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En dehors des terrains communaux de Heledraye, Bumont, les deux Avison et Pointhaie, boisés au commencement de ce siècle, Bruyères possède des forêts à Faîte, Bois-de-Champ et Boremont 1° La forêt indivise de Faîte, désignée autrefois sous le nom de Bois-des-Bains-des-Eaunes, est d'origine patrimoniale. Le plus ancien titre de propriété qu'on retrouve est une lettre patente du 6 novembre 1558, par laquelle le comte de Vaudémont, tuteur du duc Charles de Lorraine, autorise, sur une requête présentée par les habitants et manants de Bruyères, Champ, Lauvaux, Preys et Fays à pouvoir mettre et ériger en bois un bois rappaille à eux appartenant, appelé le bois des Bains-des-Eaunes, en nature de bois de haute futaie pour eux et leurs successeurs. La lettre patente indique les limites de ce bois; elles correspondent avec celles, de la forêt d'aujourd'hui . Un décret. impérial du 3 novembre 1809 prescrivit l'abornement, l'arpentage et la division en 30 coupes pour trente ans de révolution, avec apposition d'un quart en réserve des bois communaux indivis. Cette forêt fut partagée en 1867 de la manière suivante :
2° Les bois de Champ proviennent de cantonnement des bois d'usage des communes suivantes dans la forêt domaniale de Champ
Ces communes n'ont aucun titre de possession ; on trouve seulement trace de leurs droits en 1629 et 1631, époques où elles payèrent une certaine redevance. Vers 1660, Bruyères payait 50 livres ; Fiménil, 10 ; Champ, 10 ; Laval, 10 ; Prey, 5 ; etc. Cette forêt, d'abord indivise, a été partagée ultérieurement ; 3° La forêt de Borémont a été partagée en 1784 entre les communautés suivantes
Lorsqu'on voulut plus tard faire le partage entre Bruyères et Champ, on ne trouva que les titres suivants
Délivrances faites à différentes époques par les officiers de l'ancienne maîtrise dans la forêt de Boremont aux communes de Champ et Bruyères. C'est pourquoi l'on fut bien embarrassé. Mais l'étude du peu de documents que l'on possédait permit de conclure que Bruyères et Champ n'avaient jamais joui de cette forêt qu'à titre d'usage, mais d'un usage de la nature la plus étendue, qui équivalait à la propriété. Les forêts étaient administrées par des gruyers qui veillaient à leur garde et s'occupaient de leur comptabilité. lis avaient sous leurs ordres des lieutenants chargés de faire la délivrance des coupes de bois, abornements, etc. Ces gruyers, institués en 1164, furent supprimés en 1698. Les prévôts les remplacèrent; puis, en 1701, il y eut pour le domaine ducal cinq commissaires généraux. Ceux-ci, supprimés en 1727, furent remplacés par les grands gruyers, maîtres et réformateurs des eaux et forêts dont les offices étaient héréditaires. Stanislas, en 1757, établit les maîtrises, et Bruyères dépendait de celle de Saint-Dié. Les forêts communales étaient surveillées par un garde nommé par la ville, agréé par la maîtrise. Il prêtait serment, possédait un marteau de délit et avait un traitement de 50 livres. En 1755, il fallut créer un second gaule. Les bois étaient donnes chaque année aux habitants sous forme d'affouage et de devis ces derniers devant exclusivement servir en nature pour l'entretien et la réparation des maisons. En 1755, l'affouage de Faite donne une corde de bois à chaque habitant. Les frais étaient de 18 sous par corde, 8 sous le cent de fagots et 4 livres, 10 sous pour frais de marque. En 1763, les officiers de l'hôtel de ville se plaignent : Depuis l'établissement des maîtrises, on a supprimé les affouages de dix à douze cordes de bois par habitant dans les bois de Champ. On payait aux officiers de la pruerie 15 sous de Lorraine et un cens de 25 francs barrois au souverain et autant au chapitre de Remiremont, co-propriétaires de cette forêt Malgré cela, l'affouage supprimé, le cens a presque triplé ; c'est pourquoi la ville demande le partage de ces bois. La maîtrise accorda alors de nouveau les affouages; mais les bourgeois, cette fois, se plaignirent des régisseurs qui percevaient trop et ne voulaient rendre aucun compte il fut décidé qu'un officier de l'hôtel de ville s'occuperait de ces fonctions de régisseur. En 1779, la plupart des habitants n'acceptent pas leurs affouages, car ils leur reviennent trop chers. La commune les fait vendre pour payer les frais de marque. Cette coupe était située sur la tête du Neuf-Moulin. En 1788, la coupe marquée donna une corde de bois à chacun des 450 habitants, à raison de 3 livres 10 sous par affouage. La maîtrise de Saint-Dié demanda 1292 livres. En 1793, il se produit des dilapidations dans la forêt de Champ. « Des devis marqués sont vendus au lieu de s'en servir, ou ne servaient qu'en partie; certains gardes sont de connivence avec les délinquants. Plusieurs particuliers demandent jusqu'à trois devis pour la même maison; d'autres, gui n'ont aucun droit dans la forêt, obtiennent des bois; il y a des coupes clandestines marquées, ou enlevées ou en exploitation. De plus, les enchères sont à des prix exagérés et bien au-dessus des moyens des citoyens ordinaires. Ainsi, Colombier achète tous les bois et les fait hausser, etc. » C'est pourquoi les députés des communes ayant droit, unis au Conseil général de Bruyères, dénoncent ces abus au directoire de Saint-Dié, abus dont la maîtrise est responsable. En outre, ils demandent que les bois marqués ou en coupe soient saisis et séquestrés, que les devis soient justifiés, qu'aucun bois ne soit plus délivré sans enchère publique, que les coupes ne soient plus si considérables, que les scieries particulières où se débite clandestinement le bais En 1793, Colombier donne 50 cordes de bois à Boremont aux pauvres de la ville, mais les officier,, constatent que ce bois est de rebut et ne vaut pas la voiture. Néanmoins ils remercient Colombier tout en n'acceptant pas son cadeau. An 14 il y eut une vente de bois pour subvenir aux frais des fontaines, et en plus chaque habitant reçut un affouage.
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