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Autrefois, quand les communications étaient restreintes, longues et coûteuses, les foires et marchés avaient une grande importance. C'était le rendez-vous de nombreux cossons de Nancy, Toul, Pont-à-Mousson,Metz, Lunéville, etc., et des habitants des villages voisins de Bruyères, que leurs affaires ou même la simple attraction de la foire devaient faire venir de plusieurs lieues à la ronde, ainsi que le fait s'observe encore aujourd'hui ; les uns apportant leur beurre, oeufs, volaille, fromage, les autres leurs céréales, vin, sucre, draps, etc., et servant d'intermédiaires entre les marchands de ces différentes villes.

Quant au rôle secondaire de la ville, nous ne pouvons mieux le résumer qu'en citant le rapport d'un subdélégué de l'intendant de Lorraine qui, en 1772, disait : « Il y a à Bruyères 398 habitants, dont 246 contribuables, 47 nobles ou exempts et 105 pauvres. Dans ces 246, il y en a au moins le tiers dont la cote ne se porte pas à 15 livres, encore faut-il en exécuter beaucoup pour les faire payer. Ce n'est donc point une exagération d'avancer qu'on peut regarder la moitié des habitants comme pauvres et hors d'état de supporter la moindre augmentation d'imposition. Par commerce, on n'entend point parler du commerce en général qui se fait dans la ville de Bruyères par les habitants de la montagne, mais seulement de celui que font les bourgeois. Loger et héberger les coquetiers qui arrivent toutes les semaines soit du pays plat, soit de la montagne ; vendre du vin, quelques livres de beurre, les veaux provenant de leurs vaches, quelques porcs gras, quelques livres de salin et quelques livres du fruit de l'airelle, voilà à peu près les seules sources d'où la plus grande partie des bourgeois tire sa subsistance. Quoiqu'il paraisse étonnant que le commerce des bourgeois soit borné à de si faibles ressources dans un pays aussi commerçant que la Voge, l'étonnement cessera si l'on se rappelle ce qui a été dit cy-devant sur les facultés des bourgeois : il faut de l'argent  pour commercer et la moitié de la ville manque du nécessaire. »

Les marchés ont toujours eu lieu le mercredi et à l'origine se tenaient entre le Bayeux et l'église ; le marché aux grains, sous la halle, et toutes les transactions devaient uniquement se faire là. Pour la vente, on employait des mesures étalonnées, sous la surveillance d'un livreur-juré. Ces mesures, ainsi que toutes celles employées en ville, étaient vérifiées de temps à autre et comparées à celles que la ville avait fait construire et conservait à la mairie, On avait du agir ainsi par suite de nombreuses contraventions, naturellement toujours suivies d'amende.

En 1708, plusieurs commerçants réclamèrent pour que le marché s'étendit dans la grande rue ou faubourg, ce qui ne leur fut pas accordé. Pourtant, en 1773, il s'étendait de l'église à la place.

A cette même époque, le marché était libre, c'est-à-dire que vendeurs et acheteurs pouvaient se livrer à leurs opérations à toute heure de la journée, même le mardi soir, et à n'importe quel lieu de la ville. Auparavant, il n'en était pas ainsi. On avait même exigé que toutes les marchandises ne pourraient être vendues que sur le marché et après un certain temps d'exposition, que ceux qui vendraient ou achèteraient ailleurs que sur le marché seraient punis, et qu'enfin les étrangers ne pourraient jamais acheter avant que les bourgeois de Bruyères fussent servis. Ce moment était indiqué vers 10 à 11 heures par un signal des officiers de l'hôtel de ville. Ce signal était l' «enseigne levée».

D'une pétition adressée au duc de Lorraine en 1721, par les habitants de Gérardmer, que cette enseigne incommodait beaucoup, nous avons pu savoir que ce signal consistait en une plaque de fer blanc sur laquelle étaient inscrites les défenses et que l'on plaçait en un endroit très apparent du marché.

Les marchandises apportées au marché devaient être de bonne qualité; autrement elles étaient confisquées.

En 1780, le beurre valait 15 sous la livre.

En 1708, il y avait cinq foires outre les marchés du mercredi. Quelques-uns durent être supprimées, car, en 1774, i1 en fut établi deux nouvelles, et en 1778 il n'en existait plus que quatre : 2 mai, 25 juin, 29 août et 7 décembre.

A la Révolution, l'introduction du calendrier républicain amena des perturbations dans ces marchés; ainsi, le,5 fructidor an 8, la municipalité demanda un marché tous les cinq jours. Cette demande fut rejetée, car les marchés étaient trop rapprochés et les cossons n'avaient pas le temps de faire leur voyage. D'autre part, un marché tous les dix jours correspondait à une trop longue période. C'est pourquoi il fut décidé qu'il y aurait marché tous les sept jours, et que ceux tombant les décadis et jours de fête seraient reportés au jour précédent.

En l'an XII (1803), il y avait 7 foires. Enfin, en 1808, elles existaient comme aujourd'hui.