourner les chariots et les charrues.

En montagne

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Source : l'illustration économique et financière, numéro spécial Les Vosges 1926

Dans la montagne où les sources sont abondantes, les habitations sont disséminées sur les pentes et dans le fond des vallées ; elles s'élèvent jusqu'à 8 et 900 mètres d'altitude. Plus haut, on trouve les marcairies des chaumes. Le seul point adopté comme centre de la commune, par l'église, la mairie, les écoles, les maisons de commerces, présente une certaine agglomération. Les habitations ou granges sont placées au centre du domaine dont les prairies sont limitées par des murs grossiers faits de blocs de granit ou de grès. La façade est souvent orienté vers l'Est, tandis que les chambres habitées sont au Sud. Les murs  exposés au Nord ou à l'Ouest, sont recouverts de bardeaux ou de tôles ondulées contre la pluie ; les toits sont en pente forte pour faciliter le glissement de la neige.

 

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