généalogie et histoires lorraines

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Le maçon

samedi 17 novembre 2012, par Anne Auburtin

Source : A. Parmentier, les métiers et leur histoire, La petite bibliothèque, Librairie Armand Collin, 1908
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Au Moyen-Âge, le terme de maçon désigné souvent l'architecte et le tailleur de pierre était sculpteur et/ou entrepreneur

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Le métier de la construction s'est pleinement développé aux IVXiéme et XVième siècles.

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Les maçon étaient organisés et bénéficiaient d'un statut qui perdura jusqu'au XVIIIième siècle. Ils pouvaient s'installer après un apprentissage sans droits à payer.


Le Maître-Maçon était chargé de la juridiction et de la surveillance des maitres-maçons. Il devient ensuite le Maître des Bâtiments du Roi.

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Les autres métiers liés à celui de maçon était ceux de :



  • morteliers : fabricants de mortier sur le chantier
  • plâtriers : les plâtriers payaient un droit de 5 sols pour entrer dans le métier et devait garantir la qualité de leur plâtre qui ne devait être ni médiocre, ni avarié.
  • tailleurs de pierre
  • sculpteurs
  • Limousinans : fabriquaient les murs en moellons ou en meulières
  • Briqueteurs : fabriquaient les cheminées
  • Cimentiers n'utilisaient que le béton.
 

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On voyait à l'époque, des ouvriers placés le long d'une échelle, le dos tourné aux échelons, se passer les briques les uns les autres depuis le bas jusqu'en haut de la construction. Ils ont ensuite été remplacés par des treuils qui hissent tous les matériaux sur des échafaudages en bois, plus solidement construits.

 

 

Le cardeur de matelas

vendredi 14 décembre 2012, par Anne Auburtin

Lui contant ses fredaines, au bout d'un quart d'heure, 
Il avouait "Je crains Hélène" (crin et laine).
 Pour rir' la receveus' dit : "Vous êtes cardeur ?" 
Il lui répliqua tout d'une haleine (une alène) :
 "Sachez-le mad'moiselle, je suis matelassier
 Et je vous materai comme je mate l'acier."

Bobby Lapointe

Carder : peigner, démêler des fibres textiles avec la carde (machine garnie de pointes métalliques pour peigner les matières textiles ou, à la main, peigne muni de pointes d'acier)

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le maréchal-ferrant

Le maréchal-ferrant, est celui qui ferre les chevaux. Il agit sur le pied, tranche la corne puis applique une armature métallique qui permettra au cheval de marcher plus facilement, de mieux répartir le poids sur la corne.

Mais, s'il se trompe, le cheval boite et devient moins utile. On dit que "sur cent chevaux boiteux, quatre-vingt le doivent au maréchal-ferrant"

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Tonneliers

jeudi 20 décembre 2012, par Anne Auburtin

La lorraine, notamment sur les côtes de Moselle, était pays de vigne. Il en reste le "gris de Toul". Une bonne partie de des ancêtres de mon grand-père paternel, vivant  dans la vallée du Rupt-de-Mad étaient vignerons, certains ancêtres de ma grand-mère paternelle (sa femme donc) étaient eux tonneliers entre Gondreville et Pompey..

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Les tonneliers, ce  sont donc les fabricants de tonneaux, métier qui, pour que l'ensemble soit étanche, exigeait de bonnes notions de mathématiques et de physique, au moins pratique.

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Pour en savoir plus :

Wikipédia : tonneliers

Une vidéo sur les foudriers (les foudres sont de très gros tonneaux)

Des vidéos, des photos et des explications sur le site des tonneliers de France

Cliquez sur l'image pour la voir sur son site d'origine, plus nette

Tonnelier - Descriptions des arts et métiers
© BIU Santé, Paris

La confrérie des drapiers de Saint-Nicolas-de-Port (XVI et XVII° siècle)

vendredi 5 avril 2013, par Anne Auburtin

Source : extrait de :  l'ancien régime dans une bourgeoisie lorraine, étude historique par J Munier-Jolain, 1885


Jamais corporation ne sut mieux son importance et ne parla d'elle-même en termes plus pompeux. Elle est « la haute frairie » et la maîtrise par excellence dans le duché. Ses étaux, sur lesquels ses marchands vendent leurs draps, sont les « hauts étaux ». Enfin le « haut han » est l'investiture qu'elle donne à tout compagnon nouveau.


Elle s'attribue une origine si reculée qu'elle se dit fondée « de temps immémorial et sous la protection des bons ducs de Lorraine » (compte de 1600). Ces bons ducs l'ont aussi comblée de « privilèges, autorités et règles expresses, comprises en divers titres et enseignements authentiques, pour la conservation d'un chacun qui voudra besogner à la manufacture et ouvrage de draperie ».
Il n'y a même que trop de règlements. C'est le malheur, découlant de l'existence même des corporations. Il faut à une association des règles spéciales, une discipline intérieure, une police, des intérêts particuliers. De là viennent la réglementation du travail et l'asservissement du compagnon à des procédés de fabrication ordonnés. Le travail n'est pas libre. Il est jeté, par le fait de la corporation, vivant de privilèges demandés au prince, sous l'empire des ordonnances du prince.


Les ordonnances ducales sur la fabrication des draps se suivent avec une minutie extrême.


« Tous draps surfins seront faits à douze pieds et à plate lisière et à onze cents filets ;
« Autres draps blancs, pour teindre en laine et à douze pieds, se feront à douze cents filets ; plate lisière ;
Draps teints en laine, à trois pieds, se feront à quatorze cents filets ; — le tout à peine de quatorze gros d'amende.
« Tous draps, tant de couleur que autres, qui se feront au duché de Lorraine, se feront bons, beaux et marchands, ne seront point tirés et auront deux aunes de largeur, mesure de Nancy, tout près la lisière franche ; excepté peaux de loup et fourrures qui n'auront que sept quartiers de largeur et trente aunes de longueur. » (15 février 1528.)
« L'on mettra des sceaux à tous ceux faits à Saint-Nicolas, à peine de quatre livres d'amende de chacun drap forfait et non scellé. »
« Chacune pièce de baie et sargettes croisées sera de sept cent soixante-huit fils, revenant à vingt-quatre portées ; seize fils pour le brasselet, et trente-deux fils pour la portée. » (Du dernier de may 1582.)
C'est à l'abri de ces règles et « droitures » de métier que la corporation se forme. Elle s'étend au loin, à Mirecourt, Charmes, Saint-Dié, Haraucourt, Pulligny, Einville, Lunéville, ailleurs encore. Chacune de ces villes a ses maîtres, ses compagnons, sou lieutenant. Mais toutes ces maîtrises locales ne sont que des affiliées à la principale qui fonctionne à Saint-Nicolas, et leurs comptes particuliers se groupent et se fondent dans le compte général que présente, chaque année, « pour la haute frairie, à Messieurs les présidents et gens des comptes de Lorraine », le Maître de tous les drapiers du duché.


En 1600, les « regardeurs » de la corporation ont scellé à « Port » trois cent vingt-quatre pièces de drap. Il n'y a que Saint-Dié qui, pour cette année, dépasse ce chiffre de fabrication. Mais l'excédent est considérable. Saint-Dié a fabriqué six cent quatre-vingt-deux pièces ; Lunéville n'en a eu que quarante-sept, Charmes que soixante-seize.


Saint-Nicolas n'en reste pas moins le siège de la grande confrérie lorraine. Le maître y réside et, mieux que le maître : le saint. Car la corporation a aussi son aspect religieux, comme toute institution au moyen âge. Dévotement, elle a son patron, son autel à elle propre dans l'église, ses cérémonies, et presque son culte. Elle fait dire certaines messes, brûler des cierges, sonner la grosse cloche. Elle porte ainsi annuellement, en dépense ordinaire, « la quantité de vingt-huit livres de cire, que le comptable a fourni, durant l'an dudit compte, au bassin d'argent, devant l'autel de
Monsieur saint Nicolas ».    Et encore : — « vingt francs remis au chapelain pour trois messes et services d'usage ».
Très prévoyante d'ailleurs, la frairie, en règle avec le ciel, ménage les autorités humaines ; d'abord le magistrat important dans la ville, l'agent ducal, le maire. Elle l'honore dans la personne de sa femme : « Dépenses ordinaires, quize gros, pour le couvre-chef de la femme du maire. »


Ce n'est qu'après ces sages précautions qu'elle s'organise et fonctionne. Un Maître, le négociant le plus important du duché, grâce à ce titre, quatre Jurés pour l'assister et former son conseil, un auneur ou Doyen, élu par les compagnons pour la vérification des mesures et le scellage des draps, tels sont les hauts dignitaires et ceux que les comptes des maîtres des drapiers appellent : « les Officiers de la frairie ».
En dessous, les regardeurs, pour aider les officiers dans le détail matériel des perquisitions ; des commis et un clerc ou greffier, pour tenir les écritures de l'association. Ce clerc figure, au compte de 1600, comme touchant quinze gros pour son droit annuel, la moitié de la somme affectée au couvre-chef de la mairesse.


Le Maître a des pouvoirs très étendus. Il doit: 1° visiter les draps, métiers et boutiques ; 2° marquer les draps ; 3° punir ceux qui, « au préjudice des marchands et autres, achètent draps contre les statuts » ; 4° et « du tout, ensemble des droits d'aunage, scel et vente des draps, en faire et rapporter compte, chacun an ».
Il faut ajouter qu'il établit les lieutenants et officiers des autres villes et qu'il « hante » les candidats au compagnonnage.
Tout cela n'était point mince besogne. A ne considérer que les « visites », on s'en convainc aisément.
Elles se font « à Port et hors Port » ; et nous en voyons la mention dans les dépenses portées aux comptes. Car les déplacements du maître et de ses commis ne se faisaient point sans frais. Dans la ville même, en 1600, le maître, assisté des regardeurs, du Doyen, des commis, procède, à neuf reprises différentes, à ses recherches « pour contenir les drapiers en leurs devoirs ». Les frais de chaque visite sont d'en moyenne neuf francs. Nous le voyons aussi, la même année, à Lunéville, Haraucourt, Saint-Dié, y hantant les nouveaux venus en la frairie, présidant de grandes assemblées de compagnons, installant ses lieutenants au dehors, inspectant les métiers et les magasins, tenant aussi ses audiences et punissant, par des amendes et comme juge, les défaillants aux règles de la corporation, « ordre et police du raxel ».


Ces amendes, que les patrons et les ouvriers pouvaient avoir à subir, dans tant de cas différents, au milieu de tant d'ordonnances et de prohibitions, formaient, par leur masse, les recettes de la frairie et la matière du compte annuel soumis à la chambre. Ce sont elles qui permettaient de subvenir aux dépenses, tant ordinaires qu'extraordinaires, de l'association et qui alimentaient la caisse sociale. Il est utile d'en donner brièvement le détail. En voyant le nombre des contraventions, contre lesquelles l'ouvrier pouvait se heurter à chaque seconde de sa besogne, nous jugerons mieux des conditions faites au travail sous l'ancien régime, et nous apprécierons pleinement la liberté dont jouit le commerce de notre siècle.

Or, d'après le compte de 1603, au chapitre des recettes, il y a, pour les drapiers du duché, huit catégories d'amendes possibles :
1° Amendes pour les draps trouvés n'ayant des filets en telle quantité que l'ordonnance porte (16 gros).
2° Amendes des draps en perse laveure, trouvés sous le toit de la halle [cette amende concerne certains procédés et teinture des draps] (60 sols).
3° Amendes des draps scellés et qui ne sont de leur largeur (4 livres).
4° Amendes encourues par ceux qui vendent drap, aux hauts étaux du duché de Lorraine, et qui ne sont hantés du haut han dudit duché (60 sols et une livre de cire).
5° Amendes encourues par ceux qui sont trouvés vendant et distribuant draps à la brasse, n'étant hantés du haut han (10 gros, une livre de cire).
6° Amendes commises, au lieu de Port, par certains particuliers défaillant au règlement du fait et han des drapiers (10 gros, une livre de cire). Ces amendes sont prononcées par le maître et le doyen, comme juges, dans les difficultés des compagnons entre eux et touchant leur métier.
7° Amendes par les vendants sergettes et baies non scellées.
8° Amendes arbitraires et confiscation contre ceux qui, n'étant hantés achètent du drap et le reven¬dent.
Les amendes ne font point toutes les recettes de la frairie. Il en est d'une autre origine. Celles-là proviennent des droits dus par les nouveaux entrants, hantés de la haute frairie du duché de Lorraine, tant à Port que hors la ville.
Chaque nouvel entrant paie, pour son admission, 10 fr., sauf les enfants de « compagnons » qui ont telles franchises que leurs pères. D'ailleurs tout « vendant draps » peut être hanté par le maitre et les compagnons, les femmes aussi bien que les hommes.
Enfin, la frairie n'est point seule à profiter de ces recettes. Elle partage avec le duc, suivant des proportions inégales, selon la provenance des deniers et le lieu où ils ont été levés. La part du duc, généralement, est des 3/4 dans toutes recettes faites des amendes et des droits d'entrée à Port, de 1/2 dans la recette des autres villes.
Il est enfin des impôts qui pèsent sur la fabrication du drap et dont le duc prélève le bénéfice sans partage. Ce sont les droits d'aunage (6 deniers par pièce), de la vente des draps (un sol par pièce), du scellage des draps (6 deniers, dont 2/3 vont aux jurés, chargés de sceller, pour leur peine et salaire).
Voilà l'analyse exacte des règles qui présidèrent, pendant des siècles, au fonctionnement de la haute frairie des drapiers la plus importante des corporations du duché. Toutes les autres copièrent celles-là du mieux qu'elles purent. Nous pouvons donc voir de quelles gênes, de quelles entraves, ces corporations étaient la cause. Il est un point par où elles se rachètent. Elles aidèrent, par le principe de rapprochement et d'union entre gens d'un même métier, au progrès de la classe bourgeoise. Elles furent comme les langes dans lesquels le commerce naissant put se développer. Plus tard, trop étroites, elles paralysèrent tous ses mouvements, alors qu'il fut devenu adulte. Dans ces corporations, où beaucoup de faibles réunis acquéraient de la force contre les puissants de l'ordre féodal, un principe était en usage et en honneur, qui devait sortir à la longue le peuple d'une résignation passive : l'élection des chefs. On votait pour nommer le Maître et les Officiers. Les compagnons profitèrent ainsi de l'importance qu'ils donnaient, dans le duché, aux maîtres qu'ils avaient faits eux-mêmes. Enfin, il y avait là une école de liberté et d'indépendance.
C'est encore à l'abri des corporations que s'amassaient les fortunes, dans certaines familles qui n'étaient point de noblesse, mais qui, sorties du peuple, peu à peu formèrent ce qu'on appela bientôt la bourgeoisie. Ces maîtres des drapiers et leurs jurés, leurs enfants continuant le métier paternel, tous appliqués à discuter leurs affaires dans les assemblées de l'ordre, à traiter, en son nom, avec les négociants des villes lointaines, représentant même une portion du pouvoir public quand ils siégeaient comme juges des tribunaux de corporation ou des tribunaux de commerce, prenaient eu eux plus de confiance. A chaque génération, cette confiance augmentait. Ainsi se faisait, au sein des familles bourgeoises enrichies, le long travail qui devait émanciper plus tard la société de la prépondérance de la noblesse.
Terminons en disant, pour faire ressortir, par ce détail, l'importance de la haute frairie et l'extension du commerce de la ville, que, dans le compte de 1600 et la liste des nouveaux hantés, nous voyons figurer des marchands de Strasbourg, de Beauvais et de Savoie.