En 1842, une native de Xertigny, Valburge Jacquet,ménagère depuis 16 ans chez M. Maulbon, marchand de planche à Épinal,  se vit attribuer une prime de  50 francs par la Société d'émulation du département des Vosges vu son grand dévouement pour les  nombreux enfants de son maitre.
Cette attribution se faisait après audition d'un rapport dont voici l'extrait concernant Valburge Jacquet.

"Valburge Jacquet, née à Xertigny, agée de 38 ans est domestique chez M. Maulbon marchand de planches à Epinal ; elle n'y est à la vérité que depuis le 25 décembre 1826 c'est à dire depuis 16 ans mais nous verrons bientôt que tout restreints due nous paraissent d'abord les services de l'excellente fille dont il est question ils ne sont ni moins méritants ni moins dignes de toute votre sollicitude.

Valburge Jacquet après avoir servi pendant 8 années un maître ouvrier de la forge de Thunimont fut offerte à M. Maulbon par cet homme lui-même, qui bien malgré lui, mais par des motifs d'économie renonça conserver une domestique et lui assura en l'engageant à la prendre qu'il lui faisait un véritable cadeau. En effet ce fut non seulement une domestique fidèle et intelligente, mais ce fut une seconde mère pour les enfants de son maitre. C'est avec son aide que sa femme put parvenir à élever une famille de onze enfants. Quand elle entra chez lui deux seulement étaient nés et en très bas âge elle en a vu naître neuf autres et elle s'est attachée à eux avec une affection toute maternelle; prenant une large part dans les travaux que nécessitent tant de petits enfants,elle n'a été rebutée par rien, peines journalières, veilles prolongées, elle a tout supporté sans se plaindre, tout bravé sans se faire valoir ; le dégoût même qui accompagne si souvent les soins à donner aux petits enfants dont après tout on n'est pas la mère ne l'a pas arrêtée un seul instant ; et cependant la fortune de M. Maulbon ne lui permettait pas de donner à sa domestique des gages proportionnés ce qu'elle faisait pour lui et aux excellents services qu'elle rendait à sa famille. En effet pendant les dix premières années elle ne gagnait chez lui que 60 francs par an ce n'est que depuis cinq ans qu'il lui en donne 100. Aussi, que de fois n'a-t-elle pas été sollicitée de quitter un service pénible fatigant et si mal rétribué pour une position à la fois plus tranquille et plus lucrative. Elle s'est constamment refusée à toute proposition de ce genre et n'a jamais voulu consentir à quitter des enfants qu'elle a élevés et qu'elle aime aussi tendrement que s'ils étaient réellement les siens.

Ajoutons à ce tableau qui n'a rien que de vrai que Valburge, aussi bonne fille qu'excellente domestique consacre tout ce qu'elle gagne au soulagement de sa mère infirme indigente et âgée de 80 ans. "

Source : documents de la Société d'émulation du département des Vosges, tome 14, 1842.