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Le paquis ou champ de l'hôpital appartient à la ville qui le tient des seigneurs de Ribeaupierre. De tout temps, cet emplacement a servi de foire pour le bétail.

"En 1741, on reconnaît qu'on pouvait tirer une rue dans le fond du paquis, proche des jardins, laquelle rue ferait face à l'occident. On y placerait 8 maisons de 40 pieds de face, derrière lesquelles il serait laissé une passée de 15 pieds de largeur. Les maisons devront être à belle face, avec des angles en pierre et des cordons le long des portes, de hauteur égale; les murailles de séparation de chacune allant jusqu'à la toiture. Dans le chemin de derrière, personne ne pourra y prétendre que le droit d'aisance." 

En 1751, le sieur Doridant, de Grand'haye, se plaint au chancelier qu'on l'insulte, que les cochons de la foire labourent devant chez lui, y font des trous, ce qui retient l'eau et fait pourrir les murs de sa maison.

Le paquis était plus élevé que le pavé environnant ; aussi, aux jours de pluie, les rez-de-chaussée de la place étaient inondés.

En 1769, les maisons à construire sur la place seront à l'alignement et selon le plan donné. Chaque propriétaire devra déblayer et remblayer, mais ne paiera aucune redevance pour son terrain envers la ville, attendu que les travaux seront considérables. D'ailleurs, le terrain est aride, inculte et de nul produit. Les maisons devront pouvoir supporter une toiture en tuile.

Beaucoup de ces propriétaires virent leurs maisons s'écrouler; le vent en emporta les toitures et quelques-uns furent dans l'impossibilité de les relever ou de les achever.

Le pavage du pourtour de la place se fit en 1770. Un peu avant cette époque, il y avait un hangar sur la place destiné â abriter le bétail les jours de foire, ou à servir de magasins aux troupes qui prenaient leurs quartiers d'hiver.

En 1778, on enleva les 46 arbres plantés sur la place pour les remplacer par ceux que l'on voit encore aujourd'hui. « La nouvelle plantation exigeant des soins, des précautions et une surveillance qu'on ne doit pas attendre des mercenaires, il est essentiel que ce travail se fît sous la direction gratuite de J.-B. Mougeot, citoyen zélé et expérimenté, qui a offert son service sous la surveillance des officiers municipaux. » En plus, Mougeot fut chargé de la construction des deux fontaines, à charge de se procurer les médaillons en marbre noir avec les ornements en plomb bronzé pour y placer des inscriptions. « Mougeot évite ainsi une dépense de plus de 400 livres â la ville.»

Cette place a porté différents noms : Paquis, Champ de l'Hôpital, place Doridant, place du Repentir, place d'Armes, place Stanislas, place de la Liberté, place Neuve.

Pendant la Révolution (an 5), il y fut planté un arbre de la liberté.