généalogie et histoires lorraines

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Description de Pagny-sur-Moselle

lundi 8 octobre 2012, par Anne Auburtin

Description

Village situé sur la rive gauche de la Moselle, à 11 Km au nord-ouest de Pont-A-Mousson et 41Km au nord-ouest de Nancy. Canton de Pont-A-Mousson.

Pagny sur Moselle s'est aussi appelé Pagny sous Prény, avant la Révolution et de 1815 à 1831.

Pagny en 1700

Pagny-sous-Prény était alors un tout petit village d'à peine plus de 140 habitants, vivant chichement des produits de la terre et de quelques bêtes d'élevage, payant redevance au duc de Lorraine Léopold 1er.

Pagny en 1800

Pagny fait alors partie du département de la Meurthe et de l'arrondissement de Toul. A la tête de la paroisse on trouve le dernier des Prémontrés, curé de Pagny, Claude MALGAIGNE (né à Vandelainville en 1721, mort à Pagny le 22 janvier 1803). Le maire de la commune est alors François-Antoine MAGNY (de floréal An 8 à frimaire an 11). 28 naissances, 5 mariages et 11 décès pour une population de 950 habitants répartis en 245 feux.

Population (1830)

  • 1059 individus
  • 102 électeurs communaux
  • 12 conseillers municipaux
  • 5 électeurs pour la députation
  • 257 feux
  • 203 habitations

Cultures et industries

  • 1004 hectares dont 521 en terres arables, 214 en forêts, 135 en prés et 129 en vignes "fort estimées"
  • 2 moulin à grains, commerce de vins

Un peu de météo

  • 1775 : il neige le 20 mai
  • 1785 : les gelées se prolongent jusqu’en mai
  • 1787 : jusqu’au mois de juin, le temps reste froid et humide
  • 1790 : il gèle à glace le 19 avril
  • 1793 : le 23 juillet les vignes sont gelées à la grande consternation des vignerons lorrains
  • 1799 : le même phénomène se produit exactement à la même date.

Les métiers de Pagny-sur-Moselle en 1831

Liste relevée aux archives municipales de Pagny-sur-Moselle

 (pièce 1831/172) par M. Michel Ney.

Pour chaque profession exercée en 1831, les noms des titulaires sont suivis de la date de naissance.

  • Teinturier
    •  GIRON Joseph 05.03.1800
  • Huilier
    • THIERY Nicolas 14.01.1799
  • Coquetier
    • BRANDY Nicolas 18.09.1804
  • Bourrelier
    • SALLERAIN Pierre 22.03.1791
  • Bonnetier
    • BARBA Joseph 21.11. 1792
  • Serrurier
    • TRIBOUT Nicolas Barthelemy 31.07.1810
  • Cantonnier
    • FRANCOIS François 02.08.1813
  • Blanchisseur de toile
    • GRANDBARBE Joseph 04.01.1797
    • NAVEL François 17.06.1804
  • Tonnelier
    •  BRIQUé Toussaint 01.11.1803
    • NAVEL Jean Nicolas 07.02.1798
    • GRANDBARBE Louis 20.11.1802
    • POINCIGNON François Dominique 29.08.1762
    • NAVEL Pierre 28.07.1778
    • Berger BARBIER François 01.11.1815
    • RAGOT François 05.05.1796
  • Pâtre
    • MARLY Joseph OI.04:I775
    • EMEL Nicolas 25.11.1789
  • Menuisier
    • FAUCHEUR Christophe 24.07.1779
    • FAUCHEUR Louis 17.01.1783
    • CAILLAVAS Pierre 09.01.1787
    • COLLIGNON Bernard 06.03.1800
    • COLLIGNON André 10.06.I8I5
  • Charretier
    • BAUZIN Jean 09.01.1787
    • CHERY Nicolas 20.Il.1802
    • MATHIEU Claude 12.10.1774
    • CHRISTOPHE François 27.03.1806
    • CHRISTOPHE Pierre 16.05.1776
    • JOYEUX Etienne 01.06.1800
  • Tisserand
    • GUEPRATTE Christophe 20.05.1797
    • PIAN Pierre 19.08.1792
    • KLEIN Jean 22.08.1785
  • Maçon
    •  BRUNEL François 28.08.1768
    • BRUNEL François 25.10.1801
    • BRUNEL Jean-Nicolas 20.02.1804
    • BRUNEL Nicolas 11.10.1798
    • BRUNEL Antoine 29.10.1795
    • CAMEN Hubert 18.11.1800
    • CROCHETé Pierre I7.II.I799
  • Jardinier
    • CEZARD Pierre Jules 11.06.1799
    • MONCEL François 17.03.1777
    • MONCEL Georges 10.04.1812
    • MONCEL François 26.09.1807
    • MARLAT Charles 16 Pluv.An 7
  • Fileur de laine
    • TALLIA Remy Joseph 29.12.1804
  • Meunier
    •  MALHOM Jean Pierre 06.06.1794
    • MALHOM Pierre 05.04.1804
  • Fabricant de clés
    • NAUROY Joseph Nicolas 09.11.1807
  • Aubergiste
    • BEAU Marguerite 10.12.11,64
    • LORRAIN Jean François 12.10.1792
  • Epicier
    •  SAUTHIER Gabriel 23.03.1786
  • Boucher
    • ROMSTATT Jean 06.06.1772
    • ROMSTATT Antoine 20.07.1808
  • Pesseleur (piquets de vigne)
    • MEAUX Nicolas 27.09.1782
  • Charron
    • GEORGES Jean Pierre 31.12. 1816
    • ANDRE Pierre 20.06.1798
    • JOYEUX Joseph 10.0?.1791
    • BLANDIN Louis 03 .07.1794
  • Cordonnier
    • DURANT Joseph Georges 24.04.1778
    • DURANT Joseph 12.09.1780
    • NOEL Joseph Nicolas 27.09.1799
    • PHILIPPOT Nicolas 02.04.1792
    • NAVEL Joseph Etienne 02.04.1818
    • NAVEL Alexis 18.06.1803
    • BERTIN François 25.02.1784
  • Tailleur d'habits
    • DION Antoine 20.09.1798
    • GOUTVENIEGER Jean Baptiste 16.10.1788
    • VOTTE Louis 11.04.1773
    • JACQUES Jean François 09.03.1774
    • JACQUE François Philippe 30.05.1806
    • THENON François 06.03.1810
    • LAROCHE Charles 09.02.1812
  • Maréchal ferrant
    • PICHARD Claude 09.06.1763
    • PARISOT Jean 08.04.1803
    • DILLON Nicolas Joseph 02.05.1797
    • NAVEL Joseph Jean 29.05.1809
  • Tonnelier
    • NAVEL Christophe 21.03.1807
    • NAVEL Nicolas 14.03.1805
  • Appariteur
    • ANTOINE Michel 07.08.1793
  • Sage Femme
    • POIREL Marie Barbe 30.03.1798
  • Avocat
    • CONTAL Charles François 01.07.1778
  • Notaire
    • MANEL Nicolas Bernard 21.08.1761
  • Instituteur
    • HERLICQ François Joseph Eugène 05.04.1791
  • Curés
    • BUNNEFOY Nicolas Pierre 22.05.1793
    • DALANCON Nicolas 6 Vent.An 10

Travaux dans les pressoirs banaux et domaniaux au XVIII° à Pagny-sur-Moselle

par Jean-Marie WANTZ

RAPPEL

Si Pagny avait acquis au XIXème siècle une réputation régionale et même nationale pour la qualité de ses vins , ce n'était pas le fruit du hasard, bien au contraire ; des générations de vignerons pagnotins avaient "travaillé dur" pour parvenir à ce résultat. En effet les versants de la "Côte de Pagny", bien exposés, étaient couverts de vignes entretenues avec soin depuis des siècles. Des cépages locaux avaient été sélectionnés et faisaient la renommée de notre village.

Au hasard de mes recherches dans une liasse des Archives départementales de Meurthe-et-Moselle répertoriée C.9, j'ai été amené à lire quelques documents relatifs aux pressoirs banaux et domaniaux existant à Pagny avant la Révolution. Il s'agissait de réparations effectuées sur ceux-ci.

Quelques précisions au sujet des deux termes "banaux" et "domaniaux" me semble utiles d'être rappelées. Pour cela consultons le dictionnaire des institutions de la France aux I6ème et 18ème siècles par Marcel MARION

 

  • BANALITES : Il s'agissait d'un droit seigneurial en vertu duquel certains seigneurs pouvaient exiger de leurs censitaires de moudre leurs grains, cuire leur pain, pressurer leurs fruits, au moulin, au four, au pressoir seigneuriaux. De son côté le seigneur était obligé de les tenir en bon état de même que les chemins y conduisant (obligation très mal respectée). Souvent, en effet, c'étaient les seigneurs qui avaient construit à leurs frais moulins, fours et pressoirs et la banalité était leur mode de rémunération (le terme de banalité se disait aussi du territoire soumis à cette obligation). Les pressoirs étaient parfois affermés c'est à dire qu'une personne était chargée de leur fonctionnement et de faire "rentrer les revenus".

 

  • LE DOMAINE : Il s'agissait de la propriété d'une chose ou la chose possédée en propre. Les pressoirs comme ceux de Pagny appartenaient au "petit domaine" ainsi que les moulins et fours.

 

Nous sommes en juillet 1780, quelques mois avant les vendanges de l'année. Les différents pressoirs domaniaux et banaux de notre village ont besoin d'un certain nombre de réparations avant d'assurer correctement leurs très proches fonctions.

LOCALISATION DE CES PRESSOIRS

Sur un acte du 10 janvier 1756 on peut lire

" Il appartient au roi une grange de trois pressoirs située entre Mr. l'Abbé de Ste-Marie d'une part et la Grange aux Dîmes d'autre part ". Il s'agirait des pressoirs LABBE dont il est fait mention dans Article 3 N° II à 18 et qui devaient se situer en bordure de la rue derrière l'église sur le cadastre de 1827 (actuelle rue du II novembre)"

Sur ce même acte du 10 janvier 1756 on lit également

"Une autre grange et un pressoir en icelle avec un cellier au bout, lieu dit "à la Chavée" (sur le cadastre de 1827 rue de la Chavée actuelle rue Bernard Joyeux)

Voir travaux N° 9 et 10

Toujours sur ce même acte : "Un cinquième pressoir dans une grange laquelle appartient aux représentants de leur mayeur dit "le pressoir Laloge" (voir les N° I à 8) Ce pressoir devait exister rue du Moulin (actuelle rue Joly) à l'emplacement de l'actuel transformateur E.D.F. (d'après les vestiges retirés là du sous-sol)

REPARATIONS :

Celles-ci sont exposées dans un rapport de Charles MARTIN l'aîné, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées et inspecteur particulier des "bâtiments et usines du Roi", à la suite d'une information adressée par le sieur GERARDIN, fermier des pressoirs banaux et domaniaux de Pagny.

Cette Information mentionnait "qu'il y avait dans lesdits pressoirs plusieurs grosses réparations qu'il était instant et urgent de faire avant les vendanges prochaines, qu'il y avait eu aussi plusieurs autres grosses réparations exécutées provisoirement avant les vendanges dernières du consentement du sieur MONTLUISANT, inspecteur général des bâtiments et usines du domaine dont le prix avait été avancé aux ouvriers par ledit fermier après l'ouvrage fait et dont ce dernier réclamait le remboursement, pour quoi

il nous invitait à nous transporter aux dits pressoirs pour reconnaître tant ces dites réparations à faire que celles faites, pourvoir à l'exécution des premières et au remboursement des prix et valeurs des secondes.

Requis en outre le dit soussigné de la part du nommé Etienne BONNE, maître-charpentier à Nancy, de nous transporter dans ces mêmes pressoirs pour reconnaître et examiner les ouvrages qu'il nous a annoncé d'y avoir exécuté provisoirement d'après les ordres à lui donnés verbalement par le sieur MONTLUISANT et les estimer aux fins d'obtenir le paiement de leur valeur sur le compte du domaine du Roi.

Nous nous sommes transportés dans les dits pressoirs où étant en présence dudit Etienne BONNE charpentier, le sieur GERARDIN ne s'étant pas présenté à nos opérations quoiqu'averti et n'ayant pu y assister à cause des affaires de son bureau ainsi que par Etienne BONNE, charpentier à Nancy

Nous avons observé et reconnu ce qui suit :

Ouvrages faits provisoirement dans les pressoirs en 1778 par Jean-François CIBRE, maître­ charpentier à Pont-à-Mousson, employé par le sieur GERARDIN fermier

N° I - La "maix" de ce pressoir étant dit-on de nulle valeur au moment de la vendange, on a été obligé de la remplacer provisoirement à neuf par 12 pieux de chêne, chacun de la longueur de 12 pieds (soit environ 3m.90), 12 pouces de large (soit environ 32 cm.) et 6 pouces d'épaisseur (soit environ 16 cm.) le tout contenant 22 solives de charpentes estimées à 3 livres 15 sols la solive

N° 2 - On a dit-on été obligé de relever le seuil et de remanier les grands chantiers pour quoi on demande 46 sols.

N° 3 - on a dit-on été obligé de fournir et poser une traverse de chêne et les planches pour le "jacquoir", pour quoi on demande 5 livres

N° 4 - on a dit-on posé une panne de sapin à la toiture et refait la moitié de la couverture en tuiles creuses, pour quoi nous demande 6 livres.

N° 5 - on a dit-on posé deux "liernes" de sapin enclavées dans les grosses et petites "vergnes" du même pressoir, pour quoi on demande 6 livres 4 sols 8 denier

- N° 6 - on a dit-on rechargé la "marge" (margelle) par une pierre de taille de 3 pieds en carré (soit environ I m.) sur 15 pouces d'épaisseur (soit environ 41 cm.)et remplacé les poupées, pour quoi on demande 24 livres

- N° 7 - On dit qu'en 1779 on a été obligé de démonter et remonter la "maix" du pressoir pour remettre les chantiers de niveau et remplacer 3 planches de nulle valeur par vétusté au "jacquoir" pour quoi on demande 12 livres

- N° 8 - on dit qu'en 1778 on a été obligé de remplacer à neuf la serrure et la clé de la porte ainsi que la console qui porte la vis pour quoi on demande 6 livres

- N° 9 - On dit qu'en 1778, des grosses et petites vergnes penchaient, étaient inclinées au moins de 8 pouces, qu'il a fallu les redresser et en outre remplacer 2 pièces de chêne à la maix. Pour quoi on demande 39 livres 10 sols

- N° 10 - On dit qu'en 1779 on a été obligé de démonter la maix, de reculer les chantiers, de remanier et redresser les pièces de la dite maix et d'en remplacer 2 en chêne neuf, chacun de 12 pieds de longueur, 14 de largeur et 6 d'épaisseur. Pour quoi on demande 24 livres.

- N° 11 - On dit qu'en 1778 on a fourni et posé un grand chantier de chêne au petit pressoir Labbé, lequel chantier a 22 pieds de longueur (soit environ 7m. 15) sur 14 et 15 pouces d'équarrissage, qu'on a posé 2 liernes entaillées dans les grosses vergnes et redresser les dites vergnes. Pour quoi on demande 36 'Livres de France

- N° 12 - On dit qu'en 1778 on a été obligé de remplacer en chêne neuf le chapeau sur les grosses vergnes de 7 pieds de longueur  16 pouces de largeur et 5 pouces d'épaisseur Pour quoi on demande 6 livres.

- N° 13 - on dit qu'en 1778 on a été obligé de recharger la marge d'une pierre de 3 pieds au carré sur 16 pouces d'épaisseur et de remplacer 2 poupées en chêne. Pour quoi on demande 24 livres.

- N° 14 - On dit qu'en 1778 au pressoir du milieu on a fourni et posé un grand chantier de chêne de 22 pieds de longueur sur 15 et 16 pouces d'équarrissage, fourni et posé 2 liernes entaillées dans les vergnes, remanié et reposé la maix. Pour quoi on demande 35 livres.

- N° 15 - on dit qu'on a fourni et posé en 1778 une pièce de maix neuve au pressoir Labbé et qu'on a remanié et redressé 4 ..... (illisible) Pour quoi on demande 8 livres 10 sols

- N° 16 - On dit qu'en 1779 au pressoir Labbé on a remplacé une pièce de maix, remanié et reposé les autres et redressé la petite vergne qui était inclinée de 3 pouces. Pour quoi on demande 15 livres

- N° 17 - On dit qu'en 1779 on a démonté la maix du gros pressoir, qu'on a remanié toutes les pièces et qu'on les a reposées. Pour quoi on demande 6 livres.

- N° 18 - on dit qu'en 1779 on a remplacé en chêne neuf le chapeau sur la tête des grosses vergnes, lequel chapeau a 6 pieds de longueur sur 8 et 12 pouces de grosseur et qu'on a redressé les vergnes qui étaient inclinées de 4 pouces. Pour quoi on demande 9 livres.

Au total 347 livres Bénéfice 34 livres 14 sols soit total des ouvrages qu'on dit avoir exécuté provisoirement 371 livres 14 sols.

Observations sur l'exécution des ouvrages annoncés avoir été exécutés provisoirement vu le cas urgent

Les ouvrages ci-dessus détaillés qu'Etienne BONNE charpentier à Nancy nous a déclaré avoir exécuté et fait exécuter provisoirement et sur le prix desquels le sieur GERARDIN, fermier desdits pressoirs nous a annoncé avoir avancé des sommes aux ouvriers, desquelles sommes avancées ledit fermier réclame le remboursement, ont été effectivement exécutés, les ouvriers et le fermier nous ont déclaré que ces ouvrages n'avaient eu leur exécution que sur les ordres verbalement donnés par Mr. MONTLUISANT d'y satisfaire vu le cas provisoiore à cause des vendanges qui allaient se faire et pour éviter toutes plaintes, réclamations et indemnités.

Mais comme l'exécution des mêmes ouvrages ne s'est point faite de notre avis ni sur nos ordres, nous ignorons si lesdits ouvrages et leur prix n'ont pas été compris dans quelque adjudications précédentes, ce qui est à vérifier et, dans le cas qu'ils n'y auraient pas été compris, il serait juste d'en aliéner les prix audit Etienne BONNE à charge pour lui d'en rembourser tant au sieur GERARDIN, fermier, les sommes qu'il aurait légitimement avancées aux ouvriers à raison des dits ouvrages, qu'aux ouvriers qui réclameraient leur paiement de salaire légitime de leurs ouvrages et de demeurer ledit Etienne BONNE garant de tous les ouvrages provisoirement faits pendant un an un jour, à commencer d'aujourd'hui."

Ouvrages qu'il est instant et provisoire d'exécuter à la fin du XVIII°.

- N° 1 - La porte d'entrée dudit pressoir a 6 pieds de largeur et 7 pieds de hauteur (le pied du roi valant environ 33cm) Le seuil est d'une pièce de charpente de chêne pourri de nulle valeur et à remplacer à neuf mais en pierre de taille faisant "parpin" et observant que ce seuil soit prolongé de 16 pouces sous chaque jambage, qu'il ait 8 pouces d'épaisseur et qu'il soit établi sur massif en bonne maçonnerie de chaux et sable de 22 pouces d'épaisseur et de 18 pouces de profondeur et toutes ces parties contiendront ensemble 9 pieds d'arête de pierre de taille de Norroy à 15 sols le pied et 9 pouces de toise-cube (la toise-cube équivalait à 7,4 m3) de maçonnerie de moellons avec mortier de chaux et sable à 28 livres la toise, toute fourniture, pose, main-d'oeuvre, démo­lition, fouille et transport de décombres, le tout ensemble 10 livres 5 sols 0 denier.

- N° 2 - Cette porte est à deux battants de nulle valeur, à remplacer en planches de chêne neuves, assemblées par rainures et languettes et clouées sur barre de chêne assemblée dans "motet" de même bois ; chaque "motet" garni d'un lien de fer à la tête et au pied, pivot de fer par le bas, crapaudine de même matière, deux verrous l'un en haut, l'autre en bas, une forte ferrure encloisonnée avec les assortiments et une clanche entière Le tout ensemble estimé à 24 livres 10 sols.

- N° 3 - Deux quartiers du fardeau dudit gros pressoir Labbé étant pourris et rompus par une de leurs extrémités, il faut les remplacer en chêne neuf, chacun sur 31 pieds de longueur et 14 à 16 pouces de grosseur, ce qui produira la quantité de 30 ; une solive de 3 pieds 5 pouces de charpente de chêne à 6 livres la solive, en égard de la difficulté d'avoir des bois de dimensions nécessaires, lesquels bois ne pourraient se prendre qu'au loin, en égard et y compris la main d'oeuvre de tout le fardeau qu'il faudra démonter et remonter ainsi que les autres chassis en  (illisible) et tous les boulons de fer qui feront réunir en place en remplaçant ceux qui pourraient manquer. Total 189 livres, 8 sols, 4 deniers.

- N° 4 - La "maix" au milieu du pressoir Labbé est à démonter, les pieux de service à remanier et réemployer, et 6 à remplacer à neuf, chacun sur 12 pieds de longueur, 14 pouces de largeur et 6 pouces d'épaisseur, produisant ensemble lesdits pieux neufs, quatorze solives de charpente à 3 livres 15 la solive, toute fourniture, pose et main d'oeuvre, en outre le remaniement et réemploi des anciennes pièces de service 6 livres et de tout ensemble 58 livres 10 sols 8 denier.

PRESSOIR DE LA CHAVEE

- N° 1 - Il faut remplacer en chêne neuf les deux poupées de la "marge". Elles auront chacune 5 pieds de longueur sur 7 à 12 pouces de grosseur, ce qui produira une solive de 5 pieds, 8 pouces de charpente à 3 livres 15 sols la solive

- N° 2 - Le jambage de la porte d'entrée à la cuve qui est au fond du même pressoir (de la Chavée) étant en chêne de nulle valeur sera remplacé en pierre de taille de Norroy faisant parpin de mur et liaison alternative de 12 et 18 pouces dans la maçonner le seuil sera aussi en pierre de taille ; il n'y a que la couverte en chêne qui sera conservée. Il faudra pour largeur sur 5 pieds 8 taille à 15 livres le pied.Cette porte qui a 3 pieds 4 pouces de pouces de hauteur , d'arête de pierre de pied, toute fourniture et main d'oeuvre 11 livres..

- N° 3 - Le volet et les ferrures actuelles de cette porte étant de très faible valeur de vétusté et faiblesse de construction, il faut les remplacer toutes à neuf, savoir le volet en bonnes planches de sapin et 'les ferrures par 2 fortes pentures à gonds, une serrure complète et encloisonnée et une clanche avec ses assortiments ... 6 livres 10 sols 0 denier.

PRESSOIR LA LOGE : La crapaudine qui est sous le pivot de la vis étant cassée par défaut de première solidité est à remplacer à neuf soit 6 livres et au total 313 livres 10 sois 2 deniers plus de bénéfice donc 344 livres 17 sols 2 deniers

[...]

Vu sur les lieux, les an et jours avant dits et rédigé à Nancy le 23 août 1780.

Suit alors une déclaration sur l'honneur du maître d'oeuvre : " 3e soussigné Etienne BONNE, maître-charpentier à Nancy déclare avoir fait faire les ouvrages détaillés dans le présent procès verbal, avoir été fait provisoirement, que je ne les ai fait faire que sur les ordres verbalement donnés par Mr. de MONTLUISANT, de son vivant inspecteur général des bâtiments et usines du domaine, que le prix de ces mêmes ouvrages n'est compris dans aucun devis ni adjudications antérieures, etque je n'ai pas été payé."

A Nancy le 7 septembre 1780 : Signé Etienne BONNE

Le rapport est conclu par Charles MARTIN comme suit " Nous soussigné, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées et inspecteur particulier des bâtiments et usines du domaine, certifions que de la dressée du procès verbal cy dessus et des autres parts ayant pris communication des devis et adjudication antérieures aux ouvrages quelconques y détaillés, il n'apparaît point qu'aucun desdits ouvrages ait été compris dans aucun desdits devis et adjudications pour que y estimons qu'Étienne BONNE, maître-charpentier à Nancy qui les a fait exécuter ainsi qu'il l'a déclaré tant avant mes opérations qu'à la suite de notre dit procès verbal de visite, et dans le cas d'obtenir le prix, à charge pour lui de solder tous ouvriers généralement quelconques qui auraient été employés, et de façon qu'il n'y ait de la part desdits ouvriers aucune réclamation fondée."

Nancy le 10 septembre 1780

RECEPTION

La réception des travaux effectués en 1778, 1779 et 1780 n'aura lieu que le 25 septembre I78I, juste avant les vendanges. par Jean-Remy D'INGLER qui rédige le rapport suivant

" Nous Jean-Remy D'INGLER, sous-ingénieur des Ponts et Chaussées, inspecteur des bâtiments et usines du Roy au département de Dieuze, nous sommes transportés aux pressoirs de Pagny en l'absence de Mr. MARTIN,ingénieur et inspecteur particulierdu département de Nancy, et à la réquisition d'Etienne BONNE, entrepreneur des ouvrages du roy pour reconnaître, vérifier et faire la réception des ouvrages faits auxdits pressoirs de Pagny par ledit Etienne BONNE par adjudication à lui passée le 28 février de la présente année où, étant accompagné du nommé Etienne BONNE, entrepreneur desdits ouvrages et du sieur Nicolas François GERARDIN et, le devis à la main, nous avons reconnu que les ouvrages faits à chacun des pressoirs et bâtiments des pressoirs sont faits et parfaits, exécutés suivant les articles du devis dressé par Mr. MARTIN conformément aux conditions de l'adjudication, lesdits ouvrages étant en bon état et en état de réception, nous avons donné audit Etienne BONNE le présent certificat de réception pour lui servir ce qu'au cas appartien­dra. Fait sur les lieux les jours et an avant dits et avons requis le sieur Nicolas François GERARDIN caution du fermier et son représentant de signer avec nous."

Signé : GERARDIN, Etienne BONNE, J.R. INGLER

REFLEXIONS

Les documents que nous venons de lire mentionnent les travaux effectués sur les pressoirs banaux et domaniaux pagnotin Les réparations répertoriées étaient nécessaires pour assurer le pressurage des récoltes de 1778 et 1779.

L'exécution semble-t-il en dernière minute implique que ces pressoirs n'étaient plus guère en état de fonctionner correctement et que les responsables n'agissaient que forcés et contraints afin d'éviter les incidents avec les usagers. Certes ii pouvait exister dans notre village quelques rares propriétaires vignerons possédant 'leur propre matériel. Mais ce qui est certain c'est que la majeure partie des vignerons pagnotins étaient de petits exploitants encore soumis aux droits seigneuriaux (qui ne seront abolis qu'en août 1789)

Ces pressoirs devaient presser les raisins des différents cépages élevés à Pagny pendant plusieurs semaines.

Le non fonctionnement de l'un ou l'autre de ces indispensables pressoirs aurait eu des conséquences importantes d'où l'intervention même tardive du service des bâtiments et usines du roi.

LES PRESSOIRS A ARBRE de PAGNY

Voici un extrait du livre "Vignerons, Vigne et Vin en Pays Messin " de Jocelyne BARTHEL qui nous fournit quelques renseignements complémentaires sur le type de pressoir que nous venons d'évoquer

Pressoir à arbre, dessin de Clément Kieffer. .

Les pressoirs à arbre sont d'immenses instruments de douze à quinze mètres de long et de près de dix tonnes, qui nécessitent des locaux particuliers et un entretien coû­teux. Ces monuments imposants sont composés d'un arbre mobile, fait de plusieurs poutres de chêne ceinturées par des étriers et leurs chevilles, de chêne également, et supportées par un «échafaudage» fait de deux portiques. Cet arbre muni d'un contre-poids est actionné à l'aide d'une vis placée à son extrémité et mue par plusieurs ouvriers. La vis, en sorbier, poirier, charme ou érable (grain plus fin), est maintenue par une pierre. Le poids de l'arbre appuie sur la « maie », ensemble de planches placées sur le moût, le jus s'écoule dans une cuve de pierre, garnie d'un panier à claire-voie en osier (fil de fer au XIX° siècle) pour retenir les rafles.

Appelé « chaucu » ou « chaulcheu » (du latin calcatorium), le grand pressoir à bascule est le type même du pressoir banal ou seigneurial. Les atteintes du temps nous ont conservé celui des seigneurs de Marange, construit vers 1680 et celui du domaine de Guentrange, de la fin du XVIII° siècle.

Saisie des biens des protestants en 1669 à Pagny-sur-Moselle

par Manuel BAZAILLE

Sur le plan religieux, la poursuite des hérétiques restait la préoccupation majeure de l'intransigeant duc de Lorraine CHARLES IV (1624/1675). Par son ordonnance du 28 septembre 1664, il avait mis les protestants "au ban de l'Eglise et de l'Etat"

Le 20 novembre 1666, la Cour souveraine de Lorraine avait rendu un arrêt prescrivant aux contrôleurs et receveurs de déclarer les biens des hérétiques .Le 16 mars 1669, François BOUCHER "hault sergent" maire et syndic de Prény recevait un courrier signé "COURCOL, recepveur et gruyer dudit lieu". Dans cette lettre il était indiqué que, contrairement aux ordonnances de son Altesse le Duc de Lorraine CHARLES IV, des religionnaires possédaient des biens immeubles au village de Pagny-sous-Prény et, qu'en conséquence, François BOUCHER devait prendre contact avec les notables locaux et organiser la saisie de ces biens au profit de son Altesse.

Le maire et sergent de police de Pagny F.FRANCOIS secondé par ses gens de justice ainsi alerté, dressa alors la liste des biens possédés par des huguenots sur le ban de Pagny. Deux bourgeois messins étaient ainsi concernés .

IMMEUBLES APPARTENANT à Isaac IASSOY

  • une maison voisine de celle de Dosmange MOUROT
  • une pièce de vigne d'un journal, lieu-dit "A la Balle Jay" (le chemin de ville d'une part et Pierre LOUIS d'autre)
  • une pièce de vigne d'environ un journal au lieu-dit "En Orvaux" entre le sieur CHAREE d'une part et Nicolas LIFFORT d'autre
  • une pièce de vigne de trois hommées au lieu-dit "En Orvaux" entre Claude PIERON et le sieur Hordalle DU PONT
  • une pièce de vigne d'environ sept hommées, lieu-dit "En Baulan" entre la veuve MARECHAL et le sieur CHAILLAUD.
  • une pièce de vigne d'environ trois hommées entre Bastien DE FRANCE et Jacques AUVILLET
  • une pièce de vigne d'environ deux hommées, lieu-dit "A la Plante Jarré", le sieur HAUSSONVILLE d'une part et "La Pouzière" d'autre
  • une autre vigne plantée depuis trois ans au "Fonds de Gerondes" avec des friches d'un côté

IMMEUBLES APPARTENANT à JILLET de METZ

  • un journal de terre arable entre le chemin de ville d'une part et un particulier d'autre
  • environ un quarteron de terre arable au lieu-dit "En haut des Vignes" entre le sieur Charles DE RHEINES et la Dame DE BUIL
  • aussi un demi-jour environ de terre arable "En Woinville" entre Etienne SAPIN et les Religieux de Sainte-Marie-Majeur de Pont-à­Mousson.
  • environ un demi-jour entre Anthoine MARIEN et Nicolas LIFFORT
  • Environ un demi-jour "En Courtes Voyes" dit "Sablonnières" entre Anthoine MARIEN et le sieur VIGNOLLE,
  •  
  • Environ un quarteron et demi "En Closé" entre le sieur DE RHEINES et Claude COUTAN
  • Environ un demi-jour "En Lozière", Jean LOUIS d'une part et le sieur PHILLIPPIN d'autre
  • Environ trois quarterons entre Claudin PATEZ et Jean ABRAHAM lieu-dit "La Grange"
  • Un demi-jour "Au dessus des fossés" entre le sieur VIGNOLLE et demoiselle FOURNIER.

Les signatures des gens de justice de Pagny comportaient celles de F. FRANçOIS, maire, Claude BRIQUé, échevin, RIAVILLE, greffier, marques de Mansuy NOVEANT, Didier DE FRANCE et André VOROT.

Ces déclarations parvinrent au haut-sergent de l'office de Prény le 19 mars 1669 et tous ces biens devenaient alors propriétés du duc de Lorraine CHARLES IV.

Par cette action, il espérait certainement renflouer ses caisses mises à mal par l'occupation française de ses duchés de 1632 à 1661.

Il confirmait son rôle de défenseur du catholicisme, en fidèle héritier du duc ANTOINE LE BON qui avait écrasé les Rustauds, paysans protestants allemands et alsaciens à Saverne. De même ces actes étaient hautement politiques; en effet, en confisquant des biens appartenant à des Réformés demeurant à Metz, CHARLES IV contrariait les ambitions françaises puisque Metz était officiellement française depuis les traités de Westphalie signés en 1648.

Cette provocation envers le roi de France, LOUIS XIV, aboutit à l'envahissement de la Lorraine par les troupes françaises et à l'exil du duc CHARLES IV.

S O U R C E S : Archives départementales de Meurthe-et-Moselle Cote 8

Une supplique de juillet 1685 à Pagny-sur-Moselle

par Michel NEY

Il y a des années où rien ne va plus : catastrophes naturelles, mauvaises récoltes, famines, épidémies, deuils. On voit alors, même les plus incrédules, se tourner vers Dieu pour lui demander de mettre fin à leurs tourments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ,

Au printemps et à l'été 1685, la misère due à la guerre de Trente Ans était encore fort présente dans nos villages. N'a-t-on pas écrit que seul un tiers des habitants avait survécu. L'abbé Norbert GUERARD, prieur de l'abbaye de Sainte-Marie-aux-Bois, arrivé depuis un an avait découvert l'église Saint-Martin en piteux état, avec des traces d'incendie encore bien visibles à l'intérieur.

Par la prière et l'exemple, il essayait de redonner confiance à la poignée de fidèles restés confiants en Dieu.

Avec lui, ils rédigèrent une supplique qui est à présent le plus ancien document conservé précieusement depuis plus de 300 ans dans les archives paroissiales de Pagny.

En voici quelques extraits

" Nous soussignés de la paroisse de Pagny-sous-Prény, curé, échevins d'église de ladite paroisse, maire et échevins de justice et autres habitants du même lieu, tous ensemble représentant la communauté du dit village, prosternés humblement à vos pieds,ô mon Dieu, ayant confiance en vos bontés et en vos miséricordes, sachant de plus que Vous ne délaissez jamais ceux qui espèrent en vous dans leurs nécessités, tracas et afflictions, nous vous prions humblement et de tout notre coeur, de vouloir, dans la suite, détourner de dessus les biens de la terre les funestes accidents que nous avons du passé ressentir plusieurs fois, confessant pourtant qu'en considérant nos fautes journalières, nous méritons des bien plus grands et plusieurs châtiments et punitions".

Après ce préambule préparé sans nul doute par l'abbé prieur avec l'assentiment de toute l'assemblée silencieuse, le texte se poursuit pour arriver à une fervente promesse

" Comme nous n'ignorons pas que Dieu se rend favorable à nos prières par la méditation et l'intercession de leurs élus qui jouissent présentement de la gloire dans les cieux, nous prions la très glorieuse Vierge Marie, mère de Dieu, d'offrir ses mérites à son fils Jésus-Christ, pour nous obtenir l'effet de nos demandes, le grand Saint-Martin notre patron et enfin tous les saints et saintes du paradis de prier pour nous. Mais particulièrement, ayant appris que les glorieux martyrs Saints ABDON et SENNEN auraient pouvoir auprès de Dieu pour détourner les foudres et tempêtes qui souventes fois désolent et perdent les biens de la terre, nous les invoquons, de tout notre coeur, les priant d'employer leurs pouvoirs auprès de Dieu, pour apaiser sa colère irritée contre nous, et de détourner de s terres, biens et héritages de notre finagge et autour, les foudres, tempêtes, gelées et autres fléaux que nous avons subis durant le passé et que nous craignons pour l'avenir."

Le choix de ces deux saints inconnus du commun des mortels avait dû être proposé par le père prémontré, le plus lettré des assistants. C'est lui également qui a sans doute rédigé les lignes qui vont suivre

" Promettons à Dieu et à ces deux glorieux martyrs que nous garderons, fêterons tous les ans dans la suite, nous et nos successeurs que nous prétendons obliger avec nous dans ce présent voeu, le jour que l'Eglise célèbre et fête l'office de ces deux grands saints qui échoit le trentième juillet, en faisant chanter la veille et le jour de ces dites fêtes, la messe haute et procession extraordinaire, tel qu'il plaise à nos curés l'ordonner.

Le tout, sous le bon plaisir de Monseigneur l'Evêque de Toul, notre prélat, à qui nous ne manquerons point, à la première comédie, d'en demander la soumission et ratification de notre dit voeu.

Fait audit Pagny, le trentième juillet mil six cent quatre vingt cinq.

Signé : Norbert GUERARD curé de Pagny

Suivent une vingtaine de signatures plus ou moins lisibles dont nous retenons celles de MM. CHARROY, POIROT, TOUSSAINT, Claude BRIQUé maire, PIERRON, Nicolas LOUVAIN, Mathias PERIN, Sébastien DE FRANCE, LIFFORT, JEAN CLAUDE, LOUVIN, Simon ADAM, Joseph CHRISTOPHE, Charles HUSSON, Dominique REGNIER, Joseph VOIME, Ignace VOLROT, François BAXER, Pierre GRANDBARBE, Simon PATRON, Jean CHEVRIER, Dominique BOULANGé .

Vient ensuite la formule d'enregistrement

"Vu le présent acte, nous avons approuvé et apppouvons le voeu ici porté.

A Toul le 20 mars 1686 : DE LAIGLE Off. et Vic. Apos.

Nous ignorons pendant combien d'années ou de siècles furent célébrées les messes promises, ni quel fut le résultat de cette supplique. Constatons seulement que la ferveur ne manquait pas.

Les biens communaux de Pagny-sur-Moselle (1700)

Une ordonnance de S.A.R. Léopold en date du 10 janvier 1700 et l'arrét de son conseil des finances du 22 septembre de la même année enjoignirent à toutes les communautés de la Lorraine de fournir dans un délai d'un mois, un rôle de leurs biens et usages communaux.

La communauté des habitants de Pagny en la prévôté de PRENY faisant partie du baillage de NANCY s'y prêta de bonne grâce. Sur papier timbré à trois gros au sceau du tabellionnage de Lorraine et Barrois, elle rédigea la déclaration des biens qui lui appartiennent en date du 10 novembre 1700. Le délai fut passé de quelques jours, mais nul ne lui en a tenu rigueur. Nous noterons au passage quelques unités de mesures utilisées en Lorraine.

Les habitants de PAGNY possèdent soixante et un journaux de terre labourable à quatre cents verges de dix pieds dans lesquels il y a une partie qui est inondée par la Moselle quand elle déborde.

Trente journaux de terre en friches dans leurs montagnes qui servent de pâture pour leurs troupeaux.

Quatre vingt fauchées de preys, la fauchèe à trois cents verges, la verge de dix pieds.

Un pasquis pour faire paturer leurs bestiaux, L'un contenant trente cinq journaux, l'autre cinq jours qui sont situés sur le bord de la Moselle.

Quatre vingt dix journaux de bois tous rasés.

Une maison qui sert à loger le curé, un jardin potager et un jardin à arbres.

Une masure et un jardin potager qui sert depuis des temps passés à loger le maître d'école.

La communauté perçoit annuellement dix neuf francs barrois sur une pièce de terre acensée à des particuliers habitant Pagny.

Les habitants de Pagny ont droit de parcours sur les bans de Prény, Vandières, Onville et Arnaville.

La communauté perçoit annuellement sur les dixmes de Pagny soixante septiers de vin.

Elle perçoit annuellement onze hottes de vin de cens hypothéqués sur plusieurs héritages au vignoble de Pagny.

Elle est chargée d'une dette envers Monsieur de Charey seigneur du dit Charey portant somme de cinq mille cinq cents et quelques francs et aussi d'une dette de deux mille francs envers les jésuites de Pont à Mousson.

Cet aveu fut signé par Pierre MATHIEU maire de Pagny, Georges BRIQUE et Joseph PERIN, tous deux syndics de la communauté. Il fut rédigé par le greffier LOUVIN qui a eu besoin de quatre pages pour énumérer ces douze points.

Cette demande émanant des plus hautes instances ducales eut pour but de pouvoir prélever les droits dus en raison de la réelle possession des biens de chaque communauté.

Des décisions du conseil municipal de Pagny-sur-Moselle (1791-1876)

1791 : divagation des bestiaux

 « Le maire et l’adjoint de la commune de Pagny-sous-Prény d’après la loi du 6 Octobre 1791, arrêtent et font défense à tous particuliers, propriétaires ou vignerons de mener ou laisser divaguer aucun bestiau de quelle espèce il puisse être, dans les vignes, chemins et sentiers du ban des dites vignes sous peine d’amendes conformément à la loi et en joignons aux gardes champêtres d’y surveiller et y tenir la main et de faire rapports au besoin. Sera ainsi que l’arrêté pris premier Ventôse an dix qui défend également à tous propriétaires et fermiers de faire pâturer des blés en vert sans qu’il n’ait fait reconnaître comme il est indispensablement nécessaire de les faire pâturer et qu’il sera bien constaté par le Maire et l’adjoint. Seront tenus de les garder à vue ou les tenir avec des licols sans aller sur autrui ni de les laisser à l »abandon sous peine de reprises.

Le présent sera publié dans les lieux accoutumés de la commune afin que personne n’en prétendre cause d’ignorance.

Charles BOUCHER, Maire et Philippe COINTIN adjoint 

1800 : lutte contre la fermeture des services publics

En Messidor de l’an 8 (Juin 1800), pour maintenir à Pagny le siège de la justice de paix, le conseil municipal n’a pas craint de rédiger un véritable réquisitoire dont voici quelques arguments :

  • Le canton de Pagny est l’un des plus populeux du département de la Meurthe-et-Moselle puisqu’il est fort de 5000 individus pour ses onze communes
  • Le canton de Pagny de l’arrondissement de Toul ne peut être rattaché à Pont-à-Mousson arrondissement de Nancy.
  • Vouloir le réunir à Thiaucourt, la chose est tout à fait impensable : que l’on se figure des chemins extraordinairement mauvais et marécageux presque tous les temps de l’année, des montagnes escarpées, des forêts longues et épaisses, asile ordinaire des brigands, et l’on aura une idée des inconvénients qui résulteraient de cette réunion

1831 : Partage des terres

 Le 1° Novembre 1831, le conseil municipal a établi la liste des 293 chefs de famille ayant droit au partage des terres de la cote et du haut des genets.

Comme jadis dans tous les villages, plusieurs familles plus ou moins apparentées portent le même nom. Les patronymes les plus utilisés alors et supérieurs à quatre :

  • BRIQUE 12 familles,

  • NAVEL 9,

  • BRUNEL 8,

  • JOYEUX 8,

  • FRANCOIS 8,

  • NAUDIN 7,

  • BAUZIN 6,

  • BOUCHER 6,

  • DURAND 6,

  • BAUDIN 5,

  • BOULANGE 5,

  • CHARROIS 5,

  • COINTIN 5,

  • NOEL 5,

  • REGNIER 5

  • THIEBAUX 5

Baignades en 1876

 Faite de piscine, la Moselle a toujours été le seul endroit pour apprendre à nager ou simplement faire trempette. Quelques abus ayant pu être commis le maire de Pagny pris un arrêté de police pour réglementer les bains dans la rivière. En voici le texte

 Nous, maire de la commune de Pagny-sur-Moselle

vu la loi des 16 et 24 août 1790 et 18 juillet 1837

considérant que s’il convient, dans l’intérêt de l’hygiène publique, de donner toutes facilités convenables aux baigneurs, il est du devoir de l’autorité municipale de prescrire les mesures de police de nature à empêcher que les baigneurs ne s’écartent des bornes de la décence 

Avons arrêté ce qui suit :   

Article 1 – tous individus qui voudront se baigner dans la rivière ne pourront le faire que munis d’un caleçon de bain ou autre vêtement.

Article 2 – il est expressément défendu de se baigner aux environs du bac. Nul ne pourra prendre de bains qu’à une distance de eux cents mètres au moins en amont et en aval du dit bac.

Article 3 – les pères et mères seront responsables des contraventions commises par leurs enfants.

Article 4 – les contraventions au présent arrêté seront constatées par des procès verbaux et poursuivies conformément aux lois.

                                        Fait à la mairie de Pagny-sur-Moselle le 9 juillet 1876

                                                                                                            Le Maire

En marge on pouvait lire : « Le préfet de Meurthe-et-Moselle ne s’oppose pas à l’exécution du présent arrêté.

                              Nancy le 27 juillet 1876

                                                                     Le conseiller de préfecture délégué

Actes et anedoctes de Pagny-sur-Moselle

Baptême de Christophe Michon le 24/8/1685

Sur le registre de 1685 nous avons relevé celui de Christophe MICHON « baptisé au logis de son père par la sage-femme qui le croyait en danger de mort le 24/8/1685. Il a été apporté le 25 à l’église où les autres cérémonies et exorcismes accoutumés lui ont été appliqués et a eu pour parrain Christophe GUEPRATTE et pour marraine Catherine MATHIEU »

(Acte signé par le curé Norbert GUERARD et suivi par un acte identique pour Barbe MICHON)

Les six mariages de 1694

Il s’agissait de Jean BELLOT et de Catherine DERLON, de Simon BAUZIN et de Claude JOSSE, d’Etienne JOYEUX et de Catherine BEUVELOT, de Paul ETIENNE et de Christophe LOUVIN, de Joseph LAHAYE et d’Anne CAUCHELOT .

10 décembre 1700

Anne PATCH, baptisée "au logis de son père Pierre et de sa maman Marie BOULANGER par la sage-femme, l'étant trouvée en danger de mort le dixième du mois de décembre, a été apportée à 1'églisse de Pagny le même jour où les cérémonies du baptême luy ont été appliquées et a eu pour parrain Gérard MOUROT et pour marraine Frimine BEUVELOT."

Hélène BEUVELOT a vu  le jour au foyer de ses parents Christien et Marguerite GALILE " née le huitième décembre et baptisée le dix du même mois et a eu pour parrain Joseph ADAM et pour marraine Hélène CHRISTOPHE."

 

Une fête dramatique en 1704

 Le 28 janvier 1704 naissait à Lunéville le prince LOUYS, quatrième enfants du Duc de Lorraine LEOPOLD 1er et d’Elisabeth Charlotte D’ORLEANS.

La noble famille POIROT de Pagny, proche de la famille ducale, s’était réunie le 17 février pour célébrer l’événement. . . La fête fut gâchée par un drame imprévisible comme le témoigne Norbert GUERARD, prieur-curé de Pagny :

« Dominique POIROT, jeune fils de 20 ans, fut assommé ce jour là d’un coup de fusil. L’arme avait été placée auprès du feu en réjouissance de la naissance du jeune prince de Lorraine. Le blessé gravement atteint a été apporté au logis du sieur curé qui, voyant en lui encore quelque marque de vie, lui donna le bénéfice de l’absolution. Le jeune homme mourut quelques instants plus tard et fut inhumé le lendemain 18 février dans le cimetière de la paroisse au devant du grand portail de l’église, en présence de Dominique POIROT et Nicolas POIROT, ses oncles. »

Chute du cerisier en 1716

« La gourmandise est un vilain défaut et surtout un péché » ne cessait de répéter Norbert GUERARD, curé de Pagny. Elle fut fatale à Rheyne GENTEL, fille de Didier GENTEL de cette paroisse qui décéda le 18 août 1716. Monsieur le curé lui donna tous les sacrements de la Sainte église en lui pardonnant ainsi son péché ….Il précisa dans son rapport à dieu » qu’elle est morte à cause d’une chute d’un cerisier où elle était montée pour manger des cerises…..

Baptême au château en 1721

 L’abbé François PASQUEL, chanoine régulier des prémontrés et curé de Pagny a noté sur son relevé des baptême de 1721 : "Jeanne-Marie DE GOURCY, née à Pagny-sous-Prény le 27 juillet 1721, fille du comte Joachim DE GOURCY et de Dame Louise DUHAUTOY a été baptisée le 1° août 1721 dans la chapelle du château"

Fiançailles en 1729

en 1729 l’abbé RODOUANT, curé de Pagny, chanoine régulier prémontré, consignait par écrit sur son registre paroissial :

« Firmin BELLOT et Christienne POUGAIN paroissiens de Pagny ont été fiancés et se sont promis mutuellement de se marier ensemble aussitôt que faire se pourra et au plus tard dans 40 jours, lesquelles promesses ont été reçues et bénies par moy en présence des parents et amis qui ont signé et marqué pour les parties et nous."

Signatures de Firmin BELLOT, des témoins Pierre NOËL et J. LANNIER

La fiancée Christienne POUGAIN et son père Didier POUGAIN signent chacun d’une croix de forme différente.

Oubli volontaire ou non les jours et mois de 1729 ne sont pas indiqués bien qu’étant le point de départ des quarante jours de fiançailles !......L’acte précédent concernait la naissance de Thomas fils légitime de Jean Thiry et de Catherine LELONGE, baptisé le 22 novembre 1729….

inhumation le 17 avril 1747

« Philippe LELONGE, homme âgé de 75 ans est décédé muni des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. Son corps a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse, au milieu, du coté du ruisseau."

Noyade en 1762

Joseph DUVAL, fils de défunt François DUVAL et de Marguerite NAZAL, jeune homme âgé de 21 ans, a été noyé dans la Moselle avec quatre chevaux le 18 mai 1762. Il n’a été retrouvé que le 22 du même mois et a été enterré le même jour.

Coup de couteau en 1765

Jean HAMEL, fils d’Etienne HAMEL et de défunte Anne BELLOT, âgé de 28 ans, est décédé muni des Sacrements de pénitence et d’extrême onction le 28 octobre 1765. La cause de sa mort est un coup de couteau.

Coups et blessure en 1769

Sébastien FRIRION, fils de Sébastien FRIRION, régent d’école et de Jeanne BLAISE, âgé de 21 ans a été violemment frappé dans le cimetière par un passant le 7 février 1767. Il est décédé le 12.

Déclaration  de grossesse en 1778

 « Aujourd’hui 22 Février 1778, par décret nous Claude GALILE, maire pour la police de Pagny-sous-Preny a comparu Catherine MICHEL, fille de Nicolas MICHEL et de Barbe MOUROT son épouse, native dudit Pagny, laquelle nous a dit et déclaré qu’elle est enceinte depuis le mois d’Octobre dernier, des œuvres d’Estienne HAMEL, domestique chez monsieur le Vicomte du Bauloy, natif dudit lieu. Laquelle déclaration la ditte Catherine MICHEL nous affirmé sincère et véritable, dans laquelle elle s’est engagé de se gouverner sagement de façon que le fruit qu’elle porte parvienne au saint jour du  baptême, et ensuite, de l’élever et nourrir dans la foix catholique, apostolique et romaine. A Pagny, les jours et ans avant dit et a, la ditte MICHEL, signé avec nous ».

Catherine MICHEL ,Claude GALILE, maire

Claude BEUVELOT, greffier

Reconnaissance d’un accouchement en 1787

Aujourd’hui 7 Octobre de l’an 1787, par devant nous Claude GEORGE maire pour la police de la seigneurie de Pagny-sous-Prény est comparu Anne THIRIOT, matrone audit lieu de Pagny, qui nous a requis de nous transporter dans la maison de Dominique COLIN, beau-père de Marianne CHABAUT, où étant, nous avons trouvé la ditte Marianne CHABAUT dans les douleurs d’enfanter. Elle nous a juré sur peine de damnation éternelle que c’était des œuvres de François HENRION, actuellement dragon du régiment de la Roche-Foucauld. Ensuite a mis au monde un garçon et nous a promis de le nourrir et de l’élever dans la foy catholique, apostholique et romaine. De tous quoy avons dressé le présent acte et avons signé à la reserve de la ditte CHBAUT qui a fait la marque pour l’usage d’écrire.

Suivent les signatures de : Anne THIRIOT (la matrone), de Claude GEORGE (le maire) et de B. GERARD ( greffier commis).

Testament de M. BAUDOT le 20/2/1788

« Extrait du testament du 20/2/1788 de feu Monsieur BAUDOT, demeurant à Pagny, concernant les pauvres malades de la ditte commune. »

« Donne et lègue le dit sieur BAUDOT testateur, une rente annuelle et perpétuelle de 50 livres argent au cours de France, pour le soulagement des pauvres malades du dit Pagny qu’il affecte sur la maison où il réside, en sorte que la ditte rente sera payée annuellement par Dame Catherine GRELL, son épouse, pendant sa vie durante et, après son décès, par ceux qui posséderont la ditte maison aussi annuellement et à perpétuité et ce, entre les mains de mon Sieur Prieur, curé du dit lieu, pour être par lui distribuée annuellement aux pauvres qui se trouveront malades, la ditte rente sera jointe à celle de l’année suivante pour augmenter le soulagement des pauvres, et ainsi d’année à autres et à perpétuité, sans que la ditte rente puisse se racheter »

Article copié littéralement dans le testament de mon dit sieur BAUDOT et qui a été passé par devant Me GENIN, notaire royal à la résidence de Pagny, le 20/2/1788

Appel sous les drapeaux en 1793

D'après réquisition et ordonnance des représentants du peuple français près les armées du Rhin et de la Moselle faite à Metz le 6/8/1793 An 2 de la république, dans la commune de Pagny a été opéré le recrutement suivant :

  • Antoine HARMAND,

  • Joseph LEFEVRE,

  • Antoine VISCAT

Militaire tué en 1793

L’an 1793 le 21 avril, l’abbé MALGAIGNE curé de Pagny a dressé l’acte de décès « d’un volontaire de Bretagne (dont il a omis de noter le nom) tué la veille sur la route d’Arnaville à Pagny d’un coup de fusil parti fortuitement des mains de son camarade voyageant avec lui et ramené ici à cause de la résidence du juge de paix, a été enterré avec les cérémonies ordinaires » 

Les conscrits de 1800

Cinq vignerons :

  • Joseph DURAND né le 12 septembre 1780,

  • Claude HUSSON né le 5 août 1780,

  • François HAMEL né le 26 juillet 1780,

  • André ROBINET né le 28 janvier 1780,

  • Jean COINTIN né le IO décembre 1779

 Deux fils de propriétaires :

  • Antoine-Joseph GRANDBARBE né le 13 décembre 1779

  • Charles-Nicolas BOUCHER né le 6 décembre 1779.

24 BRUMAIRE AN IX 

Nominations à la Garde Nationale :

  • Sergent-Major :

    • Jean-Dieudonné-Florent AUBRY,

       

  • Caporaux :

    • Joseph-Georges DURANT,

    • Joseph DUMONT,

    • Joseph NAVEL,

    • Dominique COINTIN,

    • Remy LEFEBVRE,

    • François GRANDBARBE,

    • François CESARD,

    • François COINTIN,

    • François THIEBAUX

    • Nicolas MALRAISON.

5 VENDEMIAIRE AN IX:

Sont nommés experts pour la visite des vignes les citoyens Antoine CHARLEMAGNE, Pierre LE LONGE, Philippe-François COINTIN, Mathias BRIQUé et François-Georges DORON, tous propriétaires de vignes et vignerons, habitant à Pagny.

Noyade de Nicolas Viscat en 1817

Nicolas VISCAT né à Prény le 23 août 1786, époux de Françoise VATIER était  pâtre à Pagny comme l’était déjà son père à Novéant.

En voulant faire passer de l’autre coté de la rivière son troupeau pour le faire pâturer, le malheureux s’est noyé ainsi que le cheval qu’il montait. Pour parer à des accidents de ce genre  « et de donner plus de facilités au troupeau de jouir du parcours et aux habitants une fréquentation plus commode dans leurs portions situées de l’autre coté de la Moselle » le conseil municipal de Pagny a décidé le 12 Mai 1818 d’en informer le préfet en demandant l’autorisation préfectorale pour faire l’achat d’un bateau : dépense présumée 100 francs.

Mort d’un inconnu en 1914

Le 23/10/1914 à 10 heures du matin un homme dont l’identité n’a pu être établie est décédé à Pagny 10 rue Thiébaux. Cet individu avait été amené au village trois semaines plus tôt, par les gendarmes allemands en poste à Bayonville. L’acte de décès précise « qu’il n’avait plus son bon sens : tantôt il disait venir de Waville, tantôt d’Aix-sous-Vorturey. On pense que c’est un évadé de l’hospice de Gorze. Agé d’environ 65 ans, taille 1 m 75 environ, cheveux et barbe gris ayant été châtain foncé, deux cicatrices au dessus du rein droit et une au dessus du sein gauche semblant provenir de coups de couteau » .

 L’acte dressé par Mr François Jules BARTHELEMY adjoint au maire de Pagny, remplissant les fonctions d’officier d’état civil vu la renonciation du maire aux affaires communales sur la déclaration de MM François COMTE 49 ans cultivateur à Fey-en-Haye et Alfred SANZEY 50 ans appariteur à Pagny. En raison de l’état de guerre et de l’occupation allemande, aucune enquête de police n’a permis d’identifier cet inconnu.

Trois siècles de mariage à Pagny-sur-Moselle

par Michel NEY

Pour effectuer ce travail, nous avons utilisé les registres d'état civil depuis 1793 et, pour la période précédente, une liste alphabétique des 590 mariages célébrés à Paqny entre 1685 et 1792, liste établie par le patient chanoine BRUNEAU en 1982 pour le Cercle Généalogique de Lorraine


Pendant cette première période de 108 années, on enregistrait cinq à six mariages par an pour un village de 150 habitants en 1685 (comme PRENY en 1968) à 820 habitants en 1792 (comme NORROY-les­PONT-à-MOUSSON en 1982). Pour chacun de ces mariages cette liste indique la date de la célébration, les noms et prénoms des maris, de leurs épouses et de leurs parents. Le classement alphabétique permet de trouver côte à côte parfois trois générations de jeunes mariés. A titre d'exemple

  • Jean Nicolas REGNIER épouse Elisabeth BRUNEL le 24 novembre 1767 -
  • ses parents Estienne REGNIER et Barbe NIVOY s'étaient mariés à Pagny le 5 février 1732 -
  • ses grands-parents Jean REGNIER et Hélène JOYEUX s'étaient mariés à Pagny le 5 février 1697.

Notons au passage que ces trois mariages, dans une famille de vignerons, ont eu lieu en "période creuse" après les vendanges et que ce Jean REGNIER est l'ancêtre commun de Mr. l'abbé Maurice REGNIER, de Mr. Vincent REGNIER distillateur, de Mme Lyliane ERNST institutrice et, de bien d'autres membres des familles REGNIER, VARLET GABRIEL, ROBINET, NAVEL COCHIN TRIPODI etc...

Hasard ou confirmation ,... Cette notion de "période creuse" correspond bien à une vieille coutume lorraine : les mariages devaient être célébrés hors "des temps clos" liés aux prescriptions religieuses (avec autorisation spéciale durant l'Avent et le Carême) et hors des "gros travaux des champs" (fenaison, moisson, vendanges). Pour nous faire plaisir, citons au passage cette savoureuse discussion pour fixer la date d'un mariage chez des cultivateurs, non loin de Pagny : " Du moment que nous v'là tous d'accord su' l'consentement disait la mère du garçon, y s'agirait maintenant de fixer le jour des noces de façon à ne pas tomber dans les grosses ouvrages ... Y'a d'abord les pommes de terre à planter, les betteraves à piocher, puis les luzernes, les foins, la moisson, les carottes, les navets, le ...
- Réaction immédiate de la future épouse : " Alors, ça sera pour la semaine des quat'jeudis autant dire ! Et si le fils pendant ce temps-là, se laisse embaufumer ailleurs, je serai bien plantée !... "

Passons à présent aux "témoignages" des jeunes mariés que nous avons sélectionnés pour vous


1685


" Je me présente, Philippe MATHIEU, fils de François MATHIEU et de Anne BAXOT. Je me marie le 27 novembre 1685 avec Mlle Claude ROSOTTE, fille de Mr. André ROSOTTE et de Mme Andrée SAUVAGE.
Pagny compte environ 120 habitants. Notre duc de Lorraine s'appelle Charles V et le roi de France Louis XIV. Un mariage est un grand événement : cinq ont lieu ici cette année
Eune mahon sons fome at eune lantcheuve sons fé (Une maison sans femme est une lanterne sans feu)


1700


"Aujourd'hui 4 mai, moi, Dominique BELLOT fils de BELLOT et de Mathilde BAUDEZON, je prends pour épouse demoi­selle Marie ODELOT fille de Mr. Georges ODELOT et de Mme Marie SALE. A Pagny, nous sommes environ cinquante ménages pour 130 habitants environ. Depuis quinze ans, on fête en moyenne six mariages chaque année. Notre duc de Lorraine est Léopold Ier et nos voisins Français ont pour roi LOUIS XIV âgé de 62 ans.
Lés omes r'sauent aus kéyous Les pus duhhs ç'at lès mious ! (Les hommes ressemblent aux cailloux, Les plus durs sont les meilleurs !)


1766


" Notre duc Stanislas est mort à Lunéville ce 23 février. Nous sommes à présent Français et aujourd'hui 16 novembre, je vis ma dernière journée de garçon. Demain, moi Bernard  BRUNEL fils de Joseph BRUNEL et de Barbe BOUCHER, je jurerai fidélité à Elisabeth LELONGE la fille de Pierre LELONGE et de Marie MICHEL
Eune fome intéressaye at eune bone haye autour d'eune mauhon ! (Une femme intéressée est une bonne haie autour d'une maison !)

"Notre village compte à présent environ 150 ménages pour 800 habitants. Depuis le début du siècle j'ai compté 396 mariages sur les registres de la paroisse. De 6 par an on est passé à 11 l'année dernière et 13 cette année .. Sur la colline, le château de Prény est depuis longtemps en ruines ..."


1792


" Aujourd'hui 13 décembre mon père Georges DURAND et son épouse Andrée DEFRANCE verront leur fils Joseph convoler en justes noces avec la citoyenne Jeanne LANDREVILLE fille de Françoise PIERREZ et de son mari Joseph.

"Il y aura six mariages cette année tout comme l'année dernière pour zéro en 1790 et sept en 1789... Beaucoup de jeunes Pagnotins partent aux armées. Le roi LOUIS XVI est toujours en prison ..."


1815


"Ancien militaire "rescapé" des campagnes napoléoniennes en ce 24 janvier, Moi Mathieu GEORGE (Balthasard en deuxième prénom comme celui de mon père digne mari d'Anne CHARROY)
je vais donner mon nom à Françoise GERARD couturière, avec "avis favorable" de son père Jean-Baptiste et de sa mère Anne ALIZON. Sur les registres de la mairie, j'ai relevé depuis l'An 1 de la République (1793) cent soixante mariages à Pagny. Nous approchons le cap des 1000 habitants '. .."


I870


" En tant que vigneron épousant une vigneronne, j'ai choisi le 3 mai pour célébrer nos noces. Je m'appelle Joseph LEJEUNE, fils de Thomas-Joseph et de Marie-Catherine GRANDBARBE Ma promise Marie-Françoise NAUDIN est la fille de Jean-Baptiste et de Marie-Louise NAUDIN d'une vieille famille pagnotine. Pendant ces cinquante-cinq dernières années, 439 mariages ont eu lieu dans notre village. En me mariant j'ignorais qu'une nouvelle guerre éclaterait le 18 juillet 1870 et que les armées prussiennes comme en 1815, reviendraient à Pagny".


1900


" Moi, Charles-Victor BOUDAT, fils de Jean-François BOUDAT et de Julie CHAUVE, j'ai choisi un 28 décembre pour l'aire de Maria MICHEL mon épouse. Elle est l'heureuse fillede Mr.Charles-Nicolas MICHEL et de Mme Marie-Louise JACQUEMIN.

Depuis 1871, Paqny en recevant les Mosellans fuyant l'annexion, a vu sa population passer de 1000 à plus de 1700 habitants. 358 mariages ont eu lieu au cours de ces trente années" d'après guerre". Le XXème siècle s'annonce bien !..."


" Employé de chemin de fer,moi,Jean-Baptiste AGNUS ai choisi un 2 décembre pour contracter mariage. Fils de Louis-Victor AGNUS et de Jeanne-Marguerite BEGUIGNET je prends pour épouse Marie-Constance SCHAAF, fille de Mr. Jean-Nicolas SCHAAF et de Mme Françoise-Augustine RAMLIN.
Au cours de ces treize dernières années, 193 mariages ont été célébrés à Pagny. Grâce aux usines, au chemin de fer, à la douane, notre village compte à présent 2300 habitants.
Hélas, nous ne savions pas que nous allions être mobilisés le 1er août 1914 pour cette Première Guerre Mondiale et que Pagny allait connaître quatre longues années d'occupation par les troupes allemandes...."

 

Le texte se continue par des témoignages sur des mariages plus récents que j'ai occultés pour respecter la loi de communicabilité des actes d'état-civil.


Cartes postales anciennes de Pagny-sur-Moselle

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