généalogie et histoires lorraines

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Category US, COUTUMES ET EVENEMENTSVie quotidienne › Parler le patois

En  Meurthe et Moselle sud et dans les Vosges, les patois sont d’origine romane. Ils varient selon les régions.


Petit texte reprenant les mots entendus dans mon enfance, donc du patois de Nancy


Le laitier mettait son lait dans des BROCHONS..et une tarte finissait sur une VOLETTE.

Les garçons quand ils étaient PETIOTS étaient trop souvent NISSES, de vrais BETAS……Ah les OUARES..! Quant aux filles ,il y en avait de jolies, qu’on aimait bien ZIEUTER, mais aussi des PEUTES et quand elles étaient vieilles, elles étaient  toutes CRAPIES.

Au SOUPER, quand on triait dans l’assiette ce qu’on n’aimait pas, on se faisait traiter de NARREU et accuser de FAIRE DES ATTIS ou HATTIES.

Dans ce temps là,  on ne mettait pas de pantoufles mais des PATINS.

La PIERRE A EAU, c’était l’évier et la FRAPOUILLE remplaçait l’éponge.

Fatigué, on filait le soir au SCHLOFF..

Le pain était pesé chez le boulanger et si le poids n’y était pas, il rajoutait un PARDESSUS qui arrivait rarement à la maison.



“Savez-vous pourquoi ‘faire des hatties’??? J’ai trouvé je pense. Il n’y pas très longtemps; une famille noble Lorraine des temps reculès les Hatties se disputaient toujours; ils faisaient des tas d’histoires pour des riens! Je suppose donc que faire des hatties vient du comportement de cette famille.” (Juliette, par courriel)

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:L’Û de polain (L'oeuf de poulain)

samedi 20 octobre 2012, par Anne Auburtin

I n’y avôt eunne fouè in’ hôme de Frimbeau qu’atô à merchi de l’ninville et qu’voyé des tot grosses cahônes, mès i n’savôt qu’ast-ce-que ç’atô et i demandé à in Monsu de l’ninville qu’pèssôt : qu’ast-ce que ç’ast de c’lè, Monsu?

Lo Monsu qu’lo voyait in pô nigÂd, li d’hé : c’ast des ús de polain .

- Comment qu’on fèt po aoué in polain avo ç’lé ?

Lo Monsu li d’hé : on prend in û, on le fèt cover hheu s’maines pa eune vie fôme, pus i sate fue in piat polain.

L’hôme de Frimbeau chongè tot pér lu: val bin m’n effaire, j’ons chin nos mè vie belle-mère que n’fèt pus rin, j’lè mattrans cover. Pus i marchandé eune cahône qu’on li layé po in piat étchu.

L’atôt bin jayoux en rappouquant sè cahône à Frimbau, et i d’hé è sè fôme : je vons matte cover tè mère que d’mouère ahhute totte lè jonaiye et qu’n’fèt pus rin que d’groler, pus j’èrans avo ç’lè in bè piat polain.

Val lè vie fôme-lè que côve, que côve totte lè jonaiye et ca lè neuye. About d’hheu s’maines, i n’y avôt ca pouint d’polain. L’attendinza tojo, et lè vie fôme covôt ca quoite semaines. Pus èprès, l’hôme d’hé è sè fôme : tè mère ast eune manre coverasse, ou bin qu’j’sons cheu sus in manre û. Lo val que prend lé cahône et qu’vè lè ch’ter dans eune haiye. Mès i n’avôt-za in’ livrâ dans lè haiye que s’savé. L’hôme quand i voyé lè piate bête-lè qu’s’savôt, d’hé : oh ! val’ mo polain qu’f....lo camp! qué mâ chance ! pus i crié tant qu’i pouvôt : chouri ! chouri ! vebnans petiat ! mès lo livrâ ne rrvÎ-me.

Il y avais une fois un homme de Fraimbois qui était au marché de Lunéville et qui voyait de toutes grosses citrouilles, mais il ne savait pas ce que c’était, et il demanda à un Monsieur qui passait : qu’est-ce que c’est de cela, Monsieur ?

Le Monsieur qui le voyait un peu nigaud, lui dit : c’est des oeufs de poulain.

- Comment qu’on fait pour avoir un poulain avec cela ?

Le Monsieur lui dit : on prend un oeuf, on le fait couver six semaines par une vieille femme, et puis il sort un petit poulain.

L’homme de Fraimbois songea tout par lui : voilà bien mon affaire, nous avons chez nous ma vieille belle-mère qui ne fait plus rien, nous la mettrons couver. Puis il marchanda une citrouille qu’on lui laissa pour un petit écu.

Il était bien joyeux en rapportant sa citrouille, et il dit à sa femme : nous allons mettre couver ta mère qui demeure assise toute la journée et qui ne fait plus rien que de gronder, puis nous aurons avec cela un beau petit poulain.

Voilà la vieille femme qui couve, qui couve toute la journée et encore point de poulain. Ils attendaient toujours, et la vieille femme couva encore quatre semaines. Puis après, l’homme dit à sa femme : ta mère est une mauvaise couveuse ou bien que nous sommes tombés sur un mauvais oeuf.

Le voilà qui prend la citrouille et qui va la jeter dans une haie. Mais il y avait un levreau dans la haie, qui se sauva. L’homme, quand il vit cette petite bête qui se sauvait, dit : oh, voilà mon poulain qui f....le camp ! quelle mauvaise chance ! Puis il cria tant qu’il pouvait : chouri ! chouri ! venez petit ! mais le levreau ne revint pas.

Enville au Jars 

Li vin du purgatouere (le vin du purgatoire)

jeudi 25 octobre 2012, par Anne Auburtin

 Çato éprès les fétes de lé Toussaint . ço lé monde dans lo payo lorrain de fậre dire des masses po zoo parents qui sont mộ. Lo Jane GOHON din v’lège des environs de Metz vint trover lo curé de sé parouesse po fậre dire des masses é sonpor pèr qu’ato mộdepeu in an. Lo curé, qu’ato n boin vivant, fa écheur lo GOHON et vữ li fậre goửter in verre de vin qui v’nộ d’écheter.

Le GOHON accepte, comme bin entendu. Eprès évouer goữter lo promậ verre, i dit o curé :

-Ma Mossieu lo curé, vé di bon vin to let, d’où os ce qui vint ?

-D’vine, qu’li répond lo curé ?

-ça put être di vin de Scy ?

-Te ni omme, qu’li dit lo prệte

-ço don du vieux vin de Dornot ?

-Non pu, qu’late li répond.

-ço di vin de PAGNY ou de Thiaucourt, sans doute.

-Te t’rompes bin, ço di vin du purgatouère, qu’li fat lo curé

-Di vin du purgatouère, eh bin, mon père bouet di boin vin comme çé dans le purgatouère, eh bin, on père y o bin, qui li d’mouère, je n’vộmes li fare dire des masses, musqu’on o si bin o purgatouère…..

Et i s’en va o grand étonnement du paure prệte qui comptột d’jà motte dans sé poche l’ergent des masses qui d’vo dire……….

Origine : Vallée du Rupt-de-Mad

Lo loup

Rios tortus ! qu’o n’crieuse pus éfants qu’fayéz les rives. Faut farre fouéttè les c…..po farre vodé les chives. Rejoivos-vos sans farre lo sot et-se n’fayis pus d’piaintes, faut qu’auhoudeuye po tojo je fesse finir veus craintes.

Je douà lè gueule daivant qu’les eus, lo maitin, po mingie, je vé aux champs aiprès des gens è tachant d’è gainie mè vie.

Oh ! je revarra quand i f’ré chaud po vos t’ni compaignie.

Les gens, lo diaule quue sot ! pohhi sot paie qu’des étraingies.

Quand i me voyot i m’porsévot tortus aivo des pierres. Crrèz pohhi, corrèz polo, j’cra qu’j’n’y frons rie.

L'é des jambes tot k’mo in serpot, i co comme in eiraigie, daivo doux fommes. Lè gross besogne qu’j’n’pourra vive ! pardonnez me, je vos è ptie, j’vos dir ades prières ? Quand vos m’taraus vos m’mairieraus, po me faire eiraigie, daivo doux fommes.Lè grosse besongne qu’j’n’pourra vive ! pordonnez me, je vos è prie, j’vos dira des prières. Quand j’s’ra mouaut, je pott’ra po vos, aidaie lè compaignie.

Tot au corant qu’i feyeu, i cheuheu en faibesse. Tortus, fommes et enfants, i coront en grande presse. I lo r’monont daivant lo feuie, mas po sè récompense, chéquin d’hè : lo diaule, lo gueux, qu’i n’laut bie dos lè panse.

N’y airau-té mi des gens qu’s’rint bon enfants ? J’lisi s’rau rekenohhant lo rehhe de mè vie.

K’nochèz-vos bie lo médicin que d’moure è lè polère ? Olèz voua, vos è treuvau in que n’f’réj’mas pu lolevre.

Et mo manté qu’vut dire mè pé qu’os pout’rau dos les vilaiges. Qu’vos f’rèz trobie auvou des bous chemetrés, trobie des bous neuvraiges,.

Les aes, lè chaimbe et lo filet y s’ront en aibondance. N’auvos mi grand touaut aiprès ç ‘let aussi qu’d’aihhurance ?

Riez tous ! qu’on ne pleure plus, enfants qui faites les rêves.

Il faut faire fouetter les c…pour faire garder les chèvres.

Réjouissez-vous sans faire le sot, et ne faites plus de plaintes, il faut qu’aujourd’hui pour toujours je fasse finir vos craintes.

J’ouvre la gueule avant les yeux, le martin, pour manger.

Je vais aux champs après des gens en tachant d’en gagner,de bon matin par les chemins, tachant de gagner ma vie. Oh ! je reviendrais quand il fera chaud pour vous tenir compagnie.

Les gens, le diable qui sont ! par ici sont pis que des étrangers.

Quand ils me voient ils me poursuivent avec des pierres. Courez par ici, courez par là, je crois que nous n’y ferons rien, il a des jambes comme un serpent, il court comme un enragé.

Quand vous me tiendrez, vous me marierez, pour me faire enragé, avec deux femmes. La grosse besogne que je ne pourrai vivre !

Pardonnez-moi, je vous vous n prie, je vous dirai des prières, quand je serai mort je p…pour vous, adieu la compagnie.

Tout en courant qu’il fit , il tomba en faiblesse.

Tous ? femmes et enfants, ils courent en grande presse, ils le ramènent devant le feu, mais pour sa récompense, chacun disait : « le diable, le gueux, qu’il ne l’ai bien dans la panse.

N’y aurait-il pas des gens qui seraient bons enfants ?

Je leur serai reconnaissant le reste de ma vie.

Connaissez-vous bien le médecin qui demeure à la Poulières ?

Allez voir, vous en trouverez un qui ne fera jamais le lièvre.

Et mon manteau qui veut dire ma peau que vous porterez dans les villages, que vous fera avoir beaucoup de bons morceaux de pain, beaucoup de bons ouvrages, les œufs, la chanvre et le fil y seront en abondance, n’avez-vous pas grand tort après cela, aussi que d’assurance ? 

Le Val de Champ près de Bruyères 

La prononciation locale des noms géographiques

mercredi 20 février 2013, par Anne Auburtin

Source article de Louis DAVILLÉ. In Le Pays Lorrain, 1925, dont je n’ai gardé que les parties concernant spécifiquement la Lorraine.

Pour plus de clarté, l’auteur a mis en italique les lettres qui s'énoncent et (entre parenthèses) celles qui restent muettes ; de même sont mis en italique complètement les formes primitives des mots actuels. 

  

Nous sommes mieux renseignés sur nos marches de l'Est ; dans ce malheureux pays, parcouru durant la guerre par des soldats de tous les coins de la France et même du monde, les noms de lieu ont été ordinairement écorchés de la façon la plus barbare, la plupart des mobilisés se croyant tenus d'en faire sentir toutes les lettres sans la moindre exception. C'est ainsi qu'ils prononçaient comme ils écrivaient Sainte-Men(eh)ou(1d) et la (W)evre, Lon(g)wy et Long(u)yon, Bri(e)y et Me(t)z ; dans la partie du département de Meurthe-et-Moselle non occupée par l'ennemi, ils faisaient également sonner toutes les lettres du mot Viller(s) et de ses nombreux composés, à moins qu'ils n'en mouillent les ll, comme dans la Haute-Marne ; de même, ils détaillaient toutes les lettres du nom commun ru(pt) et de ses dérivés, des noms propres An(i)nois ou Eu(l)mont, prononçaient invariablement x dur dans les différents Bouxiéres, dans Sau(l)xures et Sau(l)xerotte, Maxéville et Laxou, Xeuilley, Xousse et Xures, Xaintois, Xivry, Xircourt et Nomexy, Royaumei(x) et Abaumei(x), au lieu de leur attribuer tour à tour la valeur de ss de ch et de s, ou de les laisser tomber.

[…].

Or, de la brève liste que nous avons dressée plus haut, ressort une double constatation. En premier lieu, si on en excepte quelques régions périphériques et quelques cas isolés, la prononciation des noms géographiques ressemble à celle des noms communs dont elle procède fréquemment et à celle des noms de personnes qui en sont parfois tirés : quelles que soient leur origine et leur sens, les sons de notre langue suivent, dans leur émission, la règle que l'on a pu appeler « la loi d'économie » ou « de moindre effort »; la prononciation se débarrasse ainsi des lettres encombrantes, inutiles ou peu euphoniques, pour devenir à la fois plus simple, plus nette et plus harmonieuse que ne semble le composter l'orthographe : le langage, étant un organisme naturel et vivant, doit être plus pratique et plus rapide qu'une écriture souvent figée, alourdie et fautive.

En second lieu, la prononciation des noms de lieu, comme celle de tout le vocabulaire et comme la syntaxe grammaticale, doit appliquer l'adage fameux de Vaugelas : « L'usage est le souverain maître en matière de langage » ; l'indigène et l'étranger sont tenus de se soumettre à cet usage, c'est-à-dire que les personnes originaires des différentes localités en prononceront le nom comme le faisaient leurs pères et que les nouveaux venus les imiteront ; ni les uns, ni les autres ne doivent se permettre de modifier des traditions dont ils ignorent le plus souvent la cause.

L'orthographe, n'est pas en effet, comme on est trop tenté de se l'imaginer, quelque chose de primitif, de parfait et d'intangible ; naturellement postérieure à la prononciation, elle a été fixée tardivement, souvent d'une façon inexacte, avec des lettres parasites qui ne rappellent que d'assez loin les formes antérieures ; ainsi Nomény et Prény, qui se prononcent avec e muet, se disaient jadis Priny et Nominy ; au contraire, la prononciation courante rappelle souvent d'une manière frappante la véritable origine du mot : ainsi, d'une part, les lettres l et u d'Au(l)nois et Sau(1)xures font double emploi, comme dans le pluriel aulx d'ail; d'autre part, le village improprement écrit Novéant-sur-Moselle (Moselle), s'appelle dans le pays Noviant, tout comme Noviant-aux-Prés, parce que leur nom vient directement de Noviantum. Nous nous bornerons ici, d'après des recherches personnelles à donner pour la région mosellane quelques exemples portant sur la valeur des lettres w et x; ces lettres sont héritées du moyen âge où elles servaient à transcrire des sons divers, mais leur valeur originaire, qui nous est connue par l'étymologie, a généralement été respectée par la prononciation.

La lettre w, qui représentait d'ordinaire un groupe de lettres, tantôt v ou v v, tantôt vu ou gu, avait le plus souvent le son oi ou ou analogue ou w anglais : le mot Woëvre vient de Wepvra et sa prononciation a été à peu près fixée dans les nombreux bois de (V)oivre qu'on trouve dans le département, de même Innualdivilla a donné Waville et Wasaticum Voisage (Moselle), le château de Dieu-le-Warde est devenu Dieulouard, le nom de personne Warinus a produit Garin, Varia et Voirin et le village de Woël (Meuse) se prononce Ouêl.

La graphie x est beaucoup plus compliquée, puisqu'elle répond tour à tour aux lettres sc, es, ss, c, z ou ch, et même à d'autres groupes de consonnes. Rarement ce signe garde toute sa valeur, comme dans Saxon-Sion. Par une transposition fréquente dans le langage populaire, où l'on dit précepteur pour percepteur et inversement, x représente parfois le son contraire de sc au lieu de cs, ainsi la vida Scamnis a donné Xammes en passant par la forme Eschames, plus tard écrit par un x dont on a oublié la valeur. Au contraire, dans Buxarias ou Bucsarias x ou cs s'est adouci en ss, deux lettres qui en Lorraine étaient figurées fréquemment par un x, comme dans les vieux mots auxi, graixe, tixerand ; de même Sisseiacuni a produit Sexey, qui a pris une prononciation orthographique. En second lieu, Salsuras est devenu Sau(1)xures, village qui a donné son nom à la famille du grand naturaliste suisse de Saussure, dont l'orthographe indique suffisamment la prononciation, celle du diminutif de ce village Sau(1)xerotte(s) est également marquée par le nom de la famille Saucerotte, qui en est tiré; de même que Xugney (Vosges) vient de Suniacum, les villages de Sures et de Sermaménil sont devenus Xures et Xermaménil, Puxieux doit se prononcer comme Puzieux (Moselle), puisqu'ils sont tous deux tirés de Puteoli, diminutif de Puteus, puits, qui a donné Puxe. En dernier lieu, Marcheville a donné successivement Marchéville et Maxéville, Porchericurtis a produit Pissérécourt, puis Pixérécourt, d'où est tiré le nom du dramaturge lorrain, qui a gardé la prononciation dure. Chenliacum s'est écrit Xeuilley, comme hucherie s'écrivait huxerie; enfin dans les mots Royaumei(x) et Saint-Max tirés de Regalis mansus et de Saint-Mord ou Saint-Mars, contraction de Saint-Médard, l'x correspond tour à tour aux groupements ns et rd ou rs.

Cette prononciation régionale forme ainsi un élément de l'histoire dans chaque localité et a une saveur de terroir.

Proverbes lorrains

jeudi 11 avril 2013, par Anne Auburtin

recueillis par Albert VIRTEL
Le Pays Lorrain 1913

Çont hommes, çont idées.
Cent hommes, cent idées.

A cinquante ans reuche ou jmà.
A cinquant ans, riche ou jamais.

Eu ne fa me boué fârel'euvraiche que fa peur è so mâte.
Il ne fait pas bon faire l'ouvrage qui fait peur à son maitre.

Aivou'deux chères on pleut dés fouês s'échôre po tàrre.
Avec deux chaises on peut quelquefois s'asseoir par terre.

'On fa comme on pieu, on ne fa me comme on vieut.
On fait comme on peut, on ne fait pas comme on veut.

On n's'ro fâre qu'on fiant.
On ne sait faire qu'en faisant.


"On ollant, on v'nant lo domestique fâ s'n an. -
En allant, en venant le domestique fait son oeuvre.


Eu ne faut i'mà le moqué do loup qu'on sôye fieu do bo.
Il ne faut jamais se moquer du loup qu'on ne soit hors du bois.


Faut qu'lê chneyïê viveurre do cho.
Il faut que la chenille vive du chou.

Y est rein de si pur que la don.
11 n'y a rien de si pur que le don



illustrations_proverbes.JPG

Lè jane fome que n' voleût me aler en végnes

mardi 9 septembre 2014, par Anne Auburtin

La Jeune femme qui ne voulait pas aller à la vigne

Patois de la Nied

I n'éveût i jane végn'ron de d'sus lé M'selle qu'alcut veur blonde sus lè Seille. Dans lo v'lége de sé bone-èmin an n'évint point d' végnes.

Lé val don qu'è dit enlé é s' galant :"J' vieux beun aler d'mwérer dans vote velège, mais faut m' promate que j' n'érai me man d'aler en végnes ; ç'at i m'ti qu' je n' sèreùs sofri."  Lo jane végn'ron s'è dit tot' per li : "Promatans tojos, j' veûrans beun éprès. » Et '1 é promins tortot ç' que lé bele é v'lu, ica pus.

Mais lèye é d'mandé qu'i li bèillesse cé par écrit. Tot d'hhute, lo galant y è fait i billet.

Les val don mèriés. Ç'ateût l' maidi.  Lo jûdi l' mètîn, lo jane mèrié mat sé hate é s' dows — ç'ateût 1' temps que tot chèqu'in aleût feucheu — et i dit è sé jane fome : " Degrôboyez-v', haîye don ! que j'alinsse powveûr en végnes." Lèye, tot èhhtomèquaiye, de réponde : Coment ! ç'at enlé !... mals ve m'ez portant fait i paupieu !... Ve serez que j' hhûraî tojos m'  paupieu."
"Hhuvez tojos ! qu'é fait s'n homme, vote paupieu at dans mè hate."

Ma iwo, que faire ? Lé jane fome é don hhu so paupieu qu'atteut dans lé hate. Eule s'è fait è lé végne, piat-z-é-piat, et l' è dev'nîn lè maillou veugn'rone don v'lége.

                                               

traduction littérale

y avait un jeune vigneron de dessus la Moselle qui « allait voir blonde » sur la Seille. Dans le village de sa bonne amie on n'avait pas de vignes.

La voilà donc qui a dit ainsi à son galant : " Je veux bien aller demeurer dans votre village, mais il faut me promettre que je n'aurai pas besoin d'aller « en vignes » ; c'est un métier que je ne saurais souffrir." Le jeune vigneron s'a (est) dit tout par lui (en lui-même) : "Promettons toujours, nous verrons bien après.." Et il a promis tout ce que la belle a voulu, encore plus.

Mais elle a demandé qu'il lui donne ça par écrit. Tout de suite, le galant lui a fait un billet.

Les voilà donc mariés. C'était le mardi... Le jeudi le matin, le jeune marié met sa hotte à son dos — c'était le temps que tout chacun allait ficher (les échalas en terre) — et il dit à sa jeune femme : " Débarbouillez-vous, allons donc ! que nous allions (un) peu voir « en vignes. » Elle, tout estomaquée, de répondre : « Comment I c'est ainsi !... mais vous m'avez pourtant fait un papier !... Vous saurez que je suivrai toujours mon papier" .  "Suivez toujours ! qu'a fait son homme, votre papier est dans ma hotte."

Ma foi, que faire ? La jeune femme a donc suivi son papier qui était dans la hotte. Elle s'a (est) fait (e) à la vigne, petit à petit, et elle a (est) devenu (e) la meilleure vigneronne du village.

publié dans la revue  Le Pays lorrain 1925 (A17) :[ revue régionale bi-mensuelle illustrée / dir. Charles Sadoul] Provenance : bnf.fr