généalogie et histoires lorraines

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Description de Gondreville

mardi 2 octobre 2012, par Anne Auburtin

Département de la Meurthe, dictionnaire historique et statistique, E. Grosse,1836,(réédition Res Universis, Paris, 1992)

Description

Petit bourg, situé sur la route de Nancy à Toul, aux bords de la Moselle, à 5 km à l'est de Toul

Population (1830)

  • 1257 individus
  • 112 électeurs communaux
  • 12 conseillers municipaux
  • 315 feux 
  • 261 habitants

Cultures et industries

  • 2499 hectares dont 838 en forêts, 889 en terres arables, 318 en près, 16 en pâtis, friches et jardins et 10 en vignes "dont les produits sont passables"
  • Un moulin à grains, une carrière peu considérable de moellons, et une autre de pierres de taille

Gondreville en 1888

Pour en savoir plus sur la commune de Gondreville, il faut aller sur le site de Claude. Fourcaulx....

Vous y trouverez une "Monographie de la commune de Gondreville par l'instituteur Colombey", écrite en 1888, passionnante. J'en citerais simplement ce passage relatif à l'état-civil :

  "La seule source où j'ai pu puiser, de 1586 à 1738, est l'état civil. L'un des premiers actes qui me tombèrent sous les yeux, 4 janvier 1703, nous apprend la naissance de Jean Lagarde dont fut parrain "Noel Thrésor régent des écoles …, les parrains et marraine ont dits ne scavoir escrire" (rature au registre). Je dois dire que cette lecture me mit en goût, et je feuilletais patiemment tous les registres en notant ce qui me parut digne de remarque.

Il est peut-être utile de dire quelques mots de l'état civil lui même, comment les registres étaient tenus. On sait que les actes étaient surtout destinés à constater les baptêmes, mariages et enterrements; si je me sers de l'expression : état civil, c'est pour plus de commodité.

J'aurai occasion de citer quelques actes vicieux qui sont les plus nombreux : en 1697, Jean Brenel, signe jean Bernel; en 1706 Jacques Baret, fils de Claude Buret, signe Jacques Barat. Je considère comme synonymes : De Briey, De Brecy et de De Bruey; Brioletz et Briolet; Cretoffe et Christophe; Chauconillon et Chauguillon, Channenetz, Chaunenel ou peut-être, Chauvenel; Caré, Carez, Quaré, Carel, Donot, Doyot; Fourgot, Fourcau, Fourcaux, Forcaux, Fourcaulx, Fourcault, Fourcaut; Pied de bois, Pieddeu, Piedieu; Poirson, Poiresson, Poierson, Pieresson, etc. Les nobles personnages eux-mêmes ne conservaient pas leur nom intact : le fils du prévôt Vernier, jadis Vuernier, s'appelait André Varnier; les Picart avaient cinq ou six manières d'écrire leur nom.

Les rédacteurs d'actes se contentaient d'indications aussi imparfaites que celle-ci : l'enfant du gros Didier de cette ville; Bernard le courdonnier; Alizon servante; Demenge fils à Gorgone de la bergerie; Florentine tiserante, fille de Mathieu le tiserant; Georges Berges de la communauté; la grande Mego; la 2ème femme de Benoit Doyotte. Il est évident que plusieurs de ces noms indiquent une profession. Les noms qui s'y prêtaient se mettaient au féminin quand ils désignaient des femmes : ex. Barbe Rivelle, fille à Mengin Rivel; Florentin tiserante, déjà nommée - etc.

Cela suffisait à la basse classe. On y naissait sous un nom, quand on en recevait un et on mourait sous un autre si on avait su s'en faire un."

Gondreville à la Révolution

  • Gen, lnt.,Subdélég. et Maîtrise de Nancy,
  • Dioc. de Toul.  Archidiaconé et Doyenné de Toul
  • Collateur: Le Chapitre de la cathédrale de Toul
  • Feux : 230 Habitants : 1 015 (1790).
  • Biens communaux : Forêts : 2100 arpents.

Impositions:

  • ordinaires (1790)
3 477 l.

  • vingtièmes
2 390 l.

6 s. 9 d.


  • Total
 5 867 l.

6 s. 9 d.

échange de terrains au profit de l'hospice de Gondreville

samedi 10 mai 2014, par Anne Auburtin

CORPS LÉGISLATIF.

CONSEIL DES CINQ-CENTS.

R A P P O R T FAIT  par M 0 U R E R,

AU NOM D'UNE COMMISSION SPÉCIALE,

Sur un message  du Directoire exécutif, relatif à un échange de terrein entre l'hospice civil de Gondreville et la commune du même lieu, département de la Meurthe.

Séance du  28 germinal an 7.

au nom d'une commission spéciale proposée de nos collègues Boulay (de la Meurthe), Duflot et moi, vous faire le rapport que vous attendez sur un message du Directoire exécutif, du 13 pluviôse dernier, relatif à un échange de terrein proposé entre l'hospice civil de Gondreville et la commune du même lieu..

Il suffit d'énoncer l'objet dont je dois vous entretenir, pour appeler votre attention et fixer votre intérêt sur la question qui vous est soumise il s'agit d'une opération dont le résultat peut améliorer ou altérer les ressources d'un établissement consacré au soulagement de l'humanité souffrante.

Par l'examen des pièces jointes au message du Directoire exécutif, votre commission a reconnu que la commune de Gondreville propose l'échange d'un» pièce de terre qu'elle possède sur son finage, contre une portion de terrein située' au même leu et appartenante à l'hospice civil de cette commune,

Voici les motifs qui ont déterminé les habitans de commune, et qui se trouvent développés dans leur mémoire. La commune de Gondreville est le siège de l'administration municipale du canton. Le but de l'échange qu'elle sollicite seroit de former sur le terrein de l'hospice une place publique capable de contenir les citoyens de l'arrondissement lors des réunions périodiques, et de donner la célébration des fêtes nationales et décadaires tout l'éclat et l'attrait dont elles sont susceptibles dans cette localité.

Cette demande étoit de nature à être d'autant plut favorablement accueillie que l'échange doit procurer à l'hospice civil un avantage sensible et évident. En effet, l'administration centrale du département avant d'y donner son adhésion, arrêta qu'il seroit procédé par experts à l'estimation des objets qui doivent former la matière de l'échange et d'après le procès-verbal qui en a été dressé le 4 njvose dernier il résulte

  1. que la pièce de terre offerte en compensation par la commune de Gondreville contient vingt-deux ares de superficie qu'elle est d'une excellente qualité, en nature de chenevière et en plein rapport d'un revenu annuel de 45 francs.
  2. Que le terrein appartenant à l'hospice ne contient que dix huit ares; qu'il est en grande partie inculte et couvert des décombres de l'ancien château qu'on ne peut le mettre en état de bonne culture qu'à grands frais et enfin qu'il pourroit tout au plus produire un revenu annuel de 10 francs.


La comparaison des deux propriétés respectives rendoit la proposition d'un échange trop séduisante, pour ne pas être saisie avec empressement par la commission administrative de l'hospice. L'administration municipale,  du canton, et celle centrale du département après s’être assurées de l'observation des mesures et des formalités prescrites en pareille circonstance, ont donné successivement leur avis en faveur de l'échange, le Directoire exécutif a mis le sceau de son approbation à leur arrêté.

Votre commission, citoyens représentants à scrupuleusement vérifié toutes les pièces dont je vient de vous faire l'analyse, elle s'est convaincue de la régularité des formes et de l'utilité de la proposition. Cet objet mérite, sous deux rapports également interessants, la sollicitude du Corps législatif.

D'abord, il est entièrement en faveur des malheureux, puisqu'il tend augmenter les ressources d'un établissement d'humanité.

On remarque ensuite que si la disproportion des valeurs échanger paroi peser sur la commune de Gondreville ses habitans, loin d'en témoigner le plus léger regret, trouvent le dédommagement de cette perte dans l'acquisition d'un avantage moral, qu'on ne sauroit trop apprécier; le désir d'assurer le triomphe de l'esprit public et le progrès des institutions républicaines, tel est le sentiment honorable et généreux qui anime les citoyens de cette commune, et qui ne peut trouver, dans le Corps législatif, qu'un encouragement dû à l'émulation du civisme et de la vertu.

En conséquence votre commission m'a chargé de vous présenter le projet de résolution suivants

PROJET DE RÉSOLUTION.

Le Conseil des Cinq-Cents, après avoir entends le rapport d'une commission spéciale, sur un message du Directoire exécutif, du 13 pluviôse dernier, tendant à autoriser un échange de terrein entre l'hospice civil de Gondreville et la commune du même lieu, département de la Meurthe, et ouï les trois lectures constitutionnelles, la première le                       , la seconde le              , la troisième  le            , déclare qu'il n'y a pas lieu à l'ajournement et prend la résolution suivante :

Article premier.

La commune de Gondreville, département de la Meurthe, et la commission administrative de l'hospice civil de ladite commune sont autorisées à échanger les portions, de terrein dont l'étendue. la désignation et la valeur sont constatées au procès-vecbal d'expertise, du 4 nivose dernier.

I.I.

Cet échange s'effectuera sans soulte ni plus value les frais de mutation demeureront à la charge de  la commune.

I.I.I.

La présente résolution ne sera pas imprimée; elle sera portée au Conseil des Anciens par un messager d'Etat.

echange_de_terrains.jpg

La foire de Gondreville au XVII°

lundi 12 mai 2014, par Anne Auburtin

la_foire_de_Gondreville.jpgEstampe de Jacques Callot, éditée vers 1623

"Jacques Callot revint également aux fêtes, mais aux fêtes de son pays, rustiques et tranquilles. La physionomie de ces réjouissances annuelles n'avait rien des luttes entre les tisserands ou les teinturiers sur l'Arno; on n'y tirait aucun feu d'artifice, on n'y joutait pas sur des gondoles. Sur la place paroissiale, balayée pour la circonstance, au pied d'un vieux chêne, une danse rustique entraînée par des cornemuseux modestes ; des joueurs de boules qu'on dirait venus en droite ligne des Flandres; et puis des tas de fumier, des bêtes errantes un peu partout, le seigneur du village venu pour voir, avec sa femme à qui des jeunes filles offrent un mai. Les collectionneurs ont appelé cette jolie pièce la Foire de Gondreville, bien qu'il n'y ail en cela pas l'ombre de marché public. Quant au mai dont nous venons de parler, Mariette le réputait un usage italien, sans se douter que de son temps cette coutume existait encore, puisqu'elle est venue jusqu'à nous dans les trimazas".(ou trimazos)

Henri Bouchot

in "Jacques Callot, sa vie, son oeuvre et ses continuateurs"

Gondreville en 1918

mercredi 14 mai 2014, par Anne Auburtin

Photographies de la Grande Guerre de Charles de Preissac (1876-1945)

Le village

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Les bords de Moselle

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L'Hôpital Saint Lazare de Gondreville, bureau de bienfaisance et caisse rurale

vendredi 16 mai 2014, par Anne Auburtin

Source : Article du Dr Brullard dans le  Journal de la Société d'archéologie et du Comité du Musée lorrain. 1898.

En cette époque de crise économique, on n'entend parler que de syndicats, économats, caisses rurales, crédit agricole, il est bon de montrer que dans l'ancien temps, grâce à l'initiative et à la charité privées, ces institutions existaient, mais sous des noms différents. À Gondrevil1e, près de Toul, sous le nom d'Hôpital Saint-Lazare, existait une fondation analogue à un bureau de bienfaisance, dont les revenus étaient distribués aux pauvres de la paroisse.

Voici quelques détails sur le fonctionnement de cette institution, tiré, des archives municipales.

L'origine en est très ancienne et remonte probablement à un hôpital du nom de Saint-Lazare qui, pour un motif inconnu, aurait été supprimé et converti en une autre œuvre de bienfaisance.

L'originalité de cet hôpital (bien qu'il ne s'agisse pas, je le répète, d'un hôpital proprement dit) consistait dans ce fait que le capital disponible était prêté aux habitants de la localité au taux de 5 %, et que les rentes servaient d'une part au soulagement des indigents et d'autre part à augmenter le fonds de roulement. Nous sommes habitués aujourd'hui à voir l'argent des particuliers comme celui des établissements publics tomber forcément entre les mains de l'Etat, qui absorbe ainsi peu à peu toutes les ressources du pays, ce qui, il mon avis, est un mauvais système ; mais autrefois on ne connaissait qu’'un moyen de faire fructifier son argent, c'était le prêt aux particuliers.
 Votre hôpital Saint Lazare, en plus de son rôle de bureau de bienfaisance, devenait par le fait une espèce de caisse rurale. Chaque année, aux environs de Pâques, se réunissaient à la maison du curé directeur de droit dudit hôpital, le maire, le syndic, les gens de justice (Gondreville était le siège d'une prévôté) et les principaux habitants. Là, le receveur des deniers de l'hôpital, généralement un bourgeois ou un négociant du lieu, nous dirions aujourd'hui le trésorier, rendait compte de sa gestion annuelle: d'abord le chapitre des sommes dues, qui constituaient le capital, avec celui des remboursements suivi de leur remploi, le des recettes, comprenant l'état des rentes, et enfin les dépenses, c'est-à-dire les sommes versées aux pauvres et les frais de gestion,
Les sommes prêtées variaient à l'infini, depuis quelques livres jusque 200, 500 livres et plus. Contrat en était passé devant le notaire de Gondreville, et au besoin, si le débiteur ne présentait pas une grande solvabilité, le trésorier prenait des garanties sous forme d'hypothèques sur des immeubles. En 1732, ces sommes prêtées se montaient à 2511 livres, en 1760 à 3143 livres 17 sols. 11 deniers, répartis entre une quarantaine de créances. Ces prêts étaient faits pour une durée indéterminée, à charge de payer les rentes annuelles ; une de ces créances en 1772 (Saint-Arnoud) durait depuis 47 ans ; il arrivait aussi que par suite de la misère subite d'une famille, l'hôpital abandonnait tous ses droits sur la somme prêtée.
Les sommes versées aux pauvres variaient de 18 1ivres.à 250 livres  par an ; ces sommes étaient distribuées, au fur et à mesure des besoins, par le trésorier à chacun des pauvres, au vu de billets délivrés par le curé et le seigneur (en 1737 nous relevons la signature du prince d’Elboeuf), Ces billets étaient présentés par le trésorier le jour de sa reddition de comptes, puis déchirés et brûlés publiquement.
Je ne saurais trop admirer ce fonctionnement : l'argent prêté à intérêt modéré, sous le contrôle public, servait d'abord aux habitants de la paroisse en leur évitant l'intermédiaire des banquiers ou des juifs puis, sous forme de rentes, retournait aux pauvres.
Cette institution a survécu au cataclysme de la Révolution et encore aujourd'hui elle constitue les revenus du bureau de bienfaisance de Gondreville, avec cette différence que le capital par l'État ne rapporte plus, à 3%, qu'un millier de francs, et ne peut plus être prêté aux habitants dans le besoin.
Dr BRULLARD.



Election d'une matrone à Gondreville

lundi 3 novembre 2014, par Anne Auburtin

Source : BMS Gondreville (1704-1755 vue 16) disponible en ligne sur le site des archives départementales de Meurthe-et-Moselle.

J'ai respecté le texte original, me contentant de développer les abréviations (dudit audit...) pas forcément compréhensibles par tous de nos jours et de remettre des majuscules aux noms propres, aléatoires dans le texte. Je n'ai toutefois pas respecté la mise en page de l'original également difficile à lire sur un blog.

"Ce jourd'huy Dimanche vingt troisième juillet mil sept cent treize, les femmes de Gondreville assemblées à l'issue de la messe paroissiale dudit lieu pour délibérer et choisir entre elles une femme capable d'exercer les fonctions de matrone audit Gondreville lesquelles après avoir conférer ensemble sur ce sujet auroient présenté la personne de Barbe Loué femme à Claude Burné laboureur à Fontenoy, laquelle avoir accepté ladite charge, a promis de venir s'establir audit Gondreville les plustot quelle poura et promis fidèlement s'acquitter de ladite charge , le serment de laquelle nous Curé de Gondreville soussigné avons reçu, après l'avoir examinée conformément aux ordres et statuts sinodaux, et pour terminer le procès intenté en la prévoté de Gondreville par Anne Bibotte cy devant matrone audit lieu a été convenu que chacune des parties prévoient les dépens au moyen de quoi laditte Bibotte se déporte de la procédure quelle a intenté et exercera en qualité de matrone a tous ceux qui la requèrerons et qui le jugerons a propos, à Gondreville les ans et jours ci dessus en présence du Sieur Toussaint Christophe Duval fabricien de l'église dudit Gondreville de M. Simonin procureur et Pierre Breton  Regent Decole qui ont signer avec nous et lesdittes Barbe Loué et Bibotte qui ont fait leurs marques."