La saint Louis fut fêtée chaque année jusqu'en 1792. 28 octobre 1792. En exécution d'un décret de la Convention, et pour fêter les succès des armes françaises en Savoie, il fut décidé ce qui suit : Le soir, à 6 heures, le 27, sonnerie des cloches et salves d'artillerie.« Le lendemain, 28 : sonnerie des cloches et salves. Vêpres à une heure où sera chanté un Te Deum et auquel seront invités tous les corps. Au commencement du Te Deum, salves d'artillerie et de mousqueterie et même répétition à la finale. A l'issue des vêpres, réunion générale sur la place Neuve où sera chantée la Marseillaise, accompagnée par la musique. Avant et après ce chant, salves d'artillerie. Tous les corps seront ensuite reconduits dans leurs locaux par la garde citoyenne. » « A l'occasion des décadis et des fêtes sans-culottides, la municipalité constate que les citoyens ne sont plus exacts à se rendre au temple et qu'elle doit adresser le même reproche à plusieurs fonctionnaires. » En l'an II, le cinquième jour des sans-culottides était fixé pour célébrer les fêtes réunies de la vertu, du génie, du travail, opinion et récompense, en conséquence on doit « s'évertuer » à le célébrer dignement et à forcer la négligence des indolents à se réunir aux bons citoyens. Les instituteurs devaient se rendre au temple avec les écoliers. Les musiciens et les chanteurs étaient invités à venir y exercer leurs talents. A ces fêtes de décadis et autres on lisait les lois et les discours patriotiques. En ville, il fallait balayer les rues comme pour les ci-devant dimanches. On ne devait pas laver des lessives, ni faire aucun acte journalier, à moins d'urgence et avec l'agrément de la municipalité. 30 vendémiaire an II. - Fête des victoires des armées de la République. Fête de l'Être suprême. - « Ce jourd'hui, 18 prairial an 11, de la République une, indivisible et démocratique ; Le conseil général de la commune assemblé en la salle de ses séances ordinaires à 8 heures du matin, Vu les réquisitions de l'agent national, Vu le décret du 18 floréal dernier, Considérant qu'on ne peut donner trop de pompe à la fête, instituée par la Convention nationale, à l'honneur de l'auteur de la nature, à cet Être Suprême qui a créé l'univers, qui le gouverne par sa puissance infinie et incompréhensible et vers qui toutes nos espérances doivent tendre ; Le conseil général arrête l° Que demain, 19 prairial, la fête de l'Etre Suprême sera annoncée au son de la caisse avec invitation aux citoyens de concourir à cette solennité; 2° que le lendemain 20, la générale sera battue à 9 heures du matin et l'assemblée à 9 heures et demie ; 3° Le rassemblement général aura lieu sur la place de la Liberté ; 4° A dix heures précises, un roulement de tambour et deux coups de canon annonceront l'arrivée des corps constitués au rendez-vous et l'ouverture de la marche; 5° Avant le départ, le président de l'administration fera sentir au peuple, réuni en cercle autour des autorités constituées, les motifs qui ont déterminé cette solennité et il invitera le peuple à honorer l'auteur de la nature ; 6° Il sera donné lecture de l'ordre à tenir pour se rendre au Temple où se célébrera la Pète de l'Etre Suprême, et elle s'exécutera ainsi que suit : Les tambours et musiciens précéderont la société populaire au milieu de laquelle flottera le drapeau de la surveillance. Un choeur des jeunes sans-culottes, tenant chacun une couronne de chêne, environneront l'urne funéraire portée par quatre invalides ou vétérans et chanteront des hymnes à l'honneur des martyrs de la Liberté et aux mines des défenseurs de la Patrie. Un choeur de jeunes citoyennes vêtues de blanc, ornées de ceintures tricolores et de couronnes de fleurs, environneront la statue de la Liberté portée par quatre sans-culottes et chanteront des hymnes en son honneur. Les membres des autorités constituées, en costume, suivront immédiatement, environnés des quatre âges portant chacun un bouquet d'épis de blé, de fleurs et de fruits. Un piquet de citoyens armés de piques et suivis de la gendarmerie nationale terminera la marche. On se rendra dans l'ordre ci-dessus au temple dédié à l'Eternel et à la Raison où, arrivés, le drapeau de la surveillance sera placé sur l'autel de la patrie, la statue de la Liberté au-dessous et l'urne funéraire à droite de l'autel sur un piédestal préparé à cet effet. Les autorités constituées se placeront autour de l'autel de la patrie. Les chœurs de jeunes citoyens et citoyennes se placeront les premiers à droite et les secondes à gauche de l'autel. Les vieillards occuperont les premiers bancs. Tout se tiendra dans l'ordre avec décence et tranquillité. Il sera fait un discours après lequel le président de l'administration adressera à l'Etre Suprême les voeux des français et de ses concitoyens contenus en une prière qu'il prononcera à haute voix de manière a être entendue et répétée par l'assemblée. Il sera ensuite chanté des hymnes en l'honneur de l'Être Suprême, de la nature, de la liberté, de la raison, de l'amour de la patrie, de la reconnaissance due à ses défenseurs et de la haine que tout républicain doit porter au fanatisme et aux tyrans. Le signal de la retraite sera donné par le maire. La fête se terminera par des danses, des promenades civiques et enfin par la séance de la société populaire. »
A cette fête de la Raison figura une jeune fille Marie-Thérèse V., âgée de 17 ans, d'une remarquable beauté ; mariée à Nicolas G., elle est morte à Bruyères en 1841, à l'âge de 65 ans. An V. - A cette époque il y existait sur la place un arbre de la Liberté. 30 thermidor, an VI. - La fête patronale, qui, de temps immémorial, se faisait le 10 août ou 2 fructidor, fut transportée au 30 thermidor, jour où on célébra la chute du trône. Ce jour, le décadi, à 2 heures, réunion à la mairie, avec un piquet de la garde nationale. De là, on se rendra au Temple de l'Etre suprême où il sera chanté des hymnes à la Liberté et à la République, et il sera prononcé un discours "analogue" à la fête. 3 nivôse, an VI. - Fête de la paix. 30 ventôse, an. VII. - Fête de la souveraineté du peuple, célébrée au Temple. Après midi : bal. Ces fêtes nationales ne furent pas temporaires; elles durèrent bien après la séparation de la Convention. Le 27 ventôse, an V, le ministre de l'intérieur adresse une circulaire aux commissaires près des administrations départementales et municipales dans laquelle on lit : "Nous touchons, citoyens, àcette époque de l'année où le législateur a placé les principales fêtes nationales. Je crois utile de vous rappeler toute l'importance qu'y attache le gouvernement; il veut qu'elles soient célébrées dans toute la République avec exactitude et solennité. En vain l'esprit de faction et le fanatisme. emploient les moyens les plus blâmables pour détourner le peuple de ces institutions républicaines ; la Constitution elle-même a établi des fêtes nationales pour entretenir la fraternité entre les citoyens et les attacher à la patrie et aux lois. Il y aura donc des fêtes nationales tant qu'existera ce code, garant du bonheur, de la liberté et de la gloire des Français. "
Les anniversaires des 14 juillet, 10 août et 21 janvier devaient être ponctuellement célébrés. Vu le manque d'argent, il est recommandé de faire des cérémonies simples et augustes, des exercices, jeux, illuminations, feux d'artifice. Les instituteurs devaient toujours y paraître à la tète de leurs élèves; ils étaient invités à y prononcer des discours sur les sciences, les arts, la morale, et toutes les vertus sociales. Des récompenses étaient décernées aux élèves qui s'étaient distingués dans les écoles, aux inventeurs, aux belles actions, etc. On recommandait aussi les banquets fraternels présidés par des vieillards. Fêtes républicaines de l'an VII.- 1er vendémiaire. - Fête de la Fondation de la République.
- 30 ventôse. --- » » Souveraineté du Peuple.
- 10 germinal. -- » » Jeunesse.
- 10 Floréal. - » des Epoux.
- 10 prairial. - » de la Reconnaissance.
- 10 messidor. - » » Agriculture.
- 26 messidor. » » Prise de la Bastille.
- 9 et 10 thermidor » » Liberté.
- 23 thermidor. » » Chute du Trône (10 août)
- 10 fructidor. ----- » des Vieillards:
- 18 fructidor.- Fête de l'Affermissement de la République.
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