L'histoire de François Napoléon CONRARD, racontée ci-dessous, est assez révélatrice de l'inorganisation de mes recherches et de ma sérendipité.


Au départ, je recherchais des informations sur la chapelle du Pallou (Pallon) à Arnaville.


Mais Gallica me propose autre chose qui m'interpelle :


Dans le livre "statistique médico-chirurgicale de la campagne d'Italie en 1859 et 1860, par le Dr J.-C. Chenu, médecin principal d'armée,  est signalé un blessé natif d'Arnaville.
"CONRARD, François-Napoléon, né le 11 juin 1836, à Arnaville (Meurthe), 98e de ligne.— Plaie contuse à la base de la poitrine et a l'hypochondre droit, coup de feu, Solférino.— Gonflement du foie, gêne de la respiration. — Gratification renouvelable "


J'ai voulu en savoir un peu plus sur François- Napoléon. Avait-il un lien avec mes nombreux ancêtres d'Arnaville ?


A sa naissance, son père Jean-Joseph, âgé de 35 ans, était douanier. Sa mère, Barbe Lhuillier, née le 19 Thermidor an XIII,  a accouché à quatre heure du matin. Ils s'étaient mariés le 9 février 1830 à Arry. Avant Arnaville, ils vivaient à Corny-sur-Moselle où nait le 11 juillet 1833, Justine Joséphine. Jean-Joseph y exerçait le métier de cordonnier. Il était né à Corny le 20 mai 1801.
En 1833,le 11 juillet, à Corny sur Moselle né Justine Joséphine, son père est cordonnier. Il reviendra , toujours cordonnier à Corny puisqu'en 1847 y naitra Justine.
Jean-François est fils de Jean-François CONRARD et de MAYOT Marie Christine.

Je n'irais pas beaucoup plus loin dans mes recherches généalogiques. les relevés de l'UCGL me disent que Barbe LHUILLIER était une enfant illégitime, fille de Catherine et n'ont pas l'acte de naissance de Jean-François. Les archives de Moselle n'ont mis en ligne que les BMS. L'unique arbre sur Généanet ne va pas plus haut.  Je ne saurais donc pas s'il est un descendants de mes ancêtres. Pour le moment ce n'est ni avéré, ni exclu...


Mais d'autre choses m'intriguent : Douanier ? Quel statut ? Où était la frontière ?


Wikipédia précise que " Louis-Philippe Ier, roi des Français, décide [...] par les ordonnances des 31 mai 1831 et 9 septembre 1832 la création officielle du corps militaire des douanes, avec pour unité organique de base le bataillon."  Jean Joseph ayant entre 32 et 35 ans, il est possible qu'il se soit engagé dans ce nouveau corps, moins vraisemblable qu'il y ait fait son service militaire...
Et le régiment de François-Napoléon, le 98° de ligne, quel a été son parcours ? Pas facile de trouver sur internet des renseignements sur le 98° régiment d'infanterie de ligne à cette époque. En revanche, sur ce régiment pendant la première guerre mondiale, il n'est pas difficile de trouver son historique détaillé notamment sur Gallica.

François-napoléon a été blessé à la bataille de Solférino, donc très vraisemblablement le 24 juin 1859. La bataille  a été  courte (une quinzaine d'heures) mais une vraie  boucherie. Au sein des deux armées, plus de 14  000 morts   et de très nombreux blessés, pour tenir la promesse que  Napoléon avait faite à Victor-Emmanuel II de l'aider à faire l'unité de l'Italie en échange de la Savoie et de Nice.
C'est frappé par le nombre de blessés à Solférino qu'Henri Dunant décidera qu'il fallait faire quelque chose et créera la Croix-Rouge quelques années plus tard. Un peu trop tard pour François-Napoléon...

Et voilà comment, en une soirée, je suis passée d'une recherche sur une chapelle d'Arnaville dont on disait que sa fontaine faisait revivre les enfants morts (les registres d'Arnaville affichent hélas trop de morts d'enfants pour croire cette légende) à la création de la Croix-Rouge...