généalogie et histoires lorraines

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Vry

vendredi 14 décembre 2012, par Anne Auburtin

Sources : Département de la Moselle, Verronais, 1844, ( Réedition Res Universis, 1992) ;liste des émigrés déportés et condamnés pour cause révolutionnaire du département de la Moselle (1791-1800), d'André GAIN

Description :

Village de l'ancienne province des Trois Évêchés. à 15 Km au Nord-Est de Metz, canton de Vigy.

Population (en 1844) :

  • En 1844, on y trouve 578 individus et 74 maisons. 27 garçons et 25 filles fréquentent l'école.

Territoire (en 1844) :

  • 709 hectares dont 194 en bois ;

Vry : le château-fort

le château-fort de Vry

Le château fort de Vry que l’on appelait autrefois « La Petite Metz » était la propriété de l’évêque de Metz en 1217. Il fut détruit par les messins pendant la guerre des Amis (1232-1234) et fut reconstruit peu après par la famille seigneuriale de Vry qui le conserva en partie jusqu’au début du XV° siècle. A cette époque, il devint la propriété de la ville de Metz qui y installa un châtelain et une garnison permanente fortement armée.

Véritable forteresse le château a eu un rôle important durant les guerres locales  des XIV et XV° siècles notamment dans la défense du Haut Chemin entre Metz et Bouzonville. Lors de la guerre intestine qui éclata en 1326, Vry servit de refuge à une partie des mécontents ralliés au maitre-échevin. En 1410 le Duc de Lorraine Charles II se fit attribuer en viager une partie du château, mais il s’en démit en 1423 en faveur de Jean Lohier châtelain du lieu. En 1444 durant la guerre entre les messins et le Duc de Lorraine le château fut pris par les Ecorcheurs français malgré une résistance héroïque de la garnison messine. Le château, avait alors subi d’importants dégâts.

Il fut restauré et une garnison l’occupa jusqu’au début du XVII° siècle. Après la guerre de trente ans, il perdait tout intérêt stratégique. 

Ce château offre la particularité très rare en Lorraine d’être de plan circulaire. Bien qu’en partie ruiné, il était encore en assez bon état jusque vers 1900. Depuis la dernière guerre, il s’est considérablement dégradé notamment à la suite d’un incendie qui a détruit le logis nord-est qui fut habité jusqu’en 1950.

Un curé de Vry sous la révolution

Emigrés déportés et condamnés pour cause révolutionnaire (1791-1800)

  • Barthelémy (Nicolas-Joseph), curé de Vry,

Né à Briey, fils de Nicolas Barthélemy (nommé plus tard président du bureau de conciliation du canton de Briey) et de Marie-Françoise Chenal, il était âgé de 37 ans en 1792. Sa soeur avait épousé Pierre-Nicolas Laurent, rentier à Briey. Curé de Vry depuis 1785, Nicolas Barthélemy, insermenté, fut atteint par la loi du 26 août 1792. Le 12 septembre 1792, il prévint le directoire du district de Boulay que pour obéir au décret de déportation, il se rendait à Spa en passant par Hombourg, Hettange, Luxembourg et autres lieux nécessaires. » Là-dessus, il partit muni d'un passeport. Bien qu'aux termes de la loi il ne fut pas émigré, la municipalité de Vry mit ses biens sous séquestre; les sieurs Thomas et Hazard, de Vigy, ses fondés de pouvoir, protestèrent le 13 décembre et le district fit lever ce séquestre illégal par décision du 22 déc. La municipalité ne s'exécuta que le 12 janvier 1793, et de mauvaise grâce. Dés le 14, le citoyen Brion, ennemi présumé du curé, prétend que Barthélemy est bel et bien émigré, que ses biens doivent être vendus, le citoyen Voirhaye dénonce au département ce qu'il considère comme une atteinte aux droits de la nation, il fait inscrire le curé sur la liste des émigrés. Le père, Nicolas Barthélemy, se désole, il prouve l'innocence de son fils. Le département, dont la partialité est non moins évidente, découvre que le curé de Vry a demandé par écrit et non verbalement le passeport nécessaire à son départ, il est donc bien émigré, ses meubles seront vendus immédiatement (28 janvier). En l'an IV, le père revient à la charge : le 19 vendém., il obtient enfin du département un arrêté qui transfère son fils de la liste des émigrés sur celle des déportés. Comme le comité de législation est, à cette époque, supprimé, c'est le Directoire exécutif lui-même qu rend définitive la décision du département, par arrêté du 8 floréal an V. Le 27 therm. an VIII, le ministre de la police autorise Barthélemy à rentrer à Vry sous la surveillance municipale, puis à Briey où il préfère fixer son domicile, et où il meurt le 3 frimaire an IX, à l'âge de 43 ans, avant d'avoir pu faire sa promesse de fidélité.

Une promenade à Vry

samedi 28 décembre 2013, par Anne Auburtin

Source : Bulletin de la société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, gallica.bnf.fr

Mais nous voici arrivés à Vry. Apercevez-vous sur votre gauche ces ruines pittoresques s'élevant au-dessus d'un tertre couvert de gazon? 

vry_ancien_chateau_pour_blog.JPGCe sont celles du château de Vry ou Petite-Metz, sentinelle avancée de la cité messine du côté de l'Allemagne.

Nous entrons dans l'enceinte par une chaussée étroite à cheval sur un fossé large de 24 mètres. A notre droite nous apercevons une grosse tour percée d'embrasures pour l'artillerie, et à notre gauche la tour du châtelain.

Deux photos de la tour ronde, faites en 1910 à voir sur le site des archives départementales de la Moselle, ici et .


De là nous nous répandons un peu partout à la recherche de quelques indications et de quelques souvenirs. Les uns montera un escalier très raide et très étroit creusé primitivement dans l'épaisseur d'un mur et maintenant mis à découvert. Il les conduit à un misérable recoin qu'on reconnaît avoir été la prison, aux phrases de malédictions écrites sur le mur. Le reste des voyageurs, et ce sont les plus jeunes, escaladent une butte couverte de démolitions et où s'élève, s'appuyant sur la courtine sud-ouest , une tour maintenant effondrée vers sa base et dont les pans en ruines ne tiennent debout que par un effet remarquable d'équilibre. Nous franchissons le fossé et nous plaçant vis-à-vis de cette grande tour et d'une plus petite, sa voisine, un de nous, malgré la pluie qui commence à tomber, prend un léger croquis du château vu de ce point. Puis après nous nous réunissons pour nous diriger du côté de l'église, où nous remarquons un bas-relief encastré dans le mur extérieur du choeur. Il est, comme le château, du quinzième siècle et représente en son milieu un Christ sur le Calvaire; à droite est un moine agenouillé, à gauche un chevalier armé est également dans l'attitude de la prière. Dans les deux autres niches nous n'avons pu distinguer quels étaient les personnages représentés. Aux deux extrêmités l'on remarque sainte Catherine et sainte Barbe que nous reconnaissons facilement à leurs attributs bien connus.
Tous ces personnages sont d'un bon style et encadrés dans des motifs flamboyants d'un très beau caractère. Ce petit monument, dans un état
très rare de conservation, est très curieux et mériterait d'être reproduit soit par la gravure, soit par la photographie. Je me contente d'émettre ce voeu, espérant qu'il sera entendu. L'intérieur de l'église est peu remarquable. Mais les fenêtres du chœur et celles du clocher attirèrent notre attention par leur forme particulière que nous n'avions pas encore rencontrée dans le cours de nos promenades. Elles affectent la forme d'un plein-cintre terminé par une lancette byzantine surmontée elle—même par une fleur de lys.