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Les officiers municipaux avaient sous leurs ordres un agent créé en 1722, et appelé valet de ville, chargé de surveiller l'exécution des ordonnances. En outre, il sonnait les cloches contre le temps, les orages prochains ou au premier coup de tonnerre et pour les processions, battait la caisse, curait et soignait les fontaines, se rendait à l'hôtel du prévôt deux fois par jour pour y recevoir ses ordres, assistait les autres officiers, faisait trouver les personnes qu'ils demandaient, appelait aux assemblées de la ville, faisait la collecte des deniers publics, veillait à la police des marchés, du balayage, des cabarets, etc. En 1754, il y avait deux sergents de ville qui, en outre, devaient surveiller les mendiants afin que « les particuliers ne soient pas obsédés de leurs importunités ». Ces deux sergents de ville avaient chacun 120 livres par an avec un vêtement à la livrée de la ville. Ils devaient tenir leurs cheveux bien liés et entretenir leurs hallebardes. Les contraventions observées par les agents étaient consignées sur le registre des délibérations municipales, et comme l'amende se trouvait porté sur les règlements, l'application en était faite et ne donnait lieu à aucune procédure. Le délinquant était amené devant les officiers municipaux réunis à l'hôtel de ville. Après une explication sommaire, on le faisait retirer pour la délibération, puis, la peine fixée, on lui en donnait connaissance. La condamnation ainsi prononcée correspondait presque toujours à celle fixée par les règlements. On acceptait les dénonciations, même elles étaient engagées, car le dénonciateur recevait souvent le tiers de l'amende. Les règlements étaient généralement observés. Les quelques infractions que l'on rencontre étant toujours punies avec rigueur. Les bourgeois s'y soumettaient donc, mais ce n'était peut-être qu'en murmurant; ils n'osaient attaquer les officiers. En effet, un sieur Cunin, maréchal, avant un jour dit que les officiers étaient des f..., des b..., des voleurs; Je m'en f..., etc., fut appréhendé au corps et conduit en prison. Une enquête sérieuse eut lieu et Cunin fut obligé, étant amené à la mairie, de déclarer, tête nue et à genoux devant les officiers et les bourgeois assemblés, que, faussement et calomnieusement, il avait proféré des injures atroces, qu'il avait fait un grand scandale dans la ville, qu'il s'en repentait, en demandant pardon à Dieu, au Roy, à la justice et aux officiers. Puis il fut condamné à six mois de prison, au pain et à l'eau et à 100 livres d'amende (1755). Si nous examinons un autre genre de contraventions, nous voyons que des gamins qui avaient volé des cerises dans un jardin furent condamnés à 4 jours de prison, au pain et à l'eau et à 7 livres d'amende. Une femme qui avait arraché et volé des semenceaux de poireau et de chou, fut condamnée à être promenée en ville avec les choux volés placés devant et derrière elle, exposée au pilori pendant 3 heure un jour de foire, puis mise en prison.Une autre femme, qui avait volé des pois dans un jardin, fut de mème promenée en ville avec des branches de pois comme ornement. Une autre fut, de même, exposée avec des branches de groseillier volées. Le 15 janvier 1769, il existait un jeu de billard où la jeu>nesse passait souvent les nuits. C'est pourquoi il fut défendu au maître du billard de donner à jouer aprèsla retraite sonnée, et pendant la messe le dimanche (10 fr. d'amende à chaque joueur et 25 au propriétaire.) Les règlements du balayage étaient les même qu'aujourd'hui, mais appliqués avec beaucoup plus de rigueur. Et pourtant, à cette époque, on ne connaissait pas les microbes. Les propriétaires devaient balayer devant leurs maisons deux fois par semaine ; 1e jeudi matin, à 6 ou 7 heures, et le samedi soir, à 3 ou 4 heures, selon les saisons;. Les heures indiquées étaient rappelées par la "berloque" qui était sonnée pendant 8 minutes. Les ordures étaient enlevées ou par les propriétaires ou par un boueur. Comme il était toujours défendu de laisser courir les canards et les oies dans les rues, attendu « que ces animaux sont nuisibles et infectent l'air par les ordures qu'ils remuent, salissent les pâturages par leur fiente, alors liberté aux particuliers et aux sergents de ville de les tuer.» 11 n'était pas rare de rencontrer des tas de fumier dans les rues et sur la place, malgré les ordonnances qui exigeaient de les enlever en 1700. Les Bohémiens n'étaient pas tolérés à Bruyères, pas plus que dans toute la Lorraine. Les mendiants valides devaient travailler selon leurs forces et leurs métiers. Il était interdit de mendier dans les églises les rues, aux portes, sous peine de prison sur le champ. Les pauvres, les infirmes, n'ayant aucune ressource, étaient entretenus plus ou moins par un bureau spécial appelé bureau des pauvres, qui était alimenté par des quêtes faites à l'église et dans les rues. Les dons volontaires rapportant peu, devinrent forcés, car les officiers de police pouvaient user de toutes les voies raisonnables pour obliger les riches à augmenter leurs dons, même taxaient ceux qui refusaient l'aumône ou qui notoirement l'offraient trop modique. En 1734, les quêtes de l'église ne rapportant plus guère, l'inspecteur du bureau des pauvres décida qu'elles seraient désormais faites par les avocats du siège bailliager.
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