généalogie et histoires lorraines

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Description de Rambervillers

lundi 8 octobre 2012, par Anne Auburtin

Sources : Département des Vosges Léon Louis et Paul Chevreux,1889, (réédition Res Universis) Les Vosges pittoresques et historiques, Ch. Charton

Description :

Rambervillers est situé dans une plaine, à 26 Km d'Epinal, traversée par La Mortagne et les ruisseaux de Padozel et de Monseigneur à 287 m d'altitude.


Les hameaux (en 1867) :

  • Badlieu (113 habitants, 12 maisons) ou Balieu.
  • Blanchifontaine (40 habitants, 11 maisons)


Les écarts :

  • Forges Genavois (12 habitants, 5 maisons)
  • Forges Regnier-Void (42 habitants, 6 maisons)
  • Grandes Carrières (36 habitants, 9 maisons)
  • Malplantouze (9 habitants, 3 maisons)
  • Petites Carrières (9 habitants, 3 maisons)
  • Les Vignes (21 habitants, 6 maisons)

Les fermes :

  • Belle Vue (5 habitants)
  • Bouzillon (1 habitant)
  • Les Grands Mouteaux (1 habitant)
  • Méthendal (7 habitants)
  • Val en Cy (6 habitants)



Les anciens noms :

  • Ramberti-Villari
  • Rambervilla (1176)
  • Rambertivilla (1182)
  • Rambervilliers (1344)
  • Ramberti-Villare (1402)
  • Rambervillers (1482)
  • Rambiele en patois.

Habitants :

Années

Habitants

an XII4999
18304949
18474749
18674986

Évènements

  • 1557 : Après pillage, la ville est brûlée par le baron Polvillers, gouverneur de Haguenau. La ville fut reconstruite en 1581.
  • 1631 : épidémie de peste
  • 1729 : une grève des bouchers
  • 1771 : une émeute de femmes
  • 1831 (4 septembre) : une crue violente de la Mortagne emporta un pont et plusieurs maisons. De grands travaux furent alors entrepris pour canaliser la Mortagne dans la traversée de la ville.
  • 1870 (9 octobre) : 200 Gardes Nationaux résistèrent sous les ordres du chef de bataillon Petitjean contre un fort détachement de troupes badoises appartenant au XIVème Corps Allemand. En représailles, une trentaine d'habitants furent fusillés. La ville de Rambervillers sera décorée de la Légion d'Honneur en souvenir de cette résistance.

Les cultures et industries (en 1867) :

  • Sur 2064 hectares, 927 sont en terre labourable, 535 en prés, 472 en bois, 35 en jardins, vergers, chènevières, 4 en friches. Les cultures principales sont le blé, l'avoine et la pomme de terre.
  • On y trouvait 1 Filature de 500 broches, 1 tissage (300 ouvriers), des forges (8 ouvriers), 2 huileries (50 ouvriers), 1 fabrique de couverts en ruolz et d'orfèvrerie (40 ouvriers), 1 papeterie (50 ouvriers).
  • Les principaux commerces sont la mercerie, l'épicerie, la ferblanterie, la cordonnerie, la bonneterie.
  • Les marchés de Rambervillers étaient très fréquentés et on considérait après la révolution que c'était le premier en importance des Vosges. On y venait de Haute-Saone, de Haute-Marne, des Vosges et de Suisse. Foires et marchés tous les jeudis et le 26 décembre, foire à La Loue, exclusivement consacrée à la location des domestiques.
  • A badlieu, une papeterie construite à la place d'un vieux moulin situé à l'extrémité du canal.

Justice :

  • La justice était exercée par une prévôté-baillagère seigneuriale, composé du prévôt, du lieutenant, d'un conseiller-assesseur, d'un procureur fiscal et d'un greffier. L'appel relevait du Parlement de Nancy.

Registres et archives :

  • Les archives anciennes renferment des titres des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Les registres de délibérations de la commune commencent en 1613, les comptes en 1529.
  • Les BMS commencent en 1601.

Les Têtes de veaux :

Tel est le surnom des habitants de Rambervillers. On raconte qu'il advint un jour que six gros bourgeois de Rambervillers décidèrent de fêter ensemble la soirée de Noël en partageant les frais : chacun devait apporter un plat.

Le jour venue, chacune ayant préparé sa spécialité, la table fût dressée.

Une  tête de veau, cuite à point, nageant dans son jus, accommodée dans toutes les règles de l'art, superbement dressée fit en premier son entrée dans la salle à manger. Une autre tête de veau la suivi de près puis une troisième, une quatrième, une cinquième et enfin une sixième.

Surprise, ahurissement général puis  éclats de rire...

Ainsi serait née le surnom des habitants de Rambervillers. Si non est vero, e ben trovato...

Liens :

La peste à Rambervillers (1610)

UNE ÉPIDÉMIE AU XVII° SIÈCLE : LA PESTE A RAMBERVILLERS (1610)

Aux XVI° et XVII° siècles, la peste avait élu domicile en Europe; elle sévissait en Italie, en France, en Angleterre, en Allemagne. Souvent à l'état endémique, le fléau avait de terribles réveils, soit que la misère, suite d'une guerre, d'une mauvaise récolte, souvent des deux, donnât plus de prise au mal, soit que des éléments nouveaux de contagion aient été apportés par des voyageurs, des soldats venus de l'Allemagne orientale, de la Hongrie, de la Turquie, pays où l'Orient et l'Occident se trouvaient continuellement aux prises.

La Lorraine pourtant était parvenue à se préserver ou à peu près du terrible fléau; faisant quelques victimes ça et là, la peste n'avait pu vaincre les obstacles que les ducs, les municipalités opposaient à sa marche ; mais au commencement du XVII° siècle, l'épidémie prit le dessus et les désastres qu'elle a causés dans notre pays ont été tels que les traditions en ont conservé le souvenir.

Il semble que Rambervillers eût le triste privilège d'étre,en Lorraine, une des premières localités atteintes par la peste.

Possession de l'évêché de Metz, Rambervillers avait une garnison à la solde de l'Évêque. L'on sait ce qu'étaient les soldats de cette époque : presque tous mercenaires, au service du plus offrant, ils voyageaient beaucoup ; il n'est donc pas étonnant que le « mal de contagion » ait été apporté dans notre ville par un d'eux.

C'est en effet au château que débuta le fléau : Le 15 octobre 1610, racontent nos archives, il y avait à la fois, au château, onze malades : trois soldats, le portier et deux de ses enfants, un nommé Jean Morlot, deux servantes, et deux autres jeunes filles. Celles-ci moururent en peu de jours. Un aussi grand nombre de malades attira l'attention de l'administration municipale. La terreur fut grande quand on reconnut la nature du mal, et surtout quand le lendemain 16 octobre, on constata que bon nombre d'habitants venaient à leur tour d'être atteints de « la contagion ! »

Un début aussi rapide annonçait une véritable épidémie. Aussi la municipalité prit-elle au plus vite les mesures les plus énergiques.

Sur-le-champ, on décida la construction hors ville de baraques, de « loges » comme les appellent nos archives, afin d'y installer tous les pestiférés.

« Messieurs de justice et police » envoyèrent des députés pour choisir l'emplacement de ces loges. Les « haies d'Arthamont et les Croix-Ferry » furent les points indiqués par ces députés.

Les haies d'Arthamont forêt située sur une hauteur, à deux kilomètres nord-est de la ville (Route de Baccarat), étaient un excellent emplacement, mais il n'en fut pas de même des Croix-Ferry, placées trop près de la ville et à l'ouest (Route de Charmes) Quoiqu'il en soit, on se mit à l'oeuvre sur le champ, des charpentiers de Rambervillers et des villages voisins élevèrent ces loges, en même temps qu'on y apportait de la paille pour coucher les malades, du bois, des fagots pour les chauffer; tout cela fut fait dans la journée du 16, et le soir même les pestiférés étaient transportés et installés dans les loges, tant était grande la terreur de la « contagion » !

Ce transport des pestiférés se fit sur une ordonnance de « Messieurs » prescrivant l'évacuation immédiate « des personnes que l’on soupçonnait être des suppôts et frappés de ladite contagion... « . Un autre arrêté annonçait que les « frais de nourriture et autres des envoyés aux loges seraient soutenus par la ville.... »

Les malades du château refusèrent d'obéir aux ordonnances de la municipalité; celle-ci envoya au plus vite un messager à Vic pour obtenir du bailli l'ordre d'évacuation; en attendant on interdit toute communication avec le château. L'ordre du bailli arriva le lendemain 17 dans la soirée, et immédiatement on transporta aux loges les pestiféres.

Le premier moment de terreur passé, « Messieurs » prirent de nouveaux arrêtés indiquant la marche à suivre chaque fois qu'un cas nouveau de peste était signalé : on enfermait le malade dans sa chambre et toutes les personnes « non soupçonnées » devaient immédiatement évacuer la maison du malade; on construisait la loge, et celle-ci terminée, on dirigeait le pestiféré soit aux haies d'Arthamont, soit aux Croix-Ferry, où, pour se rendre, on installa une passerelle sur le ruisseau de Padozel.

L'évacuation, au début, se fit avec la plus grande rigueur. Les filles du maire ayant été atteintes, furent envoyées « aux champs », disent les archives, elles guérirent ; à leur retour on donna à chacune d'elles un « pain d'un gros et un pot de vin »; plus tard on fut moins sévère, et il fut permis à divers pestiférés de rester en ville, un, entre autres, se confina « dans la loge de son jardin »

En tous cas « les molestés par la contagion » furent nourris par la ville, qu'ils fussent aux loges ou en ville.

Tous les jours on transportait les. vivres aux loges ; des hommes de bonne volonté portaient dans des hottes la « nourriture de ceux qui étaient aux loges ». La tradition veut que l'on donnât à ceux-ci leurs vivres au bout d'une perche !Des loges faites aussi rapidement ne devaient être que de simples abris ; nous retrouvons aux archives le prix de plusieurs d'entre elles : Jean Morlot et ses deux servantes occupaient la même baraque, voici le prix de celle-ci : planches et attaches, 9 fr. ; broches, 3 fr. ; façon, 14 fr. ; trans port, 3 fr. ; total, 29 fr. ; les fournitures et façons de sept autres loges s'élèvent à 110 fr., soit 16 fr. environ par abri Autant que possible on plaçait dans la même construction une famille, ou tout au moins des personnes vivant, soit par amitié, soit par métier, ensemble : ainsi les trois soldats furent logés sous le même toit; il en fut de même pour Jean Morlot et ses servantes; le portier du château et ses deux enfants occupèrent la même loge ;... abandonnés à eux-mêmes, les malheureux pestiférés pouvaient de la sorte se soigner l'un l'autre.

Nous avons dit que la nourriture des malades était à la charge de la ville ; rien n'est plus curieux que de lire, dans les archives, le régime alimentaire auquel furent soumis les pestiférés ; il semble qu'une bonne nourriture ait été le seul traitement adopté pour combattre la peste. Une ordonnance de " Messieurs " allouait par jour à chaque pestiféré : vin, 1 pinte ; pain blanc, 2 livres ; boeuf ou mouton, 1 livre. Les jours maigres, on donnait, au lieu de viande, du beurre et du fromage. Dès le 15 octobre, au début de l'épidémie, on donne aux onze malades du château, 35 pintes de vin, du beurre, du fromage, de la viande, du sel, du vinaigre..... Les deux servantes de Jean Morlot guérirent après 55 jours de maladie (17 octobre au 10 décembre 1610) ; les neuf premiers jours on donne à ces filles 16 pains à deux gros l'un ; les 45 autres, 84 pains blancs ; dans 13 jours elles boivent 9 pintes de vin, 44 pendant le reste de leur séjour. Pendant 33 jours on délivre à chacune une livre de boeuf, a comme le jeudi il ne se trouvait pas de viande de boeuf, on leur donne une livre de mouton...; sur les 55 jours, il y eut 14 jours maigres : pour ces jours-là, elles eurent 5 livres de fromage et 4 de beurre. .. En sus, elles eurent du sel, un quarteron de soufre, du vinaigre, de l'anis, des clous de giroffle, des aulx, un pot de terre et trois livres de chandelles. . ., enfin à leur rentrée en ville on leur donne pour « le souper » une pinte de vin et un pain blanc. Le portier, les trois soldats, avaient en plus de l'eau-de-vie et « du bon vin vieux rouge... »

Les soldats rentrèrent en ville le 27 novembre.

Les habitants de la ville étaient aussi bien traités. Romary,sa fille, l'enfant de celle-ci, leur servante, placés dans la même loge (18 octobre), avaient les jours maigres, en sus du beurre et du fromage, des tartes aux pommes, des pruneaux, des pommes... A d'autres on distribuait des harengs; aux enfants, du lait, de la farine...; tous avaient, comme les servantes de Morlot, du vinaigre, du sel, des épices. . . , etc. . . , des graines de genièvre, des « herbages pour mettre au pot. » Qui prescrivait un tel régime ?

Les archives parlent une seule fois de médicaments « 8 fr. 9 gros à Pierre Barbier eschevin, pour médicaments par lui donnés aux pestiférés. » Rien ne révèle la présence d'un médecin ; plus tard, en 1631 , quand la peste reparaitra dans notre cité, nous trouverons dans les archives de véritables prescriptions hygiéniques, une convention faite avec un vrai médecin, Nicolas Valot; on voit par les mesures prises que l'on a affaire à un homme de l'art, mais en 1610, rien !

Ainsi notre ville a traversé une redoutable épidémie sans qu'elle eût un seul médecin pour soigner ses malades ! Quelle fut la mortalité ?

Les archives ne nous signalent que trois décès, les deux jeunes filles mortes au château, et Jean Morlot ; mais par contre nous y trouvons les indices d'une mortalité bien autrement grande : plusieurs fois on achète « des fosseux », des pelles pour faire les fosses de ceux qui sont morts, tant aux haies d'Arthamont qu'aux Croix-Ferry. . . ; plusieurs fois il est fait mention d'indemnité à « ceux qui ont visité et enterré les corps morts aux loges, . . » On ne trouvait personne pour ensevelir les victimes de la peste, « à ceux qui voulaient, disent les archives, on donnait... » Ces mots significatifs expliquent la forte indemnité accompagnée « de pâtisserie » donnée aux ensevelisseurs et fossoyeurs. Nous ajouterons, enfin, que si les trois décès dont nous avons parlé sont relatés aux archives, c'est que ces trois personnes appartenaient au château et n'avaient rien de commun avec la ville, et que pourtant celle-ci a payé leurs funérailles.

L'évacuation des pestiférés s'arrêta au 10 décembre; les 16, 17, 18 octobre, les 20, 27 novembre, le 10 décembre, sont les jours où l'on a conduisit aux loges le plus de monde.

Les populations environnantes étaient fort émues de ce dangereux voisinage, aussi la ville envoyait-elle des exprès pour rendre compte aux villages des « comportements d'icelle contagion. »

lutte d'un apothicaire contre les chirurgiens et les bourgeois de Rambervillers (1742 -1752)


Dans les environs de l'année 1742, vint s'établir comme apothicaire à Rambervillers, un jeune homme du nom de Charles Renaud .

Ce fut un bien gros événement; la suite le prouva. Pendant dix années il y eut guerre acharnée entre Charles Renaud l'apothicaire, les chirurgiens et les bourgeois eux-mêmes.

Avant d'aller plus loin, hâtons-nous de dire que l'apothicaire remporta une victoire signalée, grâce à l'heureuse alliance qu'il contracta avec le médecin.

A cette époque, en 1742, il y avait à Rambervillers un médecin et quatre chirurgiens.

Ceux-ci médicamentaient, composaient eux-mêmes des drogues qu'ils débitaient aux citadins, aux villageois ; ils faisaient tout à la fois une rude concurrence au médecin et au pharmacien ; ils le faisaient depuis longtemps, ils l'avaient même toujours fait ; aussi, grande fut leur colère quand l'apothicaire voulut leur interdire ce commerce fort lucratif pour eux, mais aussi fort illégal.

La situation du chirurgien, sortant de ses attributions, était des plus singulières ; seul le médecin pouvait prescrire des drogues, que l'apothicaire seul pouvait délivrer ; il fallait donc que le chirurgien s'adressât d'abord au médecin (s'il y consentait), puis au pharmacien pour avoir un médicament. Dans ces conditions, la situation faite aux bourgeois - qui avaient la plus grande confiance dans leurs chirurgiens - était fort dure; à leur avis, c'était déjà bien assez d'avoir à faire à un seul, car chez le chirurgien, ils trouvaient tout, consultation et remède ; et voilà, tout à coup, un jeune homme, un nouveau venu, un apothicaire qui voulait les obliger à abandonner leur chirurgien préféré, pour aller passer par ses mains et par celles du médecin!

La loi était formelle, mais en cette matière nos aïeux s'en souciaient peu , ils entendaient être médicamentés par leurs chirurgiens et non par d'autres ; ils ne pouvaient pas concevoir qu'un jeune apothicaire pût les en empêcher, aussi le prirent-ils de haut avec lui.

Je dois dire que l'apothicaire avait bien quelques peccadilles à se reprocher ; car si les chirurgiens droguaient, lui aussi avait bien tenté de faire un peu de chirurgie de son côté ; mais n'importe, il y avait renoncé - forcément peut-être - et tout naturellement il entendait que bon gré malgré ses rivaux l'imitassent.

Les premiers coups furent rudes pour l'apothicaire

« Ce jourd'huy trois Juin 1742, cinq heures de relevée à l’issue des vêpres paroissiales... Nous Officiers de l'hôtel de ville de Rambervillers, assemblés en conséquence des remon

trances qui nous ont été faites par les maîtres chirurgiens de cette ville, au nombre de quatre, qu'un jeune homme, nouvellement établi en cette ville en qualité d'apothicaire, a actionné le sieur Lerouge, l'un des dits quatre chirurgiens, pour qu'il lui fût faite défense à l'avenir de composer aucuns remèdes ni user en aucune façon de l'art de la pharmacie pour secourir les malades de cette ville comme de la campagne...

... Qu'à la faveur de l'établissement de cet apothicaire, tous les chirurgiens fussent exclus de tous les droits a et usages avantageux au public d'administrer les remèdes qu'ils ont de tout temps composé et de secourir par leur grande et longue expérience les pauvres comme les riches dans leurs maladies, sans avoir préalablement été consultés du médecin et enfin administrés par le même apothicaire; ce qui tournerait à un désavantage pour le peuplé et même produiront des événements sinistres dans les temps surtout des maladies populaires qui sont trop communes.

... En considération de quoi, nous susdits Officiers avons fait convoquer la plus saine et considérable partie des bourgeois, lesquels étant assemblés au même hôtel de ville, leur avons exposé hautement et intelligiblement les motifs et remontrances des dits chirurgiens et les conséquences qui « peuvent s'ensuivre, lesquels nous ont tous unanimement déclarés qu'ils ont résolu de présenter une plainte à Sa Majesté (Stanislas), pour qu'il lui plaise par ces motifs énoncés et autres qui tendent à l'avantage du publie, conserver les quatre anciens chirurgiens dans les mêmes fonctions, eu égard à l'expérience notoire des mêmes chirurgiens, aux avantages qui en viennent au public et à la longue possession que les mêmes chirurgiens ont de le faire de temps immémorial, même de père en fils à l'égard de deux et de trente-cinq à quarante ans d'exercice pour les deux autres. . . Cette délibération était signée par les officiers municipaux et quarante bourgeois.

On le voit, la plus saine partie des bourgeois le prenait de haut avec le malheureux apothicaire; elle dédaignait de citer son nom, l'appelant tout simplement un jeune homme ! »

Ce jeune homme était en effet bien audacieux de s'attaquer à des chirurgiens qui exerçaient de père en fils, ou qui avaient quarante années de pratique ; en butte à la haine soulevée contre lui par ses rivaux, il aurait dû se tenir sur ses gardes, il commit une imprudence que ses ennemis ne manquèrent pas de relever

« . . . Ce jourd'huy 23 Juillet 1742... en conséquence des plaintes qui nous ont été portées par plusieurs bourgeois « et gens de la campagne qu'un jeune apothicaire nouvellement établi en cette ville a été, refusant de leur vendre et débiter diverses drogues absolument nécessaires à l'emploi des remèdes qu'il convenait d'administrer pour différentes maladies qui courent, alléguant n'en avoir point, ce qui cause des dépenses à tout et un chacun qui en a besoin, obligé de courir dans les villes voisines outre le risque que les maladies courent dans l'attente, parce qu'il entend priver les chirurgiens de cette ville de vendre ni administrer aucuns remèdes comme il s'est pratiqué de tout temps ; qu'enfin ce jeune homme est contrevenu aux ordonnances et arrêts ayant, il y a le samedi sept du courant, vendu de l'arsenic à Nicolas François, âgé de treize ans, fils au sieur Jacques Blaux, marchand en cette ville, qui, informé du fait de même que son épouse, eurent le bonheur de trouver et se faire remettre ce poison dont cet enfant était encore chargé et qui fut rendu audit apothicaire par la dite épouse du sieur Blaux, qui fit sur cet objet des plaintes sur le champ, prévint et éloigna le malheur qui a aurait pu être causé par le fait du fils et de l'apothicaire et a comme il est du bien public de se pourvoir sur les uns et les autres des cas pour lesquels les plaintes avant-dites nous ont été faites, nous avons résolu qu'il sera successivement pourvu par requête, pour à quoi parvenir qu'assemblée sera faite des bourgeois et ensuite obtenir a l'autorisation qu'il convient pour le bien public... »

Cette assemblée des bourgeois n'eut pas lieu ; du moins nous n'en trouvons pas trace dans les archives.

Quoi qu'il en soit, on poussait les choses à l'extrême ; on accusait Renaud, que l'on persistait à désigner sous les épithètes méprisantes de « jeune apothicaire, » de « jeune homme », de se refuser à vendre des drogues, pour se venger des habitants qui s'adressaient aux chirurgiens...

On vécut quatre années sans trop se quereller, les chirurgiens dissimulèrent de leur mieux leur petit commerce; le médecin, M. de Montigny, n'intervint pas directement dans le conflit; enfin, il semble que le procès entamé par le pharmacien n'eut pas de suites, car il n'en est plus question.

En résumé, les chirurgiens et les bourgeois triomphaient. Mais en 1748 la guerre se rallume ; cette fois Charles Renaud s'en prit au chirurgien Caulet; comme pour le chirurgien Lerouge, les bourgeois prirent fait et cause pour Caulet, et les dix-huit notables, qui à cette époque représentaient la bourgeoisie, prirent la délibération suivante

« ... A l'instant les dix-huit notables assemblés au sujet du procès pendant à la Cour, entre le sieur Charles Renaud (cette fois on le nomme) et le sieur Jacques Caulet, maître chirurgien... le premier prétendant, que le dernier et tous les autres chirurgiens de la même ville, seraient tenus de prendre chez l'apothicaire toutes les drogues dont ils auraient besoin.. . sans pouvoir en composer et tenir chez eux et a en débiter à personnes quelconques; que l'apothicaire étant a lui-même et toujours dépourvu de la plus grande quantité et au dire des chirurgiens de la pluspart des drogues qui doivent composer une pharmacie, on serait obligé par là de recourir à Lunéville ou à Nancy, pour avoir les nécessaires aux différentes maladies, pendant lequel temps le malade pourrait, non seulement péricliter, mais périr, outre que les prétentions de l'apothicaire avaient lieu, cela constituerait le public dans des dépenses bien plus considérables, attendu qu'il ne peut délivrer aucune drogue que par ordonnance de médecin, qu'il ne peut faire aucune opération manuelle, « ni faire aucun topique, qu'ainsi il faudrait que tous les malades passassent par les mains des médecins, chirurgiens et apothicaires, contrairement à ce qui s'est passé à ce lieu jusqu'alors... si vrai, que le même sieur Renaud, jusqu'au point du procès en question, a pratiqué lui-même le métier de chirurgien et ne s'est point conformé aux ordonnances par lui citées, pourquoi il a été résolu unanimement qu'il a fallait se pourvoir.. . pour être dit que les chirurgiens de la ville en useront comme ils l'ont fait du passé... »

Ainsi Renaud, n'avait trouvé qu'un moyen de lutter, c'est de se remettre à faire de la chirurgie; comme la première fois, les bourgeois demandaient pleine et entière liberté de médicamenter pour les chirurgiens; mais par contre ils voulaient qu'on interdit l'exercice de la chirurgie à l'apothicaire !

Un procès, à cette époque, durait des années; tout comme la première fois, il serait tombé, si Charles Renaud n'avait trouvé un auxiliaire qui, cette fois, obtint, avec lui, gain de cause.

Nous avons dit, que le médecin Montigny était resté neutre, il était malade depuis fort longtemps ; complètement paralysé en 1748, on lui donna un adjoint, Gérard, qui, quelques mois après, à sa mort, le remplaça.

Vis-à-vis d'un médecin infirme et d'un pharmacien détesté, les chirurgiens avaient beau jeu; mais une fois le médecin Gérard installé définitivement, ils s'aperçurent bientôt qu'ils avaient à faire à forte partie.

En 1750, Gérard et le pharmacien entamèrent un procès. Cette fois, ils obtinrent gain de cause (11 et 22 Juin 1751). Mais les Officiers de police de Rambervillers ne tinrent aucun compte de la décision de la Cour souveraine, ils se refusaient absolument à sévir !

Le médecin Gérard, qui était subventionné par le roi Stanislas, adressa au Chancelier de Lorraine et Barrois une plainte contre les Officiers

« Monsieur, Monsieur le Chancelier..... remontre très humblement Christophe Gérard, docteur médecin stipendié de la ville de Rambervillers, que depuis plus de trois ans qu'il occupe cette place, les chirurgiens de cette ville s'immiscent impunément à pratiquer la médecine, traiter les différentes maladies internes, de vendre et vouloir préparer les différents remèdes soit chimiques, soit galéniques, au mépris des ordonnances des souverains, ce qui est d'un très grand préjudice au suppliant, soit pour sa fortune, soit pour sa réputation ; vu, que en faisant ses fonctions, c'est distraire tout son revenu, et en faisant les fonctions d'apothicaire, c'est préjudicier au même apothicaire établi en cette ville et forcer pour ainsi dire les remontrants à ne plus pratiquer, crainte des exactions et des bévues que trop fréquentes qui se font tous les jours par l'impéritie, malveillance desdits chirurgiens, qui n'ont en vue que de ternir sa réputation ; il y a deux ans que le même remontrant fut obligé d'intenter un procès qu'il a gagné contre lesdits chirurgiens ; mais la perte lui aurait été aussi préjudiciable puisque depuis ce temps on n'a pas laissé, et de mépriser les ordonnances et la sentence rendue en conséquence et que malgré l'arrêt rendu en faveur de l'apothicaire le 22 Juin dernier (1751), le procureur fiscal de ce lieu à qui il fut présenté pour le mettre à exécution, n'y a pas daigné faire la moindre attention, non plus que de la sentence rendue en faveur du suppliant. . . »

« . . . Ce considéré, Monseigneur, il vous plaise enjoindre à M. le Substitut où à quelqu'autre officier, de faire exécuter par les chirurgiens du lieu les ordonnances des souverains selon leur forme et teneur, et condamner les contrevenants aux peines y portées sur les plaintes avec preuves suffisantes du remontrant à l'officier qu'il plaira à votre Excellence nommer pour les entendre, et les amendes qui en proviendront applicables au désir desdites ordonnances, et le remontrant redoublera ses voeux pour la prospérité de Votre Grandeur... »

La réponse du Chancelier, M. de la Galaizière, fut péremptoire

« ... Renvoyé aux officiers de la Justice ordinaire pour en cas de contravention aux règlements, notamment à l'arrêt du 11 Juin 1751, la réprimer en prononçant les peines et amendes portées par lesdits règlements contre les contrevenants dont on leur portera plainte et administrera les preuves...

Fait à Lunéville, le 21 Avril 1752. Signé: La Galaizière. »

Cette fois on s'inclina.

Les chefs de la municipalité se turent, il n'y eut plus de réunions de bourgeois ou de notables et bon gré mal gré il fallut enregistrer la pétition du médecin Christophe Gérard et la décision du Chancelier.

Sans doute, les chirurgiens essayèrent bien - en se cachant - de continuer leur métier; mais à leur tour le médecin et l'apothicaire triomphants, purent, protégés par les lois, médicamenter et droguer tout à leur aise leurs malades.

Dr A. FOURNIER.

"Une émeute de femme à Rambervillers" (1771)


 

I

La question des grains fut la grande préoccupation du XVIII° siècle. Bien avant que le roi Louis XV devint lui-même un "monopoleur", on chercha à remédier ou du moins à atténuer les désastres causés par de trop fréquentes famines.

Dès 1754, on décrète la liberté entière du commerce de grain dans l'intérieur du royaume ; plus tard (1758) on encourage les défrichements, on autorise la formation (1763) de magasins de blés ; enfin le célèbre édit de 1764 accorde la pleine liberté d'exportation des grains par navires français et l'importation par tous navires ; à la sortie le blé payait un demi pour cent de droits, et un pour cent à l'entrée.

Ces excellentes mesures donnèrent dès le début de bons résultats, mais les mauvaises récoltes des années 1767, 1768, provoquèrent une hausse considérable. Des désordres eurent lieu dans toute la France ; les parlements appuyèrent les réclamations populaires, et le 14 juillet 1770, l'exportation fut interdite.

Le prix du blé ne diminua pas.

La population affamée s'en prit alors aux "monopoleurs". cette fois, elle n'avait pas tous les torts. Tout le monde connaît le triste rôle du roi Louis XV dans ce qu'on a appelé "le pacte de famine" ; principal intéressé dans la trop célèbre Société Malisset, le roi permettaient tout aux représentants de cette Société : le blé était-il abondant dans une province? vite on en interdisait l'exportation dans les provinces voisines, et le grain acheté à vil prix par les agents de la Société Malisset attendait dans les magasins la hausse qui ne tardait pas à se produire ; ou bien, l'interdiction d'exportation était levée, et le blé, transporté dans une province affamée, était vendu à gros bénéfice.

Le roi suivait avec le plus grand intérêt les variations du prix des grains ; et plus d'une fois, les courtisans eux-mêmes baissèrent les yeux en voyant sur le secrétaire du roi des carnets où étaient inscrits jour par jour les prix du blé dans les divers marchés du royaume !

Bien plus, enchanté des énormes bénéfices réalisés, Louis XV ne craignit pas de créer "l'office de Trésorier des grains au compte de< sa majesté" ! ...

On comprend l'émotion populaire à la divulgation de tels faits ; on s'expliquera la fréquence, la violence des émeutes :à Rambervillers, comme en mille autre endroits, la faim fit insurger la population.

II

 

Le 15 juin 1771 était jour de marché à Rambervillers.

Comme d'habitude, nombre de cultivateurs, de marchands des localités voisines étaient venus installer leurs voitures chargées de grains dans les rues réservées au marché.

La quantité de blé, qui, toutes les semaines, arrivait, était suffisante à la consommation de la ville, mais ce blé était acheté par des spéculateurs étrangers, si bien que le prix s'en maintenait toujours très élevé.

Ce jour là, le vendeur élevait le prix du resal à 40 livres !

Depuis longtemps, de sourdes rumeurs couraient dans la population, on criait au monopole, à l'accaparement ; les acheteurs étrangers "qui venaient sur le marché pour lever des grains et les conduire dans les lieux de leur demeure..." étaient surtout l'objet de la haine de la population.

Ce qui, cette fois, mis le comble à la fureur populaire, c'est que le bruit se répandit qu'à Paris, Nancy, Lunéville...etc... "le blé se vendait à un prix fort au-dessous de celui qu'on proposait..."

Au moment où les acheteurs allaient prendre livraison du blé, trois cent femmes, arrivant de divers côtés, "suivies et secondées par leurs hommes" envahirent le marché au grain, en chassèrent les acheteurs; ceux-ci voulurent résister. mal leur en prit, les maris accoururent au secours de leur femmes et "les leveurs étrangers", fort maltraités, durent au plus vite prendre la fuite...

Maîtresses de la place, les femmes entourent les vendeurs, s'emparent de leurs blés, et le vendent à raison de 25 livres le resal, sans s'embarrasser du prix de 35 à 40 livres qu'en voulaient avoir les vendeurs.

Plus de 300 resaux furent vendus ainsi.

Ce cours forcé établi, on voulut obliger les boulangers à proportionner le prix du pain au nouveau de cours de 25 livres !

On tenta même de faire main basse chez tous les marchands de blé bourgeois de cette ville et d'en enlever les grains au prix qu'ils jugeront à propos d'y mettre.

La municipalité, aidée de quelques hommes de la maréchaussée, essaya de résister ; mais en vain.

Elle n'avait d'autres armes à opposer que la voie de remontrance. Pourtant elle parvint à empêcher la saisie du blé des négociants de la ville, et à sauver les boulangers d'une perte assurée en faisant sentir aux mutinés que dans ce désordre les boulangers n'avaient pu s'approvisionner au prix de 25 livres.

La municipalité rédigea sur le champ un procès-verbal des désordres qui venaient d'éclater : "ces voies de fait - concluaient les édiles d'alors - contraires au bien public, capables d'éloigner tous marchands de grains des marchés de cette ville et d'en empêcher l'approvisionnement, d'autoriser le peuple en toute autre circonstance à se mutiner et à mépriser les règles, ne paraissent pas aux soussignés de nature à être oubliées, et les laissent dans l'embarras de trouver le moyen d'y remédier et d'en prévenir les suites, pourquoi ils en ont dressé le présent procès-verbal pour servir ce que doit..."

La Cour souveraine de Lorraine et de Barrois s'empressa de prévenir le retour de tels désordres ; le 18 juin, un détachement de cavalerie commandé par Nicolas Valajol, vint occuper la ville et sans doute aider la répression ; pourtant les archives dont muettes à cet égard et nous ne savons si celle-ci fut sévère , comme bien d'autres endroits.

Dr A. Fournier Rambervillers, le 24 juin 1878  

Les bouchers de Rambervillers : grève en 1729

jeudi 25 octobre 2012, par Anne Auburtin

source : Dr A. FOURNIER.Rambervillers, 24 Juin 1878. Bulletin de la Société philomatique vosgienne  1879. 1. 4e année. (1878-1879) 

Étant nécessaire de pourvoir à la taxe de la viande, la chambre a taxé la livre de bon boeuf bien gras à quatre sols neuf deniers; celle de veau bien gras à quatre sols; celle de vache aussi, bien grasse à deux sols neuf deniers; et celle de bon mouton à neuf sols.

Avec injonction aux bouchers de se conformer aux présentes taxes et tenir leurs étaux et boutiques bien fournis  de toutes les qualités de viande énoncées ci-dessus, à peine aux bouchers de 25 livres d'amende, et ordonne que lesdits bouchers remettront au Visiteur-juré la clef des boucheries à huit heures après-midi en été et à quatre heures en hiver et ne pourront la retirer des mains dudit visiteur qu'après la levée du soleil, soit en été, soit en hiver, avec défense à eux de tuer aucune bête nuitamment et qu'elle ne soit visitée."  (15 avril 1729.)

Ce sévère arrêté était motivé par la mauvaise volonté des bouchers qui depuis quelque temps cherchaient à frauder, et surtout par les nombreuses plaintes des habitants.

Pendant quelque temps les bouchers se soumirent, mais bientôt ils réclamèrent contre la taxe du 15 avril : on ne fit pas droit à leurs réclamations. Le 29 avril, l'émotion fut grande parmi les ménagères quand on apprit que tous les boucliers se refusaient absolument à vendre de la viande.

Que "Messieurs de police" augmentent la taxe et nous débiterons, répondaient-ils à toutes les réclamations; appelés devant le chef de police, ils firent la même déclaration...

Hé bien! répondit le chef de police Prévost, prouvez-nous qu'à Saint-Dié, Bruyères, Épinal, la viande se vend plus cher qu'ici, et sur le champ nous en augmentons le prix, mais en attendant, je vous enjoins de vous conformer à l'arrêté du 15...

Les bouchers s'y refusèrent et... les bourgeois ne mangèrent pas de viande ce jour là.

Dans la soirée l'émotion fut au comble, quand on apprit que les bouchers ne tuaient pas de bétail pour le lendemain.

A cinq heures du soir, le chef de police constata que rien n'était tué.

A sept heures, même constatation.

Il fallait agir : Messieurs de police convoqués constatèrent, après la déclaration du visiteur-juré, qui n'avait été appelé à visiter aucune bête, l'infraction à l'arrêté du 15 avril dernier. Sur le champ on saisit, tant à la boucherie qu'au domicile des bouchers, non-seulement toutes les viandes que l'on put trouver, mais encore du bétail vivant et "afin de prévenir la pénurie des viandes et pourvoir au besoin que les bourgeois de la ville en pourraient avoir de même que les étrangers...," on désigne Jean Rolot et Dominique Collot pour procéder à l'abattage du bétail et à la vente des viandes en provenant.

Le visiteur-juré en percevra le produit "pour le remettre à qui il appartiendra sauf sur iceux à prendre les frais qui pourront se faire à ce sujet..."

Enfin, pour faire sentir aux bouchers la gravité de leur faute en ne se soumettant pas aux ordonnances municipales, "Messieurs de police" ordonnèrent à la maréchaussée de conduire en prison tous les bouchers, où ils resteront jusqu'à soumission complète. Ce qui fut fait.

Tout cela se passait dans la soirée du 29. Le 30, les sieurs Rolot et Collot vendirent la viande saisie chez les bouchers; ceux-ci s'entêtaient et ne montrèrent pas la moindre velléité de soumission.

Pourtant un tel état de chose ne pouvait durer; Rolot et Collot avaient épuisé toute la viande trouvée chez les bouchers récalcitrants. On allait, comme dans la journée du 29, ne pas manger de viande !

Messieurs de police décidèrent que le 1er mai aurait lieu une nouvelle adjudication du droit de boucherie et que les bouchers mutinés seraient exclus pendant un an du droit de soumissionner...

Cette mesure fit son effet. Les prisonniers demandèrent à être entendus; on les fit sortir des "prisons civiles" et, conduits devant "Messieurs", ils firent "une soumission com­plète, déclarèrent qu'ils étaient prêts à tuer et débiter au prix indiqué par la taxe du 15 avril ..... laquelle supplication nous leur avons permis de tuer et dé­biter la viande de veau et de boeuf en se conformant à dite taxe jusqu'à ce qu'il y soit pourvu autrement... Ordonne cependant que les prisons leurs seront ouvertes payant par eux les frais d'emprisonnement."

Ainsi finit cette grève de bouchers; pourtant ceux-ci n'étaient pas tout à fait dans leur tort, puisque, quelques jours après, "Messieurs de police" augmentèrent la taxe du veau.

L'instruction publique à Rambervillers au XVIII° siècle

par le docteur A. Fournier

Au siècle dernier, il y avait, à Rambervillers, une école de filles, une école primaire de garçons et un enseignement de la langue latine.

Par convention datée du 15 septembre 1668, les dames religieuses bénédictines du Saint-Sacrement, qui possédaient un couvent à Rambervillers s'étaient engagées à instruire gratuitement les filles.

En 1762, ces religieuses voulurent exiger une rétribution: la municipalité se réunit le 22 mars 1762 " pour délibérer sur le parti à prendre à l'occasion de l'instruction que les religieuses dudit lieu doivent donner gratis à la jeunesse, tandis qu'elles en exigent une rétribution ; après avoir vu et mûrement examiné les pièces ci-après, sçavoir : l'état des charges du monastère desdites religieuses, du 15 septembre 1668, les attestations des officiers de police et justice, du 26 novembre suivant, et la consultation de trois avocats, du 15 présent mois..., il a été résolu qu'il était de l'avantage et utilité de la ville et du public de nous pourvoir au nom de la communauté pour obliger lesdites religieuses à enseigner gratis les filles dudit Rambervillers, à l'effet de quoi l'on se pourvoira à Mgr l'Intendant pour y être autorisé, suppliant, les soussignés, Sa Grandeur d'agréer la présente..."

II. - Enseignement des garçons.

Il y avait ce que nous appellerions aujourd'hui un enseignement secondaire et un enseignement primaire les maîtres chargés de ces cours étaient désignés par la ville; dans certains cas, la municipalité - ainsi que nous le verrons plus loin - convoquait le curé, les parents et prenait leur avis; ils devaient se conformer aux statuts et aux ordonnances de l'évêque de Toul ; enfin, en dehors de ses instituteurs, la ville interdisait à qui quo ce fut d'instruire les enfants qui n'avaient pas fait leur première communion. Cet engagement, chaque fois approuvé par l'autorité ducale, n'était pas toujours respecté par celle-ci, et les représentants de la communauté durent intervenir pour arrêter toute concurrence à ses écoles.

Enseignement du latin

Le régent des a belles lettres devant être remplacé, la municipalité s'entendit, le 6 février 1727, avec Joseph Robert, domicilié à Bruyères

Joseph Robert enseignera la langue latine jusqu'en philosophie inclusivement, fera deux classes par jour, et devra, ces jours-là, conduire les élèves à la messe.

Les vacances ne dépasseront pas quinze jours. La durée de l'engagement de Robert sera de six années. Tous les ans il recevra de la ville une indemnité de 950 francs, " tant pour le logement que pour la gratification que la ville veut bien lui faire.... ; il sera exempt de toute espèce d'impôts, charges, corvées, même du logement des gens de guerre. . .

Les parents paieront par élève et par mois une somme de sept francs; cette rétribution est élevée à neuf francs pour la philosophie ; à la Saint-Martin, ils paieront, en plus, trois francs par élève, pour le chauffage.

Robert ne se pressant pas de remplir ses engagements, la bourgeoisie fut convoquée « pour sçavoir ce que l'on devait faire contre Robert qui avoit contracté un engagement formel de six années... ; on décida que l'on iroit trouver le duc pour qu'il approuve le marché et qu'ensuite on poursuivroit ledit Robert. »

Le régent s'exécuta et, pendant trois années, enseigna le latin; il résilia en 1730 et fut remplacé (14 novembre 1730) par un prêtre, François Pierre, domicilié à Jeanménil : la durée de l'engagement était de quatre années; l'indemnité de 350 francs, allouée à son prédécesseur, fut portée à 700 francs, sa qualité de prêtre l'exemptant de toutes charges et impôts; à la vérité, il devait dire, à l'église paroissiale, « la messe de onze heures, à cause des malades, passants et autres considérations utiles au public. . .. ».

A l'abbé Pierre succéda Joseph Truchelu, qui eut à lutter, ainsi que l'instituteur primaire, avec une école libre ; un moment remplacé par Michel (1735), qui savait à peine le latin, Truchelu reprit ses fonctions, qu'il conserva jusqu'en 1737.

« Le 6 août 1737, les officiers de I'hôtel de ville convoquent le curé, les pères et mères qui ont des enfants qui apprennent les principes de la langue latine pour sçavoir d'eux s'ils sont contents de Joseph Truchelu, actuellement régent de la langue latine... ; tous ont déclaré que ledit Truchelu ne remplissait pas exactement son devoir... ; comme il n'a aucun traité passé avec la ville », on le remplace - avec l'assentiment des parents - par J.-B. Burté, régent de ia langue latine à Blâmont.

L'année suivante (22 août 1738), les officiers de ville convoquent de nouveau « le curé, les pères et mères de famille pour sçavoir si l'on doit continuer avec J.-B. Burté... » ; tout le monde, le curé en particulier, « se déclarent satisfaits, et l'on conserve Burté pour trois, six, neuf années. »

Nous n'avons pu nous renseigner sur le nombre des élèves qui étudiaient les « belles lettres " ; tout ce que nous pouvons dire, c'est que ce nombre alla en augmentant; car, en 1753, le sieur Mengin, régent des belles lettres, déclare. avoir trop d'élèves et demande un adjoint... ; on l'autorisa à prendre son frère, qui se chargea gratuitement de ces fonctions, à la condition, toutefois, que sa mère et lui seraient déchargés de toutes corvées, impôts et logement de gens de guerre ; ce qui fut accepté .

Enseignement primaire.

« Le 27 janvier 1735, nous, officiers de l'hôtel de ville, conjointement avec M. le curé dudit lieu, par nous invité..., avons passé traité avec Nicolas Vuillaume, régent à Portieux, et chantre.

A partir du 23 avril suivant, Nicolas Vuillaume apprendra aux enfants à lire, écrire, orthographe, arithmétique, catéchisme, leur fera dire les prières deux fois par jour, le matin et le soir, en français et en latin; sera tenu de faire trouver tous les jours de fête et dimanche tous les écoliers dans son école, pour les conduire deux à deux à la messe paroissiale et aux vêpres de chacun desdits jours ; Apprendra le plain-chant à ceux qui voudront l'apprendre, et au surplus se conformera aux statuts et aux ordonnances de Mgr l'évêque de Toul, dont il a dit avoir connoissance ... ; Sera, en outre, tenu d'enseigner douze à quinze pauvres au moyen de la rétribution fondée par Madame de Lagarde, qui lui sera payée par le receveur de l'hôpital. .. ; Il aura, par chacune semaine, de chaque écolier qui commencera l'A, B, C, et à lire, 9 deniers ; de ceux qui commenceront à écrire, 2 sols; de ceux qui apprendront l'orthographe et l'arithmétique, 2 sols .3 deniers; Percevra en outre, pour ses gages, la. somme de quatre cents francs ; jouira des privilèges et exemptions de même que du logement . ; Chantera la messe et en percevra la rétribution ordinaire . . .

Les bourgeois de la ville et du faubourg seront tenus d'envoyer leurs enfants à la grande école jusqu'à ce qu'ils auront fait leur première communion, à la réserve de ceux qui apprendront la langue latine....

Défense à aucun particulier d'aller enseigner dans les maisons les enfants, sinon ceux qui auront fait leur première communion. . .

Sera, en outre, tenu, ledit Villaume, d'apprendre les écoliers à servir la messe. Il sera obligé de tenir les écoliers dans l'école l'après-midi dès une heure jusqu'à cinq, depuis la Saint-George jusqu'à la Saint-Remy, et depuis la Saint-Remy jusqu'à la Saint-George dès une heure jusqu'à quatre, et ensuite les conduire en tous temps à l'église pour chanter le Salve, et le matin, depuis sept jusqu'à onze, en été, et depuis huit jusqu'à onze, en hiver...

Sera aussi obligé d'avoir un subalterne pour enseigner et contenir les élèves pendant qu'il sera à l'église pour y chanter pendant les messes et vêpres et les services pour les morts et de lui payer des gages... Pour cela, la ville, sans s'inquiéter de ce qu'il paiera audit subalterne, lui alloue 50 francs de plus... Lequel subalterne sera tenu de se trouver assiduement aux messes et vêpres paroissiales pour contenir dans la modestie les écoliers et autres enfants. . . »

L'instituteur devait faire et porter les « billets d'adoration à chaque bourgeois ».

Il était logé dans le bâtiment de l'école; les réparations locatives à sa charge; il ne pouvait « louer grenier, ni autre appartement sans l'agrément de la ville, par écrit, afin de ne point surcharger les greniers, attendu que cette maison est isolée. »

Pas plus que pour l'enseignement du latin, nous n'avons trouvé le nombre des enfants qui fréquentaient l'école primaire. Ce chiffre a dû pourtant aller en croissant, puisqu'en 1761, l'indemnité allouée à l'instituteur était réduite à 237 francs au lieu de 400; sans doute la rétribution perçue par élève - et qui était la même - compensait et au-delà cette différence.

Deux années plus tard, Vuillaume dut abandonner l'enseignement, parce qu'il ne pouvait plus chanter à l'église: a sa poitrine ne lui permet plus de chanter et sa voix est diminuée "

Il proposa, en son lieu et place, Denys, son beau-frère, maître d'école à Bayon a pour exécuter ledit traité en tous points et pour les temps qui sont à notre volonté D.

Denys fut accepté ; il prit pour subalterne son père, Claude Denys, ancien maître d'école et résidant â Rambervillers

Enseignement libre.

Nous avons dit que le régent des « belles-lettres » Truchelu fut un moment remplacé par un nommé Michel. Ce dernier savait à peine le latin -- « qu'il n'avait étudié que jusqu'en troisième »; Il fallut l'abandonner et revenir à Truchelu (1735). Michel avait déjà été instituteur public à Rambervillers ; fort mauvais maître, il avait été maintenu quelque temps par l'influence d'un oncle « assesseur en la prévôté et conseiller dé l'hôtel-de-ville ».

Michel sollicita et obtint, par arrêt en date du 3 mai 1735, du Conseil de S. A. R. l'autorisation d'ouvrir une école libre de langue latine. Cet arrêt lui concédait « les exemptions et franchises que les maîtres d'école ont coutume jouir... »

Le 28 décembre suivant, un autre arrêt lui donna le droit d'ouvrir une école primaire et d'apprendre « à la jeunesse de la ville et les Allemands qui y sont en pension » à lire et à écrire.

Les élèves affluèrent dans la nouvelle école.

Le régent de l'école municipale se plaignit de cette concurrence, qui faussait ses conventions avec la ville; une protestation fut adressée au Conseil de S. A. R. : Michel « enseigne un nombre considérable d'enfants; il arrive qu'un enfant corrigé quitte l'école pour aller chez Michel...

Le curé se plaint qu'il n'a plus d'enfants pour servir la messe...

Michel est un fort mauvais instituteur ; toutes les après-dîners il est sujet à des assoupissements; il vend à boire et à manger devant les élèves, ce qui n'est pas d'un bon exemple, et commerce fortement sur les vins...

Il est fort à son aise, il n'a pas d'enfants et possède .une maison, des champs, des prés. . .

La ville a, à ses gages, deux maîtres d'école qui sont chantres en même temps et sont gens d'une grande édification ; elle a pris vis-à-vis d'eux l'engagement d'empêcher toute concurrence et ils parlent de s'en aller. . .

C'est pour ces raisons que l'on supplie le Conseil de S. A. R. de rapporter les deux arrêts qui autorisent Michel à ouvrir une école. »

Le Conseil ne fit pas droit à cette demande, et la régente ordonna que Michel continuerait à jouir du bénéfice des deux arrêts , à la condition toutefois qu'il cesserait de vendre à boire chez lui (17 janvier 1736).

La municipalité ne se tint pas pour battue : une nouvelle plainte fut adressée à la Régente

« Les deux instituteurs de la ville ont une jeunesse bien tenue, bien élevée et recevant une bonne éducation; chez Michel, il n'y a que des libertins ou idolâtres par leurs parents et cela à cause de la grande liberté qu'il leur laisse, laquelle achève de les gâter... »

Les enfants avaient pris parti pour leurs maîtres, et il « eu résultait des combats à coups de cailloux ; le 6 du présent mois (avril), il y eut bataille d'enfants, il était temps d'accourir... »

Un des grands griefs était que Michel ne corrigeait pas les enfants: « on doit fermer l'école Michel ; il y aurait trop d'inconvénients à lui laisser le droit d'enseigner publiquement parce que la voie de correction qui est si nécessaire cesserait d'être libre en quelque sorte aux autres maîtres qui risqueroient par là de se voir abandonnés de plus en plus , s'ils la mettoient en usage...

Cette fois, on obtint gain de cause; les deux arrêts furent rapportés : « Michel ne pourra plus tenir école publique, pourtant il aura le droit d'enseigner dans les maisons privées qui l'appelleront; mais il perdra les franchises.. . ».

Michel ne se soumit pas, et, malgré la signification de la décision de la Régente, il continua à enseigner. Les instituteurs réclamèrent et, le 19 mai 1736, la Régente ordonna que le décret serait exécuté sous peine, pour Michel, d'une amende de cinquante francs.

Michel se soumit; à partir de ce moment, il n'est plus parlé d'école libre et les instituteurs purent sans crainte et en toute liberté employer « la voie de correction, qui est si nécessaire ».

Circulaire aux maires sur la nécessité d'assurer le maintien de la salubrité publique

lundi 26 mai 2014, par Anne Auburtin

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Epinal, !e 8 septembre 1848.

Citoyen Maire, il a été recommandé de tout temps aux autorités municipales de veiller avec un soin particulier au maintien de la salubrité publique: c'est un de leurs devoirs les plus importants, et son exact accomplissement concourt puissamment à prévenir le retour des épidémies qui déciment les populations. Dans un moment où quelques communes du département, comme celles de Colroy-la-Grande et Eloyes sont envahies parla fièvre typhoïde ou la dysenterie; je crois devoir vous inviter de nouveau à assurer dans vôtre commune. l'exécution ponctuelle des règlements de salubrité déjà existants ou à en établir sans retard, si votre commune n'en est pas encore pourvue.

Il importe principalement de faire disparaître les foyers permanents d infection qui peuvent exister dans, les rues et places publiques, tels que les fumiers , les boues et immondices , les mares, etc. •

Vous devez défendre que l'on dépose sur: la voie publique des ordures, pailles et résidus quelconques de ménage , et qu'on y jette ou fasse couler des urines et des eaux infectes.

Vous devez tenir la main à ce que les rues et les places soient constamment en état de propreté, et en ordonner à cet effet le balayage plusieurs fois par semaine.

Défendez de laver du linge, des légumes, ou tout autre objet dans les bassins et aux abords des fontaines publiques, d'y abreuver les chevaux et autres animaux, et de déposer auprès de ces fontaines des immondices ou des ordures.

Obligez les propriétaires et les principaux locataires des maisons où il existe des puisards , et des égouts particuliers, à les entretenir dans un état tel qu'ils ne puissent compromettre la santé et la salubrité publiques.

Veillez à ce qu'il ne soit exposé en vente ou apporté aux marchés que des fruits et des légumes parfaitement sains et en état de maturité, et faites saisir les comestibles gâtés, corrompus ou nuisibles.

Ne perdez pas de vue, citoyen Maire, que des les mesures de ce genre se rattachent de très près au bien-être,à la vie du peuple , et que l'autorité municipale assumerait sur elle une  grande responsabilité , si elle négligeait, sous quelque prétexte, de les prescrire et de les  faire exécuter.

Une de vos obligations essentielles est encore d'user de votre influence pour combattre les préjugés , la négligence cet les habitudes contraires à l'hygiène privée. Vos conseils, vos exhortations peuvent obtenir sur ce point des résultats qu'une intervention officielle, dénuée de sanction légale, ne pourrait produire.

Je vous engage, en un mot, citoyen Maire, à mettre tous vos soins à assurer; dès-à-présent, et à conserver désormais le bienfait de l'hygiène dans votre commune, et je vous serai obligé de me rendre compte du résultat de vos dispositions à cet égard.

 Salut et fraternité.

Le Préfet des Vosges, Eug.  DEPERCY.

M. le maire de Rambervillers, prie ses concitoyens de vouloir bien se conformer au règlement de police actuellement affiché.

Rambervillers : faire-parts de l'état-civil octobre 1848

mercredi 28 mai 2014, par Anne Auburtin

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Le 2 octobre , Joseph Guerrier, fils de Virginie Guerrier;—-le 3, Marie-Joséphine Adam, fille de Jean Joseph Adam, cultivateur;—le 5, Victor Cuny, fils d'Anne-Marie Cuny; — le 6, François-Auguste Beaugé;—le 7, Marie-Claire David, fille de Jacques David, conducteur;—le 7, Marie-Joséphine Févard, fille de Marie-Catherine Févard ; — le 9, Antoine Renard, fils d'Antoine Renard , manoeuvre ; — le 12,Charles Thomas, fils de Sulpice Thomas, charpentier ; — le 16, Joseph-Michel Conreaux, fils de Joseph-Michel Conreaux, cultivateur; — le 20; Marie-Antoinette Claude, fille de Nicolas Claude, faïencier;—le 22, Lucia-Geneviève-Florentine Luc, fille de Maurice Luc, tanneur; - le 23, Cécile-Joséphine Poirson , fille de François-Michel Poirson, serrurier ; — le 26, Joseph Emile Lescanne, fils de Joseph Lescanne, plâtrier.

Mariages

.—Le 9 octobre, Joseph Mougenot, en retraite, 48 ans, et Appoline-Gustavie Neige, 30 ans;- le 9, Jean-Joseph Jacquet, faïencier, 26 ans, et Justine Champion , 20 ans ; — le 14, Joseph Jacquemin, artiste, 21 ans, et Victoire Marchal, 23 ans; -le 15, Blaise Demange, tailleur d'habits, 40 ans, et Françoise-Angélique Rivot, 34 ans;— le 17, Louis-Joseph Prevot, cordonnier, 20 ans et Adèle Mougeolle, 26 ans;— le 23, Joseph-François Gauché, potier, 21 ans, et Anne-Marie Lahache , 24 ans.

Décès

— le 2 octobre, Etienne Léonard, 77 ans ; — le 7, Charles-Joseph Thiriet, âgé de 8 mois ; — le 7, Augustine Lesergent, âgée de 14 jours;— le 20, Charles Ernest Gérardin, âgé d'un mois et demi; —le 22, Marié-Justine Dussourt, 68 ans;— Le 27, Marguerite Cécile Vaillant 74 ans.



Rambervillers : faire-parts de janvier 1849

vendredi 30 mai 2014, par Anne Auburtin

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Naissances

. — Le 1er janvier. Louis Napoléon, fils de Louis Clair cultivateur ;

— le 5, Charles Pierre fils de Hubert Charles,  cordonnier;

—le 3, Bernard Marie, fille d'André Bernard, perruquier

—le 8 , Fleurentin Isidor, fils de François Fleurentin, domestique ;

—le 5, Spagnioli Rock Louis, fils de Rock Spagnioli, vitrier;

— le 12, Poirson Marie Geneviève, fille de Joseph Poirson;

— le 13, Magnon Marie Louise Rosalie, fille de Louise Magnon, professeur d'équitation;

— le 15, Frélier Charlotte, fille d'Eugène Frélier, maréchal-ferrant ;

— le 16, Thiriet Catherine Virginie, enfant naturel;

— le 20 Balain Charles, fils de Joseph Balain, menuisier;

— le 23, Coudray Victor, fille de Victor Çoudray, tailleur d'habits ;

— le 25, Rouleau Anne Rosalie, fille naturelle;

—le 26, Chaumont Elisabeth Constance, fille de Charles Dominique Chaumont, perruquier.

Mariages

 — Le 8 , Rousselot François, 25 ans, bonnetier; et Odile Henrion 19 ans brodeuse;

 — le 8, Thiéry Jean Nicolas tailleur d'habits 23 ans, et Voinquel Marie Antoinette papetière 25 ans;

— le 16, Chanal Jean-Baptiste domestique 37 ans, et Marquot Marie Antoinette 40 ans ;

— le 17 , Golmar Jean-Baptiste sellier 27 ans, et Neige Anne Louise brodeuse 21 ans ; — le: 17, Blaise Jean Pierre postillon 44 ans, et Marie Marguerite Costet 36 ans;

Décès

 — Le 4 janvier. Lhote Marguerite 64 ans sans profession ;

—le 6 , Valler Emile Auguste 6 mois ;

— le 8 , Guillerez Emile 19 ans ; — Zelmeur Georges Alexis 3 mois ;

— le 22 Helle Anne Franceline 15 ans; — le 22 , Martin Marie Barbe 77 ans; — le 22 Ballain Charles 27 ans ;

— le 23, Thiriet Calhérine Virginie 8 jours; — Villaume Marie 24 ans;

— le 24 Ditler Marie, 4 semaines

Réorganisation de la garde nationale de Rambervillers

dimanche 1 juin 2014, par Anne Auburtin

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Artillerie

Ont été élus au grade suivant: MM.:

  • Drouet Emile Capitaine;
  • Rohmer Xavier, Lieutenant en premier. Rohmer Laurent Lieutenant en second. 

Maréchal des Logis chef

  • Roussel, horloger.

Fourrier

  • Déflin, Jean Baptiste.

Maréchaux des Logis

  • Argant Antoine, boulanger
  • Bernard Joseph, potier
  • Bourrion Edouard rentier.
  • Catany Charles rentier.

Brigadier.

  • Dussourd Edouard tanneur
  • Biéler Jean Claude, serrurier.
  • Fiers Antoine tanneur.
  • Vaillant Nestor, rentier
  • Vaillant Albert, tanneur.
  • Barbier Charles menuisier

Section de Musique

  • Helle Edouard Sergent major.
  • Conte Gustave Sergent.
  • Balte Félix Caporal Fourrier.
  • Barbier François et Renkel Antoine Caporaux.