Tel est le titre que porte le parrain d'un de mes ancêtres lors de son baptême au XVII° siècle .

Qu'est-ce que ce métier ? Fouillons un peu Wikipédia. et les dictionnaires.

Maîtrise des Eaux-et-Forêts. n. f. 1359. Siège des Eaux et forêts. La juridiction des Eaux et Forêts est instituée dans le royaume début XIVe s. afin de contrôler, surveiller et juger toutes les activités liées à l’exploitation des bois, à la chasse et à la pêche.
L’organisation des Eaux et Forêts sera définitivement mise en place par l’ordonnance ou Code forestier de Colbert en août 1669 : 1 grande maîtrise par généralité, subdivisée en maîtrises particulières. Cette juridiction d’exception se composait de 3 niveaux :
En première instance, la maîtrise particulière ou gruerie royale. Cette maîtrise est généralisée dans chaque bailliage ou sénéchaussée à partir de 1555.
Ce tribunal se compose :
- d'un maître, puis d'un maître particulier à partir de 1575, qui en matière judiciaire connaît de tous contentieux civils et criminels relatifs aux eaux et forêts et juge les violations aux règlements sur la chasse et sur la pêche. Ce maître est un officier royal qui a inspection et juridiction sur les eaux et forêts du Roi, des communautés laïques et ecclésiastiques, et de tous les autres sujets du Roi, pour la police et la conservation de ces sortes de biens. Quelques seigneurs conservèrent à leurs juges des Eaux & forêts le titre de maître particulier; mais quand ces officiers se présentaient pour être reçus à la Table de marbre, ils prêtaient serment comme gruyers, et n'avaient point séance à la Table de Marbre comme les maitres particuliers royaux.
- d'un lieutenant.
- d'un garde-marteau, officier dépositaire du marteau spécial avec lequel se marquait le bois à couper dans les forêts du roi.
- d'un procureur du roi.
- d’un greffier et des huissiers.
En seconde instance, la grande maîtrise des Eaux et Forêts, une par généralité. La Généralité d’Orléans avait 2 grands maîtres, l'un ancien, l'autre alternatif.
En dernière instance, les Tables de Marbre établies auprès des parlements d'Aix, Bordeaux, Dijon, Grenoble, Paris, Rennes, Rouen, Toulouse, Tournai . Chaque Table de Marbre jugeait soit à l’ordinaire, comme une grande maîtrise, soit, à dater de l'édit de mars 1558, en dernier ressort, en tant que Table de Marbre.
À l’ordinaire, le lieutenant général du Grand Maître jugeait des appels des jugements des maîtres particuliers de son ressort. Les jugements à l’ordinaire pouvaient être portés en appel au Parlement.
En dernier ressort, la Table de Marbre rendait des jugements souverains prononcés par les lieutenants général et particulier et les conseillers de la Table de Marbre associés à des magistrats du Parlement et placés sous la présidence du premier président du Parlement. Dans ce cas, la procédure suivie était celle du Parlement.

Le personnel de la Table de marbre était complété par un greffier, qui tenait les registres du tribunal et expédiait les actes de la souveraine maîtrise.

Le XVIIe siècle, les réformes du ministre Colbert

Arbres avec exemples de pièces de bois pour la construction navale. Les réformes de Colbert sur les forêts ont pour but essentiel d'approvisionner en bois les arsenaux de marine (gravure du XVIIIe siècle, Encyclopédie méthodique Marine).

C’est au XVIIe siècle que la forêt française vit un grand chambardement: en peu de temps, les revenus de la forêt royale se voient multiplier par 10, lorsque Colbert entreprend une grande réforme de l’administration forestière qui dure près de 20 ans. Le principe d’une réformation générale des forêts est adopté au Conseil du Roi le 15 octobre 1661, ordonnant fermeture des forêts domaniales. De nombreux décrets et édits paraissent en faveur des bois de marine. Sous Colbert, 70 000 arpents de bois sont réintégrés au domaine royal et les forêts du Canada le fascinent : « c'est un trésor qu'il faut soigneusement conserver ».

L'ordonnance de Saint-Germain-en-Laye (13 août 1669) instaure des règles strictes de martelage : les prélèvements forestiers tiennent compte de la possibilité des forêts. Une instruction de Colbert aux Commissaires réformateurs sort en 1663, concernant les forêts appartenant au clergé, sur lesquelles le roi a désormais « droit de gruerie », ce qui permet de multiplier par 20 les recettes des forêts royales, passant de 50 323 livres en 1662 à 1,05 million de livres en vingt ans, selon l'historien Michel Vergé-Franceschi. En Bretagne, les droits de chauffage sont révoqués ou révisés. Dans les Pyrénées et en Auvergne, des milliers de plans d'inventaire sont adressés à Colbert par Louis De Froidour de Sérizy.

Des hommes, comme Louis De Froidour de Sérizy, Lieutenant Général des Eaux & Forêts depuis 1651 sont nommés Grands maîtres des Forêts. L’ordonnance de 1669 divise le domaine forestier en 18 « grandes maîtrises » et 134 maîtrises. L’édit d’avril 1667 est alors appliqué, portant suppression des anciens offices de Grands maîtres et réductions du nombre d’officiers des maîtrises particulières à un maître particulier (caractérisé par son épée), un lieutenant (caractérisé par sa longue robe), un procureur du Roi particulier (caractérisé par sa longue robe), un garde-marteau, arpenteur, greffier, gruyer, huissier et autre audiencier, le Garde général (caractérisé par sa casaque brodée et son épée) et un nombre de gardes suffisants. Un nouvel édit en 1689 a créé 16 Grands maîtres.

En 1694, l’administration royale chargée des forêts attribue aux sergents et gardes la surveillance et police de la forêt, et aux officiers de la maîtrise la tenue des audiences forestières.

Plusieurs marteaux existent à cette époque, dont le marteau royal (plus tard le marteau de l’État), les marteaux particuliers des agents, le marteau des arpenteurs, le marteau des adjudicataires et le marteau des agents de la marine (non décrit ici). Le marteau royal, d’abord un cercle à trois Fleurs de Lys, il n’en garda plus qu’une lors des grandes réformes de Maître Colbert. Ce marteau servait uniquement au marquage en réserve, et bénéficiait de grandes précautions pour la sûreté. Le marteau particulier des agents du royaume doit avoir une circonférence différente du marteau du Roi, et était empreint de l’arme (Grand maître) et des premières lettres du nom et surnom (le reste des agents). Ce marteau sert principalement au marquage des bois en délit. Les mêmes règles pour le marteau des arpenteurs, sauf qu’il servait à délimiter la coupe (coupe celui de la Maîtrise et du Roi). Les marteaux des adjudicataires avaient l’empreinte déposée au greffe et servaient à marquer les bois vendus. Ils étaient détruits après coupe.