Extraits du cahier de doléances d'Onville (baillage de Metz)

Manifestations d'affection et de confiance au Roi LOUIS XVI

Les habitants prient les députés aux Etats Généraux de présenter à sa Majesté les témoignages de leur reconnaissance pour les vues bienfaisantes dont il est animé en faveur de ses peuples et de lui présenter humblement qu'il lui plaise de leur accorder les demandes suivantes :

Impôts indirects :

La consommation du sel étant universellement nécessaire, surtout aux habitants de la campagne en raison de leur bétail auquel ils sont forcés de le refuser, malgré que dans nulle circonstance, il serait expédient d'en assaisonner, soit des remèdes, soit sa nourriture, à raison aussi du grand nombre d'ouvriers que le cultivateur est obligé d'employer et de nourrir, consommation d'autant plus nécessaire aux habitants de la campagne que ces pauvres gens n'ont, la plupart du temps, d'autre: assaisonnement à leur repas que ce grand appétit et un morceau de pain bien dur, détrempé souvent d'une mauvaise eau et parsemé d'un peu de sel, il est de la justice de Sa Majesté d'en faciliter à tout le monde l'acquisition, tant par la permission d'user également de sel gris ou de sel blanc que par la diminution du prix et la liberté du commerce de cette marchandise... (la gabelle était très impopulaire)

Unification des poids et mesures

" Nous demandons qu'il n'y ait dans le royaume qu'un même poids, qu' i l n'y ait non plus qu'une mesure, tant pour ce qui entre dans le commerce que pour les fonds, et que les dénominations des poids et mesures soient les mêmes pour toute la France ; qu'il n'y ait qu'un échantillon pour les mesures des denrées et des liquides ; que pour les dites mesures soient toutes d'une tenue et sans ventre, également larges en haut comme en bas. Les avantages seront que le commerce sera moins sujet à surprise, et que chacun connaîtra la valeur du poids et de la mesure. En outre, ceux qui seront chargés de la répartition des impositions pourront faire cette opération avec plus d'exactitude..."

Demandes de plus de liberté pour les vignerons

" Qu'il soit défendu de planter aucune vigne dorénavant, sans une permission expresse de ceux à qui l'autorité sera attribuée à cet effet... Que toutes les vignes de quelque espèce qu'elles puissent être, plantées depuis dix ans dans les terrains propres à produire du blé et autres denrées d'usages nécessaires, tel que le chanvre et les légumes, soient arrachées pour, le terrain être mis en nature de blé ou des susdites autres denrées, et qu'il puisse être jamais permis de planter de la vigne dans les dits terrains... Cette multitude effrayante de vignes ne peut qu'appauvrir la province en diminuant d'une manière très notable la quantité de blé nécessaire à la nourrir et à lui rendre facile le commerce des blés qui serait sa richesse . "

Soldats provinciaux

Nous demandons "que de la somme qui serait versée pour la milice, il soit engagé, au nom des provinces, un nombre suffisant d'hommes pour composer les régiments provinciaux. De là, il résulterait que les habitants des campagnes ne seraient pas, à leur grand regret, distraits de leurs travaux dans des temps précis ; que le cultivateur ne serait pas toujours à la veille de perdre un fils ou un domestique qui aura eu le sort de la milice ; que cette charge ne tomberait pas singulièrement sur certaines familles et ne forcerait plus les habitants de la campagne à perdre leur jeunesse en la mariant prématurément pour la soustraire à cette servitude, d'où il arrive une mauvaise population ; le peuple ne serait plus ruiné par les dépenses inutiles, nécessaires pour voyager et vivre en voyageant, pour se rendre aux Intendances lors du tirage ; le roi, enfin, aurait des soldats volontaires et non forcés."

Nefs d'église et presbytère

Nous demandons " que le service divin, la décence des temples, l'entretien et les besoins des ministres qui sortent de l'autel et distribuent aux peuples le pain de la parole de Dieu, et l'assistance des pauvres étant bien la première destination des dîmes ecclésiastiques, il ne peut se faire sans une espèce d'injustice que la sagesse de Sa Majesté ne peut que réprimer....."