De 1871 à 1918, Arnaville fut un poste frontière et bien sur, outre l'affaire Schnaebelé,  les incidents ne manquèrent papoteau_frontiere.JPGs.... En voici quelques uns tels que vus par les journalistes de l'époque.

1888

"La Dépêche  de l'Allemagne du Nord rapporte qu'un receveur de douanes allemandes, M. Arbogast et sa femme qui se rendaient à pied au village d'Arnaville, situé à la frontière, auraient été insultés par plusieurs jeunes gens qui les auraient sommés de montrer leurs passeports. La Gazette de l'Allemagne du Nord ajoute que cet incident prouve que le pays voisin est une contrée sauvage (sic), et qu'on devra bien réfléchir avant de le visiter."


Journal des débats politiques et littéraires 2 août 1888

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1903

"On mande de Nancy qu'un incident, dont on ignore jusqu'à présent la portée, aurait eu lieu sur le plateau de Gorze, dit « Haut-du-Rupt-de-Mont~, à Arnaville. Voici les faits tels que la dépêche les rapporte
Un escadron du 13ème  dragons bavarois avait franchi la frontière. Des vignerons qui travaillaient près de l'endroit de la halte, aperçurent les premiers les Allemands. ils furent stupéfaits de voir que les dragons prenaient des points de repère pendant que le capitaine expliquait, à ses hommes la topographie du terrain.
Les Allemands restèrent plus de trois quarts d'heure, et, à diverses reprises, les paysans entendirent le capitaino.et le lieutenant de l'escadron prononcer des noms de villes françaises Pont-a-Mousson, Pagny-sur-Moselle.etc. Un poste vedette de douaniers français vint prévenir le commandant du détachement bavarois et l'invita a quitter le territoire français. Les Allemands remonteront à cheval et regagnèrent Novéant. "


Journal des débats politiques et littéraires 18 avril 1903


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1909


"A propos d'un espion. Un certain nombre de. journaux ont relaté l'arrestation à Arnaville d'un espion nommé Paumy, dénoncé par des sous-officiers français, auxquels il s'était adressé pour se faire livrer des documents intéressant la défense nationale.
Cet individu, âgé d'une vingtaine d'années, aurait opéré également à Bourges. La Sureté Générale a envoyé ici un inspecteur pour faire une enquête à ce sujet. "


Journal des débats politiques et littéraires 18 août 1909


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1913

"LES JEUNES ALLEMANDS DE METZ A LA  FRONTIÈRE Les journaux messins rendent compte des péripéties d'une excursion mouvementée que des jeunes Allemands entreprirent dimanche à la frontière franco-allemande et qui faillit provoquer un incident. Il existe à Metz, de même que dans beaucoup de villes d'Allemagne, des groupements de  "pfadfinder" (trouveurs de sentiers), qui correspondent à peu près comme organisation aux éclaireurs en France et aux boy-scouts en Angleterre. Ces jeunes gens de quatorze & quinze ans portent un uniforme et arborent une casquette plate à cocarde noir-blanc-rouge. Instruits par des officiers de l'armée active ils prennent part à toutes les revues  militaires qui se passent à Metz. Un groupe d'une quinzaine d'entre eux débarqua, en costume, à la gare frontière de Novéant, précédé de deux fanions aux couleurs allemandes, pour se diriger sur Arnaville. Au poteau frontière, ils prirent soin de rouler leurs fanions et se dirigèrent au pas vers le bureau de la douane française, suivis de leurs parents et d'amis qui marchaient à quelque distance derrière eux. Le Lorrain, qui raconte tous ces détails, dit que les "pfadfinder" furent arrêtés par le brigadier des douanes qui les engagea à s'en retourner. Mais les jeunes gens insistèrent, en proposant de laisser leurs casquettes et leurs fanions afin qu'on les laissât passer. Mais le brigadier, inflexible, les empêcha de pénétrer sur le territoire de la commune d'ArnaviIle. La troupe rebroussa donc chemin, mais à environ 30 mètres du bureau des douanes les "pfadfinder" arborèrent de nouveau leurs fanions allemands, alors qu'ils se trouvaient encore en France. Les douaniers les .suivirent et leur firent observer leur incorrection. Alors les jeunes  drôles ripostèrent d'une façon insolente, mais la foule s'étant assemblée, ils finirent par déguerpir.


Journal des débats politiques et littéraires 23 mai 1913
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