Assemblée du 8 mars par-devant le syndic Melchior Stroupe; publication au prône le 8 mars par M. Mauvais, vicaire.

  • 114 feux.
  • 9 signatures.
  • Députés: Dominique Quenette et N. Bonnestraine.

 

Pour réponse aux ordres du roi et de M. le lieutenant général de Metz :

Il est à observer que le village d'Esply est assujetti à la banalité des moulins de Cheminot, dépendance de l'abbaye de Saint- Arnould de Metz, éloignés du village de cinq quarts d'heure, en sorte que cela porte un grand préjudice aux habitants, vu la distance des lieux, qui ne peuvent s'y trouver pour moudre. Le dit seigneur abbé perçoit le tiers des biens communaux défrichés depuis environ 17 ou 18 ans et depuis quelque temps il en tire encore l'onzième partie en denrées, sans que son admodiateur paye aucun denier des vingtièmes qui sont à la charge de la dite communauté. Il perçoit également le tiers en argent du peu que l'on puisse vendre en icelle. Les dits habitants sont encore obligés de faucher, faner et manoeuvrer un pré gratis, éloigné de cinq quarts d'heure du lieu, et les laboureurs sont aussi obligés de conduire gratis le dit foin, qui est éloigné de cinq lieues de Metz. Les dits laboureurs sont aussi obligés de faire trois charrues à l'ad-nodiateur à Cheminot par année chacun. Les manoeuvres sont aussi obligés d'aller mettre le marsage du dit admodiateur au logis tous les ans aussi gratis.

Le village d'Esply n'est qu'une annexe dépendant de Cheminot, et le seigneur abbé, qui perçoit en entier toute la dîme, ne donne chaque année que 18 livres tant pour l'entretien de l'église que pour les ornements: [ce] qui est très peu; et le reste de l'entretien devient à la charge de la dite communauté, qui entretient la maison vicariale et est assujettie à la maison curiale. Le dit seigneur abbé tire 4300 livres des dîmes du lieu sans préjudice à ses tiers, dont il perçoit la dîme, auparavant que Sa Majesté ne l'eût ordonné.

Presque tous les habitants de campagne ont remontré à MM. les municipaux de Metz que les corvées étaient trop chères: ce qui fait une charge considérable aux dits habitants; que nécessairement il fallait agir comme du temps passé et donner la tâche à chaque commune: ce qu'ils n'ont voulu faire; et les chemins seraient mieux en état. Pour y remédier, l'on demande que chacun eût sa quote-part et portion. Les acquits sont très préjudiciables, et les gardes de tabac, attendu que nous avoisinons la Lorraine et que l'on ne peut sortir du lieu sans être repris.

Les MM. officiers des eaux et forêts de Metz font tous les ans un grand préjudice et bien coûteux aux habitants et propriétaires du lieu. Y ayant seulement quelques rapailles de bois tant de propriété [particulière] que de communauté et quelques poiriers champêtres, ces MM. envoient leurs gardes pour gager à toute rencontre : ce qui cause bien du mal, attendu que nous avons établi deux gardes dans le lieu,que nous payons; et s'il se trouvait quelque poirier où il y aurait quelques branches coupées nuitamment, ils viennent faire des rapports qui coûtent considérablement, et cependant l'on n'est pas responsable des vols et délits que l'on fait nocturnement. Et pour y remédier, c'est [d']ordonner à ces MM. de nous laisser tranquilles attendu l'établissement de nos gardes.

Le village d'Esply est très pauvre, y ayant au moins un tiers qui va mendier, parce que les terres ne sont plus à présent d'un grand rapport depuis le dernier gros orage du 10 septembre 1785, et l'on récolte peu, vu qu'une partie du ban a été endommagée par les dites eaux, et l'on a toujours à payer autant de deniers royaux qui sont forts, vu qu'il y a très peu de petits propriétaires.

La ville de Metz prend les marcs de nos vignes tous les ans par adjudication, de même que ceux de tout le Pays-messin : ce qui diminue les petites facultés des propriétaires et vignerons, ce qui devrait appartenir aux dits propriétaires et vignerons. De même ils perçoivent 21 sols par hotte d'entrée des vins en Lorraine et de la prévôté de Dieulouard: ce qui occasionne bien des inconvénients.

Nous sommes éloignés de Port-sur-Seille, pays de Vie, d'une demi-lieue, où il y a un pont qui est inondé environ quatre ou cinq fois l'an. Il serait nécessaire d'y faire des arches, parce que l'on ne peut sortir du lieu pour la conduite des denrées à Pont-à-Mousson, et l'on est exposé journellement à périr. Il y a encore une petite He au-dessous du dit pont qu'il faudrait enlever, ce qui cause que les eaux ne peuvent s'écouler.

Il est à observer que le sel de nos cantons est très cher, même beaucoup plus qu'à Metz et qu'en Lorraine. L'on demande très instam-ment qu'il soit permis de prendre le sel où l'on voudra.

Fait à Esply, le 8e mars 1789.

Jean Georgin ; Jean-Nicolas Lorrain ; Joseph Gemette ; François Darmoy ; Dominique François ; François Martin ; Joseph Jules ; Jean Georgin; Sébastien Maldidier; Didier Georgin; Dominique François; Nicolas Gallois ; L. Mathisse; Dominique Henriot ; Nicolas Bigaré ; François Delile ; Jean-Etienne Dardaine, pour son père ; Claude Dardaine ; Jacque Maldidier ; N. Bonnestraine ; François Parizot ; Dominique Bigaré; Francois Renaud ; Jacque Darmoy ; Joseph Thomas; J.-E.-A. Buzon; J.-F. Chalon ; C. Marchai ; Nicolas Dardaine ; L. Chéry ; Didie Galloy ; Dominique Lefevre ; Pierre Georgin ; Pierre Galile ; G. Chery ; F. Ancillon ; J.-B. Buzon; Thomas Darmoy ; Dominique Michel ; Dominique Bigaré; Dominique Marcus; Maurice Hanriot; Pierre Mouzon; Nicolas Morhain; Charle Banqué; François Lorraint; Melchior Tri-bout; Nicolas Vinot ; Nicolas Ancillon ; Dominique Marcus ; Nicolas Dardenne; Francois Voirgard; Jean Toussaint; Claude Lorrain; George Bardot ; Anthoine Hignon ; Nicolas Hanry ; Charle le Boutteille ; Jean Buzon; Jacque Georgin; François Barthelemy ; Dominique Quenette; Nicolas Ancillon.

Fait le dit jour 8e mars 1789 en présence du maire-syndic de la chambre municipale d'Esply et de toute la dite chambre, qui ont signé avec notre greffier ordinaire.N. Bonnestraine, député; Dominique Quenette, député; Melchior Stroupe ; Jean Mouzon; Dominique Hanry ; Pierre Arnout ; Antoine Renaut; Nicolas Ancillon; Baudin, greffier.

Omission faite dans nos remontrances.

Il y a dans le ban un terrain de communauté en partie défriché, qui est partagé par égales portions entre les habitants, d'où il y croît peu de chose, parce que les charrues ne peuvent les cultiver vu leur. situation de monticule rempli de pierres. Le seigneur évêque et le curé de Cheminot en perçoivent la dîme contre les ordres de Sa Majesté, qui s'est déclarée qu'elle enverrait des ordonnances pour payer la dîme et qu'elle prescrirait dans ces mêmes mandements à quel. taux les décimateurs en percevraient la dîme, au lieu que, passant tout mandement, ils la perçoivent à l'onzième, nonobstant qu'il [l'abbé] en ait déjà tiré le tiers.

Les nobles, gentilshommes, évêques, abbés commendataires, chanoines, chevaliers de Malte, curés, religieux, moines, abbés religieux de l'un et de l'autre sexe, ne donnent aucune rétribution à Sa Majesté à la décharge des impositions des gens de campagne où leurs héritages sont situés et où tous, pour ainsi dire, perçoivent tous les revenus des campagnes, où ils laissent leurs héritages d'une cherté à ruiner les gens de campagne ; et pour les soulager dans leurs impôts, il serait nécessaire qu'ils remettent dans la. caisse du roi les deux tiers des impôts à la décharge du pauvre peuple, qui languit de misère. De même plusieurs bourgeois des villes possèdent également de grands héritages dans les villages et ne payent aucune chose.

Il est aussi à remarquer que tous les ans il va à Rome au moins 12 millions pour des bulles, et ces millions sont hors du pays; il serait à propos que Sa Majesté empêche ces choses et. qu'elle les approprie à son domaine, de même qu'une grande partie des biens des abbés commendataires et des religieux et religieuses.

Les terres du ban payent tous les ans au roi par chaque jour à la saison 5 livres 15 sols : ce qui est trop exorbitant.

Fait au dit Esply le dit jour d'autre part.Baudin, greffier de la chambre municipale; Dominique Hanry; Pierre Arnout; Nicolas Ancillon; Antoine Renaut; Jean Mouzon; Domi nique Quenette; N. Bonnestraine.