généalogie et histoires lorraines

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Sarrebourg

mercredi 12 décembre 2012, par Anne Auburtin

Département de la Meurthe, dictionnaire historique et statistique, E. Grosse,1836,(réédition Res Universis, Paris, 1992)

Description

Ville située sur la route de Nancy à Strasbourg, sur la pente d'un vallon, à droite de la Sarre, à 85 km à l'est de Nancy.

Population (1830)

  •  2340 individus
  •  158 électeurs communaux
  •  16 conseillers municipaux
  •  527 feux
  •  276 habitations

Cultures et activités

  • 687 hectares dont 442 en terres labourables, 36 en forêts, 129 en près.
  • Une  manufacture de décors de sculpture (transférée à Nancy)
  • deux tanneries, deux marchands de fer, une fonderie de cloches, une imprimerie.
  • Quatre brasseries, dix épiciers, trois marchands de draps, 
  • Un fabriquant de bonneterie, un chamoiseur, deux fabriquant de chandelles, douze menuisiers.

Sarrebourg : le droit de vogthabert (ou avocatie ou avouerie ou protection)

jeudi 3 janvier 2013, par Anne Auburtin

Extraits du mémoire (1755) de M. Levasseur au sujet du droit de vogthaber qu'on voulait exiger des habitants même après la réunion de Sarrebourg à la France, cité par H. Lepage dans l'annuaire administratif et statistique de la Meurthe de 1862.


La ville de Sarrebourg, dont l'origine remonte à la plus haute antiquité, a toujours fait partie du pays messin et à passé avec lui sous l'empire d'Allemagne.
Elle jouissait de tous les droits des villes libres sous l'immédiateté de l'Empire, frappait monnaie, faisait la guerre et la paix et se gouvernait par ses propres lois ; mais, trop faible pour résister toujours aux souverains voisins, jaloux de sa liberté, elle fit comme presque toutes les autres villes impériales, c'est à dire qu'elle conclut, en différents temps, des traités et conventions par lesquels elle s'engageait à payer certaines redevances à des seigneurs voisins, à charge que ceux-ci le défendraient et la protégeraient contre ses ennemis.
Ces sortes de traités sont connus sous la dénomination d'avocatie, d'avouerie, de protection.
C'est ainsi que Sarrebourg a reconnu tour à tour pour protecteurs, voués ou avoués, les comtes de Dabo ou de Dachsbourg, ses voisins, les évêques de Metz, successeurs de ces comtes, les ducs de Lorraine, et même les ducs et les évêques à la fois.

[...]
C'est elle [Sarrebourg] qui par le traité de paix du 28 aout 1398 impose les conditions à l’évêque [de Metz]. Celui-ci s'engage à ne plus aliéner ses droits d'avocatie, soit en totalité, soit en partie ; il conserve à certaines personnes de la ville l'exemption de la prestation d'avoine de protection.
Outre les avantages que cette convention offrait aux habitants, elle avait encore celui-ci : qu'au moyen de la prestation d'avoine et des cent livres messins, l’évêque était tenu d'acquitter la ville envers l'Empire des subsides et mois romains dont les villes impériales étaient tenues. Il est fait mention de ces faits dans les protocoles de Sarrebourg, et l'on y voit que les collecteurs de l'Empire s'étant présentés, on les a renvoyés à l’évêque.


Cependant tant de troubles et de guerres avaient affaiblis la ville de Sarrebourg, et pour mettre le comble à ses malheurs, un incendie, arrivé le jour de la Saint-Luc 1464, la réduisit presque totalement en cendres.

Dans ces tristes circonstances, les habitants pensèrent qu'un gouvernement modéré ferait plus pour leur bonheur et pour leur repos que la liberté dont ils ne jouissaient qu'au milieu des dangers. Ils conclurent avec Jean II, duc de Lorraine, le jour des Âmes de cette année 1464, un traité par lequel, de leur plein gré, franche et libre volonté , ils se soumirent à sa domination.
Depuis ce traité, la ville de Sarrebourg n'eut plus aucune relation avec les évêques de Metz.
Quant aux ducs de Lorraine, ils se montrèrent constamment religieux observateurs du contrat passé entre eux et les Sarrebourgeois. Il n'était réservé qu'à Charles IV de l'enfreindre,  en démembrant Sarrebourg du duché de Lorraine, comme il le fit par le traité de Vincennes, du dernier février 1661 par lequel il céda cette ville à la France.
Le même prince engagea, sous condition de rachat perpétuel, les moulins de Sarrebourg et 116 réseaux 8 quarterons de blé d'avoine, mesure de Nancy, à Pierre-Ernest de Lutzelbourg et à la dame son épouse, que ledit sieurs et dame recevront par chacun an des bourgeois et habitants de Sarrebourg sur l'avoine dite et appelée vogthaber, par contrat du 1er octobre 1661. Cet engagement est fait pour la somme capitale de 29 585 francs barrois.
Dès que la ville fut soumise à la domination française, et qu'insensiblement on y établit la perception des impôts et des charges ordinaires, les habitants se soulevèrent contre ce vogthaber, et jamais depuis ce temps, il n'a été perçu sans difficulté.