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Après la réunion de l'Assemblée nationale constituante, en 1789, suivit la prise de la Bastille qui jeta le premier coup dans l'édifice vermoulu de la monarchie puis une série de décrets successifs qui transformèrent complètement le royaume.

Une panique adroitement semée par les royalistes fanatiques vint répandre dans les provinces une indicible inquiétude. Les Vosges ne furent guère agitées ; les différents événements qui se passaient dans la capitale étaient accueillis avec une indifférence relative. On n'eut pas à subir les fureurs d'une réaction populaire contre l'ancien régime. Néanmoins, à Luxeuil, il y eût quelques troubles dus à une cinquantaine de paysans de Fougerolles qui pillèrent l'abbaye. A Remiremont, un mouvement eut lieu contre les Juifs et les propriétaires. On y affirmait que le partage des biens était licite, mais un détachement de dragons d'Epinal en eut vite raison.

Les bourgeois de Bruyères, à la nouvelle de ces troubles, résolurent de se mettre à l'abri de ces brigands en se défendant eux-mêmes.

C'est pourquoi :

Le 26 juillet, réunion de tous les bourgeois à la mairie après les vêpres, et il fut décidé ;

  • 1° - Créer une compagnie de bourgeois de cent hommes, avec un commandant en chef, un commandant en second, deux capitaines, quatre lieutenants, quatre sous-lieutenants et huit bas-officiers ;
  • 2° - Tous ceux qui ont des armes les porteront à l'hôtel de ville pour armer la compagnie;
  • 3° - Sera enrôlée quinze jouis, puis après renouvelée pour le même temps;
  • 4° - Tous les citoyens viendront se faire inscrire ;
  • 5° - Il sera nommé un comité permanent de douze personnes avec les officiers pour quinze jours;
  • 6° - Ce comité choisira les 100 hommes ;
  • 7° - L'hôtel de ville fournira les munitions ;
  • 8° - Il y aura un corps de garde de douze hommes avec un officier et un bas-officier à l'hôtel de ville ;
  • 9° - La grosse cloche de la paroisse tintée rapidement sera le signal ;
  • 10° - A l'alarme, les bourgeois non enrôlés barricaderont les entrées (les rues.

On fait ensuite observer que la France demande à grands cris une régénération, qu'elle ne pouvait l'obtenir que dans l'union parfaite des représentants de la nation, et que cette désirable union vient de s'opérer.

On prie ensuite le curé de chanter un Te Deum à l'issue des vêpres; on invite les citoyens à illuminer leurs maisons au son de toutes les cloches de la ville, ce dimanche 26 juillet. La municipalité prend, en outre, ses précautions dans le cas où le lieutenant général voudrait présider cette réunion, ce qui de droit ne lui appartient pas, car c'est contraire aux ordonnances: le maire royal seul ayant droit.