Source : article de Jean-Julien dans le Pays Lorrain, 1925, disponible sur Gallica, page 233

L'empereur Napoléon fit souvent avec succès transporter les troupes dans des voitures réquisitionnées. On prévenait les maires des communes que les véhicules devaient se trouver à tel endroit, à telle heure, et lorsqu'elles étaient réunies, on partait. Tel était l'ordre observé que sur des centaines de voitures appelées, on en trouvait rarement une ou deux manquantes. Dans le département de la Moselle, on payait 40 francs la voiture à 4 chevaux pour aller de Metz à Longwy et on ne payait que 20 francs pour aller de la même ville à Thionville.


Les derniers transports qui se firent ainsi, le furent en 1809, à cause du débarquement à l'île de Walcheren de 40.000 Anglais, le 30 juillet. La ville de Flessingue s'étant rendue (8-16 août), la situation devint assez critique pour faire venir les gardes nationaux des départements voisins. Ces braves gens partirent avec le plus vif entrain et le premier détachement signalé le 24 août fut celui de Metz. 20 voitures, payées 400 francs le conduisirent à Thionville. Metz avait 28 colliers, savoir : Monflanc, 8 ; Poinsignon, 4 ; Davancia, 4 ; Thillet, 4 et Messin, 4. Ensuite, les villages suivants : Woippy, 8 ; Montigny,12 ; Moulins, 8 ; Saint-Eloy, 4 ; Saint-Privat, 4 et Vatimont, 16. Cent cinq voitures conduisirent de Metz à Longwy le 4e bataillon de la garde nationale de la Moselle. Les voitures furent prises dans le canton de Pange.


Le 26, on réquisitionna vers la Seille, six villages avec 10 voitures pour conduire de Metz à Thionville une compagnie de la Meurthe. Le même jour, trois compagnies de la Moselle firent le même voyage dans 68 voitures ; 27 furent prises à Grigy, Mézières et Hauconcourt (9 chacun) ; il y avait deux cultivatrices, les veuves Peupion à Grigy et Fort à Hauconcourt.
Le même jour, un détachement de la cohorte du premier bataillon de la Moselle alla de Metz â Longwy, il y avait 217 voitures. Les voitures de Coin-sur-Seille et de Flévy ne vinrent pas. Châtel-Saint-Germain eut à lui seul 16 voitures.


Le lendemain, un détachement d'un bataillon de la Meurthe partit de Metz ; 5 villages fournirent 21 voitures : Borny, 6; Marly, 9; Saulny, Semécourt, Chesny, chacun 2.
Le même jour, 4 compagnies, de l'arrondissement de Lunéville se mirent en route, de Metz à Thionville, dans 30 voitures : celle de Vernéville manqua ; Hagéville en fournit 9 ; Puzieux, autant ; Rezonville, 16, et Gravelotte, 2.
Enfin, la dernière réquisition fut de 105 voitures, pour le 3° bataillon de la Moselle, de Metz à Longwy : Vionville, 9 ; Vilcey-sur-Mad, 9 ; Dampvitoux, 16 ; Hayange, autant; Chambley, 25 ; Gravelotte, 9, etc. Ces réquisitions devaient gêner les villages, surtout au moment de la moisson, mais il fallait marcher. Les paiements n'avaient lieu qu'après de longs retards. En 1812, le préfet de Vaublanc invitait les cultivateurs qui n'auraient pas reçu la totalité de la somme portée sur les états à lui adresser leurs réclamations.voiture_ambulance.JPG

520 voitures avaient conduit en poste les gardes nationaux et le service, fait avec beaucoup d'ordre, avait bien rempli son but, sinon avec moins de célérité que les camions automobiles de la grande guerre.

JEAN-JULIEN.