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Septembre 1790. - Formation d'un tableau des biens nationaux pour leur vente, et comprenant les biens ecclésiastiques, les domaines du roi, les rentes et prestations, les dîmes laïques. 23 novembre 1790. - « Les ecclésiastiques doivent fournir un état des revenus dont ils jouissent. » 27 novembre 1790. - Par décret de l'Assemblée nationale, et conformément à la constitution civile du clergé en date du 24 août 1790, tous les ecclésiastiques prêteront le serment exigé un jour de dimanche après la messe, en présence du conseil général de la commune et des fidèles. Ceux qui ne le prêteront pas seront réputés avoir renoncé à leur office et il sera pourvu à leur remplacement. Ce serment était le suivant : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi, au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi. » Quant à la constitution civile du clergé, elle concernait les offices, les nominations, les traitements des ministres du culte, la fixation du nombre des paroisses, les séminaires. La nomination aux cures et aux évêchés se faisait par élection. « Chaque électeur avant de voter fera serment de ne nommer que celui qu'il a choisi en son âme et conscience comme le plus digne, sans y avoir été déterminé par dons, présents ou menaces. » Puis les curés élus prêtaient le serment, un jour de dimanche avant la messe, en présence des officiers municipaux et du peuple. Jusque là ils ne pouvaient faire aucune fonction curiale. Chaque curé choisissait son vicaire dans ceux admis dans le diocèse par l'évêque. Le traitement était variable avec la population.
Ce traitement était payable d'avance et de trois en trois mois. Le curé de Bruyères, Thomas, et son vicaire, refusèrent de se conformer à la loi et vinrent protester à la mairie, imitant en cela la plupart des curés et évêques de France. (21 janvier 1791.) Il continua néanmoins ses fonctions jusqu'au 7 avril 1791, époque où il fut remplacé par Sebille. Le 18 mars, un décret autorisait encore les curés à prêter ce serment. Ceux qui s'y refusèrent furent remplacés et reçurent une pension de 500 livres. Les curés infirmes reçurent également une pension pour leur entretien. Le 6 janvier 1791, l'évêque de Saint-Dié refusa de donner des dispenses dans le district de Neufchâteau, ce district étant rattaché à l'évêché de Saint-Dié, mais appartenant auparavant à l'évêché de Toul. Le 28 janvier 1791, il parut la circulaire suivante : « Les ecclésiastiques vraiment touchés de l'intérêt général ont applaudi à la réforme des abus quis'est opérée, même aux dépens de leurs jouissances temporelles ; ceux que l'amour d'eux-mêmes ou que les habitudes d'une vie molle et fastidieuse avaient rendu incapables du plus léger sacrifice pour le salut public ne pardonneront jamais à l'autorité qui a rétréci la sphère de leur existence; ils ont le coeur vraiment ulcéré, ils désirent, ils espèrent la contre-révolution ». « L'époque du serment, prescrit par décret du 27 novembre dernier, leur a paru propice à seconder leur projet ; ils ont pensé que, par une désobéissance combinée, ils allaient tout à coup priver de pasteurs toutes les églises, et que, dans cet instant de crise préméditée, les fidèles alarmés ne manqueraient pas d'embrasser la cause des ministres de la religion, lors même qu'ils l'opposent au bonheur du peuple. « C'est ainsi que les prêtres coalisés, les uns par erreur, les autres par la force entraînante de leurs supérieurs, nais la plupart agités par un esprit d'intérêt et d'amour-propre, abusent de leur ministère ». « L'évêque de Saint-Dié avait un revenu de 30,000 livres, d'autres évêques en possédaient de bien supérieurs; celui de Toul avait 37,000 livres, le curé de Champ de 7 à 8,000 livres. Celui de Bruyères était plus mal partagé ». Mais, ajoute la circulaire : « Alors la religion a du leur paraître attaquée dès que ce nouvel ordre de choses est venu déranger des jouissances auxquelles il était si doux de s'attacher ». Sebille Jean-François, prêtre et chanoine à Brouvelieures, avait été professeur de mathématiques à l'école des Cadets de Pont-à-Mousson, puis â Metz. Il choisit pour vicaire Mathieu. Tous les bons citoyens furent contents. Il est probable que tout ceci ne se passait pas sans froissements. Aussi voyons-nous le greffier en chef du tribunal insulté dans la rue. On lui reprochait d'aller à la messe du père Thiébaut, capucin, et d'être un aristocrate ; en même temps, il était bousculé et recevait des coups de poing dans la figure. L'évêque de Saint-Dié, Chaumont de la Galaizière, était remplacé le 1er mars, par Maudru, curé d'Aydoilles, qui d'abord avait été vicaire à Jussarupt. Il fût évêque ,jusqu'en 1801, époque où l'évêché fut supprimé, puis curé de Stenay. Par une circulaire du procureur général, syndic des Vosges, le curé Thomas ne peut plus exercer ses fonctions, même à la chapelle de l'hôpital, qu'avec l'autorisation du curé Sebille, (règlement approuvé par les statuts du synode de Saint-Dié, le 11 mai 1791). De plus, on défend aux sœurs de l'hôpital de donner au ci-devant curé Thomas aucun local pour dire la messe ou pour confesser. Quelque temps après on ordonne d'éloigner les curés réfractaires. Le 31 mai 1791, le curé Gérard, de Vaucouleurs, résidant à Bruyères, prête le serment civique. Il en est de même de Sébastien Lapic, prêtre et vicaire de Bruyères, chanoine régulier de Saint-Dié. Les curés réfractaires émigrèrent pour la plupart. Les autres purent d'abord vaquer à leurs offices publiquement, puis durent se cacher. Ne pouvant plus exercer dans les églises paroissiales, ils transformèrent des chapelles en églises. « Plusieurs prêtres ne restant dans les communes, où ils cessent d'être fonctionnaires que pour détourner la confiance due aux prêtres qui les ont remplacés, transforment en églises des chapelles, entretiennent dans les esprits faibles l'erreur, échauffent les fanatiques ». Quelque temps après, tout ministre d'un culte est obligé de se conformer à la loi et de prendre acte de sa soumission aux lois de la République, dans quelque lieu qu'il exerce son ministère et il n'y aura de distinction à faire entre les édifices publics ou privés. Ces changements devaient amener un certain malaise dans la population. Nous n'avons trouvé d'autre trace que ceci : La matrone défendait aux femmes de faire leurs relevailles, parce que c'était, disait-elle, un gros malheur d'aller à l'église, que le curé ne valait rien, que les prêtres assermentés étaient curés pour avoir de l'argent, qu'ils étaient hors de l'église, qu'un enfant baptisé par un prêtre assermenté n'était pas mieux baptisé que de ne pas l'être, que les messes de ces curés n'étaient pas bonnes, que ceux qui y assistaient ne faisaient pas bien. Plusieurs prêtres émigrés entretenaient des relations dans leurs anciennes paroisses ; alors on surveilla les lettres venant de l'étranger; les prêtres furtivement rentrés furent recherchés; on faisait des visites domiciliaires, et, comme nous l'avons dit plus haut , on promettait 100fr. de récompense à qui ferait découvrir un émigré. Les meubles, immeubles, appartenant à des prêtes déportés, de ceux reclus dans la prison d'Epinal, furent mis sous séquestre et administrés par la nation. 17 brumaire an II. « L'exercice de tout culte fut restreint dans les bâtiments particuliers qui lui étaient destinés. « Tout signe extérieur d'opinions religieuses quelconques disparaîtra des rues, des places, des chemins publics. Les ornements scandaleux. d'or et d'argent qui ont trop longtemps insulté à la misère du peuple et déshonoré la simplicité de la véritable religion seront enlevés de tous les temples et de tous les édifices où ils pourront se trouver, et portés au département pour être ensuite déposés sur l'autel de la patrie. Considérant qu'il est urgent de montrer que les ressources de la République sont aussi inépuisables que la rage des tyrans est impuissante, et voulant employer les dépouilles du fanatisme pour éteindre une guerre impie, dont il est lui-même la principale cause, et, pénétrés de cette grande vérité, proclamée par un des pères les plus illustres de l'église, qui disait que « dans le temps qu'on se servait de calices de bois, les prêtres étaient d'or et que lorsque les calices étaient d'or, les prêtres étaient de bois », les représentants du peuple, près l'armée du Rhin... arrêtent que, etc. » Les curés, même assermentés, ne purent plus, sous aucun prétexte, porter le costume de leur état. 12 juin. - Le 2 aoùt, Sebille portait encore son costume ; c'est pourquoi il se fit rappeler à l'ordre par les administrateurs du département. Quelque temps plus tard, Sebille fit remise à la municipalité de ses lettres de prêtrise, puis, sur sa demande, on lui délivra, à l'unanimité, un certificat de civisme. Celui-ci était donné par la municipalité, en présence et sous le contrôle de douze citoyens non soupçonnés d'incivisme. Sebille s'éloigna de Bruyères, mais fut bientôt arrêté et mis en prison à Dieuze, la veille du jour où il devait se marier avec la sœur du citoyen Kerniger, vice-président du district de Bruyères. Celui-ci, fâché de ce mariage, le fit ramener en prison à Bruyères, mais le conseil de la commune protesta auprès du comité du Salut public et des députés des Vosges. Le 28 thermidor an II, il n'y avait plus aucun ecclésiastique exerçant le culte à Bruyères. En fait d'ex-religieuses, ex-bénéficiaires, d'ex-congréganistes, n'exerçant aucun culte, il y avait
Quant aux deux ex-religieuses qui avaient l'une 800 livres et l'autre 500 livres, elles vivaient très paisiblement, en bonnes citoyennes, et ne donnaient lieu à aucune plainte. Les croix étaient enlevées, mais on défendait de les briser, les ouvriers devaient en rapporter le fer à la mairie pour être ensuite envoyé à Epinal. C'est ainsi que disparurent les croix des églises, des clochers, celles qui étaient éparses le long des chemins, et celles des cimetières. Nous voyons ainsi qu'il en existait aux Roches, sur la route de Brouvelieures, et sur la route de Champ (vieux autels) servant de borne entre les communes. On fit même retourner les taques de l'hôtel de ville, pour cacher les marques de la féodalité qui y étaient inscrites. Le citoyen Besdel, agent de la commune de Bruyères, ayant fait exécuter ces ordres «mais n'y mettant pas toute la diligence nécessaire, vu qu'il est soupçonné et dénoncé de favoriser les prêtres réfractaires, qu'il n'a pas la confiance des patriotes, qu'il est un sujet de discorde et de division dans l'administration de la commune >> fut d'abord suspendu de ses fonctions. Dans le cimetière, il avait laissé environ une cinquantaine de croix qu'il promettait bien de faire enlever à la condition qu'on mettrait à sa disposition une force suffisante pour protéger cet enlèvement ; puis il laissait tomber en ruines l'autel de la patrie; c'est pourquoi il fut définitivement révoqué quelques jours après sa suspension, le 15 prairial an VI. vendémiaire, an III. - Le représentant de la Convention Michaud, à Toul, étant instruit que la présence des ci-devant prêtres, dans les commune où ils exerçaient leurs fonctions, influait sur les esprits faibles et crédules, les administrateurs des districts furent autorisés à faire démolir les chapelles situées hors de l'enceinte des communes et qui ne servaient pas habituellement au culte. « Tous ces prêtres devront s'éloigner dans dix jours à une distance de quatre lieues. Il est fait exception à l'égard des prêtres mariés, infirmes ou septuagénaires qui auront montré un attachement constant à la Révolution, et dont la présence ne nuit pas à la tranquillité publique ». C'est pourquoi, ceux qui ne se conformèrent pas à ce décret, et qui, rentrés ou réfractaires, ayant été déportés, furent arrêtés. Après la Terreur, et à la séparation de la Convention, succéda la Constitution de l'an III, qui apportait un peu de soulagement à cette époque si tourmentée. On y trouve les articles suivants
Les prêtres et émigrés purent rentrer ; aussi, à Bruyères, voit-on affluer aussitôt les déclarations des ecclésiastiques et quelques rares citoyens (an IV), comme les ex-curés Claudel, Lévrier, Belleau, Maudru, Thiriet, etc. Claudel, le 3 messidor an III, dit vouloir exercer le culte catholique dans l'édifice de cette commune et se soumettre entièrement aux lois (annulé comme n'étant pas conforme à la formule prescrite). Quelques jours après, il déclara se rétracter formellement `de tous les serments qu'il avait prêtés contrairement à la religion qu'il avait professée et professait encore. C'est pourquoi, le 26 thermidor an III, il lui fut formellement interdit d'exercer le culte dans un édifice public puis, le 28 messidor, il déclara de nouveau vouloir exercer le culte apostolique et romain dans l'étendue de la commune, contre sa soumission aux lois de la République. IL fixa sa résidence chez son frère, à Bruyères, et l'heure de ses exercices à neuf heures du matin, dans cette même maison. Les églises ne furent réouvertes au culte catholique que beaucoup plus tard. Liste des curés de Bruyères.
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