généalogie et histoires lorraines

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le cours de dessin de Laurent

mardi 12 février 2013, par Anne Auburtin

Source : souvenirs d'un avocat de nancy, Ch.-J. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE., Le Pays Lorrain, 1925

 Au I" janvier 1855, mon père commença à m'envoyer tous les matins apprendre le dessin chez M. Laurent. C'était le conservateur du musée, il tenait classe de dessin et de peinture dans une grande salle au second étage du pavillon, où est la salle de spectacle. Je ne montais jamais sans inquiétude ce grand escalier dont le haut avait pris charge, je craignais toujours que mon poids n'en déterminât la chute.

 La salle aurait admis aisément quarante à cinquante élèves. Nous y étions environ trente, mais pas tous à la fois ; l'école était ouverte de neuf heures à midi, chacun donnait trois francs par mois. Ce n'était pas une grosse somme pour le maître, d'autant que le maire avait droit d'envoyer dix élèves gratis, mais M. Laurent n'employait pas pour nous tout son temps, une partie était employée dans une classe de demoiselles, où était sa femme, et une partie à peindre des portraits ou des tableaux de commande. 

De demi-heure en demi-heure, il faisait une promenade, et disait à l'un : c'est bien, à un autre : continuez, à un autre : ce n'est pas cela, et il expliquait pourquoi. Très rarement il s'asseyait à côté de l'élève, effaçait ce qui était mal et corrigeait. 

Il avait du goût pour son art, il me semblait le comprendre et le faire comprendre. Personnellement, il avait peu de talent et ne saisissait pas bien la ressemblance pour les portraits. Cinq ou six jeunes gens seulement peignaient à l'huile. Les murs de la salle étaient entièrement couverts de gravures, parmi lesquelles une collection de personnages contemporains d'Henry IV. Nombre de portefeuilles contenaient des modèles qu'on plaçait dans des cadres de verre pour les faire copier : j'eus à faire des yeux, puis des nez, des bouches, etc.

Scolarisation en Moselle en 1851

samedi 14 septembre 2013, par Anne Auburtin

Source : Annales du département de la Moselle par M. F.-M. Chabert.


En 1851, notre département comprenait 13 communes dépourvues d'écoles; à la fin de 1852, ce chiffre était réduit à 11.

Le nombre total des villages dans lesquels les enfants peuvent se procurer l'instruction, sans dépla­cement, s'élève à 767.

On compte 1066 écoles publiques ; l'année précédente, il n'en existait que 985. Les écoles libres s'élèvent à 150; en les réunissant aux écoles pu­bliques, on arrive au total de 1216.

Au mois de décembre, plus de 72 600 enfants fréquentaient ces divers établis­sements d'instruction. Les relevés précédents ne don­naient qu'un personnel pour l'hiver d'environ 60 000 enfants.

En été, dans les communes rurales, les écoliers sont beaucoup moins nombreux, à cause des travaux alors presque journaliers qui retiennent les familles aux champs. L

e nombre des élèves gratuits a été le quart du nombre total.

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École [une salle de classe au travail, 16-10-1912] : [photographie de presse] / [Agence Rol]

Contrats d'apprentissage à Mirecourt au XVI° siècle

dimanche 30 mars 2014, par Anne Auburtin

Source : Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain


" Le hasard nous a fait récemment trouver des conventions d'apprentissage genre parmi les minutes du notaire J. Claudel, de Mirecourt, se rapportant aux années 1580 et 1581. 


Trois de ces contrats concernent le métier de cordonnier, un autre, le métier de tondeur de draps, et le dernier se rapporte à un boulanger. Ce sont, dans la plupart des cas, des fils de paysans qui sont ainsi loués chez des patrons de la ville ; il est aussi remarquable que ces apprentis sont tous des orphelins que leurs tuteurs (oncles ou beaux-frères) ne se soucient pas sans doute d'instruire et de garder avec eux.

Le premier, en date du 18 octobre 1580, est aussi le plus explicite :

Nicolas Rainville, demeurant à Rouvre on Saintois, a recongnu et confessé avoir laissé à tiltre de louaige à François Picquart, cordonnier demeurant à Mirecourt, Mengin fils de feu Didier Rainville, luy vivant demeurant audit Rowre, son frère, ad cc présent et consentant, et ce pour deux années entières et subsécutives, commençantes avec le jour et datte des présentes, et à tel et pareil jour finissantes, durant lequel temps ledit François sera tenu de hien et dhuement monstrer et tascher de faire apprendre audit Mengin le mestier et practique de cordonnier et accoustrer le cuyr sur Peau , sans luy en rien cacher ny celer de ce qui deppend dudit mestier, tant pour couldre, tailler,qu'aultrement, et sans luy faire aucun tort ny molestation, et de le delTrayer du pied et du dent se.ullement. Parmy et moyennant que ledit Nicolas recongnoissant est et sera tenu, comme par cestes il a promis, délivrer audit François la somme de quarante francs, monnaie de Lorraine, dedans le jour de feste Sainct-Remy chef d'octobre prochainement venant, a peine de payer tous frais, journées et despens que l'on ferait a la poursuitte, à condition que si dedans lesdites années et avant l'expiration d'icelles, ledit D'engin délaissoit le service de son dit maistre, sans juste occasion dhurrient congneue et averrée, en. ce
cas ledit. Nicolas recongnoissant sera tenu, comme par certes il a promis, délivrer audit François ladite somme de quarante francs, tout ainsi (lite si ledit Mengin avait parachevé sondit terme entièrement.Et (au cas) où ce serait avec occasion suffisante et congneue, iccluy François ne pourra répéter aucune chose de ladite somme..."

Un autre contrat très semblable porte la date du 15 novembre 1580. Thiébault François, de Bethoncourt, «jeune fils », assisté de son oncle et de son frère, se loue,également pour deux ans, à Vvriot Vyriot, cordonnier à Mirecourt. Celui-ci doit recevoir « trente-quatre francs, monnaie de Lorraine, avec ung resal de bled froment,  mesure de Mirecourt ».


Enfin, le troisième contrat relatif au même métier est du 18 décembre« 1580. François Lhoillier, demeurant à Estrennes, laisse à titre de louage Symonin de Chaulinonsey, son beau-frère, à Jean Thouvenel, cordonnier demeurant à Mirecourt. La durée de l'apprentissage est ici de trois ans ; le prix de quinze francs seulement, avec stipulation de vingt francs en sus, si l'apprenti délaisse le service « sans justes occasions ».

Le métier de tondeur de draps s'apprend en deux ans. C'est Mathis Lhuillier, tondeur à Mirecourt, qui reçoit à titre d'apprenti le jeune Jean Jeartnot , de Rozerotte ,amené par son oncle Richard, du même lieu. Celui ci promet de délivrer " en l'hostel et domicile dudit Mathis " trois reseaux et demi de blé froment, et de payer vingt francs en cas de dédit.


Quant au boulanger, Jean Georges (de Mattaincourt), il consent à recevoir le jeune François Rouyer, d'Offroicourt, et à lui montrer son métier dans l'espace d'un an et demi, moyennant dix-huit francs seulement.