la_foire_de_Gondreville.jpgEstampe de Jacques Callot, éditée vers 1623

"Jacques Callot revint également aux fêtes, mais aux fêtes de son pays, rustiques et tranquilles. La physionomie de ces réjouissances annuelles n'avait rien des luttes entre les tisserands ou les teinturiers sur l'Arno; on n'y tirait aucun feu d'artifice, on n'y joutait pas sur des gondoles. Sur la place paroissiale, balayée pour la circonstance, au pied d'un vieux chêne, une danse rustique entraînée par des cornemuseux modestes ; des joueurs de boules qu'on dirait venus en droite ligne des Flandres; et puis des tas de fumier, des bêtes errantes un peu partout, le seigneur du village venu pour voir, avec sa femme à qui des jeunes filles offrent un mai. Les collectionneurs ont appelé cette jolie pièce la Foire de Gondreville, bien qu'il n'y ail en cela pas l'ombre de marché public. Quant au mai dont nous venons de parler, Mariette le réputait un usage italien, sans se douter que de son temps cette coutume existait encore, puisqu'elle est venue jusqu'à nous dans les trimazas".(ou trimazos)

Henri Bouchot

in "Jacques Callot, sa vie, son oeuvre et ses continuateurs"