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Généalogie
Villages de LorraineEntraidePour me contacter | On lit dans les délibérations de l'Hôtel-de-Ville à la date du 17 novembre 1764 « La Chambre et Conseil de police assernblés, il a été dit ce qui suit : Quoique les arts fassent plus particulièrement leur jour dans les grandes villes, ce n'est pas à dire qu'on doive les exclure de celles de second ordre. Nous ne pouvons qu'être flattés de voir germer ici les semences du bon goût, et nous devons autant qu'il est en nous, favoriser les voeux et l'émulation d'une jeunesse distinguée qui nous a remontré qu'on pourrait, sans qu'il en coûtât beaucoup, élever en cette ville un théâtre permanent dans quelque partie de nos édifices publics, sur lequel elle représenterait à ses frais et gratuitement des pièces dramatiques, qui seraient tout à la fois une école d'urbanité et de morale. En plaignant Zaïre, on éprouve les douceurs d'une compassion généreuse ; Mérope vivifie la tendresse maternelle ; le Cid fait des guerriers et sur le portrait d'Harpagon nous détestons l'avarice. Ce serait un tableau divin que celui des avantages que le drame a faits à la société, c'est aussi aux grands peintres qu'il appartient de l'entreprendre. Pour nous, nous aurons rempli nos vues et celles de nos concitoyens quand nous aurons prié M. l'Intendant de leur donner une approbation. Nous devons le faire avec d'autant plus de confiance que ce magistrat n'est pas moins éclairé qu'ami des arts, pronostic infaillible du succès de la demande. La matière mise en délibération et tout considéré : La dite Chambre et Conseil de police, approuvant unanimement le plan proposé (dont l'exécution ne présente qu'une dépense d'environ 300 livres pour l'achat des planches nécessaires), a acté qu'il serait exécuté immédiatement après l'approbation de M. l'Intendant, à la charge que la police des spectacles appartiendra à ladite Chambre, qui fera les règlements nécessaires pour la manutention du bon ordre. » Une brochure publiée en 1764 et intitulée : « Histoire d'une cause célèbre traitée au temple de la gloire, toutes les nations assemblées, la veille de Décembre de la 7° année du 272e lustre depuis la fondation de la Monarchie française », attaque : le curé qui s'était alarmé du projet formé par l'hôtel-de-ville, parce qu'il le croyait pernicieux; le vicaire qui l'avait critiqué en chaire ; les capucins qui avaient fait cause commune avec le curé et le vicaire ; plusieurs légistes qui avaient partagé l'avis de leurs pasteurs ; le procureur syndic qui, après avoir accédé à la délibération, s'en était repenti ; un conseiller qui, absent au. moment de la délibération, parce qu'il travaillait à se marier, avait déclaré qu'il l'aurait empêchée ; enfin, les dévotes du lieu qui avaient suivi bande. La brochure commence ainsi : « Thalie, muse de la Comédie, au clergé séculier et régulier de la ville de Bruyères en Lorraine, honneur et révérence comme de raison », et l'auteur tourne en ridicule, quelquefois avec esprit, toujours avec méchanceté les personnes qu'il accuse ou soupçonne d'avoir fait échouer le projet conçu par les officiers municipaux.
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