Onville à l'époque de la révolution

- Quelques bourgeois de Metz y avaient des résidences secondaires (déjà !..) Quelques uns ont quitté la ville pour s'y fixer définitivement, tel Charles-Auguste PANTALEON, ancien conseiller du roi et graveur à l'Hôtel des monnaies de Metz. Son fils y fut baptisé en 1760. Il acheta en 1773 une maison pour 785 livres, maison qu'il habita vingt ans plus tard le 2 octobre. Tel aussi Dominique HUMBERT le jeune, ci­devant citoyen de Metz et qui demanda le 31 mars 1793 son admission comme citoyen d'Onville " où il entend faire sa résidence et celle de son épouse, sa belle-mère étant domiciliée à Onville. Il paiera ses impositions à Onville et sollicite son inscription sur le registre de la Garde Nationale ".

On était donc plus au calme à la campagne pendant la tourmente révolutionnaire !

- A côté de " ces gentilhommes campagnards ", des cultivateurs assez modestes, au point qu'en juillet 1793, sept seulement disposaient d'un attelage pour assurer un convoi militaire.

- La vraie richesse est la vigne ; le directoire du département demanda un relevé des biens des émigrés en 1792 . On note beaucoup de petits vignobles : 4 jours à BACHELIER, ex-curé de Novéant - 5 jours 40 verges à CLAUDIN ex-curé de St. Agnant (près d'Apremont - Meuse), 70 jours à DELATTRE ex-curé de Woinbey (Meuse). Les celliers de BACHELIER renferment 2 cuves, 14 tonneaux, 2 vieux poulains (sorte d'échelle à montants épais) propres à charger le vin. Celui de CLAUDIN, 3 cuves, celui de DELATTRE, 2 pièces de vin contenant ensemble 15 hottes ( ce qui permet de penser que le vin n'était pas consommé sur place mais était expédié chez les propriétaires ). D'ailleurs, les moines d'Orval possédaient à Bayonville un vignoble qui, en 1738, produisait 144 pièces; le vin devait être envoyé à l'abbaye ( du moins ce qui en restait !)

La cure d'Onville possédait en 1790, 3 jours et 60 hommées de vignes et deux cuves

Les Augustins de Metz possédaient 7 jours de vignes, les Bernardins de St. Benoit, 13 hommées de vignes et 2 pressoirs Gorze percevait 670 hottes et demie de vin annuellement.

Onville en 1905

En 1905, ONVILLE compte 465 habitants et 145 électeurs inscrits.

  • Fête patronale 2ème dimanche de Juillet.
  • Ecart : Ferme de St. Louis
  • Passage du facteur 7 H.I/2 du matin.
  • Production vigne
  • CONSEILLERS MUNICIPAUX :
    • Maguillot,
    • Royer,
    • Malassez,
    • Moisette,
    • Naudin
    • Urbain E.,
    • Humbert,
    • Haas
  • MAIRE. ADJOINT : Thiebaut E.
  • CURE : Ronguaux
  • INSTITUTEUR : André
  • INSTITUTRICE : Mlle Fressy
  • NOTAIRE : Panthu -
  • CHEF DE GARE : Mamelet -
  • S/LIEUTENANT DES DOUANES Bournez -
  • AGENT D'ASSURANCE : Maguillot
  • AGRICULTEURS PROPRIETAIRES : Bodart:,Bogenez, Driant, Geminel, Kloster Humbert, Person, Perrin, Roeltgen.
  • APICULTEURS : Bodart, Driant, Humbert, Maurice, Person, Tripotin,Àndré.
  • VITICULTEURS :Rogenez, Bodart, Çeminel, Humbert C, Person, Driant, Vitrier, Brunetti.
  • FERMIER : Moissette
  • AUBERGISTES :Dupays, Marmois, Vve Dessante.
  • HOTELS RESTAURANTS : Dupays, Marmois
  • CAFETIERS : Dupays, Dessante, Marmois
  • EPICIERS : Dessante, Marmois
  • BOUCHER : Chaldebas
  • BOULANGERS : Naudin, Walter
  • BONNETIER : Peltier
  • CORDONNIER : Peltier
  • TAILLEUR : Lacroix BURALISTE :Danjoux
  • MERCIERS: Peltier, Vve Dessante
  • PEINTRE : Brunetti
  • COUTURIERS : Mmes Massenet, Chauvet, Mlles Venandet, Caillard
  • MENUISIER : Peltier
  •  FORGERON : Bastien
  • GARDE-CHAMPETRE : Naudin
  • Bureau de Bienfaisance et Caisse d'Epargne (Succursale de Pont-à-Mousson)

Petites histoires et anecdotes 

 

(1357) Querelles d'héritage

En 1357, une affaire parvint devant le tribunal des échevins de Metz. Celle-ci déchirait les héritiers COLLIGNON-GALLIAT d'Onville. Suite au décès d'une femme qui avait eu plusieurs maris au cours de sa vie, les enfants de son premier mariage revendiquaient leur part sur tous les biens. Or, selon le droit messin, un enfant ne peut prétendre qu'à la succession des biens acquis par ses deux parents. La défunte ayant acquis des immeubles avec son dernier époux, il fut décidé que seule la descendance issue de cette dernière union hériterait des dits immeubles. Le verdict de Seigneur Silmon LE GRONNAIS débouta, par conséquent, les enfants nés lors du premier mariage qui ne pourraient revendiquer que les biens achetés lors du vivant de leur père.

( 1650 - 1790 - Dates approximatives) Le relais de poste

En 1650, il existait dans ce village un relai de la poste d'Espagne, ainsi nommé à cause de la communication de la Franche-Comté avec le duché de Luxembourg qui appartenait à l'Espagne ; cette poste passait par Toul, Rosières-en Haie etc... puis allait vers Luxembourg et la Hollande.

 M..RAGOT, dit le père ANASRASE, capucin, était maître de poste à Onville en 1790.

(1699) Bornage entre France et Lorraine

Il y eut dans ce village, en 1699, une grande fête : le duc de Lorraine y vint avec sa cour ; il s'agissait de déterminer les bornes du duché, le prince fixa les limites à la Grange, petite ferme à deux kilomètres du village, on y lit d'un côté FRANCE et de ll'autre, LORRAINE .

(1791) Gens d’église

Ce jourd’hui 2/4/1791 est comparu au greffier du district, le sieur Sébastien-Mathieu THOUROUDE, religieux et clerc de l’ordre des Prémontrés cy devant Abbaye de Justemont, lequel a déclaré qu’il a depuis quelques jours fixé son domicile au village d’ONVILLE du département de la Moselle et du district de Metz et qu’il n’entend plus recevoir son traitement que du district de Pont-à-Mousson, de laquelle déclaration il a été dressé le présent acte souscrit par S. M. THOUROUDE et du secrétaire greffier soussigné : PREVOT .

Ce jourd’hui 7/7/1791 est comparu le sieur Dominique THIEBAUT prêtre ci devant grand carme de Pont-à-Mousson lequel a déclaré être dans son intention de fixer sa résidence à ONVILLE district de Metz, département de la Moselle à la recette duquel district il entend recevoir à l’avenir son traitement, ayant reçu les trois premiers quartiers de cette année à la recette du district de Pont-à-Mousson de laquelle déclaration il a requis acte et signé : Dominique THIEBAUT.

(1792) Remplacement du taureau communal

En décembre 1792, le conseil municipal consacra quatre séances à discuter du remplacement du taureau communal dont « l’invalidité » avait été dûment constatée et « l’impuissance » reconnue de tous.

D’après M Louis HARMAND, maître de conférences à l’université de Clermont-Ferrand, c’est le maire Charles ANTOINE qui fut prié « d’en faire la vente ». Trois acquéreurs seulement se mirent sur les rangs : Augustain FRUTIAUX boucher à Onville qui en proposa 36 livres, un juif 30 livres et DURUY boucher à Novéant qui emporta le marché avec 845 livres (GUIDON, boucher à Gorze ne fit même aucune offre !)

Il ne suffisait pas de se débarrasser du taureau déficient, il fallait lui découvrir un remplaçant. Ce ne fut pas facile. Après être allé à Arnaville, puis à Prény, Vandières, Moulon, Pagny, Gorze,Xonville, Champfontaine, Saint Benoit, Beney, Bouillonville, Thiaucourt, Jaulny, le maire arriva enfin à conclure d’un taureau à la ferme de Buret à un certain LOUIS pour 144 livres.

Restait à adjuger au moins offrant la baisse à bail de l’animal. C’est Hubert LEGER, pâtre d’Onville, qui enleva l’enchère avec 72 livres contre Dominique HUMBERT 100livres, Charles Florimont NEVEUX 88 et François LAMBILLE, MEUNIER ,75.

Heureux village alors qu’en cette époque révolutionnaire, d’autres soucis n’épargnaient pas d’autres lieux……

(1793) Les soldats de la république

 Le 24/2/1793, la convention décidait de procéder à une levée de 300 000 hommes et mettait en état de réquisition permanente tous les citoyens de 18 à 40 ans, non mariés ou veufs sans enfants.

Dès le 13 Mars, Dominique GOBERT, membre du conseil du district de Metz, arrivait à Onville vers 3 heures de L’après midi et invitait immédiatement le citoyen maire à convoquer le conseil général de la commune. Tous les individus de 18 à 40 ans étaient spécialement requis d’être présents. Il annonça à l’assemblée qu’un registre pour inscription volontaire était ouvert.

Cet appel ne fut pas entendu et le registre resta vierge. Le maire fit donc savoir aux 28 hommes susceptibles de porter les armes qu’ils avaient à fournir SEPT VOLONTAIRES !!

Faute de volontaires, ce fut le tirage au sort qui fut choisi. C’est ainsi que Dominique JEANDIN, Remy MANGIN, Remy GERARD , François THIEBAULT, François BATHELEMY, François BELLEAU, Jacques-Georges Jacquin, devinrent soldats de la république.

(1793) Mal vu par la municipalité

 Prêtre en Lorraine de 1757 à 1783, il devint écolâtre de la collégiale de LAUTENBACH dans la Haute-Alsace où il refusa de prêter le serment liberté-égalité avant de se retirer à Onville. Le 12/4/1793, la municipalité d’Onville déclara n’avoir d’autre suspect que le ci-devant chanoine MEFFET. Le 10 Novembre suivant, le comité de surveillance du village demanda « qu’on le débarrassât de ce prêtre réfractaire ». Le 4 Décembre, le district et le département approuvèrent son incarcération à la doctrine à Metz. Le 28 Germinal, il fut condamné à rester en réclusion mais, le 22 Floréal, il fut envoyé en déportation et décéda sur le navire l’INDIEN le 12 Thermidor an 2 (30/7/1794). Il fut inhumé à l’île d’AIX au large de la Rochelle       

(1825/1830) Les rois passent, le maire reste  

CHARLES 10, frère de LOUIS 16, connu d’abord sous le nom de comte d’Artois, succéda comme roi à son frère LOUIS 18 EN 1824. Le 12 août 1825, le maire d’Onville Jean Florent Crepet prêta serment « de fidélité au roi et obéissance aux lois du royaume » (comme sans doute tous les maires de France)

Chassé en exil par la révolution de Juillet 1830, Charles 10 laissa la place à Louis-Philippe.

Le 19/9/1830, devant le conseil municipale au complet, le maire d’Onville Jean Florent Crepet prêta serment en ces termes : « Je jure fidélité au roi des Français et obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume »  Le 15/11/1830, le conseil municipal ouvrit un crédit de 60 Francs  « pour que la fête du roi Louis Philippe soit célébrée conformément aux sentiments que son noble caractère inspire, tout en regrettant que les ressources de la commune ne permettent pas de faire davantage » .

1826 : lutte contre le chapardage

Onville, le 22 juillet 1826

Monsieur le Sous-préfet,

Depuis un temps immémorial, on a été dans l'usage de fermer avec des bandelettes de papier et cachetées du sceau de la commune les portes et les fenêtres des maisons de l'enclos du cimetière donnant sur les vignes. La clôture ne se fait qu'après la mise en ban des vignes et dure jusqu'à la vendange finie (deux ou trois semaines aurait dû ajouter Mr. le Maire!...)

Cette partie des habitations se trouve dans l'endroit du village le plus malsain. Ce n'est pas sans inconvénients, les habitants, privés d'air, ont éprouvé déjà et à différentes repri­ses (-es maladies dangereuses provenant, disent-ils, de la priva­tion de l'air dont ils ont besoin.

Ils observent aussi que cette mesure n'est applicable qu'à leur quartier et qu'ils ne doivent pas plus être emprisonnés que les autres habitants. Leur raisonnement parait assez juste,

mais il faut aussi remarquer que les habitants qui logent dans ces maisons sont presque tous des gens dont on a eu, jusqu'à présent, un juste sujet de soupçonner la probité et, pour s'assurer d'eux, on a pris le parti de les fermer sur les vignes.

Ils ajoutent encore que ce sont les propriétaires des vignes qui doivent se clôre et séparer leurs propriétés des habitations. Ils avaient l'intention de vous adresser une pétition pour faire valoir leurs griefs et, comme je pense, elle m'aurait été renvoyée pour donner les renseignements nécessaires. J'ai l'honneur de vous faire part que je crois leurs prétentions fondées et qu'on ne peut guère, sans nuire à la santé de ces particuliers, continuer de les priver de 11air qui leur appartient et dont ils ont un besoin impérieux.

J'ai l'honneur, Monsieur le Sous-préfet, de vouloir me faire connaître si je dois continuer d'apposer les scellés sur les portes et fenêtres dont il s'agit, par continuation d'usage, si j'en aile droit en tant qu'administrateur et, en même temps, si ces individus ont eux-mêmes le droit de s'y opposer comme ils sont sur le point de le faire cette année "

REPONSE DU SOUS-PREFET SUR LE MEME DOCUMENT : On ne peut enfermer personne dans sa maison. Il faut chercher à clore le ban des vignes par d'autres moyens . . . . . . . . . . . . . . . . .

(1875) Projet de gendarmerie à ONVILLE

 Le conseil d’arrondissement de Briey avait émis le vœu qu’un poste de deux gendarmes à pied soit établi à Onville pour surveiller la région du Rupt-de-Mad pendant les travaux de construction de la ligne de chemin de fer reliant Nancy à la frontière Belge via Pagny.

Il semble que ce vœu n’ait pas abouti. Pourtant le conseil général de Meurthe-et-Moselle, dans sa séance du 27/8/1875 avait enregistré l’adoption du rapport de la commission. Voici le texte retrouvé aux archives départementales de Nancy (cote 4 n 29) :

« Votre commission, Messieurs, reconnaît que la surveillance en question est d’ordre public, et que si près de la frontière, elle est d’autant plus indispensable que, du grand nombre d’ouvriers répandus sur des chantiers aussi vastes et aussi éparpillés, une grande partie, la plus grande peut-être, se compose d’étrangers.

Monsieur le Ministre de la guerre s’empressera donc de consentir à cette mesure qu’il prescrit lui-même sur tous les grands ateliers de nos frontières.

Il importe toutefois que la charge de cette mesure qui pourrait bien ne pas se restreindre à 2 gendarmes à pied, n’incombe pas au département alors qu’il demande à Monsieur le Ministre de la guerre un allégement des dépenses que lui impose le casernement de la gendarmerie départementale.

Mais, comme Monsieur le maire d’Onville, notre honorable collègue, nous assure que sa commune ou la compagnie de l’est est disposée à pouvoir aux frais de l’installation demandée, notre commission, Messieurs, nous propose d’adopter le premier vœu du conseil d’arrondissement de Briey »

Le texte se termine par la délibération suivante :

« Les conclusions de la commission sont mises aux voix et adoptées. »

En marge de ce document on peut lire :

« Ecrit au maire d’Onville le 29 septembre pour faire délibérer son conseil municipal et produire un projet de bail »

Aucun autre document ne figurant dans le dossier, on peut supposer que ce vœu est resté lettre morte, les gendarmes de Pagny, Mars-la-Tour et Thiaucourt devant suffire pour surveiller les chantiers…….