Assemblée du 8 mars en la maison du syndic Paul Sallerin et par-devant lui; publication au prône le 8 mars par le curé.

60 feux. - 48 comparants; 30 signatures.

Députés: François Foucault et Jean Lorrillard.

Doléances, plaintes et remontrances de la communauté de Vry (Ce cahier a servi aussi aux annexes de la paroisse de Vry, Gondreville et Lavieuville.), pour être remises à nos députés qui se rendront à Metz le 12 du présent mois de mars à l'assemblée générale du tiers état, tenue devant M. le lieutenant général du bailliage de Metz, en exécution des ordres de Sa Majesté.                                                           

1°. La dite communauté demande que les seigneurs soient tenus de tenir leurs pigeons enfermés pendant le temps des semailles et des moissons, savoir à compter du 1er mars jusqu'au 15e avril, depuis le 15° juillet jusqu'au 1er septembre et depuis le 20 septembre jusqu'au ler novembre, attendu qu'ils sont cause que les denrées ne sont peuplées qu'à moitié de ce qu'elles devraient être.

2°. Que la vente du sel au poids ou à la mesure soit réduite à sa juste valeur, afin que l'on pût en user fréquemment en en faisant usage pour graisser les bestiaux et les conserver des maladies mortelles.

3°. Que la liberté de prendre la pâture dedans les bois soit accordée, lorsque la recrue aura l'âge de six ans, ainsi que cela est déjà permis dans les bois communaux, conformément à l'ordonnance de 1669; ainsi que la suppression des grueries des seigneurs à cause des accidents où l'on est dans le cas de tomber journellement par les bestiaux qui vont en pâture de nuit et de jour. en s'égarant des troupeaux. Les seigneurs qui ont des grueries sont juges et parties; ils taxent les amendes, dommages et intérêts si fort qu'il n'est pas possible que les bestiaux repris dedans les bois valussent les frais et amendes qui sont jugés par les préposés des dites grueries.  Pour avoir des diminutions, il faudrait consacrer des sommes immenses pour plaider à la Table de marbre: ce qui n'est pas possible à un pauvre fermier, laboureur ou artisan, pour sauver ses bestiaux de consacrer le pain et entretien de sa famille ; ce qui occasionne que beaucoup de personnes ne peuvent plus nourrir de bestiaux. C'est ce qui fait la rareté et cherté des viandes.

La pâture des bois serait donc bien utile tant pour l'abondance des viandes que pour l'abondance des bois, parce que les bestiaux, en détruisant les herbes qui étouffent les bois, engraissent eu même temps les. terrains : ce qui donne de l'accroissement au bois. Qu'il soit ordonné à tous seigneurs de fermer leurs bois par des fossés défensables, pour que les bestiaux, en parcourant les pâtures ne puissent s'échapper et s'introduire dans les dits bois. [De plus, qu'il soit défendu à tous seigneurs ou autres personnes qui sont dans le cas d'avoir des gardes pour la conservation de leurs bois, de donner part dedans leurs rapports aux dits gardes, attendu que cela occasionne le vice; qu'ils se contentent de leur donner des gages fixes pour l'entretien des dits gardes. En outre, qu'il soit ordonné à tous seigneurs de faire des chasses pour empêcher la destruction des denrées par les sangliers et autres bêtes sauvages qui ravagent journellement les campagnes.

4°. Que les tailles soient diminuées, attendu que les habitants des campagnes sont accablés sous le poids des impositions, qui sont augmentées depuis environ 40 ans de plus du double. Il serait bien juste que la noblesse et le clergé compatissent aux deniers royaux et autres impositions, attendu qu'ils possèdent la plus forte partie des biens du royaume; il serait bien juste que tous les biens soient chargés des impositions l'un comme l'autre.

5°. Que les seigneurs soient tenus de remettre le tiers des biens communaux aux communautés, ou qu'ils soient tenus de payer le tiers des dettes et réparations des usines de communauté et d'en payer les deniers royaux.

6°. La suppression des enclos des prairies pour faciliter le parcours des pâtures et donner l'aliment et subsistance des bestiaux; que le parcours des troupeaux soit permis sur les bans mêlés des communautés voisines, comme d'ancienneté.

7°. La suppression de la Table de marbre, attendu que cette juridiction est des plus onéreuses aux gens de campagne à cause des droits immenses qu'ils jouissent et sans le payement desquels l'on ne peut obtenir justice.

8°. La suppression des droits que les seigneurs ont élevés sans aucun titre et [dont] ils prétendent en jouir, à cause qu'ils prétendent être en possession, et qu'ils veulent en élever journellement, en écrasant leurs sujets par la taxe des amendes champêtres, qu'ils taxent à des prix exorbitants sans suivre les ordonnances que celles qu'ils font eux-mêmes.

9°. Que, les corvées soient faites sur les routes comme du temps passé à cause des surcharges que les gens de campagne en supportent, vu] que les routes étaient mieux entretenues.

F. Fourcault ; Jean Lorrillard; F. Didier ; N. Renaux ; Pierre Forfer ; Louis Jean-Jean; Jean Charlot; J. Buzy; François Jacquemin; Anthoine Linder; Didier Auburtin ; Didier Richon; Nicolas Claude ; Dieudonné Jean-Jean; François Charpentié; Joseph Tabellion; Françoits Perrets; François Renaux: Nicolas Pernet; Jean Oder; Jean Aubertin; Nicolas Bertrant; Dominique Jeanjean; Jean-François Reneaux; Charte Oder; Jean Renaux ; Jean-Pier Linder; Quermonne.