Sources : Département des Vosges Léon Louis et Paul Chevreux,1889, (réédition Res Universis)

Description :

Champ le Duc est situé à 2 Km de Bruyères, à l'entrée d'un vallon, dans la vallée de la Vologne,traversé par le ruisseau de Lizerne, à 430 m d'altitude.

Autres appellations :

  • Avant la Révolution : Champ le Duc Lez Bruyères
  • Sous la Révolution : Champ sur Lizerne.

Les écarts

  • Borémont (6 habitants, 2 maisons)
  • Gervaux (9 habitants, 3 maisons)
  • Grand-Fête (20 habitants, 3 maisons)
  • Haut-de-la Fosse (8 habitants, 2 maisons)
  • Pré-de-la-Fémure (8 habitants, 2 maisons)
  • Rouges-Terres (7 habitants, 2 maisons)

Les fermes

  • Anifaings (6 habitants)
  • Champ de la Croix (3 habitants)
  • La Goutte-Dany (5 habitants)
  • Feuille-de-la-Tâche (4 habitants)
  • Saint Nicolas (6 habitants)

Habitants

Années

Habitants

171024
an XII298
1830284
1847337
1867309

Les cultures et industries (en 1867) :

  • Sur 392 hectares, 206 sont en terre labourable, 144 en prés, 4 en bois, 5 en jardins, vergers, chenevières. Les cultures principales sont le blé, le seigle, l'avoine, le méteil et la pomme de terre.
  • On y trouvait 1 féculerie occupant 6 ouvriers.
  • Les principaux commerces : bétail, grains et pommes de terre

Archives

  • Les archives du chapitre de Remiremont contiennent de nombreux documents sur Champ le Duc.champduc67.gif

La paroisse

Il arriva souvent que des hameaux dépendant d'une cure devenaient, avec le temps, de véritables centres de population et qu'à leur tour on en faisait des chefs lieux de paroisse. De là d'interminables difficultés entre l'ancien et le nouveau curé.

Une des cures les plus importantes, sous l'ancien régime, fut celle de Champ. Elle comprenait en 1736 sept paroisses qui avait à leur tour des annexes et succursales desservies par des vicaires :

  • Champ avec la mère-église comprenant Laval, Fays, Lépanges (en partie), Prey, Fiménil, Beauménil ; « plus trois granges ou métairies »

  • Belmont  avec Vervezelle, Haut-de-Belmont, Void-de-Belmont, Malieu, Domfaing et «quantité de granges et scieries dans les vallées des Rouges-Eaux. »

  • La Chapelle avec La Rosière, Ivoux, Biffontaine, Les Poulières et quelques granges.

  • Saint-Jacques-du-Stat avec Neuné, Tiriville, le fief de Vienville et granges, appelée Neuves-Granges.
  • Granges avec le Vinot, Lêtre, Les Voids, Seroux, Les Evelines, Boulay, Franchemenel, Brechigranges et "quantités de métairies répandues dans les vallons et montagnes de cette vaste paroisse"

  • Jussarupt avec Aurnontzey, dont Herpelmont et quelques granges dépendaient ;

  • Saint-Jean-du-Marché avec Houx, Laveline-du-Houx et quelques granges.

La cure de Champ fut unie au chapitre de Remiremont le 14 mai 1431. L'évêque de Toul, Henri de Ville, avait, par l'acte d'union, réservé le tiers des dimes et autres revenus pour le curé. "On ne sait par quelle aventure le curé de Champ, nonobstant ladite réserve, si clairement énoncée dans les titres de l'union susdite, ne jouissait plus que d'un neuvième au lieu du tiers de la dîme... " Pendant deux siècles les curés de Champ se résignèrent, mais ils profitèrent de l'occupation de la Lorraine par les Français pour entamer un procès : Le Parlement de Metz, par arrêts du 20 juillet 1646 et 30 janvier 1674, rendit aux curés le tiers de la dîme.

Cette cure de Champ, si importante en 1725, à l'époque où elle avait pour chef Jean-Claude Sommier, avait tout l'aspect d'un petit doyenné. Auparavant, son importance était encore plus grande : "De toute ancienneté, écrit l'abbé Sommier, la ville de Bruyères avait fait partie de la paroisse de Champ ; lorsqu'en 1612, le 15 juillet, elle fut érigée en cure par Mgr Jean des Porcelets, évêque de Toul."

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La grosse affaire, dans ces désunions, était le partage des revenus. C'était une source d'interminables procès.

La cure nouvelle de Bruyères eut son procès avec le chapitre de Remiremont et son ancienne mère-église : dans l'acte de création de la cure, la portion congrue (300 livres) devait être acquittée par les habitants et les dîmes continueraient â être perçues par le curé de Champ et le chapitre de Remiremont. Le curé de Bruyères, réduit à la portion congrue, que les habitants ne voulaient pas augmenter, s'empara des dimes à titre de « supplément à la portion congrue ». De là procès que le curé de Bruyères perdit devant le bailliage royal d'Épinal le 96 janvier 1688 et en appel le 6 juillet 1689 au Parlement de Metz .

Il en fut de même pour Champdray primitivement annexe de Champ, et qui fut érigé en cure le 29 novembre 1669. , Il avait été entendu que "le chapitre (de Remiremont) ne serait jamais molesté, ni recherché au sujet de la portion congrue : les habitants promettant de leur part qu'on s'en tiendrait, pour la dotation de la nouvelle cure, à la part que le curé de Champ avait dans la dîme.."L'évêque de Toul, du Saussay, ne jugea pas à propos d'écouter les réclamations du curé de Champ, qui perdait les dîmes de Champdray, et créa la cure. Le curé de Champ protesta, demanda l'annulation de la décision épiscopale et fut soutenu par le chapitre de Remiremont; mais le duc de Lorraine, Charles IV, soutint le curé de Champdray et il fallut s'incliner .

Plus tard, en 1698, les habitants de Champdray voulurent rentrer dans le giron de l'église de Champ mais on ne put s'entendre.