Source : article de Louis Sadoul reprenant une Conférence donnée à l'Hôtel de Ville de Raon-l'Etape, le 27 août 1927 publié dans Le Pays Lorrain, 1927, 11-497




Voulez-vous bien, Mesdames et Messieurs, venir avec moi passer une heure en la compagnie de nos arrières-grands-parents et faire un tour de promenade dans le Raon de Charles X et de Louis XVIII.


  Nous arriverons par la route royale, celle qui va de Lunéville à Saint-Dié. Du haut de la côte du Clairupt, — la Chique — nous apercevrons les montagnes, les sapins, les prés verts et la rivière qui serpente, tout comme aujourd'hui, mais quand nous avancerons, nous croirons pénétrer dans une ville qui nous est inconnue.


Mis à part le quartier du centre, nous verrons des maisons basses, aux fenêtres étroites, couvertes, non de tuiles, mais de bardeaux et très exceptionnellement de chaume. Un peu partout, des maisons font saillie et rompent l'alignement.


Les bâtiments publics qui nous sont familiers, l'église, les halles, les écoles, n'existent pas encore. La mairie, bâtie au XVIIIe siècle, est beaucoup plus petite qu'aujourd'hui et cependant elle abrite, dans un entassement qu'on imagine assez mal, non seulement les services municipaux, mais encore les écoles, le logement particulier de l'instituteur et aussi la salle d'audience de la justice de paix. Tout contre la mairie, sur la place actuelle, le long de la grand'rue, est la vieille église ; bâtiment délabré, incommode et malsain, église étroite et basse avec un petit clocher pointu. Là où sont aujourd'hui les Halles, un pâté de vieilles maisons, ou plutôt de masures. Pas de trottoir, une voirie très rudimentaire et point d'éclairage public. Dés que la nuit tombe, l'obscurité est complète et les habitants ne circulent plus qu'avec une lanterne à la main.

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