Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .

Les dessins sont été publiés dans un recueil de 35 dessins représentant les travaux de la mine d'argent de Saint-Nicolas, en Lorraine, la vie des mineurs et tout ce qui se rattache à leur profession.

L'article de la Revue Lorraine Illustré qui présente ce recueil précise :

"Ce recueil fut exécuté, dans la première moitié du seizième siècle, par un artiste qui signe, au verso du dernier feuillet : Heinrich Gross moller (corruption dialectale de maler, peintre) et non Heinrich Grossmuller, comme l'entendait le catalogue de l'Exposition d'art ancien de la ville de Tourcoing. Le monogramme qui accompagne cette signature est composé de trois lettres enlacées : H. G. E. II peut être lu, nous semble-t-il, Heinrich Gross Elsiisser, et cela pour deux raisons : la première, basée sur l'influence de l'atelier de Hans Baldung Grien qui est manifeste dans les dessins du recueil de HeinrichGross, oeuvre de disciple respectueux ; la seconde, basée sur l'habitude médiévale et même moderne de désigner l'étranger par son lieu d'origine, habitude qui, dans les mines de Lorraine, permettait aux ouvriers — presque entièrement immigrés d'Allemagne — de se grouper par provinces ainsi qu'ils l'étaient dans les matricules de ces mines."

Il ajoute :

"Nous serions enclin à croire qu'elle donnait de l'argent rouge, et que son rendement devait égaler celui des mines d'Alsace, beaucoup plus riches que les mines de Lorraine au moment où Heinrich Gross les décrivit. Peut-être cette circonstance exceptionnelle fit-elle commander à l'artiste le recueil de la collection Jean Masson, par un juge de mines désireux de faire, pour la Lorraine, ce que Kalbus Fribergius, Agricola et Sébastien Munster avaient fait pour la Saxe, le Harz et l'Alsace. En présence du nombre considérable de mines lorraines portant le nom de Saint-Nicolas, nous avons questionné l'érudit M. Henri Bardy, président de la Société philomatique vosgienne. « Il me semble indubitable, nous a-t-il affirmé, que la « Rouge Mine de Saint-Nicolas » ne soit une des galeries du groupe des mines de La Croix, près Saint-Dié. On sait que ces mines ont été exploitées avec un très grand succès par les ducs de Lorraine, principalement au seizième siècle. La galerie supérieure portait le nom de Saint-Nicolas et avait son embouchure au milieu du village, non loin de l'église, et elle s'étendait au delà des travaux de Saint-jean, sur une longueur d'environ 1400 mètres. »
C'est donc pour le juge des trois grandes mines d'argent lorraines des territoires de La Croix :Saint-Nicolas, Saint-Jean et Chipai, que Heinrich Grass a travaillé. Les scènes de mines qu'il nous décrit sont les mêmes que celles dont nous parle Sébastien Munster mais, par la minutie de leurs détails, au point de vue lorrain, elles offrent cette particularité d'être comme le commentaire artistique du règlement en vigueur, dans les mines,depuis Mathieu II.

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(A suivre)