généalogie et histoires lorraines

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Description de Moyemont

dimanche 7 octobre 2012, par Anne Auburtin

Sources : Département des Vosges Léon Louis et Paul Chevreux,1889, (réédition Res Universis)

Description :

Canton de Rambervillers, à 8 km et à 22 d'Épinal, situé sur une colline à 333 m d'altitude.

Anciens noms

  • Medius-mons
  • Medium-montem (1114)
  • Medio-monte ; Moymont ; MoÏemont(1402)
  • Moyimont
  • Moyenmont

Les écarts (en 1867) :

  • La Gare (13 habitants, 8 maisons)
  • Pissotel (5 habitants, 2 maisons)
  • Les Rayeux (12 habitants, 2 maisons)

Les Fermes

  • Maison forestière (2 habitants)

Habitants :

Années

Habitants

an XII367
1830430
1847460
1867442

En 1867, on y trouvait 123 électeurs et 10 conseillers municipaux

Les cultures et industries (en 1867) :

  • Sur 1230 hectares dont 380 en terres labourables, 145 en près, 17 en vignes, 540 en bois, 148 en jardins, vergers et chenevières. 
  • Les cultures principales sont le blé, l'avoine, la pomme de terre, la vigne et le tabac.

Interrogatoire de sorciers de Moyemont.



Cejourdhuy treiziesme jour du mois de juin mil six cens et treize, nous, maieur et gens de justice pour les seigneurs venerables doyen , chanoines et chapitre de Sainct Diey, nous sommes transporté en une tour des dicts sieurs dicte La Tour Mathiatte où est detenue Barbe, femme de Jean Remy Colin, subjects des dicts sieurs au vilage de Moyemont pour le crime de sortilège et venefice, à ce de l'ouyr de rechef sur les faictz resultans de la procedure contre elle instruite, et là où elle persiste en ses denegations la faire appliquer à la question, suivant l'advis de messieurs les maître-eschevin et eschevins de Nancy, en datte du penultiesme may mil six cens et treize, et sur ce l'avons adjuré solempnellement de dire verité et le tout de ce besongné a esté fidellement redigé en escript par le tabellion juré soubscript appellé pour greffier, le tout comme s'ensuit :


Estant amenée par devant nous, luy avons remonstré comme cy devant nous l'aurions interrogée sur plusieurs et diverses maléfices dont elle se trouve chargée par le procès contre elle instruict, et desquels elle est indifféremment disconvenue nonobstant qu'ils luy soient esté maintenus en confrontation par gens dignes de foid , et pour quoy nous l'aurions faict convenir par devant nous pour veoir sy elle a prins meilleur advis que du passé et sy elle est deliberée de nous confesser tous et chacun les forfaictz qu'elle a commis depuis le temps qu'elle est sorcière comme aussy la forme et origine de sa tentation.
Elle a sur ce respondu que, par sa foid, elle est femme de bien et que sy elle fut ou estoit autre , elle n'eut failly de nous le dire cy devant et presentement.


La voyant en ceste resolution et qu'impossible nous est de tirer la verité par voie amyable, nous l'avons faict raser en tous les endroitz de son corps par la vile personne du dict Sainct Diez.


Ce faict, luy avons monstré les appareils de la question avec menaces de luy faire sentir au cas quelle persisteroit en. ses dénegations. Et cependant l'avons enquis combien de temps il y peult avoir qu'elle est sorciére et comment s'appelle le maître qui l'a tentée et abuzée?


Elle a respondu que fasions d'elle ce qu'il nous plaira et qu'elle n'est sorcière.


La voyant a demy esbranlée et que nonobstant la responce cy dessus, il y avoit apparence qu'elle ne resisteroit aux douleurs sy on luy faisoit sentir tant soit peu, nous avons ordonné a maître Christophe, exécuteur de haulte justice au duché de Lorraine de l'appliquer .à la dicte question.


Le dict maître ayant receu ceste ordonnance l'a couchée sur l'eschelle liée de cordes aux pieds et mains et estendue de son long sans estre tirée, elle a supplié que l'on osta de la dicte eschelle et qu'elle diroit entiérement ce qui estoit de ses maleflces.


A ceste prière elle fut levée et ayant convenu quit y avait quelque vingt ans qu'elle est sorcière sans vouloir passer plus oultre, elle fut de rechef couchée et tirée un bien peu, commença a dire de rechef que l'on la mit bas et qu'asseurement elle diroit la verité de la forme de sa tentation. Elle a estée ostée du tout et assize auprès du feu.


Cela faict, elle a de rechef convenu que, sont vingt ans ou environ, qu'un jour sur le vespres, estante allée en un lieu dit Vers la Haye des Chafour faschée qu'elle estoit de ce que son marit l'avoit tantée, s'apparut a elle une personne habillée de noire qui lui demanda la cause de sa fascherie et, luy en aiant reparty la cause, la persuada d'estre des siens et se croire a luy, qu'en ce faisant il Iuy donneroit de l'argent et autre chose necessaire. De quoy elle fit ung grand refus du commencement, mais enfin vaincue, consenty de se croire et donner a ceste personne qui la pinça au front sans Iuy faire toustesfois grand douleur.

De suitte luy fit renoncer Dieu et le prendre pour son maître luy disant qu'il s'appelait maitre Perrin , lui donna de plus dans un papier, quelque chose qui sonnoit luy asseurant estre argent qu'elle trouva, s'estant disparu d'elle, estre des escailles de vert quelle jecta aussy tost par terre voyant qu'elle estoit ainsy abusée.
Luy donna de plus de trois sorte de poudres dans du papier; sçavoir : de la noire pour faire mourir gens et bestes, la grise pour languir et la blanche à guérir.


Quelques deux jours après sa tentation le dict maître Perrin l'ayant rencontrée la congnut charnellement mais avec fort peu de volupté mais du mescontentement, ad cause que la nature d'iceiuy ne ressembloit a celle de son marit.


Enquise sur qui elle se servit du ministère de la dicte pouldre qu'elle aye souvenance pour la première fois?


A declairé ne le pouvoir dire pour y ayoir trop longtemps mais a mémoire que, menant un jour un sien veau au troupeau des grasses bestes du dict Moyemont et l'y aiant quelque temps gardé avec le paistre, y ayant apperceu une vache qu'elle pensait appartenir au maire Jean Vincent, et, estante de ce ascertenée par le dict paistre, elle jecta sur elle ou en terre, de la dicte pouldre noire en intention de la faire mourir, ad cause que la femme du dict Vincent avoit heu quelque legére dispute avec elle, de manière que dans deux ou trois jours après, la dicte vache mourut.


A confessé que pour aller é la place qu'elle occupait à l'eglise de la paroisse du dict Moyemont, elle debvoit passer au devant d'une nommée Nicolle femme à Thomas Vincent, laquelle pour scavoir lire, porion des heures, sy qu'estante occupée à y regarder, l'empeschoit le plus souvent de passer librement ou failloit attendre qu'elle fut levée pour ce faire. En hayne de quoy, la trouvant un jour à sa commodité aisise lui jecta de la dicte pouldre et, se souvenant qu'elles avoient querellés par ensemble, elle luy en jecta tellement que la dicte Nicolle d'aussy tost tomba malade et dans quelques sepmaines (qu'elle n'a bien relenu; rendit l'âme.


A recongnu pareillement qu'un soir avant jour, comme les habitus du dict Moyemont charoyent le bled de mesdicts sieurs, à Sainct Diey, il convient qu'elle se releva peur ayder à atteller le cheval de son marit, et voyant passer celuy d'ung nommé Colas Chosat attelé sens le limont de sa charette, elle luy jecta de la pouldre noire en volonté de le faire mourir, ce qui advint, car il tomba mort en voyage dans le dict limont comme elle a entendu du depuis, et ce pour se venger que la fille du dict Chosat, nommée Jehennon, avoit messit de sa fille de ce qu'un jeune guerçon en abusoit comme le bruict en couroit, encor contre verité neantmoins.
Que sont entièrement les maléfices dont elle peult présentement se bien resouvenir, nous supplians que comme elle en peult bien avoir commis d'autres, il luy soit donné terme jusques a demain matin pour nous le declairer, ce que luy a esté accordé, à charge de dire la verité sans apporter aucun mensonge suyvant ce qui luy en a esté enjoinct par serment.
Interrogé sy elle a esté au sabat, en quelle lieu et ce quelle y a veu faire , à quelle heure et à quel jour?
A respondu que c'estoit le mecredy ou jeudy soir, ne sçait pour vray lequel, mais at oppinion du jeudy plustost que du mercredy, qu'elle y alloit à son pied et retournoit toujours de nuict et que le dict Perrin la venoit sommer derrière chez elle où d'ordinaire elle se trouvoit à cest effet de recepvoir la sommation.
Que le dict sabat se tenoit communement en un lieu dit au Pinat où y a un bois et joingnant un prey, où elle a veu dancer les y assistans en nombre de sept à huict personnes, partie desquelles elle ne cognoissoit ad cause des masques hideux qu'elles avoient de noire , y a de plus veu bancqueter et manger de la chair ne sçait d'où elle venoit, qui n'avoit point de gout ad cause qu'il n'y avoit point de sel.
Qu'environ le dict lieu du Pinat estoient quelques ruisseaux dans lesquelz elle et ses complices touchoient avec des baguettes blanches que le dict maure Perrin leur donnoit, de façon que peu de temps après, la gresle tomboit, mais qu'elle ne faisoit mal aux biens des champs pour ce qu'elle craie gnoit d'avoir fain.
Voyant qu'il estoit tard , nous l'avons enquis de nous dire seulement le nom de ceulx et celles qu'elle y a peu reconguoistre à la verité l'ayant, au préalable, admonestée à fois reiterées de n'acuser personnes à tord à peine de dampnation.
A lequelie question elle a respondu qu'aussy ne fera elle , mais qu'asseurement elle a veu et rocongnu au dict lieu du Pinat adsister aux choses susdictes une nommée Jehennon de Sainct Genay, femme à Claudon Houat, Didier Mathis, Jean Gerard et Claudette, femme à Claudon Colas Perrin, tous du dict Moyemont, et qu'elle leur maintiendra s'ils lui sont présentée en confrontation.
Cela falot, nous nous sommes retiré et avons laissé la dicte Barbe en la dicte tour avec gardes, à laquelle avons enjoinct d'examiner sa conscience pour nous dire librement tous ses, malefices et au sujet de quoy nous la viendrons trouver de-main au matin.
A cest act sont estez presents honnêtes hommes Nicolas Clément, valet de chambre à Son AItesse demeurant à. Sainct Diey, Colas Mengeat et Colas Perrin du dict lieu , tesmoings. Signé: 3. Claude Blaise, majeur et N. Miette tabellion.
Le quatorziesme jour du mois de juin, mil six cens et treize, nous maieur et gens de justice pour les. seigneurs venérables, doyen, chanoines. et chapitre de Sainct Diey nous sommes, de rechef transporté vers la dicte revenue sur les six à sept heures du matin à. laquelle avons demandé sy elle est recors de tout ce entiérement qu'elle nous declaira hier-, tant de ses formes de. tentation et malefices. commis que pour ceulx et celles qu'elle avoit denommez pour complices aux assemblées diaboliques, l'advisant surtout qu'en la dénomination d'iceulx, elle n'y apporte aucun desir de vengeance, hayne ou malveillance à peine de dampnation éternelle.

Auquel interrogatoire elle a respondu estre vray pour certain-qu'elle a esté abusée au lieu avant dict et en la forme predeclairée, dont elle se repent et crie mercy à Dieu, qu'elle-a de mesme commis et perpetré les malefices dont elle s'accusat, au moyen des pouldres qu'elle a heu receu du dict maltre Perrin et à l'occasion de quoy, elle recognoist avoir me-rite la mort qu'elle requiert luy estre presentée au plustost estant preste de l'endurer.
Pour l'esgard de ses complices, elle ne veult apporter aucun changement; et requise de nouveau les rescenser, elle a nommé la dicte Jehennon de Sainct Genay, Didier Mathis, Jean Gerard, Claudette, femme à Claudon Colas Perrin, et de nouveau Claudette, fille à Jehennon Marchai non mariée,. tous du vilage de Moyemont, sans que par elle accusation elle ayez dessein contre les uns ny contre les autres, ny quelle y soit esté provoquée par. torment quelconques ou subjestion , ains pour procurer le salut, de son âme.
Luy avons sur ce demandé' sy elle s'est remise en me moire de quelques autres forfaictz non cy devant par elle confessez, qu'elle aye a s'en reveler à justice sy elle pretend en recepvoir pardon de Dieu sans ce faire aucun tort, suyvant l'advis et le loisir que Iuy en fut hier accordé, sur- la priére qu'elle en fit bien instante.
Elle a dit s'estre resouvenue de plus que, s'estant le dict maltre Perrin son maltre presenté à elle et l'adverty de l'occasion qu'elle pouvoit avoir de se venger d'un certain Mengeon Colin qui la chargeoit d'avoir esté prendre quelque chose dans son meix et dont y avoit heu dispute entre eulx, et-ne pouvant elle mesme effectuer son desseing, elle donna son consentement audict Perrin de prendre vengeance d'icelle dis-pute en son nom; que fut qu'un fils du dict Mengeon Colin. appellé Nicolas, fut precipité, par le ministère du dict son martre, dans une chaudiére d'eau chaude qui estoit auprès du, feu et de laquelle le dict fils estant bruslé par le dos sans en avoir peu estre soudainement retiré, mourut.
A convenu semblablement que le maire Claudon. Pierron aiant querellé et disputé avec le marit d'elle prevenu à l'occasion que le dict maire avoit passé dans un de leur prey sans y avoir faict chemin , ors que le foins y fut gisant a demy secg, elle en fut marie, et assize qu'elle estoit sur une fontaine non guerre eslongnée, s'approcha sy bien qu'elle jecta de la dicte pouldre noire sur une jument attalée au chair du dict maire, laquelle mourut bien test après.
A confessé avoir faict mourir Jehennon femme à Jean Michiel par le moyen de la pouldre qu'elle luy bailla dans une pomme, filant icelle au devant de son logis, en hayne de ce qu'estant retournée de Moyenmoustier au dict Moyemont, elle y tient un poillage et empescha que celuy d'elle prevenue, beaucoup de gens sen retirarent ou n'y voulurent point aller.
Pour lequel mesme subject precédemment, elle pensa desjà faire mourir la dicte Jehennon une fois qu'elle alloit à Rambervillers à cheval lequel se rompit une jambe, de maniére qu'il le falut ester, et comme icelle Jehennon estoit enceinte, pour lors elle delivra son fruict mort né au monde, non qu'elle eut volonté contre ledit enfant directement ains contre la dicte mère.
Enquise de l'inconvenient arrivé à l'enfant de Nicolle femme de Mathis Grandidier?
A dit estre vray qu'elle le fut voir dans son berceau et l'ayant caressé luy jecta de la pouldre sy que dans peu de temps il mourut, et ce pour se venger de la dicte Nicolle qui la taxoit d'avoir levé de la terrasse au devant de son losgis plus qu'elle ne debvoit.
Interrogée s'il est vray qu'elle n'ay usé de l'eaue beniste ainsy que ses autres coparoissiens.
Elle a volontairement confessé le dict maître Perrin Iuy avoir deffendu de ce faire, luy faisant croire qu'elle ne servoit de rien et n'en falloit user, pour lequel subject ensemble de ce quelle ne vouloit faire sy souvent ce qu'il luy commandoit fut de donner maladie , mort, ou de n'assister au sabat, il la battoit assez souvent bien rudement avec ses mains qui estoient rondes et courtes en forme de patte ou pied de bestes dont elle recepvoit grand mal.
A finalement confessé qu'à plusieurs fois, le dict maître Perrin l'a induict par menasses et coups, de Iuy porter la saincte et sacrée hostie qu'elle recepvoit, le sainct jour de Pasques, mais qu'elle n'en a abusé que deux ou trois fois, qu'elle la tiroit avec sa main de sa bouche et que secrettement elle la mectoit sens du papier et Iuy portoit au sabat ne scait ce qu'il en faisoit et dont elle a un singulier regret.
Pour laquelle faulte sy énorme et autres qu'elle a librement confessé, elle crie à Dieu mercy, à messieurs les vénerables ses seigneurs et à justice, requerant que misericorde soit preferée à la rigueur d'icelle, affirmant que, pour le present, elle ne scait pour le long temps qu'elle est abusée, sy elle a commis autres faiclz que ceulx cy devant declairés.
Remarquant la dicte Barbe estre en voye de ne rien seler de ses mesfaictz, nous l'avons laissé avec gardes à charge que sur les deux à trois heures après midy , nous la viendrons retrouver pour scavoir sy elle n'a- rien oublié.
Auquel act sont estez presenls Pierron Mathieu et Jean Bademenil, ambdeux bourgeois à Sainçt Diey y appellés pour tesmoings. Signé : J. Claude Vlaise, maieur et IV. Miette tabellion.
Le dit jour, environ les deux heures auprès midy , nous lieutenant de maire à l'absence d'iceluy et gens de justice pour les dicts seigneurs venerables , nous sommes de rechef transportez vers la dite prevenue à laquelle avons demandé sy, suivant le serment qu'elle nous a presté, les confessions qu'elle nous fit hier et ce matin sont véritables et sy elle y persévère?
Elle a dit que ouy et y veult demeurer.
Luy a esté repliqué estre impossible qu'elle n'en ay commis d'autres veu le longtemps qu'il y a qu'elle fut tantée la première fois et que touttes ses confessions ne consistent qu'en faitz passez depuis neuf ou dix ans encà, au plus, que
partant, elle advise de confesser librement sy precédemment elle en a commis aucun, affin de tant plus facilement trouver grace et miséricorde envers Dieu.
Sur ce, elle e respondu que difficilement le peult elle faire par manque de mémoire à son grand regret, touttesfois à volontoirement, sans aucun tourment, dit que, sont dix ans à l'environ, qu'elle estoit femme du paistre des bestes à cornes du dict Moyemont, et, comme elle aydoit à les chasser aux champs, ung nommé Colas Voiriot du dict lieu la reprint de ce que sy tard l'on chassoir le troupeau, elle. lui fit mourir un veau au moyen de la dicte pouldre.
Pour la mesme cause, elle fit mourir une vache à Mengeon Vedel, sont douze ans ou environ.
Sont quinze ans ou environ, qu'un nommé Colas Perrin fit refus de luy vendre du bled comme elle se presentoit en acheter de luy, pour vindicte de quoy, elle lui fit mourir un veau.
Voilà entièrement ce que la mémoire luy a peu rapporter. touchant les crimes qu'elle a perpetré en vertu des pouldres. à elle données par le dict Perrin , nous affirmant que sy elle. en sçavoit davantage, elle n'en vouldroit charger son âme.
Informé sy touchant les assemblées du sabat où elle a assisté et sy des choses qu'elle y a veu faire cela est véritable?
A dit que ouy, sçavoit qu'elle y a veu dançer au son d'une. fleutte jouée par un habillé de noir, manger de la chair sans sel ny pain et y faire la gresle comme elle nous a predit. Et que plus, elle a veu douze en personnes, n'a bien retenu esgalles en nombre d'hommes et de femmes comme il luy semble, et quand le dict sabat estoit finy ou vouloit finir, elle alloit dire à maître Perrin qu'elle s'en alloit.
Enquise si le dict maltre Perrin luy a point heu porté et comment?
Dict qu'une fois entre autres le dict maltre la porta et l'a chargée sur son col.
S'il est vray qu'elle y ay vrayment remarqué ceulx qu'elle-- 453
a denommé, la priant qu'en ceste dénommination elle n'apporte aucun desir de vengeance, menterie ou autrement, sy elle ne veult se dampner éternellement, la réquerant de nouveau les declairer nom par nom?
Elle a replicqué estre la verité ce qu'elle a cy devant dict et sy elle en sçavoit d'autres elle ne mancqueroit de les réciter pour l'esgard de ceulx qui sont vivantz scavoir le dict Jean Gerard, Didier Mathis, Claudatte, femme à Claudon, Colas Perrin , Claudatte, fille a Jehennon Marchai non mariée et Jehennon de Sainct Genay qui estoit la cuisiniére au dict sabat et elle prevenue la marmitonne ou relaveresse d'escuelle, n'en pouvant dire autre chose, adjoustant que sy dans de-main matin, elle a souvenance de plus, elle en deschargera sa conscience du mieulx que possible luy sera, affin de faire le salut de son âme.
Sur ceste asseurance, nous l'avons laissé en repos avec gardes, et à cest act sont estez presentz honnestes hommes Nicolas Clément, valet de chambre à Son Altesse demeurant à Sainct Diey et Cesar Mengeat du dict lieu tesmoings. Signé J. Claude Blaise, maieur et le tabellion soubscript.
Le lendemain quinziesme jour du mois de juin mil six cens et treize, sur les six heures du matin, nous maieur et gens de justice susdicts, sommes allé trouver la dicte Barbe prevenue et luy avons demandé sy elle a mémoire de buttes et chacunes ses confessions concernant les malefices par elle commis et à nous declairé s'ils sont veritables et y veult perseverer, sy pareillement elle s'est point resouvenue d'autres non encor confessez.
Elle a sur ce dit tout à l'instant qu'il est vray qu'au moyen des pouldres et persuasion du dict Perrin son maître elle a faict ce entièrement qu'elle nous a confessé, s'en repent' et en crie mercy à Dieu priant luy vouloir pardonner.
Enquise sy pour l'esgard de ses complices denommés à diverses fois, s'il est vray qu'ilz soient tels qu'elle, scavoir sorcier et sorcière sy elle est preste de leur maintenir les avoir veu et cognue aux sabatz et assemblées nocturnes, l'advisant toujours de ne charger personnes à tort sur peine de perdre son ame?
A dit pour certain qu'elle a veu et recognu les avant nommez encor vivantz hors le dict Jean Gerard qui, pour s'estre desguisé et descongnu , n'a peu estre sy bien remarqué par. elle que par les autres desquelz nous pourrons estre mieux informé, mais croit, à son plus grand advis que c'estoit luy, ainsy ne le pourroit elle sy bonnement maintenir que les autres s'il luy estait presenté en confrontation.
Interrogée sy au dict lieu du Pinat elle n'en a point veu d'autres cy devant mort ou exécutés.
A dict que ouy, sçavoir Jehennon Marchai, François Marchai, Nicolle Gourat veuve de Hardancourt, et un nommé Orriot, tous cy devant executés par le feu pour leurs démerites.
N'ayans sceu tirer d'elle aucunes confessions, nous l'avons commis à la garde de notre doyen ordinaire qui l'a conduicte en une chambre et auquel act de persistance sont estez présentz Jean Vagnier et Bastien Jailey, ambdeux bourgeois à Sainct Diey y appelez pour tesmoings. Signé-: J. Claude Blaise maieur et le tabellion soubscript.
Veu de nouveau par le soussigné procurour d'office pour Messieurs les venerables, doyen, chanoines et chapitre de Sainct Diey, le procès extraordinairement instruict à sa requeste par les maieur et gens de justice pour mes dis seigneurs, au dict Sainct Diey, contre Barbe femme à Jean Remy Colin leur subject, du vilage de Moyemont, prevenue du crime de sortilége et venéflce et de ce subject detenue ez prisons de mes dicts sieurs, du moings à la garde du doyen de la dicte justice, scavoir l'information préparatoire, son audition de bouche, recolement et confrontation des tesmoings produitz contre elle, singuliérement le procés verbal de la question à elle donnée, contenant ses confessions tant volontaires qu'autres sur et touchant les maléfices qu'elle a commis,