généalogie et histoires lorraines

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Description de Fraize

lundi 1 octobre 2012, par Anne Auburtin

Sources : Département des Vosges Léon Louis et Paul Chevreux,1889, (réédition Res Universis).

Description :

A 16 Km de Saint Dié, Fraize est situé dans une vallée, à 490 mètres d'altitude.

(Annales de la Société d'émulation du département des Vosges 1897. 1. 73ème année)

Anciens noms

  • Frace (1188, 1200, 1222)
  • Fracia (1380)
  • Fraice (XIV° s)

Les hameaux (en 1867) :

  • Les Aulnes
  • Le Belrepaire
  • La Beurrée
  • Clairegoutte
  • Le Faubourg
  • La Folie
  • Le Mazeville
  • Le dessus de Scarupt
  • Les Séches Tournées

Les écarts :

  • Les Adelins
  • Le Chateau
  • Les Chêneaux
  • La Graine
  • Lèspouxe
  • Patauprè
  • Mandramont
  • La Plaiehause
  • Le Pré Feignet
  • Le Pré Jallé
  • La Roche
  • La Rochière
  • La Sébout

Les fermes

  • Bestrimpré
  • Bethléem
  • Le Bihay
  • Le Bon Repos
  • Le Bouxerand
  • Les Caluches
  • La Capitaine
  • La Chalmelle
  • La Glacière
  • La Hardalle
  • Landrichamp
  • Leurimont
  • L'Héripré
  • Maclusse
  • La Malpré
  • La Patenie
  • Le Pré Carré
  • Le Pré du Bois
  • Le Pré Sec
  • Le Rouchachay
  • La Strepore 
  • Les Trexaux

Les cultures et industries (en 1867) :

  • Sur 1325 hectares, on trouve 575 en labours, 402 en près, 432 en bois et 26 en jardins, vergers, chènevières.
  • Les cultures principales sont le blé et seigle, l'orge, l'avoine et la pomme de terre.
  • On y trouvait 2 filatures de coton (250 ouvriers), des brasseries, des fours à chaux et à briques
  • Les principaux commerces sont : boucheries, boulangeries, charpenterie, charronage, cordonnerie, ferblanterie, maçonnerie, maréchalerie, menuiserie, serrurerie, sculpterie

 

  • Les filatures :
    • Les Aulnes (58 000 broches pour la partie filature et 340 métiers pour le tissage en 1905
    • La Grande Filature, complètement reconstruite après un incendie en 1899 (52 000 broches en 1905)

Habitants

(N.B. en 1710, il s'agissait du nombre de contribuables et donc de chefs de familles, non du nombre total des habitants)

Années

Habitants

171056
an XII1652
18302340
18471847
18672503

liens

Cartes postales anciennes de Fraize

mardi 2 octobre 2012, par Anne Auburtin

Mes remerciements à Françoise Gille-Huss pour les cartes postales.

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Actes et anecdotes à Fraize

Actes et anecdotes

 

  • 1474, acquit par Colin fils Mengin de Saint-Dié, d'une. pièce de terre, contenant environ deux journaux, sise à Fraize, moyennant 90 francs de lorraine de principal et 1/2 florin pour vin.

 

  • 1475  vente par Mathias d'Anould à Colin, fils Voinquel de Plainfaing, moyennant la somme de 12 fr. de principal et 6 g. pour vin, de tout ce que la femme du dit Mathias peut posséder au ban et finage de Fraize.

 

  • 1472,  vente par Hannus Etienne de Kaysesberg à Jean Voinquel son beau-frère, de tous les héritages que Collotte, femme du dit Hannus peut ou pourra posséder au ban de Fraize, moyennant 11 florins du Rhin et 1/2 florin pour vin

 

  • En 1480, la rigueur de l'hiver fut mortelle à l'agriculture, les campagnes ne produisirent presque rien; de sorte qu'il y eut a grande cherté de vivres dans tout le Val de Galilée et que le résal de blé s'éleva de 4 gros 2 sols 6 deniers à 5 fr., c'est-à-dire à 40 fois sa valeur commune

 

  • Un acte de réparation, daté de 1566, a fait par Nicolas Claudon Mathiate, de Habeaurupt, qui a battu et injurié Bastien-Jean Viney, lieutenant du Chapitre, l'ayant appelé lieutenant du diable. Mathiate a crié merci aux dits chanoines, devant leur sonrier et a satisfait aux dépens encourus.

 

  • 1717 : sentence rendue par la Cour spirituelle de la grande prévôté de Saint-Dié contre Nicolas Didier, maréchal, Claude Grivel, Claude Humbert, Nicolas Blaise, Sébastien Chenal, Antoine Saint-Dizier, Jean Cuny et Jean Vincent, du ban de Fraize, accusés d'avoir mis un mort, avec une croix au-dessus, sur la table d'autel d'une croix qui se trouve au milieu du village de Fraize, en chantant à voix déployée le Libera et chansons profanes, condamnés à faire amende honorable pendant trois dimanches de suite, tant devant la grande porte de l'église que devant la croix, et à payer solidairement 500 livres de cire à la Confrérie des morts de Fraize

 

Dans la soirée du 14 septembre 1789, les hommes commandés pour faire la patrouille, sous les ordres du brigadier Dorai-nique Blaise, trouvèrent vers 9 h quatre jeunes gens de Fraize, criant, chantant, menaçant, faisant un tapage de . démons ; c'étaient Claude Mangeongean, de Scarupt ; Jean Barthelémy, de Scarupt ; Joseph George, de Clairgoutte ; et Joseph Herquel. Ils insultent les représentants nocturnes de la municipalité, et se portent sur eux à des excès qui obligea lesdits gens de la patrouille à requérir main-forte pour appréhender les délinquants. » On ne put se saisir que de Claude Mangeongean et de Jean Barthelémy, et encore lorsqu'ils arrivèrent devant la porte des Halles pour ètre enfermés dans la prison civile, Jean Barthelémy s'échappa des mains de ses gardes qui ne purent emprisonner que Claude Mangeongean. Arrivent le maire et quelques notables et tous se mettent à faire la chasse aux fugitifs qui continuaient, à travers les rues, leurs cris séditieux. Gràce à l'énergie du brigadier Dominique Blaise, on parvient à s'emparer de nouveau de celui qui venait de s'échapper, Jean Barthelémy, et on se met aussitôt en devoir de le conduire sous les verrous. Mais en voulant enfermer celui-ci, l'autre prisonnier déjà à l'ombre réussit, en se précipitant au milieu de la patrouille, à s'évader à son tour. Il délivre son compagnon repris et tous les deux, entrant dans « la cuisine du geôlier, s'emparent des tisons de l'âtre et s'en forment des armes. Ils se portent à des excès sur lesdits commis, brisent le fusil du brigadier, déchirent les vêtements d'un autre, et assomment à coups de poing ceux qui leur résistent. On appelle au secours, et sans l'assistance de plusieurs notables qui sont arrivés à temps, lesdits commis pour la patrouille auraient couru risque pour leur vie. Enfin au moyen d'un nombreux renfort on est parvenu à les enfermer tous les trois. 

Rôle des habitants de Fraize en 1665

En date du vingt-quatrième Septembre 1665, l'original signé : Cachet avec paraphe, dont copie a été délivrée au doyen du dit ban, attestée par P. Gaixatte, sergent du Domaine.

  • Dieudonné Biétrix, doyen franc à cause de son office, qui lève tous deniers de contributions du dict ban, comme aussy les rentes des seigneurs du dict lieu.
  • Barthelemy 5t. Dizier, eschevin franc à cause de son office.
  • Maistre Anthoine Tacquenaire, tabellion franc à cause de son office et à cause de pauvreté.
  • Sébastien Larminach, régent d'escolle au dict ban, franc à. cause de son office.
  • Maistre Michel, chirurgien et aussy maistre d'escolle, aussy franc à cause de son office.
  • Claude Fleurent, laboureur pour sa famille, cinq francs six gros,
  • Thomas Andreu, maçon, trois francs deux gros deux blans,
  • Jean Léonard, recouvreur de toit, deux francs neuf gros
  • Blaise Jean Simon, barlé (?) qui tient de louage des biens de Jean Louy de Sainte-Marie-aux-Mines pour quatorze francs,
  • Sébastien Idoulx Vincent laboureur, pour sa famille, quatre francs sept gros,
  • Nicolas Haxaire, moutrier de Mengeon Adam, demeurant à l'Hoste-du-bois, deux francs neuf gros,
  • Nicolas Saint-Dizier, laboureur, pour sa famille, sept francs dix gros, deux blans
  •  Mansuy, son fils, moutrier de Mre Claude Thiriet de Vic, advocat au Parlement de Metz, et luy paye par an deux centz franes, trois francs,deux gros, deux blans
  • Blaise Perrotei, le jeune du Mazeuille, laboureur, pour sa famille, 7 fr. 10 gr. 2 bl.
  • La vefve Didier Johel, moutrier, pour son père Mansuy Saint-Dizier, 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Mengel Haxaire, artisan, 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Nicolas Didier George, laboureur, pour sa famille 8 fr. 8 gr. 2 bl.
  • Blaise Le Soiron, laboureur, pour sa famille, 8 fr. 3 gr.
  • Fleurent Caquel, qui tient des biens de louage du Sr Paul Ferry, gruyer de la Croix pour soixante francs : 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Nicolas Caquet, chasseur, 1 fr. 10 gr.
  • Jean Le Soiron, laboureur, pour sa famille, 4 fr. 7 gr.
  • Jean Bastien Jeandel, laboureur, pour sa famille 4 fr. 7 gr.
  • Jean Perrotei, artisan 2 fr. 9 gr.
  • Jean Gérard, conducteur, laboureur, pour sa famille, 9 fr. 2 gr.
  • Mengeon Fleurent, artisan, 4 fr. 1 gr. 2 bl.
  • Claude Rattaire, absent, demeurant sur l'Évesché.
  • Gérard Valdechamp, laboureur, pour sa famille, 5 fr. 6 gr.  Pierron Andreu Vieillard, 5 fr. 2 bl.
  •  Blaise Houssemand , serrurier, qui tient des biens de Jean Masson de la Croix-aux-Mines,pour sept francs, 1 fr. 10 gr.
  • Jean Anthoine, mercier, 1. fr. 10 gr.
  •  Jacquot St Dizier, tavernier et fermier des impôts du ban de Fraize 10 fr. 1. gr.
  • Blaise Regnard, laboureur, pour sa famille 4 fr. 7 gr.
  • Demenge SL Dizier, greffier du dit ban , 6 fr. 5 gr.
  • Claude Combaulx, cordonnier, 2 fr. 9 gr.
  • Blaise Perrotei le Vieil, laboureur, pour sa famille, 5 fr. 6 gr.
  • Mengeon Simon, carlé, qui tient des biens des héritiers de Colas
  • Jean Masson, de Saulcy, pour treize francs et deux resaulx de grain par an, 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Jean Marchal Marchal , 1. fr. 10 gr.
  • Claude Jean Marchal, laboureur, pour sa famille, 6 fr. 5 gr.
  • Claude Colas Marchal, Carlé ,3 fr. 8 gr.
  • Nicolas Claude Michel, forestier de la gruyerie du  ban de Fraize . 2 fr. 3 gr. 2 bl.
  • Pierron Colas Marchal tient de louage des biens de Nicolas de la Maize de Clennecey, pour une pistolle et six resaulx de grain, moictié seigle et avoine par an, 3fr. 2gr, 2 bl.
  • Demenge Perrin, laboureur, pour sa famille, 7 fr.   4 gr.
  • Jean Barthelemy, moutrier de Me Claude Thiriet de Vic, advocat du parlement de Metz, et luy paye par an deux centz francs, 5fr.2bl.
  • Mengeon Barthelemy, artisan, 2fr. 3gr.2bl.
  • Dieudonné Hanzo, boulanger 3fr. 8gr.
  • Mengeon Flayeulx, laboureur, pour sa famille 5fr.6gr.
  • Humbert Vaultrin, artisans 2fr. 3 gr. 2 bl.
  • Nicolas Colin, artisans .3fr.2 gr. 2 bl.
  • Nicolas Villaume, laboureur, pour sa famille, 8 fr. 7 gr.
  • George Jacquot, artisans, 2fr.3gr.2b1.
  • Claude Baucquel, Carlié 3fr.8 gr.
  • Fleurent Perrotei, Carlié, 2 fr. 9 gr.
  • Jean Fleurent, charpentier, 2fr. 9 gr.
  • Nicolas Valentin, laboureur, pour sa famille ,7 fr. 10 gr.
  • Paul St Dizier, chasseur, 3fr. 8 gr.
  • Demenge Didier Claude, charpentier, 2fr. 9 gr.
  • Claude Didier Claude, Carlié, que tient des biens de louage des héritiers Pistorins de Morhange,pour quarante-quatre francs, 5fr.6 gr.
  • La vefve Gérard Colas Gérard qui laboure pour sa famille 4 fr.1 gr. 2 bl.
  • George Herquel, laboureur, pour sa famille 4 fr. 7 gr.
  • Claude Colas Humbert tient des biens de louage de la damoiselle Pescheur pour seize francs, du Sr Paul Ferry, gruyer de la Croix, pour treize francs, et de gerbage de la dicte damoiselle Pescheur pour un resail de grain, 5fr. 2 bl.
  • Mengeon Guidat, tailleur d'habitz, 2fr. 9 gr.
  • Didier Tisserand, tisserand, tient deux jours de terre de la damoiselle Pescheur, et en paye par an un resail de grain, 4fr. 7 gr.
  • Mengeon Adam Colin, absent, soub les vénérables du Chapitre de St Diey au ban de St Diey.
  • Claude Jean Simon, faiseur de gy, tient de louage des biens de la damoiselle Pescheurs pour septante-deux francs, 2 fr. 2gr. 2bl.

  • Nicolas Claude Grivel tient des biens de louage d'Anne Conrard de Sr Diey, pour soixante francs cinq gros cinq deniers, y compris les rentes qu'il paye trois francs huict gros, 3 fr. 8 gr.

  • Jean Narrei MarchaL 3 fr. 8 gr.
  • Jean Claude tient de louage des biens de Claude Jean Claudel de Dompaire, pour vingt-huit fr. 3 fr. 8 gr.
  • Humbert Ruyr, cordonnier, tient du bien de louage de George Adriain de Lunéville, pour cent neuf francs quatre gros, compris les rentes qu'il paye trois francs deux gros, deux blans, 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  •  Jean Pierron, passager, que tient des biens de la damoiselle de La Maize de Mircourt, pour deux centz vingt cinq francs et pour dix sept francs deux gros trois blans qu'il paye des rentes du dict bien, 4 fr. 1 gr.  2bl.      
  • Mengel Gaillard, mort, sa vefve pro media.
  • Didier Houssemand Marchal tient des biens de la damoiselle Pescheur, 4 fr. 7 gr.
  • Blaise Barthelemy, forrestier de la gruyerie du ban de Fraize, tient des biens de Claude Jean Claudel de Dompaire pour trente deux francs, 2 fr. 9 gr.
  • George Lemaire charpentier tient de louage des biens de la damoiselle Pescheur pour dix huit francs et de gerbage pour six mines de grain, 3 fr. 2 gr. 3 bl.         
  • Mengeon Ruyr Royer.3 fr. 8 gr.
  • Mansuy Saint Dizier le père, 13 fr. 9 gr.  
  • Mansuy Saint-Dizier le jeune, admodiateur des terres de la damoiselle de La Maize de Mircourt qui en paye par an deux centz vingt cinq francs pour la moictié avec Jean Pierron et les rentes qu'ils payent chacun dix sept francs deux gros trois blans, 8 fr. 3 gr.
  • Nicolas Narrei, Marchal, tient des biens de la.damoiselle Pescheur et du sieur Paul Ferrypour cent francs par an 3 fr. 11 gr. 2 bl.
  • Claude Mengel Humbert tient des biens du sieur Paul Ferry, gruyer de la Croix, pour trente sept francs, du sieur Vuillemin de Colman pour vingt six francs, pour un resail quatre mines de grain, et de Menodon Andreu de Sainte-Marie pour un resail, 4 fr. 1 gr. 2 bl.
  • Simon Bessat, barlé, tient deux jours de terre de la damoiselle Pescheur qui en paye un resail de grain de Claude Jean Claudel de Dompaire pour sept francs et pour dix mines de grain, 5 fr. 2 bl.
  • Jean Barre, chasseur , 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Nicolas Biétrix, moictrier de la damoiselle Pescheur qui tient de ses biens pour deux centz cinquante francs par an et quatre resaulx et demy de grain, 2 fr. 9 gr.
  • Mengeon Le Masson, laboureur, pour sa famille, 9 fr. 2 gr.
  • Mengon Colas Ruyr, artisan 2 fr. 9 grl.
  • Claude Hardal, laboureur, pour sa famille et tient des biens de la damoiselle Pescheur, 5 fr. 2  bl,
  • Gérard Gérard, laboureur, pour sa famille, 11 fr. 11 gr.
  • Grégoire Biétrix, sagaire, 7 fr. 4 gr.
  • Pierre Villaume, artisan, 2 fr. 9 gr.
  • Adam Biétrix, artisan, 3 fr. 8 gr.
  • Dieudonné Andreux Masson  5 fr. 2 bl.
  • Grégoire Jean et Saulcy Barbe 3 fr. 8 gr. 
  • Valentin Claude, artisan, qui tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour quinze francs et deux vaches pour huit francs et la moitié de la nourriture .2 fr. 3 gr. 2 bl.
  • Jean Colas Léonard, maçon, 3 fr. 8 gr. 
  • Jean Colas Olry, artisan, qui tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour trentefrancs, 2 fr. 3 gr. 2 bl.
  • Nicolas Adam, sagaire, tient de louage des biensde la damoiselle Pescheur, 3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Simon Mathiot, qui tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour vingt-six francs 6gros, 4 fr. 1 gr. 2 bl.
  • Nicolas Perrotei, qui tient des biens des héritiers Pistorins de Morhange, pour cinquante francs,6 fr. 5 gr.
  • Jean Le Frouim, qui tient quelque bestail, 4 fr. 7 gr.

  • Jean Vincent, bottelier., 2 fr. 3 gr. 2 bl.
  • Claude Magron, artisan, qui tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour trente-trois francs par an, 1 fr. 10 gr.
  • Martin le Rugnon, bottelier .3 fr. 2 gr. 2 bl.
  • Colin Le Fromin, bottelier, tient des biens des héritiers Pistorins de Morhange, pour cinquante-six francs,  2 fr. 3 gr. 2 bl.
  • Jean Andreu, cy devant soldat, tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour vingt francs par an, 1 fr. 10 gr.
  • Valentin Le Comte, moictrier au Reudlin, 2fr.9gr.
  • Blaise Perrotei le Jeune, laboureur, pour sa famille, 5 fr. 1.1 gr. 2 bl.
  • Jean Bessat, artisans, qui tient des biens de la demoiselle Pescheur,  1 fr. 10 gr.
  • Demenge Guidat, bottelier, tient des biens de la damoiselle Pescheur, pour soixante-quatre francs, 1 fr. 10 gr.
  • Jean Demenge Claude, moictrier de Straussy, pour les héritiers Ferry Ferry, de Saint-Diey, 2 fr. 9 gr.
  • Didier Jean-Michel, artisan,  4fr.7gr.
  • Mengel Vinel tient des biens de la damoiselle Pescheur pour trente francs et six mines de grain et de Mengeon Andreu demeurant à Sainte Marie pour dix mines de grain, 1 fr. 10 gr
  • Blaise Jean de Saulcy, artisan, qui tient des biens de la damoiselle Pescheur pour trente francs et six mines de grain, 1 fr. 10 gr.
  • Nicolas Bateurmeix, artisans, tient des biens de la damoiselle Pescheur pour douze francs., 1 fr. 10 gr.
  •  Gérard Perrin, artisan , 2 fr. 2 gr. 3 bl.
  • Nicolas Hidoulx qui tient quelque bestail et tient des biens de la damoiselle Pescheur pour deux centz douze francs, 7fr.1gr.2bl
  • Demenge Hidoulx, artisan, 1 fr. 7 gr. 2 b1.

Traditions populaires et Suédois à Fraize (1639)

1639 : D'après la tradition populaire

Ce fut une époque bien triste et bien pénible pour la pauvre Lorraine, que celle où elle eut à soutenir à la fois le choc des armées françaises, aidées de leurs sauvages alliés les Suédois. Pour des motifs politiques qu'il est inutile de relater ici, et dont la tradition est restée ignorante, les Suédois, qui occupaient l'Alsace, firent d'abord irruption dans le Val de Saint-Dié (1633), qu'ils dévastèrent complètement ; il ne paraît pas qu'alors ils eussent remonté la vallée de la Meurthe, pour opérer leur pillage jusqu'à Fraize. A ce moment, les troupes lorraines parvinrent cependant à refouler les agresseurs jusqu'en Alsace ; mais le duc Charles de Lorraine ne pouvait tenir tête longtemps à l'habileté du cardinal de Richelieu, ni surtout à ses puissantes ressources, et après maintes escarmouches, mêlées de succès et de revers, la Lorraine se trouva de nouveau envahie, d'un côté par les Français et de l'autre par leurs alliés les Suédois, connus généralement dans le val de Fraize sous le nom de Houèbes, selon l'idiome du pays ; c'était en 1639.

Cette fois (c'est la tradition qui parle), les Suédois furent vraiment cruels, et s'abandonnèrent à des actes de sauvagerie sans pareille, pillant, égorgeant et incendiant tout à la fois. L'histoire est d'accord avec la tradition pour l'exactitude de ces faits. Il ne parait pas certain que ce fussent les mêmes bandes qui ravagèrent en même temps Saint-Dié et Fraize, car les récits des anciens indiquent clairement que les Houèbes faisaient leur entrée par le col du Bonhomme, et en outre, l'histoire mentionne un gros de troupes suédoises, en permanence au pied des Vosges, pour de là se porter où il y avait quelque curée à faire. Après leurs déprédations, ces bandes chargées de butin reprenaient également le chemin des montagnes.

La localité de Plainfaing eut surtout beaucoup à souffrir de la férocité de ces brigands, et on va jusqu'à dire que ce pays fut en partie dépeuplé, autant par les assassinats des Houèbes que par la mortalité qui suivit leurs ravages. Il en fut de même dans la vallée de Clefcy, très peuplée alors, et dont les habitants se réfugièrent au fond des forêts, pour échapper à la fureur de la soldatesque. Quelques-uns ont voulu dire que Fraize même n'aurait pas été épargné par ces sauvages, qui l'auraient incendié ; cette version est fort contestable, car la tradition n'en parle nullement, et si cet incendie considérable avait eu lieu, le souvenir s'en serait conservé comme les autres faits frappants de la même époque. II est vrai aussi que le millésime le plus ancien que l'on puisse trouver inscrit sur nos demeures, ne remonte guère au delà de l'invasion suédoise; le plus ancien que j'aie pu découvrir dans la rue de la Costelle, qui est pourtant le noyau primitif du bourg, est 1621 ou 1631, le 2 étant très peu apparent; c'est l'ancienne demeure de la notable famille des Perrotey. D'un autre côté, l'histoire est muette aussi à l'égard de cet incendie. Qu'il y ait eu des incendies isolés et fréquents, c'est très admissible, mais qu'un village tout entier ait été livré aux flammes , à mon avis c'est plus que douteux.

Les Houèbes, dit la tradition arrivaient à l'improviste. par bandes et à cheval ; ces bandes étaient, sans aucun doute, assez fortes pour en imposer aux populations en les tenant sous le coup de la terreur. Ces pillards se rendaient chez les principales autorités, curé, maire, échevin et adjoints, ainsi que chez les principaux notables, les attachaient à la queue de leurs chevaux et ne les rendaient que contre une rançon importante. C'était un impôt levé sur le pays, et chacun devait y contribuer en proportion de ses moyens; il fallait bien s'exécuter, et comme cette spéculation plaisait fort à ces bandits. ils en usaient; de sorte que les bourses des pauvres habitants du ban de Fraize furent bientôt à sec. Ne pas contenter ces forcenés, c'était s'exposer à de cruelles tortures ; l'abus de la chose créa le remède : on tint conseil, et les plus courageux, les plus décidés, émirent l'avis qu'il fallait opposer la force à la force et essayer de la défense. Il fut donc résolu que tout homme valide paierait de sa personne et. de son courage, puis, comme il s'agissait d'opérer par surprise, des éclaireurs furent désignés pour donner l'alerte le cas échéant. Le terrain d'alors se prêtait admirablement à ce genre de guerre de partisans. De Demenmaix à Plainfaing il existait, non pas la route actuelle, mais un chemin de communication parfaitement praticable, car les deux localités de Fraize et de Plainfaing ne formaient alors qu'une seule commune et une même paroisse, les allées et les venues entre ces deux lieux devaient être fréquentes.

En ce temps, la droite du chemin était déserte et inculte; il n'y avait d'autre végétation que des épines et des fourrés très épais qui se prêtaient très bien à une embuscade. On connaissait ces lieux sous le nom de ly Spingues de DjèhaDjèhè, ou en français les épines de Jacques Jacques. Ce lieu propice fut donc choisi pour s'y cacher et y attendre les Houèbes; chacun s'y rendit avec l'arme qu'il avait pu se procurer, qui une hache, qui une faux, qui une fourche, etc., la tradition omet les fusils,  il faut bien admettre cependant qu'il devait s'en trouver quelques uns. Les détails de la lutte n'ont pas été conservés, la tradition ne parle que du massacre et de la destruction complète des Suédois, lesquels furent tous enterrés à la place même du champ de bataille, lieu dit aujourd'hui à la Poutraut. La tradition ne dit pas non plus combien de braves défenseurs du foyer domestique succombèrent dans le combat ; évidemment il y eut des victimes, mais celles-ci, du moins, furent recueillies par des mains pieuses ou amies, pour être ensuite déposées, non moins pieusement, avec larmes et regrets, en terre sainte.

Plus tard , quand le duc Stanislas fit ouvrir la route de Saint-Dié (n" 4 dép.) pour atteindre le col du Bonhomme, les terrassiers furent grandement surpris de mettre au jour une quantité considérable d'ossements humains. Sur une pareille trouvaille, les conjectures allaient bon train; car le souvenir de cette lutte désespérée était perdu par une distance de 120 à 125 ans. Cependant, une toute vieille femme de Plainfaing, qui avait conservé une mémoire heureuse, raconta ce qu'elle avait ouï dire à ses parents, et alors la lumière fut faite sur cette singulière découverte.

Il y a 40 à 50 ans les restes des Houèbes n'étaient pas encore tous passés à l'état de poussière, et il n'était pas rare, lorsque la charrue mordait plus profondément que d'habitude, de rencontrer quelques débris d'ossements, preuve certaine que là avait eu lien un grand enfouissement.

La tradition nous a conservé aussi le souvenir de la grande peste qui désola le ban de Fraize après l'invasion des Suédois. Par suite de la culture négligée, le pain devint d'une extrême rareté, et son prix hors des bornes ne permettait pas à la classe populaire d'en acheter. La pomme de terre n'était pas connue, de sorte que le peuple des campagnes fut réduit à se nourrir des herbes des champs. Cette alimentation contre nature eut des effets désastreux : les corps des plus malheureux devinrent noirs et l'affection dégénéra en une peste tellement intense, qu'en certains lieux elle moissonna la plus grande partie de la population ; le petit village des Aulnes, dit la tradition, fut plus affligé que les autres, trois vieilles filles seulement survécurent. Le pays fut longtemps pour se remettre de tant et de si grands malheurs, les villages du val étaient à moitié déserts, et beaucoup de maisons servaient de tombeaux à leurs anciens propriétaires ; elles devinrent le patrimoine des premiers qui osèrent pénétrer dans ces asiles de la mort.

Les curés de Fraize

Les curés de la paroisse de Fraize

source : étude historique sur l'ancien ban de Fraize par l'abbé Georges FLAYEUX

Les liens sur les noms vous permettent d'accéder à des informations complémentaires ou à des (re)copies de documents.

Avant 1500

  • Ferry (1307)
  • Sr Grandidier

XVI° siècle

  • Pierre Claveci (1565 demeurant à Deuville, près de Lunéville)
  • Jean Prévost (1567), successeur du précédent.

XVII° siècle

  • Nicolas Gérardin (mort en 1638)
  • Claude Gégoux
  • Pierre Richard, nommé par le chapitre en 1643.
  • Gérard (ou Evrard) du Habay (résigne sa cure en 1649)
  • André Gérardin 
  • Eric Cotte (réside à Mandray, 1655-1660)
  • Jean Cordonnier (1660-1667)
  • François Padoulx est nommé le 27 octobre 1668
  • Frère Grégoire Saint-Mathieu et frère Marc de la Réssurection, carmes, sont administrateurs de la paroisse du 2 avril 1675 au 1à mai 1676.
  • Philippe-Charles Guénault (1676-1697)
  • Jean Gérard est curé provisoire en 1680
  • François Perrotey est curé-provisoire de 1694 à 1697
  • Blaise Perrotey (1697-1725)

XVIII° siècle

  • Jean-Baptiste Finance (1725-1779)
  • Nicolas Vichard 

Les vicaires de la paroisse de Fraize

 
  • Claude Renard (1707)
  • Adam (1710)
  • Blaise Perrotey (neveu du curé homonyme)
  • N. Houssemand (1715)
  • Jean Chaxel
  • J.-B. Houssemand

Les désignations des prêtres et anecdotes

Lettre de Provision de Pierre Ricard

Les lettres de provision des curés du Val de Saint-Dié, nullius diocesis, venaient de Rome.

Voici celle d'Urbain VIII à Pierre Richard : "Petrus Richard, approbatus in concursus super pariochali de Fraze nullius diocesis, provincioe Trévirensis, juridictionis proepositi magni nuncupati collegiatoe S. Deodati juridictionum quasi episcopalem exercentis... Kal. Martii Urbani P. P. VIII.

La nomination d'André Gerardin

Bulle d'Innocent X nommant à la cure de Fraize André Gérardin : Andreas Gerardin approbatus  in concursus super pariochali de Fraze, in valle Sancti-Deodati, nullius diocesis, provincioe Trévirensis, juridictionis Proepositi Collegiatoe Sancti-Deodati  particulare et separatum territorium habentis et juridictionem quasi episcopalem exercentis. Dat. Romae apud S Mariam majorem, 7, Kal febr Innocenti X, anno sexto.

Jean Cordonnier

De 1660 à 1667, Messire Jean Cordonnier fut curé de Fraize, lui aussi avait sa résidence à Mandray, et comme son prédécesseur, était souvent suppléé dans l'administration des sacrements ; comme le prouvent les actes des baptêmes signés en 1664 par M. Poupart, chanoine de Saint-Dié , et de 1665 à 1668 par fr. Bonaventure, du couvent de Raon.

Jean Cordonnier mourut le 8 mai 1667.

Ph-Ch Guénault

En 1676, Philippe-Charles Guénault, de Sainte Marguerite, curé de Neuve-Eglise, est administrateur de la paroisse de Fraize. C'était le frère ou le proche parent de M. Guénault, médecin à Fraize et de Marie-Barbe, personne notable, habitant aussi Fraize.Il est nommé curé de Fraize en 1678 car, à cette date, il signe "Guénault, curé".

Il était licencié en l'un et l'autre droit, docteur en théologie, chanoine. Il fut même annobli en 1696 il obtient son enregistrements dans l'armorial de France dit de d'hozier moyennant la taxe de 20 livres.

C'est sous son administration que sera reconstruite l'église de Fraize.

Ph.-Ch. guénault se retira du ministère en 1697 et termina ses jours à Fraize où il mourut en 1708, le 24 janvier. Il fut inhumé au choeur de l'église par MGR le grand vicaire accompagné de tous les curés du val.

Blaise Perrotey

Blaise Perrotey qui fut nommé curé de Fraize en 1697, était originaire de Fraize. Il était fils de Blaise Perrotey et de Jeanne Grandcolin et naquit en 1673. Il fut ordonné prêtre à Bale en 1691.

Lorsqu'il mourut le 1à août 1725, il était chanoine, senier de l'église de Saint-Dié, docteur en théologie, official, protonotaire apostolique, pro-vicaire général. Il est inhumé  à l'intérieur de l'église.

J.-B. Finance

J.-B. Finance, chanoine, official, provicaire général, licencié en théologie, devient curé de Fraize le 6 octobre 1725 et le demeure durant 54 ans.

Il mourut le 24 mai 1779 et fut inhumé dans l'église.

Sa mère était morte à Fraize en 1731.


Fraize et environs : les premières implantations

samedi 5 janvier 2013, par Anne Auburtin

Source : "Etude historique sur l'ancien ban de Fraize", Abbé Flayeux, XXVI° bulletin de la société philomatique de Saint Dié

Les premiers habitants, qui, le long de la rivière, se groupèrent autour des disciples de St-Dié, formèrent un premier village que l'on appela la Costelle, c'est-à-dire Petite-côte. La Costelle, qui existe encore, et que l'on peut appeler le vieux Fraize, se trouve en effet sur un petit plateau, formant la première pente de la montagne.

Dans la suite, d'autres hameaux surgirent également aux environs de l'oratoire de Saint-Blaise. La plupart existent encore avec leurs anciennes dénominations. Nous allons les citer, en établissant leur étymologie.

Les Aulnes, nom bien champêtre, donné aux habitations groupées comme la Costelle, sur la rive droite de la Meur¬the, mais en aval, et plus bas que l'oratoire. Les aulnes qui croissaient en cet endroit marécageux, ont donné son nom au village.

Clairgoutte et Noirgoutte, qui ouvrent et ferment le haut cours de la Meurthe, sur la rive gauche. Le mot goutte,  vient du bas latin gotta, ruisseau, torrent. Clairgoutte signifie donc ruisseau blanc ou clair, puisque clair se prend ici dans le sens de limpide, qui se traduit en patois par kiach. Noirgoutte, par contre, signifiera ruisseau trouble.

Belrepaire et Mazeville, dans la même région que les aulnes. Paire, Parium, indique une habitation ou une portion de terre, ou encore une redevance en nature, mais à laquelle correspond une surface de terre. Belrepaire signifie donc belle portion de terre, taxée d'une redevance fixe. Mazeville n'est autre que Ville de masures.

Habeaurupt, autrefois on disait Habaruz. Ruz ou Rupt est le même mot que ruisseau. Il est difficile d'établir le sens du préfixe Hab .

Scarupt. sur un petit ruisseau, affluent de la Meurthe. Scarupt ne signifierait-il pas « Ruisseau en cascade ? » Le ruisseau de Scarupt n'est en effet qu'une série de cascades.

Le Valtin « une source de la Meurthe; en pleine montagne » Le nom Valtin, dit l'abbé Ryce, est allemand « comme en effet, ce pays à esté allemagne, et en retient encore les usages, en beaucoup de circonstances, comme qui dirait : in Valt, dans le bois qui est Valtin. »

Plainfaing.  « Plain désigne un lieu plan ou horizontal . Faing du germain fenn, indique un lieu marécageux. La signification de Plainfaing sera donc « endroit plan et marécageux. Tous ces hameaux se formèrent à la longue ; ils se peuplèrent de plus en plus, au fur et à mesure que les religieux des monastères attiraient des habitants et des colons en nos contrées. Avec le temps,  ils devinrent de véritables villages.

Les bangards (gardes-champêtres) de Fraize

jeudi 17 janvier 2013, par Anne Auburtin

Source : "Etude historique sur l'ancien ban de Fraize", Abbé Flayeux, XXVI° bulletin de la société philomatique de Saint Dié


L'administration des eaux et forêts portait le nom de gruerie. Les seigneurs et le Chapitre avaient chacun leur gruïer pour garder leurs domaines et leurs bangards ou garde-champêtre.

La nomination des bangards se faisait comme celle des officiers municipaux, par élection. Ceux qui étaient nommés devaient prêter serment devant les maires ou gens de justice et se conformer aux ordonnances et à la coutume Lorraine, sous peine de demeurer responsables du dommage ou dépens qui pourrait résulter de leur négligence ou retard.
Plusieurs procès-verbaux, faits par les bangards, XVIIe siècle, sont conservés aux archives ,
1667
  • Procès-verbal fait par Dominique Dieudonné, bangard, à Valentin Napvel, de Layegoute, au sujet d'un cheval que le dit bangard voulait lui prendre, parce qu'il en avait 9 sur une voiture.
  • Procès-verbal fait par Sébastien Énaux, bangard, pour un cheval trouvé dans un champ de seigle.
Les gruïers et les bangards présidaient aussi aux distributions affouagères. Le registre de martelage des bois de 1667 à 1772, nous montre ce qui a été délivré aux habitants de Fraize, dans les bois communaux : 50 sapins à Urbain Ferry, du Valtin, pour construire une grange, dite le Kemba; 60 sapins à François Houssemand , du Belrepaire, pour construire une fontaine; 40 sapins à Marie Jarel, veuve Brabon , pour construire sa maison ; 24 sapins à Claude Noël, de la Costelle, pour bâtir là maison du vicariat de Fraize.

Fraize procès entre le Chapitre et les seigneurs.

lundi 21 janvier 2013, par Anne Auburtin

Source : "Etude historique sur l'ancien ban de Fraize", Abbé Flayeux, XXVI° bulletin de la société philomatique de Saint Dié

L'accord n'existait pas toujours entre les officiers du Chapitre et les officiers des seigneurs. Il y eut entre eux bien des contestations d'où naissaient des procès, des luttes, si bien que les chanoines et les seigneurs, presque continuellement en mésintelligence, étaient pour ainsi dire, continuellement aux prises.


Plusieurs pièces de ces procès et de ces démêlés nous ont été conservées.

En 1593, M. de Château-Brehain, seigneur de Fraize, adressa une requête au duc de Lorraine, disant que Jacquot, son gruïer, a trouvé Claudon Humbert, sujet du Chapitre de Saint-Dié, qui avait coupé au ban de Fraize, un arbre et l'avait amené avec jument. Cette jument a été confisquée et vendue au profit du seigneur, suivant son droit. Pour rentrer en possession de sa jument, Humbert s'adressa aux officiers du Chapitre de Saint-Dié au lieu d'en référer aux échevins de Nancy. « Ce requérant, demande que pour ce cas et autres semblables, il soit statué par la justice de Nancy, devant laquelle les parties seront entendues. »


En 1578, « procès entre les chanoines et les seigneurs de Château-Brehain, au. sujet d'un four à Fraize. »

En 1582, autre procès « entre les officiers du ban de Fraize et les vénérables chanoines de Saint-Dié, au sujet d'un procès-verbal fait par les forestiers de Fraize, à un nommé Lemasson, qui est sujet du Chapitre. Les chanoines protestent de nullité contre ce procès dans lequel ils ne sont pas intervenus; les officiers de Fraize protestent le contraire. Pour entendre les témoins, le lieutenant du Chapitre s'est transporté au-dessus d'une montagne, en un lieu dit La Grande-Côte, proche d'un certain rocher, où on a fait autrefois du charbon. »


De 1627, citons encore un nouveau « procès entre les mêmes, au sujet des bois du ban de Fraize. »


Nous pourrions continuer les citations, mais cela nous montre suffisamment que toujours le Chapitre eut à lutter pour faire respecter ses droits, soit par ses voués, soit par ses administrés.
Mais l'objet principal des querelles et des procès entre les chanoines et les seigneurs, fut la montagne de Strazy, entre Fraize, Clefcy et Plainfaing.


En 1570, il y eut d'abord un premier procès a au sujet d'une grange, située à cette montagne de Strazy, entre MM. de Château-Brehain et autres seigneurs, et les chanoines. » Ce procès passé devant a Messieurs de la justice de change à Nancy, fut perdu par le Chapitre, qui en paya les frais : 97 florins 2 gros 19 deniers, comme le prouve la quittance faite par M. Georges Didon, représentant les seigneurs de Fraize, au sonrier du Chapitre.

En 1578, au sujet des limites de cette montagne de Strazy, de nouveau, un procès au bailliage de Saint-Dié et à la Cour lorraine, « entre le Chapitre et les habitants de Cleuvecy et de Ban-le-Duc, d'une part, et le sire de Cogney d'autre part. »
Enfin, tous ces démêlés au sujet de cette montagne se terminèrent par un procès-verbal des terrains litigieux, entre le Chapitre d'une part, et Georges Bayer, seigneur de Château-Brehain, et le comte de Ribeaupierre, d'autre part.  Ce procès-verbal délimite ainsi la montagne :

  1. Borne à la pointe des deux chemins allant sur Sérichamp et à la grange d'Antoine Ferry, de Cleuvecy ;
  2. Borne près d'une route allant au fond de Strazy ;
  3. Borne près du ruisseau ;
  4. Borne entre le chemin allant à Sérichamp et la fontaine dite : a Dessus-le-Ruisseau ; »
  5. Borne au-dessus de la dite fontaine.

Enfin en 1580, à. la suite de ces procès d'abornement, eut lieu a la déclaration des limites du ban de Fraize, faite par « les commis des habitants du dict banc, en présence de M. Jean Roussel, curé de Girecourt, et Messire Jean Malvoisin, commis et députés des tuteurs de feu le sieur de Chateau-Brehain, et de Jean Champenois, admodiateur pour M. de Ribeaupierre, au dict ban de Fraize. »
Cette déclaration est celle que nous avons citée textuellement, en parlant de la formation du ban de Fraize. Nous allons achever la citation de cet acte important et curieux, car il nous fait connaître, non seulement les limites. mais encore les hameaux, les rivières, les scieries, les me ulins, les granges, les huttes du ban de Fraize; avec les noms de plusieurs habitants de cette époque.
Dans le circuit de ces limites , ajoute cette déclaration, a sont compris treize villages, tant petits que grande, sçavoir : La Costelle, Belrepaire, Le Mazeville, Les Aulnes, Scarux , Ban-St-Diey, Plainfaing, Noirgoutte , Clairgoutte, Habaruz , Le Valtin , Strazy, Demenemeix. »

Au dit circuit sont aussi trois petites rivières qui n'en font qu'une, au lieu dit Pieressont, sçavoir : celle qui sort de la montagne de Ruspert, descendant à Scarupt, sur la-quelle il y a deux moulins, appartenant aux dits seigneurs. L'un tenu par Claude Richard, l'autre par Colin-Colas Di¬dier; et deux granges assises entre la dite rivière, sur le pendant de la montagne, qui dégotte en la dite rivière, l'une tenue par Claude Richard, et l'autre par Jean-Nicolas Bertrenieix, en payant rente aux dits seigneurs.

La deuxième rivière, sortant du lieu dit Chaume, descendant par la hutte de Borensson et de Plainfaing, sur laquelle il y a 2 scies, l'une commencée à rétablir, par les sieurs Herquel et l'autre par le sieur Claude Richard et consors, avec la hutte de la fonderie des mines d'argent. « Au long de laquelle rivière et dégost des dites montagnes, sont plusieurs granges, sçavoir trois au. lieu dit Chaume, tenues par Claude Herquel ; deux anciennes et une de nouveau bâtie, une autre plus bas, tenue par les héritiers de Nicolas Bayart ; une autre dessous le Grand-prey, nouvellement bâtie, tenue par Valentin-Jean de Saulcy, plus une autre du côté de Hangouxey, nouvellement bâtie, tenue par Humbert Nangeoy, et 3 autres petites huttes au dist costé, deux dicelles, tenues par.Nicolas-Jean-Claude et comparsonniers, et les autres par les héritiers de Jean de Mandray : plus encore une grange au lieu dit, au-dessous de la Maize, dans les bois, tenue par les hoirs Claude Olry, et l'autre sise à Selzon, tenue par Blaise Lemasson.

Et la troisième rivière, commençant au-dessus de la Combe du Vallin, en laquelle entrent plusieurs ruisseaux comme de Lacespach, Heydebach, de Strazy, autres en descendant bas jusqu'au dessous de Belrepaire, où la séparation se fait du ban de Fraize et de Clevecy, sur laquelle sont plusieurs moulins et scies, savoir : R au Valtin 2 moulins, tenus par Demengeon Bessart, une scie au dit lieu, tenue par Demangeon Haxaire, une scie dite au .Chautray, tenue par tes hoirs Laurent Didier et Demenge Andren, une autre scie plus bas, tenue par les hoirs Colin Vaultrin et autres, 2 moulins à Habeaurupt, tenus par Jean de Fremy, et l'autre par Nicolas Claudon ; 3 moulins à Noirgoutte, l'un tenu par Nicolas Flayeux, le deuxième par Colin Vaultrin, et les autres par les hoirs Pierre Didier. 3 moulins faisant 5 tournants sis à Plainfaing, l'un tenu par Blaison Jean de Saulcy, le deuxième tenu par les hoirs Claude Olry, l'autre par Claudon Herquel. 3 moulins sis à la Costelle, l'un tenu par les hoirs Claude Gaillard et l'autre par Demengeon Colas Didier, et l'autre par Blaise Claudel et autres. Deux moulins sis au lieu dit les Aulnes, l'un tenu par Jean Charpentier, et l'autre par Nicolas Jeandel. Deux moulins et un battant au lieu dit au Belrepaire, l'un tenu par Nicolas Andren et l'autre par Demengeon Mandray.

Outre plus au long de la rivière, dès le commencement où elle sort du lieu dit de la Combe, et en descendant il y a plusieurs granges et huttes, tant vieilles que nouvelles bâties et érigées de part et d'autre de la dite rivière, à savoir une grange nouvellement bâtie dite au Rond Pré en la dite Combe, tenue par Blaise Haxaire ; une autre grange renouvelée, tenue par Gérard Perrin en la dite Combe, au lieu dit Astenebach. Une grange sise au dessous du dit Valtin, dès longtemps tenue par Demenge Bessart. Une grange nouvellement bâtie, au lieu dit les Riettes, tenue par Colin Colnat et consorts. Deux autres granges, au lieu dit au Rudlin, depuis peu de temps rebâties là où il n'y en voulait avoir qu'une tenue par Blaise et Gérard Haxaire ; Une grange vieille au dit lieu, tenue par Merlin le Reuffès. Une grange vieille et rebâtie nouvellement, tenue par Ricelin Hans Mecquelin. Une grange faisant maison au dessus de Lesfos ses tenue par les hoirs Pierrat-Didier. Une grange au dit lieu renouvelée, tenue par les hoirs Pierrat-Didier au dessus de laquelle il y a des prés d'arientement et un étang tenus par Claudon Herquel. Une grange au lieu dit Les Bamonez, tenue par les hoirs François le Charpentier, une grange au lieu dit à l'Auvaige Blaise, tenue par Jean Vincent, toutes lesquelles granges, huttes, scies et moulins, sont situés au ban de Fraize, et retenus des seigneurs du dit ban, comme à eux appartenant les Eaux, Bois et Montagnes.

Outre les choses sus dites, les dits commis des habitants ont déclaré que les habitants du Val d'Orbey ont droit de pâturage sur le ban de Fraize et comme semblablement les habitants du dit ban de Fraize ont droit de pâturage sur le ban du Val d'Orbey et autres bans joindant au moyen que la giste s'en fasse en leur domicile et non en certaines huttes que depuis quelques années ils ont fait en haut des chaumes et montagnes venant proche des limites et séparations de leurs bans et finages et où les dits du Val d'Orbey et autres : « font la giste de leur bestail contre les coutumes et usages anciennes et au grand préjudice non-seulement des seigneurs, mais aussi des dits habitants de Fraize, parce que avant que leur bestail soit monté en haut de la montagne, ceux du dit Orbey et autres qui font leur giste aux dites huttes ont mangé et pâturé tout le haut des pâturages des dites chaumes et montagnes, requérant aux commis des sieurs tuteurs et seigneurs de Ribeaupierre y être proveu comme aussi semblablement à l'entreprise faite par les officiers des sires de Ribeaupierre au ban d'Orbey, au haut bois du ban de Fraize. »

« La déclaration des choses devant être faite par les honorables hommes Claude Herquel, Nicolas Colignon, Jacquot de Jadel, Claude Richard, procureurs et députés pour et au nom des manants et habitants du dit ban de Fraize, assistés de Jean du Chipal, Mengeon Grasmaire, Nicolas Didier, Louis Combaux, Jean Duchaine, Nicolas Andren, Nicolas Gérard, Blaise Ferry, Haxaire, sergent, Nicolas Colin, Jean Claude, Antoine, Nicolas Claudon, Jean Demengeon , Blaise Haxaire, Jean Vincent, Claude Andren, Ferry Haxaire, Nicolas-Jean Cuny, Jean Malermey, Claudon Humbert, Humbert Mengel, Valentin Jean de Saulcy, Jean Framy, Nicolas Flayeux, Rienslin, Louis Mecquelin , De¬menge Clément, Bastien Colignon, tous bourgeois, manants, résidants au ban de Fraize, tant au Vallin, Noir-goutte, Habeaurupt, Plainfaing , qu'aux autres villages ci-devant nommés, sujets aux dits seigneurs de ChâteauBrehain et de Ribeaupierre , et en présence d'honnêtes hommes, le maire et Bastien Ferry, de Clevecy, et le maire Claude Gabourel, de Mandray, et moi, tabellion juré, conscrit, les ans et jours sus dits. »
Signé : P. BAREY (avec parafe) .

Fraize et l'abbaye de Saint-Dié

lundi 30 décembre 2013, par Anne Auburtin

Source : société d'émulation des Vosges. Annales de la Société d'émulation du département des Vosges. 1831. (Gallica)

Cette localité est mentionnée dans la liste des possessions du chapitre (transaction) de 1188. Le prévôt percevait sur les cens des hommes de ce lieu, 12 deniers. Par contre il n'est pas parlé de maire, ni de redevances dues par la mairie. Le duc avoué avait dû recevoir sur ce territoire des biens importants puisque nous voyons Simon II offrir en réparation des graves dommages causés au chapitre, 40 sous sur les cens de Fraize (1200), et Mathieu II, pour le même déplorable motif, assigner au chapitre 100 sous sur ceux d'Anould et de Fraize, sans que nous sachions la part respective de chaque lieu (1222).

Au spirituel, la paroisse de Fraize dépendait de la juridictiion du grand prévôt il recevait 5 ou 6 sous pour le benedicti et 7 s. 4 d. pour les menues dîmes. Les dimes que se réservait l. chapitre s'élevaient en 1398 à 52 muids. 10 bichets de blé et.6 resaux de fèves.