Département de la Meurthe, dictionnaire historique et statistique, E. Grosse,1836,(réédition Res Universis, Paris, 1992)

Description

  • Village situé sur le penchant d'une côte rapide, baignée par la Meurthe, à 8 Km au nord de Nancy.bouxie19.gif

Population (1830)

  • 550 individus
  • 54 électeurs communaux
  • 12 conseillers municipaux
  • 116 feux et 91 habitations.bouxie21.gif

Cultures et industries

  • Surface 322 hectares dont 102 en terre labourées, 41 en près, 25 en bois et 123 en vignes peu vantées.
  • 2 moulins à grains et 1 carrière de pierres.bouxie23.gif

bouxie25.gif

L'abbaye

Jusqu'au moment où les couvents furent détruits en France, c'est-à-dire jusqu'à la Révolution, les chanoinesses de l'abbaye de Bouxières nourrissaient un sourd-muet, qui était traité avec beaucoup d'égard et avait le privilège d'aller le premier à l'offrande, avant toute autre personne, et avant l'abbesse elle-même, le jour de la fête de saint Gauzelin, Evêque de Toul et fondateur de cette abbaye célèbre.

L'origine de cet usage singulier nous est révélée par Widric, abbé de Saint-Epvre de Toul, qui vivait  vers le milieu du onzième siècle et composa la vie de saint Gérard, successeur immédiat de saint Gauzelin.

C'est en 935 ou 936 que saint Gauzelin fonda l'abbaye de Bouxières sur le sommet d'une montagne, au pied de laquelle coulent les eaux de la Meurthe.

Les religieuses qui s'y établirent adoptèrent la règle de Saint Benoit et vécurent longtemps dans une grande régularité. Saint Gauzelin eut soin de donner au nouveau monastère des biens suffisants pour l'entretien des religieuses qui devaient l'habiter ; mais la construction du monastère lui même entraîna des dépenses considérables, auxquelles le fondateur était peu en état de pourvoir, et une famine, qui survint sur ces entrefaites, contribua beaucoup à augmenter son embarras. Heureusement pour lui, la reine de France, Gerberge, fille de Henri-l'oiseleur et veuve de Gisberg, duc de Lorraine, apprit la détresse dans laquelle se trouvait le saint Evêque. Elle fit aussitôt charger d'objets précieux et même de vivres, trois chameaux qu'elle envoya à saint Gauzelin. Les chameaux arrivèrent sur le bord de la Meurthe, près de Bouxières. Le pont de Bois, dont parlent quelques chartes du moyen âge , n'existait pas encore ; il n'y avait en ce lieu qu'un bac ou une nacelle, et la charge de diriger ce bac était alors confiée à un muet. Or Widric rapporte que cet homme éprouva à la vue des riches présents envoyés par Gerberge, un saisissement tel qu'il abandonna son bateau, courut à Bouxières et que la langue se déliant tout à coup, il annonça l'arrivée des trois chameaux et des richesses dont ils étaient chargés.

Saint Gauzelin mit alors la dernière main à son ouvrage et les religieuses de Bouxières pour conserver le souvenir de ce fait extraordinaire, décidèrent que l'abbaye nourrirait toujours un muet.

Quand les religieuses se sécularisèrent et devinrent de simples chanoinesses et que la vie commune cessa d'être observée parmi elles, ce fut l'abbesse qui reçut et entretint le muet.bouxie27.gif