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Comme on vient de le voir, l'eau était très difficile à obtenir ; aussi, quand un incendie se déclarait, il était généralement désastreux. C'est pourquoi les précautions que l'on prenait étaient inouïes, et les infractions aux règlements punies avec rigueur. Malgré cela, elles étaient nombreuses.

Voici quelques-uns de ces règlements

En 1731, il y avait un veilleur de nuit, muni d'une clochette. Défense d'introduire du chanvre dans les fours, de le ceriser ou le « soinger » dans les habitations : on devait s'en éloigner d'au moins trente pas. Défense de fréquenter les écuries avec des lampes ou chandelles, à moins de nécessité absolue ; de décharger du foin pendant la nuit ; de battre en grange avant 6 heures du matin et après quatre heures du soir; de laisser des substances combustibles près des cheminées dans les greniers; de rentrer des broussailles et des feuilles sèches (excepté au printemps) ; de porter des cendres sur les greniers. Dans les cuisines, il devait y avoir une personne à la garde du foyer pendant qu'il était allumé. Dans les maisons, il y avait une grande échelle destinée à monter plus facilement sur les toits et, devant chacune, un seau rernpli d'eau (50 fr. d'amende aux délinquants et en outre ceux-ci responsables des accidents survenus par suite de leur oubli). Défense de tirer des armes à feu près des habitations. En été, dans les grandes chaleurs, il existait des patrouilles pendant la nuit, et même de jour; il était interdit de fumer en rue ; aussi les cabaretiers devaient prendre les noms des étrangers qu'ils logeaient.

Les cheminées devaient être toujours en bon état. Des visites fréquentes constataient les défectuosités et donnaient un mois aux propriétaires pour les réparer, sous peine de 50 francs d'amende. Les cheminées devaient être balayées régulièrement chaque deux ou trois mois. Malgré cela, en 1731, il y avait encore 57 cheminées défectueuses et 76 en 1741.

Les amendes étaient nombreuses et les infractions sévèrement punies. Ainsi, les soeurs de l'hôpital à la suite d'un feu de cheminée déclaré chez elles, furent condamnées à 50 fr. d'amende payables sur leurs gages.

Les principaux incendies sont les suivants

  • 1750 ; à la suite on fabriqua 12 échelles et des perches à crochet.
  • 1757, incendie des écuries des Capucins. La ville demande des seaux en cuir bouilli et un cable avec crochet en fer de façon à pouvoir tirer, au moyen de chevaux, les toitures enflammées. On aurait pu ainsi préserver six maisons sur sept brûlées, Les maisons étant recouvertes d'essains, il fut ordonné de les recouvrir désormais de tuiles ou de toute autre matière incombustible. Pour avoir des tuiles il fallait faire une lieue et demie pourquoi on essaya les différentes argiles des environs et l'on fabriqua des tuiles plates.
  • 1773, 21 et 22 octobre. 13 particuliers ont été incendiés et 6 maisons brûlées en deux heures.
  • En 1774, on acheta une pompe à incendie avec les accessoires pour la somme de 1,000 livres. Il fut, à cet effet, levé une imposition extraordinaire de 1,100 livres. Cette fois, les nobles furent compris dans cette opération, mais seulement pour 4 livres chacun.
  • 1779, le 4 décembre, il y eut 4 maisons brûlées sur la place Neuve avec, 10 ménages. Mais les sinistrés furent secourus :
    • Le prince de Rohan donna 100 livres.
    • L'évêque de Saint-Dié . . . . . . . . 30 -
    • La fondation Stanislas . . . . . . . . 1,550 -
    • L'intendant de Lorraine . . . . . . . 258 -
    • Le chevalier Franc . . . . . . . . . 62 --
    • Le comte de Walsh. . . . . . . . . 310 -
  • En 1783, il y avait 120 seaux à la commune, dont une partie achetée par la communauté, et l'autre fournie à raison de un par nouveau mariage L'entretien de la pompe et du matériel, logés dans un magasin, était adjugé au fontainier pour 699 livres. Les corps de fontaine portaient des robinets permettant de tourner l'eau sur le lieu de l'incendie.
  • 1789, le 12 mars, un incendie, qui dura de 2 à 10 heures du matin, dévora 13 ménages. L'évèque de Saint-Dié, à cette occasion, donna 310 livres et l'intendant de Lorraine, 500,
  • En mai 1789, nouvel incendie.