généalogie et histoires lorraines

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Category VILLES ET VILLAGESLorraineVosges › La-Croix-aux-Mines

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Description de la Croix-aux-Mines

lundi 1 octobre 2012, par Anne Auburtin

Sources : Département des Vosges Léon Louis et Paul Chevreux,1889, (réédition Res Universis)

Description

La Croix aux Mines est située à 8 Km de Fraize, dans une vallée resserrée, arrosée par le ruisseau de la Fave.croixm38.gif

Les mines

  • Mines d'argent, de cuivre et de mercure exploitées depuis le Xème siècle par les monastères de Moyenmoutier et de Galilée.
  • En 1250, Mathieu II donna un règlement pour les mineurs du Val de Galilée.On y voit que le directeur était chargé de donner tous les ordres, de faire toutes les emplettes nécessaires à l'exploitation des mines, et de rendre tous les mois compte au receveur du Duc. Le "forvese" payait tous les 4 jours les mineurs, le "hautmann" entrait tous les jours dans la mine et, après avoir compté les mineurs, fermait la barrière pour qu'aucun ne puisse sortir sans sa permission.
  • Les mines semblent avoir été laissée plus ou moins à l'abandon après 1670, par les fermiers du roi qui n'y trouvaient pas leur compte.
  • Le 2 juin 1508, René II permet "à toute personne de bonne vie et moeurs de fouiller et de faire travailler dans les mines de Sainte Marie et de la Croix pourvu qu'elle professe la religion catholique et romaine".
  • Le puits le plus important est le Puit Saint Jean, au bas du hameau des Grandes Gouttes ; de forme carrée, il atteint une profondeur de 133 m. 

Les hameaux (en 1867)

  • Les Aunas et Rein (133 habitants, 29 maisons)
  • La Behouille (181 habitants, 39 maisons)
  • La Caluche (74 habitants, 17 maisons)
  • Les Chaumelle (37 habitants, 10 maisons)
  • Le Chipal (234 habitants, 42 maisons)
  • Les Grandes Gouttes (185 habitants, 37 maisons)
  • La Halle (113 habitants, 25 maisons)
  • Sadey (267 habitants, 56 maisons)
  • Sur la Croix (83 habitants, 18 maisons)

Les écarts

  • La Cense (18 habitants, 6 maisons)
  • La Cense-Broque (16 habitants, 2 maisons)
  • Champ- Régué (30 habitants, 6 maisons)
  • La Fonderie (18 habitants, 4 maisons)
  • Les Gouttelettes (9 habitants, 3 maisons)
  • La Grange-Fresse (11 habitants, 3 maisons)
  • La Haute Rue (4 habitants, 3 maisons)
  • Les Journaux (14 habitants, 3 maisons)
  • Le Puits Saint Jean (15 habitants, 2 maisons)
  • La Rochette (7 habitants, 2 maisons)
  • La Stingelle  (12 habitants, 3 maisons)

Les fermes

  • Belle Vue (5 habitants)
  • La Boude (4 habitants)
  • Champ de l'Epine (5 habitants)
  • La Gasse (7 habitants)
  • La Grosse Pierre (6 habitants)
  • La Louvière (3 habitants)
  • Pré de Rave (8 habitants)
  • Le Pré Guerha (4 habitants)
  • Pré Jean Dage (6 habitants)
  • Le Pré Tournol (3 habitants)
  • Rosperg (6 habitants)
  • Les Schlaques (5 habitants)
  • La Viache (5 habitants)croixm40.gif

Habitants

Années

Habitants

171057
an XII1239
18301447
18471649
18671680

Les cultures et industries (en 1867)

  • Sur 1679 hectares, 410 sont en terre labourable, 249 en prés, 412 en bois, 12 en jardins, vergers, chènevières, 123 en friches. Les cultures principales sont le seigle, l'avoine et la pomme de terre.
  • On y trouvait 1 carrière (Sté des Marbres d'Epinal) de marbre blanc au Chipal   et 3 carrières de pierre à chaux, 1 filature de bourres de soie (364 ouvriers, 4180 broches,180 métiers pour tissage à bras), 3 moulins, 1 scierie hydraulique.
  • Les principaux commerces concernent le fromage, les planches, l'ouate, la soie, le bois de chauffage et d'industrie.

La Croix-aux-Mines : un recueil de dessins autour de la mine

mercredi 9 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .

Les dessins sont été publiés dans un recueil de 35 dessins représentant les travaux de la mine d'argent de Saint-Nicolas, en Lorraine, la vie des mineurs et tout ce qui se rattache à leur profession.

L'article de la Revue Lorraine Illustré qui présente ce recueil précise :

"Ce recueil fut exécuté, dans la première moitié du seizième siècle, par un artiste qui signe, au verso du dernier feuillet : Heinrich Gross moller (corruption dialectale de maler, peintre) et non Heinrich Grossmuller, comme l'entendait le catalogue de l'Exposition d'art ancien de la ville de Tourcoing. Le monogramme qui accompagne cette signature est composé de trois lettres enlacées : H. G. E. II peut être lu, nous semble-t-il, Heinrich Gross Elsiisser, et cela pour deux raisons : la première, basée sur l'influence de l'atelier de Hans Baldung Grien qui est manifeste dans les dessins du recueil de HeinrichGross, oeuvre de disciple respectueux ; la seconde, basée sur l'habitude médiévale et même moderne de désigner l'étranger par son lieu d'origine, habitude qui, dans les mines de Lorraine, permettait aux ouvriers — presque entièrement immigrés d'Allemagne — de se grouper par provinces ainsi qu'ils l'étaient dans les matricules de ces mines."

Il ajoute :

"Nous serions enclin à croire qu'elle donnait de l'argent rouge, et que son rendement devait égaler celui des mines d'Alsace, beaucoup plus riches que les mines de Lorraine au moment où Heinrich Gross les décrivit. Peut-être cette circonstance exceptionnelle fit-elle commander à l'artiste le recueil de la collection Jean Masson, par un juge de mines désireux de faire, pour la Lorraine, ce que Kalbus Fribergius, Agricola et Sébastien Munster avaient fait pour la Saxe, le Harz et l'Alsace. En présence du nombre considérable de mines lorraines portant le nom de Saint-Nicolas, nous avons questionné l'érudit M. Henri Bardy, président de la Société philomatique vosgienne. « Il me semble indubitable, nous a-t-il affirmé, que la « Rouge Mine de Saint-Nicolas » ne soit une des galeries du groupe des mines de La Croix, près Saint-Dié. On sait que ces mines ont été exploitées avec un très grand succès par les ducs de Lorraine, principalement au seizième siècle. La galerie supérieure portait le nom de Saint-Nicolas et avait son embouchure au milieu du village, non loin de l'église, et elle s'étendait au delà des travaux de Saint-jean, sur une longueur d'environ 1400 mètres. »
C'est donc pour le juge des trois grandes mines d'argent lorraines des territoires de La Croix :Saint-Nicolas, Saint-Jean et Chipai, que Heinrich Grass a travaillé. Les scènes de mines qu'il nous décrit sont les mêmes que celles dont nous parle Sébastien Munster mais, par la minutie de leurs détails, au point de vue lorrain, elles offrent cette particularité d'être comme le commentaire artistique du règlement en vigueur, dans les mines,depuis Mathieu II.

la_croix_au_mines_la_mine_Saint-Nicolas.jpg

(A suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : le juge des mines

vendredi 11 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine

"Que voyons-nous dans le Livre des mines lorraines, de Heinrich Gross ?
D'abord, au frontispice, au milieu d'un paysage vosgien qui rappelle celui des bordures du Graduel de Saint-Dié, une sorte de château à haut pignon et à arcades du type des constructions que représente,vers la même époque, le De artificiali perspectiva, du chanoine Jean Pelerin, dit Viator.

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C'est « la maison de Kointz» qui appartient au juge de la Rouge Mine de Saint-Nicolas. Le voici, dans l'intérieur de ce logis, assis sur un siège devant sa table et entouré d'hommes d'armes. Il reçoit le serment des ouvriers qu'il embauche, formalité des plus importantes en Lorraine, car, depuis le conflit entre Jean Flexner de Massevaux, juge des mines de la Maison d'Autriche, et Guillaume Metzger, juge des mines de la Maison de Lorraine, elle enlevait les compagnons allemands à la juridiction du tribunal impérial de Rottweil pour les rattacher à celle du tribunal ducal de Nancy. "

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La Croix-aux-Mines en dessin : les ouvriers de la mine

dimanche 13 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine)


"Ayant montré le juge, Heinrich Gross passe aux ouvriers de la mine.
Comme le miniaturiste du Graduel de Saint-Dié, il figure d'abord les charpentiers sciant et abattant des arbres près du village de La Croix, dont parait le clocher, et d'une maison qui, avec ses auvents et sa galerie extérieure, accuse l'influence de l'architecture rurale vogéso-rhénane du type montagnard. "

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Puis, viennent les vendeurs de suif"

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et les porteurs de charbon.

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Ces derniers font usage du chariot allongé que l'annaliste des Dominicains de Colmar dit avoir été emprunté aux Souabes par les Alsaciens."
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(A suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : l'entrée dans la mine

mardi 15 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine)


"Nous nous trouvons en présence d'un rassemblement de compagnons qui attendent le signal du huttmann, à l'entrée d'une galerie marquée de la croix de Lorraine. Ayant donné le signal de la descente, ce huttmann fait défiler devant lui : décombreurs, trieurs, rompeurs,etc., etc., auxquels il remet le suif nécessaire à l'alimentation de leurs lampes. Selon l'ordre prévu par le règlement de Mathieu II, les huttmanns ferment la marche. "

Les décombreurs

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les tireurs d'eau et de minerai

les_tireurs_d__eau_et_de_minerai_entrant.jpgLes piqueurs

les_piqueurs_de_minerai_entrant_dans_la_mine.jpgLes huttmanns

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(à suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : les travaux de la mine (1)

jeudi 17 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La Croix-aux-Mines : un recueil de dessins autour de la mine)

"Suit le détail des travaux de la mine.

De tous ces travaux, le plus pénible était celui des « rompeurs de grosse myne » dans lequel excellaient les compagnons originaires de la Misnie, de Schwatz et de la Thuringe. En 1455, quand Jacques Coeur fit venir l'Allemand Claux Sinermant pour ouvrir les galeries de ses mines d'argent et de plomb du Beaujolais, il fut bien entendu que les gages « d'ouvriers de martel allemands » ne ressembleraient en rien aux gages « d'ouvriers romans »."les_laveurs_de_mines.jpg

Les rompeurs de grosse mine

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 les pileurs et sasseurs de mines

pilleurs= broyeurs

sasseurs : ceux qui sassent, passent dans un sas. Correspond probablement à nos calibreurs

Les deux scènes des « pilleurs et passeurs de mue » et de la « fonderie »,

Les trieuses et laveurs de minerai

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les laveurs de mines

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(A suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : les travaux de la mine (2)

samedi 19 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine)

Le triage du minerai

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Les livreurs de la mine

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Le travail du fer

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La fonderie et l'affinage

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(A suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : transporter le bois, le minerai....

lundi 21 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine)

les ouvriers amenant les chariots de la mine

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Les ouvriers amenant le bois

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Le transport du minerai

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Le transport du bois

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(A suivre)

La Croix-aux-Mines en dessin : la paye

mercredi 23 octobre 2013, par Anne Auburtin

Source : la Revue Lorraine Illustrée (1908) - Gallica .Recueil de dessins d'Heinrich Gross (voir le billet La croix-aux-mines : un recueil de dessins autour de la mine)

Enfin, le cuivre, le plomb et la litharge étant séparés de l'argent, voici le receveur qui part à cheval. Il emporte les pains du métal précieux vers celui que ses mineurs appelaient communément Der nimmer kein Geld (le sans argent), vers le « très digne et pieux prince-duc Antoine » de la Chronique de Hans Haubensack, qui enregistre le péjoratif sans oublier d'ajouter que le « sans argent avait toujours à en distribuer ».

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"Heinrich Gross, au nom des compagnons de la Rouge-Mine de Saint-Nicolas, tient à lui rappeler cette obligation, et il termine son Livre des mines lorraines en montrant au duc comment les compagnons touchent la solde prévue par le règlement de Mathieu II."

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Fin de ce reportage en image (et en huit billets) des mines d'argent du XVI ° siècle.