généalogie et histoires lorraines

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Category US, COUTUMES ET EVENEMENTSVie quotidienne › Jeux, fêtes et divertissements

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Mardi-gras

jeudi 25 octobre 2012, par Anne Auburtin

 

Source : La Lorraine sous le duc Léopold (1698-1729),Par M. Ch. CHARTON , société d'émulation des Vosges, tome XII cahier 2, 1865.

Le Mardi-gras

"Un arrêt de la Cour Souveraine, prononcé le 21 mars 1718 , condamne un autre usage scandaleux qui avait lieu aussi. en Lorraine et plus particulièrement dans la ville de Saint-Mihiel.

Ce n'était pas comme à Paris , le bœuf énorme qu'on y promenait par les rues le mardi gras, mais le bœuf le plus ordinaire sur lequel les garçons ou les bourgeois faisaient asseoir un de leurs concitoyens pour avoir laissé battre son voisin par la femme de celui-ci. Des écriteaux posés sur les épaules du coupable faisaient savoir son châtiment et le fait qui l'avait motivé. Cette cérémonie burlesque attirait de tous côtés la populace, qui faisait retentir l'air de, ses cris et de ses huées et qui se permettait d'adresser les injures les plus grossières aux personnes les plus honorables de la ville.

Le mardi gras de l'année 1718 , elle avait eu lieu à Saint-Mihiel avec plus de bruit et de licence qu'auparavant, et il était à craindre que chaque année elle ne devint toujours plus scandaleuse.

Aux yeux de l'autorité judiciaire , cette coutume était abusive, indécente, contraire aux bonnes mœurs : elle favorisait l'ivrognerie, les querelles et la débauche ; elle excitait la juste indignation des familles sur lesquelles on répandait méchamment des bruits absurdes, qui grossissaient de bouche en bouche et qui faisaient naître des ressentiments dont les suites pouvaient être funestes. Le procureur général croit de son devoir de requérir et la Cour souveraine d'ordonner l'abolition de cet ancien usage. Son arrêt ne veut plus que le bœuf, monté par des bourgeois, se promène dans les rues de Saint-Mihiel , ni le mardi gras, ni aucun autre jour de l'année , et inflige à 'chacun de ceux qui le conduiraient ou le prêteraient une amende de cinq cents francs, dont moitié serait attribuée au domaine et moitié à la maison de charité de Saint-Mihiel.

Mais la Cour avait beau rendre des arrêts, les vieux usages n'en faisaient aucun cas, et aujourd'hui encore les charivaris insolents et les promenades extravagantes se renouvellent de temps à autre : seulement, dans ces dernières , le bœuf est remplacé par l'âne ou le cheval. "

Jeux de hasard

Source : La Lorraine sous le duc Léopold (1698-1729),Par M. Ch. CHARTON , société d'émulation des Vosges, tome XII cahier 2, 1865.

" Les édits prohibitifs n'avaient pas eu le pouvoir de les [jeux de hasard] anéantir. Dans le cours de 1719, on les voit en pleine activité par toute la Lorraine, portant le trouble dans les familles et le désordre dans toutes les conditions, provoquant les vols et les infidélités domestiques et devenant une cause incessante de scandales, de jurements de tumultes et de querelles. Léopold , par un nouvel édit du 15 mars , défend à tous ses sujets, sans exception , de tenir ou souffrir dans leurs maisons aucune académie de jeux, à peine de mille francs d'amende. Les jeux de dés, ceux qu'on nommait "le hocca, la bassette , le lansquenet, la dupe", et tous autres jeux de hasard sont également interdits sous peine de trois mille francs d'amende et de confiscation de la maison où on aura joué.

Les jeux de banque qui s'installent dans les villes sur les foires , les marchés et dans d'autres lieux sont de même prohibés, à peine de cent francs d'amende et de confiscation des marchandises , métiers et outils servant à ces jeux. Le duc interdit en outre toute action pour dettes contractes au jeu , et ne permet ni aux Cours souveraines ni aux tribunaux inférieurs d'en prendre connaissance.

C'était du reste la jurisprudence que la Cour souveraine de Lorraine avait précédemment adoptée dans les circonstances suivantes :

Deux laboureurs de Gouillet, Nicolas Besançon et Jean Dardel , avaient été condamnés , le 24 juillet 1705 , par le bailliage du comté de Vaudémont à rendre aux pères minimes de Vézelise les deniers que l'huissier Jean Humbert avait reçus pour eux de ces religieux, qui les avaient perdus en jouant au brelan avec Besançon et Dardel , et à payer en outre , avec les dépens, une amende de 25 francs chacun ; les deux laboureurs portèrent appel de cette sentence, et Besançon crut devoir y joindre une demande incidente tendant à ce que Dardel lui remboursât une somme de quatre livres dix sols que celui-ci lui avait gagnée au même jeu. Mais, sur les conclusions de M. de Thomerot, substitut du procureur général , la Cour, par son -rrêt du 15 mars 1706, mit les parties hors de cour et condamna néanmoins chacune d'elles à ' aumôner " une somme de dix francs applicable aux pauvres de la paroisse de Vitrey.

Daillerie

lundi 18 février 2013, par Anne Auburtin

Daillerie recueillie à Woél, par L. LAVIGNE. et publié dans le Pays Lorrains, 1925

   « Dailler », en patois meusien, c'est intriguer les filles à la veillée, au moyen de questions burlesques ou mordantes qu'on leur lance à travers la fenêtre. Dans ces « dailleries », on mêle un peu de tout : devinettes rustiques, personnalités satiriques, déclarations facétieuses, plaisanteries salées. Parfois, on se renvoie la balle comme au jeu de paume. Quand on a affaire à un garçon et à une fille ayant la mémoire bien meublée et la répartie prompte, cette bataille à coups de langue ne laisse pas d'être divertissante et de mettre la galerie en humeur...A. THEURIET (Mme Heurleloup.)

   C'est, en effet, une très vieille coutume en Lorraine, un usage qui vient du passé profond, que d'aller « dailler » le soir aux fenêtres. Et cette coutume se meurt doucement par l'indifférence des générations nouvelles, qui méprisent ces vieilleries. Antique cérémonie, avec un rituel et des règles qu'on n'abandonnerait pas, une fois qu'on l'a commencée. Mystère bizarre et compliqué qu'on accomplit avec une sorte de gravité recueillie.E. MOSELLY (Terres lorraines.)

   A Woél, un soir de décembre. Une quinzaine de personnes sont au veilloir, chez les Colnard. Dans la vaste cheminée, les gros « tocs » font un feu à  rôtir un boeu.f Les femmes et les filles tricotent ou filent, en cercle, sous la lampe. Les hommes, assis autour du feu, les pieds sur la « taque », fument. C'est presque le silence, c'est presque le sommeil. Tout à coup « Toc-Toc » à la fenêtre, chacun sort de sa torpeur et le sourire est sur toutes les lèvres.

La mère Colnard :Et puis quoi ?

Une voix déguisée dehors :Voulez-vous dailler ?

Un homme du veilloir :Ma fi ! oui ! on daillera,

Ça nous réveillera :

Mais si c'est pour mal dailler,

A not' derrière, mettez vot' nez,

La voix du dehors :Je suis un tout petit marchand.

Je vends ma hotte et ce qu'il y a dedans :

Je commence par mon chapeau noir, 

En vous souhaitant le bonsoir.

L'homme du veilloir :Moi ! j' vous vends mon chapeau gris,

En disant : Bonsoir la compagnie.

Une jeune fille dehors :Bonsoir l'une, bonsoir l'autre,

Mon bon ami, par-dessus tout' autre ; 

S'il n'est pas ici, il est ailleurs, 

Bonsoir, mon cœur I

L'homme du veilloir :Vous, Mademoiselle, qui êtes si confidente,

Pour des amants, vous n'en avez guère :

Le peu que vous avez, quand ils sont prés de vous,

C'est pour se moquer de vous.

Voix déguisée d'homme dehors : Je vous vends nos chandeliers de fer,

Qui sont sur la porte de derrière,

Eclairant les amoureux

Qui sortent de chez vous bien honteux.

Une fille du veilloir :Je vous vends nos chandeliers d'argent

Qui sont sur la porte de devant, 

Eclairant les amoureux

Qui sortent d'ici bien heureux.

La voix déguisée dehors :Je vous vends les quatre quarts de mon jardin.

Dans le premier : un romarin,

Je voudrais demander vot' main.

Dans le deuxième, une rose,

Je demanderais bien, mais je n'ose.

Dans le troisième : un laurier,

Je vous embrasserais, mais n'oserais.

Dans le quatrième : un citron,

Hélas, il défend aux filles d'embrasser les garçons.

La jeune fille du veilloir : Je vous vends ma petite pochette

Qui est pleine de noisettes ;

Si vous êtes mon amoureux,

Nous les casserons tous les deux ;

Mais comme vous ne m'êtes rien,

Vous les casserez à la queue de not' chien.

La voix du dehors fichée :Je vous vends les quatre pieds de not' table :

Montez dessus et allez au diable.

Une voix de fille, dehors,ton sec : D'un Je vous vends notre cuiller à pot,

Que le diable vous casse les os,

Les petits et les gros,

Pour en faire des manches à couteau,

Pour vous écorcher la peau.

Un homme du veilloir, narquois : Dites-moi, coureuse de gouttières,

De quelle couleur sont vos jarretières ?

La jeune fille dehors, avec aplomb : Elles sont d'une et d'autre.

Mes amours ne sont pas les vôtres.

L'homme du veilloir : Je vous vends la lanterne d'argent,

Qui tourne à tous les vents, Le rossignol est dedans.

Il vous dit « Daillez, Daillez »,

Demoiselles à marier ;

Quand vous aurez enfants à remmailloter,

IIl ne sera plus temps d'aller dailler.

La jeune fille du dehors : Je vous vends le bord de ma cotte,

Mais ne me croyez pas si sotte.

De me lever si matin

Pour dailler avec des gens qui ne savent rien.

Une voix d'homme dehors : Je vous vends ci, je vous vends ça,

De la mélasse entre deux plats ; 

Si vous avez peur qu'on y touche, 

Mettez-là dans votre bouche ; 

Si vous avez peur qu'on la rentre, 

Mettez-là dans votre ventre.

L'homme du veilloir : Je vous vends mon armoire,

Pleine de liqueurs à boire, 

La clef est perdue d'hier : 

Buvez à mon derrière.

Tous dehors :Bonsoir ! Vot' derrière, prenez-le à poignée!

Et allez le porter au marché.

  Le père Colnard furieux se lève et sort, mais, dehors, tous les dailleurs se sauvent comme une bande de moineaux.

(Recueilli à Woél, par L. LAVIGNE.)

Jeux d'autrefois : la bille

lundi 17 juin 2013, par Anne Auburtin

Source : article de L.  LAVIGNE in Le pays Lorrain, 1927

     « Répiez (regardez) quel jeu ! », me dit Francis, en désignant de son bâton un groupe d'adolescents qui jouaient au football dans la prairie, si ce n'est pas pour attraper du mal ! Les jeux de mon temps valaient bien celui-là, y' savez!

— Quels jeux, donc, Francis ?

— Le lièvre chassé, le grillot, la galine et surtout la « bille ».

— La bille !

— Oui, mon fi, c'était notre amusement des dimanches d'avril et de mai. Nous prenions autant d'exercice qu'eux autres avec leur grosse « pelote » qui doit coûta un prix fou, et nous, au moins, nous faisions jouer avec nous toutes les filles du village. Avez-vous déjà vu jouer à la bille ?

— Ma foi, non, comment vous y preniez-vous ?

— C'est assez malaisé à expliquer, y' savez.

— Essayez toujours.

— D'abord il fallait faire la bille et le bâton ; pour cela, on choisissait, dans un fagot, un beau jarret  d'azerôle (érable)  bien droit. On en sciait un bout de huit pouces qu'on taillait en pointe à chaque extrémité comme un crayon, c'était la bille. Avec le reste du jarret, on faisait le bâton qui avait un peu plus de deux pieds. Ça y est, on peut jouer, vous voyez que çà ne coûtait guère.

— Pardon, Francis, je vois ce que c'est : quand je faisais mon service, les gas du Nord s'amusaient à cela dans la cour de la citadelle et le nommaient « la guise  ».

— Oh ! mais, çà ne m'étonne pas ; autant de pays, autant de noms. A St-Mihiel, c'est le « quêné », à Bar-le-Duc, la « bisquinette » ailleurs « la basculotte ». Moi, j'ai idée que « bille » veut dire morceau de bois, comme bille, billot, billette. Tenez, le « boquillon » scie la tronce en billes, on met un « billot » au cou des vaches rôdeuses et le charbonnier fait une meule de « billette » . Qu'en pensez-vous ?

— Mais oui, Francis, ce doit être cela. Et votre partie ?

— On peut jouer à deux, mais c'est bon pour les enfants. Plus les joueurs sont nombreux, plus le jeu est animé. Je dois vous dire que j'ai souvent vu jouer avec une bille, mais rarement jouer comme nous. Voici comment nous nous arrangions : le dimanche, à la sortie de la messe, l'un de nous annonçait : « L'après midi, partie de bille à la « Rigolette » et la nouvelles se répandait très vite. Pour être tranquille et ne pas casser de carreaux en lançant la bille, il n'y avait pas de plus belle place que la « Rigolette » puisque c'était là que se tenaient les boutiques et les « chevaux de bronze (manège de chevaux de bois) » le jour de la fête. Vers deux heures, les jeunes gens montent le pont et arrivent sur la place et tout de suite les couples se forment comme pour les danses. On se divise en deux camps : une moitié des couples sera à la « ville » et l'autre aux « champs » mais après avoir tiré au sort. Ah ! cela était une vraie cérémonie ! Un garçon d'un camp disait à une jeune fille de l'autre camp : « Viens, nous allons « ébuter ». Alors, il se plaçait en face d'elle, à quatre pas, et saisissant le bâton, il le lui lançait verticalement ; sa commère le rattrapait, en ayant soin de laisser sa main juste à l'endroit ou elle l'avait saisi, et en tenant toujours le bâton comme un cierge. Le jeune homme s'approchait alors et plaçait sa main au bâton, au dessus de celle de la jeune fille et bien contre ; puis elle, échappant le jarret, replaçait sa main au dessus de celle du garçon et ainsi de suite jusqu'a ce qu'on arrive à l'extrémité supérieure. Celui ou celle qui parvenait à saisir cette extrémité allait à la « ville » avec tout son camp.
  Et la partie commence. Ceux qui sont à la « ville » préparent le but : ce sont deux pierres assez grosses, plantées de champ et parallèles de façon à laisser entre elles un petit couloir. Ils placent la bille en travers du couloir, une extrémité sur chaque pierre, puis le premier joueur, prenant son bâton, le tenant comme s'il voulait bêcher, place un bout au sol, sous la bille pour la lancer, en criant de toutes ses forces « Bille »
  Pendant ce temps, ceux des « champs » se sont armés de baguettes, de rames de pois et même de « ramonettes (longue perche garnie de ses rameaux pour balayer les cheminées.) » ; ils se sont reculés loin du but afin de « ragager (rattraper) » la bille ; dès qu'ils entendent le cri « Bille » qui les prévient, ils répondent tous en choeur : « Chille! » Alors, le joueur de la « ville » d'un coup de bâton nerveux lance la bille. Elle monte dans l'air en « brondant (vrombissant, sifflant) » comme un obus, mais les joueurs des « champs » qui ont vite apprécié le point de chute se lancent tous vers cet endroit et essayent d'atteindre la bille avec leurs rames. Si la bille touche une rame, avant d'arriver au sol, la partie est gagnée et les camps changent de place.

  — Eh! bien ! la partie n'était pas longue, dites donc !

— Erreur ! C’était très rare que la bille touchât une rame au premier coup d'envoi. Le joueur de la « ville » faisait des feintes. Rien qu'à la façon de tenir son bâton, il sait où ira la bille : il l'enverra tantôt très haut, au-dessus des rames trop courtes, tantôt aux pieds des joueurs surpris. Et puis, il « fait cause » (semblant) de l'envoyer droit devant lui pour grouper ses adversaires juste en face, mais par une déviation rapide du bâton, voilà la bille qui vole fortement à droite ou fortement à gauche et qui tombe à terre sans rencontrer d'obstacle.

  — Et alors ?

— Alors, un joueur des « champs », un adroit, ramasse la bille, et du point où elle est tombée, vise le but au travers duquel est posé le bâton. Si la bille attrape le bâton ou les pierres, c'est gagné et les camps changent; mais si elle ne les a pas touchés, voilà seulement que la partie devient passionnante. Le joueur de la « ville » a droit à trois « âbelles ». Faire une « âbelle », c'est frapper un coup sec, avec le bâton, sur un bout pointu de la bille, de façon à la faire pirouetter en l'air et ensuite saisir l'instant propice de la pirouette pour atteindre la bille d'un second coup de bâton très vigoureux qui l'envoie aux cinq cents diables. Ah ! ce deuxième coup, qu'il est difficile ! Combien de fois il a été lancé dans le vide, surtout par les filles !
  « A c' t'heure, vous comprenez bien, qu'après trois « âbelles » la bille est à une bonne distance du but. On évalue cette distance en bâtons. Si l'on est d'accord, tant mieux ; mais s'il y a contestation, on la mesure en se servant du bâton comme d'un mètre. Quelquefois même un chicanier trouvait qu'on avait mal mesuré, â l'aller et il fallait recommencer au retour. Après toutes ces manoeuvres, la « ville » possédait 120 — 130 — 150 bâtons.
La partie continue, la bille est reposée sur ses pierres et c'est au tour d'un deuxième joueur : une fille.

Elle lance la bille ; si elle touche une rame, c'est un gain de 50 bâtons pour les « champs », c'est 50 bâtons de moins pour la «  ville » ; malgré cela, la bille, cette fois, est lancée contre le but. Si elle l'atteint, c'est encore 50 bâtons de moins pour la ville. Si elle ne l'atteint pas, la « ville » fait ses trois « âbelles » et le nombre de bâtons mesurés viendra s'ajouter à celui qu'elle possède déjà. Les « champs » auront gagné la partie quand la « ville » aura perdu tous ses bâtons.

— Et cela durait longtemps ?

— Oh I je vous crois ! J'ai vu la même bande à la ville tout un après-midi. Mais le plus souvent les parties s'équilibraient. Les garçons gagnaient beaucoup de bâtons, mais les filles, toujours une « miette » gauches, les faisaient perdre. Et c'était amusant ! Comme on courait ! Les filles couraient aussi vite que nous. On en faisait des kilomètres, allez !
 Et les incidents! donc ! Parfois la bille, lancée trop fort, tombait sur un toit ou dans le ruisseau et c'étaient des manœuvres comiques pour la retrouver. Enfin nous étions encouragés par les gens qui venaient nous regarder : les vieux, les vieilles, les enfants. Ils nous amusaient par leurs pronostics, leurs conseils et leurs quolibets.

— Oui, mais, Francis, il n'y avait jamais d'accidents ?

— Non ! pas à ce jeu-là, je n'en ai jamais connu. Les joueurs sont trop attentifs ; mais il y a un autre jeu de bille plus traître et celui-là, ma foi, peut en causer ; la bille lancée trop souvent au hasard peut vous arriver dans la figure, mais chez nous, je n'ai jamais connu que les tuiles cassées sur le toit du père Aubry, ce qui nous valait une « bonne attrapade ». Mais, le temps passe, mon fi, je m'aperçois que j'ai été plus longtemps pour vous raconter cela que pour jouer trois parties de bille.

— Ça ne fait rien, allez, Francis, je vais peut-être bien écrire tout cela, afin de montrer comment vous vous amusiez dans votre bon vieux temps. Attention ! non plus ! n'oubliez rien, si quelquefois les jeunes gens d'aujourd'hui voulaient y rejouer, tâchez de bien tout dire
.

Jeux d'autrefois : la galine

mercredi 19 juin 2013, par Anne Auburtin

Source : article de L. Lavigne in le Pays Lorrain 1928


L'ami Francis et moi revenions d'une partie de pèche. Les regains étaient rentrés et les petits  pâtureaux avaient rassemblé leurs vaches qui, toutes ensemble, paissaient dans la prairie libre. Pendant que l'un deux gardait le troupeau, les autres, à 6 ou 7, jouaient sur le chemin avec des pierres. Le jeu était des plus animé et à notre approche, il fut à peine interrompu par un : "Bonjour Francis et la compagnie".


   Arrêtez-donc, me dit mon vieil ami en posant ses gaules sur la berne, regardons-les une miette. Ils jouent à la galine et c'est moi qui leur ai  montré  le jeu-là. J'en ai fait bien des parties, v'savez, quand j'avais leur âge.
 Vous voyez ces petites pierres plates, grosses comme trois doigts et plantées à deux pieds l'une de l'autre en ligne droite au travers du chemin : ce sont les galines. Chaque joueur a la sienne. En face, à 7 ou 8 pas, ce gros caillou est le but et chaque petiot tient une pierre plate à la main, son palet.
  Les enfants, intimidés par notre arrêt et mal à l'aise à cause de moi, avaient suspendu leurs ébats, mais Francis leur dit : " Allez-y, ne faites pas attention, continuez".
  On «"rabute" dit aussitôt un dégourdi, en se plaçant à la ligne des galines et il lance son palet sur le caillou-but. Les autres l'imitent et l'ordre est indiqué par les distances des palets au caillou. Celui qui est arrivé le plus prés joue le premier ; se plaçant au but, il s'apprête à lancer sa pierre sur une galine, mais il hésite et s'adressant à un de ses camarades il lui dit : "Appelle voire les galines". L'autre, obéissant, passe devant le front des petites pierres et les désigne du bout de son brodequin : " Vlà le Jean, vlà le Paul, me vlà, v'à le Tintin, vlà le Natole" .
  — Bon, dit le joueur, et le palet, lancé d'une main sûre, s'abat sur une galine et la renverse. "C'est le Tintin qui est tué, crient les enfants ". Et ce pauvre Tintin ne jouera pas ; tout capon, il se recule sur l'herbe, mais aussitôt il s'adresse au second joueur : " Rachète-moi, dis  Charlot !" Et Charlot lance sa pierre, manque son coup et le "tué" n'est pas racheté ; il avait justement le numéro 3, alors on passe au 4e joueur,
 

" Vous voyez comme c'est simple et amusant, me dit Francis en ramassant ses gaules, celui-ci va tuer au autre joueur et racheter le « tué », mais tout à l'heure ce sera encore plus intéressant : il va y avoir forcément deux camps ; les « tués » mécontents se ligueront contre les « tueurs » au fur et à mesure qu'ils seront rachetés. Nous allons en entendre des : « Tue-le, il m'a tué, ou rachète-moi je le tuerai, ou rachète-moi je t'ai bien racheté tout à l'heure ».

  — Quand le camp des joueurs alliés aura abattu tous ceux du camp adverse, le plus adroit d'entre eux cherchera à tuer ses amis afin de rester seul et gagner la partie ; mais ce ne sera pas facile et il y aura des surprises : tantôt un joueur taquin tue un de ses amis au moment oit l'union semblait bien solide, tantôt, pour les faire « enrager » , il rachète un ennemi, tantôt, le plus entreprenant est abattu traîtreusement par un des siens. La règle veut que le « racheté » joue immédiatement, ce qui bouleverse le tour de début et si ce « racheté » est reconnaissant ou ingrat, la partie prend la tournure la plus inattendue, car chaque joueur se garde bien de faire part de ses intentions. La partie est terminée, lorsqu'un joueur adroit, en dépit de toutes les difficultés, est parvenu à tuer tous ses camarades. On « rabute » et on recommence.

  Pendant que Francis me donnait toutes ces explications, les enfants s'en payaient et la partie captivante se déroulait avec des phases imprévues. Mais il est temps de rentrer et mon vieil ami, qui aime tant les enfants de chez nous, les quitte à regret, non sans leur dire : « Je repasserai demain, ici, à ces heures-ci, et je vous apprendrai à jouer au « Bouc ».

Une interdiction d'ouvrir les auberges et cafés pendant l'office

mercredi 11 septembre 2013, par Anne Auburtin

Source : Annales du département de la Moselle par M. F.-M. Chabert.

Le 30 novembre 1852, arrêté de M. le Préfet de la Moselle dont les dispositions ont été sympathiquement accueillies, par lequel défense est faite aux aubergistes, cabaretiers, débitants de boissons, limonadiers, etc., habitant les communes du département, de moins de 5000 âmes, de tenir leurs établissements ouverts et d'y donner à boire, à jouer ou d'y faire danser pendant le temps des offices, les dimanches et les jours de fêtes reconnues par la loi.

Cette sage mesure a été prise sur les instances d'un grand nombre de maires qui, frappés des graves inconvénients de l'ouverture des cafés, cabarets, débits de boissons, pendant les heures consacrées aux offices religieux des dimanches et des fêtes, avaient présenté des observations ayant pour but de mettre un terme à cet abus.


L'arrêté ne s'applique pas aux voyageurs et aux étrangers de passage, et qui descendent dans une auberge pour y loger ou pour s'y rafraîchir.

a_l__auberge_avec_les_musiciens.jpgLes musiciens ambulants et le repas à l'auberge / [artiste inconnu]

Saint Nicolas

vendredi 6 décembre 2013, par Anne Auburtin

Un billet, ou plutôt une image d'actualité...

saint_Nicolas.jpg

Crédits (disponible sur Gallica)

Titre : La Saint-Nicolas

Auteur : Kauffmann, Paul (1849-1940). Illustrateur

Éditeur : Berger-Levrault (Paris)

Date d'édition : 1902

Le Noël des Alsaciens-Lorrains

mardi 24 décembre 2013, par Anne Auburtin

Le 19 décembre 1911 est organisé au Cirque d'hiver à paris un Noël pour les enfants "Alsaciens-Lorrains". Savez-vous qu'Alsace-Lorraine est une traduction littérale de l'allemand et que le terme français est "Alsace-Moselle". Il n'y avait pas exactement la même conception de la Lorraine entre les deux pays.

L'arrivée des enfants 

noel_arrivee.jpg

La salle et le sapin

Noel_sapin.jpg

Les enfants en costume 

Noel_Costumes.jpg

Crédits (origine Gallica)

Titre : 27-12-11, Cirque de Paris, arbre de Noël des Alsaciens-Lorrains  : [photographie de presse] / [Agence Rol]

Auteur : Agence Rol. Agence photographique

Date d'édition : 1911

Premier avril

mardi 1 avril 2014, par Anne Auburtin

Cette coutume, universelle, était connue en Lorraine depuis fort longtemps. Dans un article de la revue Le pays Lorrain, écrit en 1909, Jean Julien précise que "l'usage en était connu dans le pays messin au XIVe siècle" et cite, à l'appui de son affirmation,  des manuscrits de Paul Ferry.

Cette vidéo tente d'expliquer l'origine du poisson d'avril (si cela ne fonctionne pas, la vidéo est visible là : http://youtu.be/PF8_dAPMmIM)

Le droit du Watillon

jeudi 3 avril 2014, par Anne Auburtin

 Article de Jean Julien tiré de la revue Le Pays Lorrain de 1909.

"Jadis la corporation des bouchers de messe venait offrir, le 4 février de chaque année, le droit du watillon à l'abbaye de Saint Arnould.

Voici comment se passaient les choses : au dit jour, les bouchers de la ville arrivait en grande pompe à l'abbaye, où ils étaient reçus au son de toutes les cloches.

Ils portaient une cruche d'étain de sept pots et demi, entourée de rubans et de guirlandes, et sur laquelle on lisait les noms des anciens maîtres du corps.

Les maîtres des bouchers tenaient à la main le Watillon, espèce de petit gâteau d'une pâte sèche et épaisse et tellement cuits qu'il était difficile de le briser. Arrivé devant le cloître en présence des religieux et des bouchers, il s'avance seul et tendait le bras tenant le gâteau à la main. Aussitôt le marmiton du couvent se dirigeait sur lui et d'un gros coup de poing frappait le Watillon. S'il le brisait le maître lui donnait 12 sols., S'il le laissaitr entier, le maître se retournait prestement et lui donnait du pied sur la partie la plus charnue de son individu.
Puis un copieux repas arrosé du meilleur vin du couvent dont les religieux remplissait la grande cruche de la corporation terminait la fête. Après quoi les bouchers retournaient chez eux en grande pompe.


Rien de plus bizarre que les obligations imposées anciennement aux bouchers de Metz envers l'abbaye de Saint Arnould : dans la semaine de la Saint-Denis, il devait porter à l'abbé deux bottes et demie d'aulx, et ils recevaient en échange dis-huit pains d'une livre et , sept pots et une pinte du meilleur vin, à leur choix, et un copieux déjeuner.

Le droit du Watillon existait encore quand vint la révolution. "

Le queulot à Failly

samedi 5 avril 2014, par Anne Auburtin

Ce texte est tiré d'un article de JEAN-JULIEN dans la revue Le pays Lorrain de 1909 et l'image qui illustre cette page est tirée du journal L'Ouest Matin du 19 mars 1931


"Lorsque les confréries du fou s'organisaient en Europe, Failly, village situé à 8 km de Metz eut la sienne, nommée Châty, et présidée par un maire assisté de quatre conseillers.

Aujourd'hui encore, le jour de la purification, à l'issue des vêpres, le maire de Châty, accompagné de ses conseillers, tenant à la main une lance, au millésime de 1514, se place au bas de l'escalier du cimetière, pendant qu'un autre individu, nommé Queulot, armé d'une perche fendue, à l'extrémité de laquelle se trouve un torchon imprégné des matières les plus dégoûtantes, attend la sortie de l'office pour barbouiller les passants et surtout les belles toilettes. Tout le monde est queulé, même le pasteur, lorsqu'il passe imprudemment près du fatal torchon, et s'il survenait quelques oppositions sérieuses, le maire et ses assesseurs maintiendraient l'usage dans toute sa rigueur. Au besoin, le village entier les soutiendrait.

Cette cérémonie se reproduit chaque dimanche jusqu'au Mardi Gras, jour où on élit un nouveau maire de Châty pour l'année.Capture_20140330.JPG

La nomination du maire se fait de la manière suivante :
les électeurs jettent dans un van autant de sous il y a de prétendants ; celui qui réunit le plus de têtes est élu.
On le porte en triomphe sur le manche de la lance, jusque chez lui. Arrivé dans sa maison, il fait dresser la table, et régale ses quatre derniers prédécesseurs qui deviennent ses conseillers. Les libations commencent par une chopine de vin et vont en augmentant jusqu'au chaudron.
Pendant ces nombreuses rasades, nul autre n'a le droit de s'asseoir que le maire de Châty, sous peine de voir se recommencer à ses frais, les libations déjà faites.


Le premier dimanche de carême, on procède à l'élection du queulot pour l'année suivante. À cet effet dès la nuit tombante, on allume une bure de javelle (1) préparée d'avance, et les trois orateurs du village viennent débiter en patois des bouts rimés, composée sur le compte du jeune marié qui a donné le plus de prise à la critique. On appelle item cette sorte de verset. À la fin de chaque item, qui finit toujours par ces mots : « ne mérite-t-il me d'ête queulot ? L'assemblée répond en chœur : queulot, queulot, queulot, et les boîtes se font entendre. Le troisième item terminé, l'un des orateurs montent sur un tonneau et proclame le queulot à haute voix. L'assemblée répond par des acclamations répétées. Presque jamais on ne refuse cette dignité.

Cette ancienne coutume du village de Failly a fait donner à ses habitants le nom de queulot."

JEAN-JULIEN

notes et compléments

(1)  d'après Wikipédia :

Bure : (Lorraine) Feu de bois, allumé à l’occasion de certaines fêtes.Le soir, on dressait dans la ville et sur les rives de la Moselle des bures, sortes de bûchers dont le bois avait été recueilli de maison en maison par les jeunes gens de la ville. Le soir où on les flambait, chaque bure était transformée en « autel de l'Hyménée » (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895

Javelle Petits faisceaux de sarment.

Pour en savoir plus sur cette coutume, la page de Vrémy village lorrain


Le carême

mercredi 9 avril 2014, par Anne Auburtin

Article de Jean-JULIEN tiré de la revue Le Pays Lorrain, 1909

"C'était autrefois la coutume à Metz pendant les jours gras, de parer les viandes de boucherie de fleurs et de feuillages. Les boutiques des bouchers demeuraient surchargées de viande jusqu'au Mardi Gras inclus.

À minuit, heure à laquelle commence le mercredi des cendres, premier jour de carême, les viandes non vendues étaient brusquement enlevées.

Les bouchers, pendant le carême, avait le droit de se procurer uniquement la quantité de viande nécessaire aux personnes malades, ou atteints d'infirmité soient apparentes, soit dûment certifiées. À cet effet, il était ordonné de tenir des registres, sur lesquels on inscrivait les dispensés.

Le jour de Pâques, les étalages reprenaient un air radieux. La résurrection de la chair, succédant aux longues abstinences étaient brillamment célébrée. De grand matin, avant l'office, les marchands autorisés à cet effet distribuaient à la foule de leurs clients des montagnes de viande de toutes sortes, coquettement parée, depuis le morceau de choix, l'aristocratique filet jusqu'à la pièce du pauvre ; les charcutiers, de leur côté, vendait aux amateurs nombreux et empressés leurs guirlandes de saucisses, leur langue de bœuf et leurs jambons vermeils entrelacés de festons et d'arabesques merveilleusement déchiquetées.

Cette coutume d'étaler et de parer les viandes subsistent encore de nos jours.

La lutte entre Carnaval et Carême. Hieronymus Bosch


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Les pains de la Saint-Blaise

vendredi 11 avril 2014, par Anne Auburtin

Article de JEAN-JULIEN tiré de la revue Le Pays lorrain, 1909

"Le 3 février, on célèbre la Saint-Blaise. Depuis de longues années la chapelle de ce saint à l'église Saint-Euchaire de Metz est visitée par une foule de fidèles appartenant à toutes les paroisses de la ville et même à celle des environs.

Il est d'usage de faire bénir des petits pains communément désignés sous le nom de part de Saint-Blaise.

On a foi dans les objets bénis le jour de la fête du saint, on les croit efficace contre la morsure des animaux et contre les maux de gorge.


On sait que le bienheureux, par sa douceur, calmait les bêtes farouches et que dans sa prison, il a guéri plusieurs malades. Martyrs de l'a primitive Eglise, il eut la tête tranchée 300 ans après J.-C. par ordre d'Agricola, gouverneur de l'Arménie pour l'empereur Lucinius. La ville de Metz possède quelques-unes de ces reliques.
La chapelle Saint-Blaise de Saint-Euchaire, a été fondé en 1724, par messire Nicole de Gournay, veuf de dame Perette, fille du seigneur Jacques Dex, chevalier. Les membres de ces familles y ont été inhumés"

Capture_20140330-4.JPGLa statue de Saint-Blaise dans l'église Saint-Euchaire.

Pour en savoir plus : le site de la plume culturelle

Le dimanche des rameaux

dimanche 13 avril 2014, par Anne Auburtin


On sait que de ce jour la fête rappelle l'entrée triomphale du Christ dans Jérusalem, au milieu de ses disciples et d'une foule enthousiaste agitant des rameaux, jonchant les chemins de fleurs écriant : voici le Fils de David.

Autrefois, les rameaux étaient bénis hors de l'enceinte de la ville de messe et la procession n'entrait qu'après la distribution.


C'est à l'ancienne porte Serpenoise que l'officiant venait frapper avec sa croix et répondez à ce qui demandait son nom : « je suis Jésus, le fils de l'homme. »


Autrefois aussi, pendant la semaine qui suivait, on se tenait dans le recueillement ; les tribunaux étaient en vacances ; le maître échevin et les Treize graciaient des condamnés autres que les criminels.

Le jeudi-saint, jour de l'institution du sacrement de l'eucharistie, le premier magistrat de la cité allait prendre l'évêque à son palais et l'assister pour laver les pieds à 12 pauvres, suivant la pieuse tradition de l'église, qui a voulu que, pendant la semaine consacrée à la commémoration de la passion du Christ, il y eut un jour spécial pour honorer la pauvreté et la réhabiliter aux yeux des heureux de la terre. Après la cérémonie, l'évêque faisait distribuer à chacun des 12 pauvres, un pain, une pinte de vin et des harengs.
Le samedi-saint, l'évêque, entouré de son clergé et du conseil des échevins, bénissait l'eau et le feu. Le feu s'obtenait au moyen d'un caillou mis en réserve, on s'en servait pour allumer le cierge Pascal.


Le maître échevin et le princier de la cathédrale touchait simultanément la corde de l'une des cloches du chapitre, pour donner le signal du joyeux carillon qui allait annoncer que les jours de deuil étaient passés et que l'église pouvait se livrer à la joie, en chantant la résurrection du sauveur.

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La vente des rameaux (Photo Agence Rol, 1908 Gallica)

Les fêtes de Pâques

samedi 19 avril 2014, par Anne Auburtin

Tiré de la revue Le Pays lorrain, revue régionale bi-mensuelle illustrée dirigée par Charles Sadoul, 1909-  et pour une fois non retranscris, à cause de l'enluminure qui perdait tout son sens séparée du texte....

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