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Remontrances et doléances de la Communauté de Gondreville.Gondreville est un village de Lorraine du resort du Baillage de Nancy. Situé sur le bord de la Mozelle et la grande route de Paris à Strasbourg, il est très bien bâtie et fort peuplée. Ce village est composé de deux cents trente habitans dont deux possèdent quelques pièces de terre et de prés qu'ils font valloir par eux-même, cinquante sont artisants cent cinquante sont manœuvres, ne possédant aucun bien et les dix huit autres labourent sur autruy en rendant à leur maitre des canons annuels. Son ban est assés considérables en terre, près et bois. Mais à l'égard des vignes, il y en a tout au plus trente jours. Comme il y a qu'entité de manoeuvres à Gondreville, qui n'ont presque rien à faire, il seroit à désirer pour améliorer le village qu'il existât une plus grande qu'entité de vigne ; mais comme les terrains propre appartiennent pour les deux tiers au gens de mainmorte qui ne peuvent pas vendre et l'autre tiers, à des propriétaires étrangers qui ne veuillent pas vendre, ce désir paroit très difficile à exécuter. Il ne reste donc plus de ressource pour occuper un si grand nombre de manœuvres qui pourroit être utils à l'Etat et moins onéreux à la Communauté que l'établissement de manufactures qui pouroit réussir vu la position du village et de sa proximité des villes. Il y a vingt cinq à trente ans que le ban étoit cultivait par trente cinq à quarante laboureurs et rapportoit beaucoup. Aujourd'huy le nombre des laboureurs ne se montant qu'à dix huit, il en résulte qu'il ne peuvent donner à une si grande qu'entité de terres les cultures et engrais nécessaires et qu'elles produisent beaucoup moins que précédemment. Le petit nombre des laboureurs provient de différentes causes :
Toutes ces causes entraîne tôt ou tard la ruine des meillieurs laboureurs de la paroisse, qu'on voit de tems à autres, malgré leurs bonnes conduite, être obligés de vendre tout leurs trains et être réduit à la dernière misère. Les autres habitants, voyans avec peine de pareil malheur, n'osent s'exposer à prendre l'état de laboureur ; de là vient le découragement universel pour l'agriculture. Les prés, quoi qu'en grande qu'entité, rapporte peu ; cela provient des débordemens de la rivière de Mozelle qui ne charie que des sables et de la difficulté de les bonnifier en y conduisant des engrais, parce qu'on ne peut y communiquer que par un bacq, dont le passage et souvent très dangereux : La majeure partie des foins ne pouvant passer sur le bacq, les laboureurs sont obligés de passer la rivière à gué, ils courent souvent les plus grands risques, le troupeau de vaches et les chevaux en courent aussi, le passage de la rivière leur cause des maladies et les met dans le cas de se noyer comme cela arrive fréquament.(texte rédigé dans une écriture différente) Le domaine de Sa Majesté en possède à peu près un tier. Les deux autres tiers font parties des fermes et gagnage dont les laboureurs rendent canon. La communauté possède sur son ban trois milles deux cents quarante deux arpens, une ommée de bois, y compris sept cent soixante arpens, cinq ommée, en quart de réserve. La Communauté en tire partie de son affouage et, de tems à autre, quelque pièces de bois pour les réparations des maisons. Elle vend annuellement la vieulle écorce sur taillies pour la somme de douze cents livres de Lorraine, tout frais acquitté. Le quart de réserve est employé au grosse reconstruction de la paroisse. Il existe à Gondreville un hôpital fondé par les princes de Lorraine, pour treize lits, en faveur des hommes malades de la ditte paroisse et de celle de Charme-la-Cote, Mont-le-Vignoble, Sanzey et Bulligny. Messieurs les frères de la Charité de Saint-Jean-de-Dieu en ont seul, à l'exclusion de tous autres, la direction et administration. Comme il apparu jusqu'à présent, il ont de plus coutume de visiter, soigner et médicamenter dans leurs maladies les femmes de la paroisse, étant exclues de droit de l'entrée dans ledit hôpital. La communauté, n'ayant aucun titre de cette fondation faite en sa faveur, désireroit pouvoir se les procurer et forme des voeux à ce que les directions et administration dudit hôpital soit conforme à celles des autres hopiteaux du Royaume confiés aux religieux de la Charité de Saint-Jean-de-Dieu.
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